Derniers chapitres
Derniers sorts
Derniers personnages
Version imprimable
Abelforth baissa la tête et soupira. On sentait qu’il regrettait déjà ce qu’il venait de dire. Mais Harry ne lui avait pas laissé le choix.
Ce qu’Harry venait d’entendre semblait ne pas être encore arrivé à son cerveau, et il se répéta plusieurs fois la réponse d’Abelforth pour l’assimiler.
– Mais, j’ai vu Rogue le tuer de mes propres yeux, bredouilla Harry.
– C’est vrai, répondit Abelforth. Severus a bel et bien tué Albus ce soir-là.
– Alors ? demanda Harry qui ne comprenait rien.
L’étonnement avait cédé sa place à la colère dans sa tête, et, alors qu’il s’apprêtait à hurler sur Abelforth quelques secondes auparavant, sa bouche avait maintenant toutes les peines du monde à produire le moindre son.
– Tout d’abord, j’aimerais vous dire que ce que je vais vous raconter doit rester entre nous. C’est quelque chose que personne ne doit savoir. Cela me dérange d’en parler, j’aurais souhaité ne pas avoir à vous le dire, ça ne concerne que ma famille. Mais vous ne m’en laissez pas le choix.
Abelforth, qui semblait mal à l’aise, prit un ton qui fit culpabiliser Harry. Après tout, s’il s’agissait d’un secret de famille, Harry pouvait très bien comprendre qu’Abelforth souhaite le garder. Mais maintenant qu’il avait commencé à parler, il semblait qu’il devait tout révéler.
– Albus est mort, et Joe Jigger est bien mon frère, mais…
– Vous étiez trois ! s’exclama Hermione.
– Exactement, répondit Abelforth.
– Et personne ne le sait ? demanda Hermione.
– Non, personne. Albus et moi ne l’avons découvert que plus tard, c’est lui qui est venu nous trouver.
« En fait, notre mère Kendra avait une sœur dont elle était très proche, Myriam. Toutes les deux rêvaient de fonder chacune leur famille, et que toutes les deux vivent dans le manoir hérité de leurs parents.
« Mais Myriam ne pouvait pas avoir d’enfants. Notre mère est un jour tombée enceinte et à la naissance, ils eurent la surprise de découvrir des jumeaux.
« Il fut décidé que les jumeaux seraient élevés en commun par les deux sœurs et leurs maris. Mais cela ne dura pas longtemps, Myriam était mariée à un sorcier qu’elle avait rencontré en Russie, dénommé Marcus. Ce sorcier était issu d’une famille de mages noirs et il fut rapidement repris par ses vieux démons pour des raisons obscures.
« Lorsque ma mère et sa sœur lui dirent que cela ne pouvait plus durer, la situation dégénéra, et un matin il avait disparu, avec l’un des jumeaux. Ce jumeau, vous l’avez compris, c’est Joe Jigger. L’autre, c’est Albus. Je ne suis né que plus tard.
« Myriam a culpabilisé, et est partie à la recherche de Joe Jigger, dont le véritable prénom est Aquilus. Il a porté le nom de Dumbledore, mais a changé de nom lorsque son père d’adoption l’a emmené avec lui. Joe Jigger est son nom actuel.
« Nos parents ne nous ont jamais parlé d’Aquilus, ils ont préféré l’oublier pour oublier la douleur. Et ce n’est qu’après leur mort que nous avons découvert une lettre dans le manoir familial, dans laquelle ils nous expliquaient toute l’histoire en détail.
« Albus et moi sommes partis à la recherche d’Aquilus et nous l’avons trouvé de nombreuses années après. Il n’a jamais souhaité quitter sa vie pour rejoindre notre communauté, et il a continué de voyager.
« Mais lorsqu’Albus a mis en place un plan visant à venir à bout de Voldemort, il a accepté de nous aider et de l’espionner pour nous en devenant l’un de ses bras droits.
Harry se tut, il était sous le choc. Abelforth avait parlé sans détour ; et apprendre qu’il y avait un troisième frère Dumbledore n’était pas facile à encaisser.
Abelforth, de son côté, semblait abattu d’avoir eu à révéler tout cela.
– Vous pourriez reprendre votre apparence normale ? demanda Hermione. Cela fait bizarre de parler à quelqu’un d’autre.
– Bien sûr.
En quelques secondes, Abelforth reprit son apparence habituelle, et Harry trouva qu’il avait l’air épuisé.
– Quel est ce plan ? demanda Harry, sur un ton plus froid qu’il ne l’aurait voulu.
Abelforth s’apprêta à répondre et Harry eut l’impression qu’il choisissait ses mots pour ne pas le brusquer.
– Je suis sincèrement désolé, répondit-il, mais si je te le disais, cela le ferait peut-être échouer.
– Comment ça ? demanda Harry. Vous pensez que je ne suis pas capable de tenir ma langue ?
– Cela n’a rien à voir, Harry. Je confierais ma vie entre tes mains sans la moindre hésitation. Mais le plan est une véritable horloge, qui ne résisterait pas au moindre grain de sable. Et le rouage principal de ce plan doit rester hors de ta connaissance sous peine de risquer de se dérégler.
– Comment ça ? demanda Harry.
– Et bien si tu apprenais ce qu’il était, une sorte de lien magique l’empêcherait de fonctionner.
Abelforth eut une expression qui montrait qu’il en avait dit trop.
– Je suis désolé, mais je ne dirai plus rien sur le sujet.
– Et pourquoi est-ce que vous, vous pouvez savoir sans que cela n’empêche le plan de fonctionner, et pas moi ?
– Je t’ai dit que je ne peux plus rien te dire, Harry. Je suis navré, je préfèrerais que tu saches, mais cela compromettrait le plan.
– Expliquez-moi au moins pourquoi, alors ! s’exclama Harry, haussant le ton.
– Si je t’explique pourquoi, tu finiras par tout comprendre, répondit Abelforth calmement.
– Et bien j’aimerais bien comprendre ce qu’il est ! On risque tous notre vie dans ce plan, on a le droit de savoir ! JE VEUX SAVOIR !
Les paroles d’Harry résonnèrent en écho dans la salle et Abelforth resta circonspect. Il ne pouvait pas révéler le plan à Harry, car il savait que cela le ferait échouer. Et il devait absolument conserver sa confiance, ce qui semblait de plus en plus difficile.
Mais Harry sentit que Fumseck essayait de lui parler. Le Phénix semblait lui dire d’écouter Abelforth, et qu’il connaîtrait de toute façon bientôt ce plan.
Harry resta étonné. Ainsi Fumseck semblait savoir en quoi il consistait.
Harry voulu d’abord s’énerver, se disant que tout le monde était au courant sauf lui, mais il se rendit compte que s’il devait avoir confiance en un seul être sur cette planète, il s’agissait de Fumseck.
Abelforth lui dit finalement cette phrase qui acheva de le convaincre de ne plus y penser :
– Harry, crois-moi, j’attends avec impatience le jour où tu pourras savoir, je meurs d’envie de te le dire, mais ce n’est simplement pas possible. Alors s’il te plaît, ne me tente pas de craquer, nous sommes si près du but, nous devons tenir, et bientôt tu sauras tout.
– Je suis certaine que l’on réussira, dit Hermione sur un ton rassurant, pour terminer la discussion. Est-ce que vous avez espoir de bientôt savoir où se trouvent Pétunia et Regulus ?
– Espoir, oui, répondit Abelforth. Jusqu’à présent, ils sont très mobiles, je sais par exemple que les Fleurs du Mal ont fait un séjour au Tibet, et que les Dragons s’étaient cachés quelque part en Scandinavie. Mais pour leur survie, il vaut mieux qu’ils se déplacent sans cesse, c’est ce qui fait qu’il est difficile de les suivre. Pour l’instant je suis à leurs trousses et je m’efforce de suivre leur trace, mais je suis loin d’avoir réussi à les infiltrer.
« J’aimerais pouvoir anticiper leurs déplacements, il faut les laisser venir à nous et leur tendre un piège, mais c’est très difficile car ils sont très méfiants. Alors je mobilise tous mes amis dans les différentes communautés pour qu’ils me tiennent au courant en temps réel de ce qui se passe chez eux.
« Est-ce que vous avez trouvé quelque chose sur la Clef de la Paix ?
– Non, toujours rien, répondit Hermione, mais il nous reste beaucoup de livres à explorer.
– En réalité, je dois vous avouer que j’ai peur qu’il n’y ait aucune information sur le sujet dans les livres de la Salle du Phénix, mais je préfèrerais que nous n’ayons pas à nous en mordre les doigts si ce n’était pas le cas.
– Est-ce que Voldemort a une idée, lui ? demanda Hermione.
– Pas encore, je crois. Mais il cherche activement de son côté, et je préfèrerais que nous ayons toujours une longueur d’avance sur lui.
« Mais il y a un autre problème. Severus et Joe sont un peu à l’écart en ce moment avec leurs activités à Poudlard et au Ministère. Voldemort fait des recherches de son côté et ne les réunit que tous les soirs. Il se peut que nous ne sachions pas tout de ce qu’il fait, d’autant plus que Severus et Joe doivent éviter de lui poser des questions trop pointilleuses.
– Voldemort a moins confiance en eux en ce moment ?
– Non, je ne crois pas, mais il est plus distant et c’est normal, cette prophétie l’intrigue énormément, et il déteste le fait de ne pas avoir le choix de faire ce qu’il voudrait faire. Et pour couronner le tout, il n’est pas à même de comprendre l’élément clef de cette prophétie. Alors il est frustré et est moins enclin à tout raconter à Joe et Severus.
« Il veut rapidement trouver la Clef de la Paix ou au moins savoir ce qu’elle est, et nous devons faire vite.
– C’est difficile de chercher, expliqua Hermione, on ne peut pas lire tous les livres, ce serait trop long, et comme on ne sait vraiment rien d’elle, il y a le risque de la rater.
– Tu penses qu’elle pourrait être évoquée implicitement ? demanda Abelforth.
– Peut-être.
– C’est possible, et en effet dans ce cas tout détail a son importance. Je crois ne pas me tromper en vous disant que vous pouvez vous contenter de chercher dans les livres qui évoquent d’une certaine manière notre histoire, et peut-être l’histoire des relations entre communautés magiques. Si la Clef de la Paix a pour fonction de garantir la paix, je me doute qu’elle concerne tous les sorciers et pas seulement notre communauté.
– C’est quand même étonnant de ne jamais en avoir entendu parler. Que nous ne sachions rien d’elle, cela peut se comprendre, mais que personne n’ait jamais entendu son nom, j’ai du mal à le comprendre.
– Tu as raison, Hermione, il est possible que seul un très petit nombre de personnes ne sache de quoi il s’agit. Et j’espère que ces personnes sont encore vivantes.
Tous se regardèrent un peu effrayés.
– Et si… ? demanda Hermione.
– Ce serait plus difficile, admit Abelforth, quasiment impossible, même. Mais ce le serait pour tous ceux qui sont concernés par cette prophétie. Il est certain qu’elle sera un jour accomplie, et cela pourrait finalement favoriser Regulus et Pétunia qui sont moins concernés par la Clef de la Paix.
– Comment ça ? demanda Ron, qui n’avait pas tout assimilé de cette prophétie.
– Rappelle-toi, ils peuvent très bien s’en passer, répondit Abelforth. Si jamais ils tuent Harry ou Voldemort, c’est terminé, et il ne serait plus question de Clef de la Paix. C’est pour cela que je tiens tant à les surveiller, ils sont très dangereux.
« Cela me prend la plupart de mon temps en ce moment, il est important de comprendre rapidement de quoi il s’agit. Je ne pourrai pas m’occuper de vos entraînements pendant encore au moins une semaine. Mais Severus est ravi de pouvoir le faire. J’espère que tout se passe bien.
Harry acquiesça. Il était un peu secoué et avait du mal à parler ; Abelforth le remarqua immédiatement.
– Harry, je suis désolé, je n’aurais pas dû agir comme cela. Je suis triste de voir que tu m’en veux, mais pour ton bien…
– Non, je ne vous en veux pas, coupa Harry. C’est seulement que cela fait bizarre de savoir que vous avez un autre frère. J’étais en colère il y a quelques jours, mais c’est passé…
– Oui, cela me fait bizarre à moi aussi… ajouta Abelforth sur un ton évasif.
Il s’interrompit et ramassa une lettre sur la table basse.
« Je vais vous laisser, j’étais en train d’écrire à Zhao Huang, j’ai pensé qu’il serait bien que nous retournions le voir quelques jours, cela ne pourra vous faire que du bien.
Harry acquiesça. Effectivement, un voyage dans le Yunnan était certainement le meilleur moyen de l’apaiser.
– Venez me voir quand vous voulez, dit Abelforth. Désormais vous avez un moyen de savoir si je suis là ou pas. Et s’il vous plaît, je préfèrerais me dévoiler à Severus moi-même, alors ne lui dites rien, j’irai le voir ce soir.
Au moment de quitter l’appartement, ils entendirent la voix d’Abelforth les rappeler.
– Attendez, est-ce que je pourrais vous emprunter la Carte du Maraudeur ?
– Bien sûr, répondit Harry en lui tendant la précieuse Carte.
– Je crois que j’ai une petite mission à accomplir…
– Qu’est-ce qu’on fait cet après-midi ? demanda Ron alors que tous les quatre s’étaient assis autour de la table de leur salon.
– Je suis tentée de faire des recherches sur la Clef de la Paix, répondit Hermione. Je suis certaine que sa recherche va être une quête passionnante. Mais on a tellement de travail avec les ASPIC. Il faut absolument que l’on termine notre exposé de métamorphoses.
Bien que le sujet de cet exposé – Hermione avait choisi de traiter des créatures magiques qui avaient des pouvoirs d’autométamorphoses – ait été intéressant, sa préparation avait été soporifique. Hermione avait absolument tenu à ce qu’aucun détail ne lui échappe, et avait récupéré une pile de livres impressionnante à la bibliothèque, qu’ils avaient dû décortiquer.
Harry avait finalement passé l’essentiel de son temps à regarder la pluie tambouriner les carreaux, et il se sentait en quelque sorte prisonnier de Poudlard.
Ils passèrent le reste de l’après-midi à terminer leurs devoirs, puis décidèrent de passer une heure dans la Salle du Phénix avant le repas pour continuer leurs recherches sur la Clef de la Paix, sans succès une nouvelle fois.
Dans tous les couloirs de l’école, des écriteaux avaient été placardés, et personne ne pouvait les manquer.
AVIS A TOUS LES ELEVES
Le Tournoi de Duels entre professeurs est annulé.
Il n’y aura plus de Tournois de Duels jusqu’à nouvel ordre.
Les autres Tournois en cours sont maintenus et tous les matchs auront lieu impérativement ce dimanche.
Tous les clubs sont dissous et une autorisation sera nécessaire pour les réunir à nouveau.
En cas de manquement à cette règle, les élèves et professeurs concernés seront exclus.
Le Directeur
Severus Rogue
– Le Tournoi de Duels des professeurs est annulé, c’est dommage, protesta Ron.
– Au contraire, tant mieux, ça évitera les conflits, répondit Hermione. Imagine un duel entre Rogue et Maugrey, cela se terminerait à tous les coups sur un meurtre.
L’idée de Ginny de reprendre la Brigade des Griffons fut rapidement mise en exécution. Ils rencontrèrent Neville et Luna et leurs firent part de leur projet. Tous les six devaient constituer la base de leur groupe de lutte, qui s’élargirait éventuellement dans le futur.
Ils décidèrent que lorsqu’Harry aurait récupéré la Carte du Maraudeur, ils se tiendraient au courant de la localisation des J.M.P. dans le château tous les quarts d’heure, et que s’ils se trouvaient dans des zones suspectes du château, ils les suivraient et les observeraient. Enfin, il était question d’explorer prochainement la réserve des J.M.P..
Le repas du soir se déroula dans une ambiance très tendue. La rumeur que Rogue était furieux et allait prendre des mesures pour restreindre les libertés des élèves s’était propagée à une vitesse fulgurante, et tous les élèves se demandaient quelle serait leur ampleur.
– Silence, s’il vous plaît, grogna Rogue.
Mais cela n’avait pas été utile, au moment même où il s’était levé pour parler, toutes les discussions avaient cessé, et tous les visages s’étaient tournés vers lui.
– Comme vous l’avez certainement appris, tous les clubs sont désormais dissous et ne pourront se réunir que sur autorisation de la Direction. Les membres de la Brigade Directoriale veilleront à signaler toute réunion non autorisée d’élèves.
« L’introduction dans le château de tout objet issu des boutiques de Fred et George Weasley sera passible d’exclusion de l’école. Tout élève qui perturbera d’une quelconque façon un autre élève dans son travail, sera soumis à des travaux d’intérêt général, et sera exclu en cas de récidive. Enfin, les élèves doivent être présents à tous les cours qui leur sont imposés et toute absence pourra entraîner une exclusion de l’école.
« La Direction ne tolèrera aucune protestation et aucun élève ne bénéficiera d’entorses à ces règles.
« Enfin, les professeurs doivent également respecter certaines règles, et seront étroitement surveillés pour s’assurer qu’ils n’incitent pas les élèves à l’insubordination, et qu’ils respectent les programmes imposés par le Ministère.
« Les emplois du temps de la semaine prochaine sont identiques à ceux de la semaine dernière, à l’exception des options qui ne sont plus obligatoires pour les sixième et les septième année. Les résultats de vos examens vous seront communiqués par les professeurs concernés et à la fin de la semaine vous serez orientés vers la filière qui vous conviendra le mieux.
Rogue avait parlé avec son habituel ton froid et cinglant, parcourant la salle de son regard noir malicieux, et il n’en fallut pas plus pour que les élèves restassent silencieux jusqu’à la fin du repas.
Jusqu’à vingt-et-une heures, heure à la quelle il était interdit de se promener dans les couloirs, ils poursuivirent leurs recherches sur la Clef de la Paix, avec l’aide de Neville et Luna.
Harry savait qu’il pouvait leur faire totalement confiance, mais il s’était tout de même contenté de leur expliquer qu’il faisait ces recherches plus par curiosité que par nécessité. De toute façon, Voldemort devait bien se douter qu’Harry s’intéresserait à la Clef de la Paix et si l’information arrivait à ses oreilles, cela ne changerait rien.
Le soir, Harry ressentit le besoin de travailler son lien magique avec Fumseck. La dernière fois, il avait appris grâce à un livre que son lien avec Fumseck était à un stade avancé qui lui permettrait bientôt de maîtriser le Transfert de Sorts, c’est-à-dire d’utiliser le Phénix comme un intermédiaire magique.
Il ouvrit le Guide de la Conjugaison avec un Phénix d’Octave Melodge à la page qui évoquait le Transfert de Sorts.
En réalité, il n’y avait pas grand-chose. D’après le livre, le Transfert de Sorts n’était qu’une affaire de confiance entre le sorcier et le Phénix.
Si le lien était suffisamment fort, il fallait se concentrer pour expulser le sortilège par l’intermédiaire du Phénix, et non par la baguette, ce qui n’était pas naturel.
Harry procéda par étapes comme conseillé dans le livre. Il n’eut pas de difficultés à envoyer des étincelles.
Le résultat était assez surprenant puisque les étincelles sortaient du bec de Fumseck comme si elles sortaient d’une baguette magique.
Harry essaya donc le sortilège de Stupéfixion, et après plusieurs essais, cela fonctionna parfaitement.
– C’est super, Harry, j’ai hâte de te voir utiliser cette technique en combat, s’enthousiasma Hermione en contemplant Ron qui gisait sur le tapis épais du salon, stupéfixé par un éclair sorti du bec du Phénix.
– Harry, est-ce que ça marche dans l’autre sens ? demanda Ginny. Je veux dire, est-ce que Fumseck peut utiliser ta baguette pour produire sa Magie ?
– Je ne sais pas, répondit Harry, je suppose que oui…
– Bien sûr que c’est possible, répondit Hermione, qui venait de ranimer Ron. Il doit bien y avoir quelque chose dans le livre là-dessus.
– Mais les Phénix n’utilisent pas de sortilèges comme nous ? s’étonna Harry.
– C’est vrai, mais je suis certaine que même si Fumseck se trouve à des kilomètres de toi, tu dois pouvoir transmettre son chant par exemple. Et puis, les Phénix ont d’autres pouvoirs que ceux qu’on leur connaît. Ils peuvent aussi produire de la Magie semblable à celle des sorciers. Regarde…
Hermione prit le livre et l’ouvrit à une page précise comme si elle le connaissait par cœur…
Harry sembla étonné et elle lui répondit ceci :
– Oh, Harry, tu te doutais bien qu’un jour ou l’autre je finirais bien par ne pas résister à l’envie d’ouvrir ce livre ! Je l’ai feuilleté rapidement, il y a un endroit où les pouvoirs peu connus des Phénix sont évoqués, regarde, c’est ici.
Hermione lui tendit le livre, ouvert à une page où une illustration représentait un Phénix et un sorcier qui semblait pétrifié.
Les pouvoirs peu connus des Phénix
Outre les pouvoirs célèbres des Phénix, évoqués au chapitre précédent, ils disposent de pouvoirs bien moins connus, et qui ressemblent parfois beaucoup à ceux des sorciers, et en particulier, ils sont capables d’accomplir des actes de métamorphoses très complexes, très utiles en combats ou dans la vie courante. Par exemple, ils peuvent métamorphoser des sorbets au citron en sorbets à la framboise, et inversement, ce qui est très pratique pour les personnes ayant des goûts imprévisibles ! Ce chapitre présente certains pouvoirs des Phénix peu connus mais fascinants.
Les Phénix sont capables de pétrifier des sorciers qui voudraient du mal à leur sorcier Conjugué. Ce phénomène, rare, est associé à la colère du Phénix, et porte le nom d’enchantement de l’Ire Phoenixiale. La victime est transformée en marbre et ne peut se libérer que si elle abandonne toutes ses pensées négatives à l’égard du sorcier Conjugué au Phénix.
Cela nécessite un lien fort, et la réaction vient en général spontanément du Phénix qui ressent le danger par l’intermédiaire de ce lien. Néanmoins, cet acte de Magie est très complexe et très rare, il n’a été observé que peu de fois dans l’histoire, et à chaque fois dans des situations véritablement critiques.
L’accomplissement de l’enchantement de l’Ire Phoenixiale s’accompagne d’un cri effrayant de la part du Phénix, qui, à lui seul, peut suffire à pétrifier de peur la victime.
Les pouvoirs de Phénix sont très variés, et leur capacité à influer sur la préparation des potions le prouve. S’il n’a jamais été déterminé précisément d’enchantement qui explique ces pouvoirs, il est clair que leur influence est grande sur les potions, et les alchimistes ont longtemps cru que les Phénix détenaient la clef de la conception de la pierre philosophale, ce qui n’a jamais été vérifié.
Les Phénix ne peuvent modifier que certaines potions, et ils ont notamment la capacité de produire ce que l’on appelle « l’enflammation », un phénomène qui consiste à enflammer la potion pour la purifier et la régénérer. Cela s’avère très utile pour la préparation de certaines potions qui s’altèrent elles-mêmes du fait de l’incompatibilité de certains de leurs ingrédients.
Par exemple, le Breuvage de Retournement qui consiste à inverser le sens de la vie de la personne qui le boit (elle rajeunit au fur et à mesure que le temps passe, jusqu’à devenir un embryon et mourir) ne peut être préparé sans l’utilisation de cette technique d’enflammation. Et cela n’est pas plus mal étant donné que cette potion fait partie des potions les plus maléfiques qui existent.
Mais les pouvoirs des Phénix ne se réduisent pas à produire l’enflammation, ils peuvent aussi accélérer considérablement la maturation de potions de soins préparées par leur sorcier Conjugué. En réalité, cela se produit pour toute potion préparée dans l’intention d’être bénéfique à une autre personne.
Enfin, il existe de nombreuses légendes concernant les pouvoirs des Phénix, entretenues par leur rareté ; il est en effet très rare d’observer des liens de Conjugaison suffisamment forts pour pouvoir accomplir ces légendes.
Certaines d’entre elles se sont néanmoins avérées exactes, et on citera notamment la possibilité d’appliquer un enchantement permettant de rendre invisible tout objet choisi par le Phénix. C’est à cause de ce pouvoir que les Egyptiens les ont un temps pourchassés – avant de finalement les vénérer –, craignant qu’ils ne fassent disparaître le monde.
Leurs autres principaux pouvoirs concernent les éléments : l’eau, le feu, la terre et l’air. Les Phénix ont une extraordinaire habilité à les transformer et à jouer avec. Ils peuvent réussir ce que les sorciers ne peuvent pas faire, transformer un élément en un autre. Par exemple, ils peuvent transformer une flamme en eau, ou transformer de l’air en de la terre. Cette capacité s’applique aussi à toutes sortes de sorts, et donc également aux éléments produits de manière magique et non naturelle.
Ce pouvoir de transformer les éléments est peut-être le plus fascinant de ceux que possèdent les Phénix. Les sorciers ont toujours cherché à réussir cela, sans réussite. Ils ont trouvé d’autres moyens de jouer avec les éléments, en les neutralisant, mais cela reste l’un des échecs les plus marquants de l’histoire de la Magie humaine. Seule la Conjugaison avec un Phénix peut permettre à un sorcier de transformer les éléments, par le biais du Transfert de Sorts.
– Tu vois bien que les Phénix savent faire de nombreuses choses, dit Hermione quand Harry releva la tête du livre, impressionné.
– Oui, c’est fascinant, répondit Harry je me demande si Fumseck saurait faire tout ça…
– A mon avis, il faut attendre encore un peu, répondit Hermione, mais Abelforth pourra certainement t’en dire plus, et puis, au fond de toi, tu dois bien le savoir…
Harry regarda le Phénix dans les yeux, et il vit une lueur de défi, comme si Fumseck était prêt à essayer.
Il se leva et prit l’une des bougies qui servaient à éclairer la pièce, la posant sur la table devant Fumseck.
– Fumseck je suis sûr que tu peux transformer la flamme en de l’eau ! dit-il avec conviction.
Fumseck sembla se concentrer puis il poussa un petit cri et une lumière rouge et or émana de lui. Il y eut une sorte de souffle et la flamme de la bougie vacilla. Dans un petit crépitement, elle se transforma en une flamme d’eau, avant de tomber en une flaque sur la table, dans un crépitement.
Harry et Fumseck semblaient tous les deux briller dans un intense halo de lumière rouge et or, comme si leur lien magique se matérialisait.
– C’est incroyable ! murmura Hermione.
Harry et Fumseck ne s’étaient jamais sentis aussi forts et soudés, il ne pouvait rien leur arriver maintenant. Mais ils en avaient assez fait pour ce soir, le progrès était immense.
Harry dormit très bien cette nuit-là, ce qui lui permettrait enfin d’envisager un début de semaine sereinement.
Harry réussit très bien la suite de la préparation de la Liqueur de la Providence, et d’après le professeur Slughorn, ils étaient maintenant à un stade avancé de sa préparation.
Lors de ce cours, ils avaient aussi obtenu leurs résultats des examens de samedi, et Harry et Hermione étaient évidemment admis à passer des ASPIC de potions avancées. Ron était refusé même si Slughorn avait été content de ses progrès lors du dernier cours, mais il continuerait de suivre certains cours de potions du tronc commun avec Harry et Hermione.
Abelforth avait déjà terminé d’utiliser la Carte du Maraudeur, et Dobby la leur avait rendue le matin avant qu’ils ne partent en cours.
Harry était content de l’avoir récupérée rapidement. Les mesures drastiques prises par Rogue étaient rapidement entrées en vigueur, et il semblait que tout groupe de plus de trois élèves était disloqué quasiment par la force par les J.M.P.. Harry préférait éviter pour l’instant tout affrontement avec eux, et la Carte le leur permettait.
Ainsi, pendant la pause de la mi-journée, ils avaient suivi le trajet des J.M.P., et ils semblaient n’avoir rien fait de suspect, si ce n’est qu’ils avaient traumatisé plusieurs élèves, abusant de leurs nouveaux pouvoirs.
Le cours avec Rogue fut une nouvelle fois passionnant, même si ce dernier avait été d’une humeur massacrante. Il avait d’abord passé un quart d’heure à les sermonner à propos des résultats de leurs épreuves, leur expliquant qu’ils ne réussiraient jamais leurs ASPIC s’ils continuaient sur ce rythme.
Ils continuèrent leur étude des créatures intrusives de l’esprit. Rogue avait enfermé plusieurs Papillons Hypnotiseurs dans des cages, et ils avaient tour à tour dû passer devant eux et se forcer à résister à l’hypnose.
Harry avait très bien réussi, en fait, c’était comme résister à l’Imperium, il savait exactement comment faire, et il était assez fort pour le réussir. Néanmoins, ce n’était pas le cas de tout le monde, et la plupart des élèves avaient rapidement cédé au pouvoir des Papillons, à la plus grande colère de Rogue.
– Vous êtes tous des bons à rien ! Soyez concentrés ! Vous ne résisteriez jamais à l’Imperium si vous y étiez soumis, et vous êtes des victimes faciles ! Ces Papillons ne sont que de vulgaires insectes inoffensifs et ils ne devraient pas vous affecter autant !
En plus de cela, ils avaient travaillé avec des Magico-Lévitateurs. Rogue avait récupérer leurs essais sur le sujet, et ils savaient tous très bien ce dont il s’agissait.
Les Magico-Lévitateurs étaient des petits objets très rares, constitués d’un simple lingot doré. Il était impossible de les soulever manuellement, et seule l’utilisation de la Magie pouvait permettre de les déplacer.
En fait, lorsqu’on se concentrait très fort sur le Magico-Lévitateur, celui-ci se mettait à léviter. Plus on se concentrait fort, plus il se soulevait. Cet objet pouvait ainsi permettre de soulever de lourdes charges si on se concentrait fort.
Rogue les fit ainsi tester leur résistance mentale et leur concentration. L’effort était très difficile à soutenir et ils sortirent de ce cours épuisés.
Comme pour les assommer, ils se virent donner un nouvel essai sur les Serpents Arc-en-Ciel, qu’ils étudieraient lors de leur prochain cours, et cela sembla fasciner Hermione.
Harry rejoignit Rogue après le repas pour une nouvelle leçon. Une nouvelle fois, il s’entraîna à explorer l’âme de sa baguette magique.
Harry eut l’impression de progresser. A chaque fois, il se heurtait à une sorte de muraille lisse et sombre à laquelle il ne pouvait s’agripper. Et sa baguette semblait refuser qu’il la sonde.
– Il vous faut chercher à tout prix à percer cette muraille ! C’est une affaire de détermination, je sais bien que le cours de tout à l’heure n’était pas de tout repos et que vous n’êtes pas suffisamment frais pour réussir parfaitement, mais vous devez continuer. Il ne faut pas vous décourager parce qu’il n’y a pas de progrès apparent.
Mais lors d’un énième essai, Harry poussa tellement fort pour percer la muraille qu’il eut l’impression que celle-ci cédait. Il entr’aperçut quelque chose de très intense, une Magie très puissante et fascinante. Mais il fut rapidement submergé et il paya le prix de son effort.
Il s’était effondré sur le sol froid et humide du cachot et était debout, attendant qu’il se réveille.
– Qu’avez-vous fait ? demanda Rogue lorsqu’Harry retrouva ses esprits.
– J’ai l’impression d’avoir aperçu l’âme de ma baguette, je ne sais pas si c’est exactement ce que j’ai vu, c’était très puissant…
– Vous vous êtes évanoui à cause de cela ? demanda Rogue.
– Non, à cause de l’effort, répondit Harry.
– Bien, nous allons donc arrêter pour aujourd’hui, c’est un pas important, et il serait dangereux de vouloir poursuivre. Je n’ai jamais exploré l’âme de ma baguette, mais d’après ce que j’ai lu, c’est quelque chose de très intense et de difficile à cerner. Même lorsque vous pourrez vous en approcher, il sera très difficile de la comprendre et de la maîtriser. Le travail est encore long.
Rogue s’interrompit puis passa à un autre sujet qui semblait le déranger.
– J’ai parlé à Mr Dumbledore, il m’a dit qu’il vous a mis au courant… à propos de Jack Jigger, et du troisième frère Joe… Cela m’a mis particulièrement en colère qu’il ne me tienne pas au courant de son déguisement, et j’espère que ses fantaisies ne feront pas échouer ce plan.
– Vous n’en savez toujours rien ? demanda Harry. Il m’a expliqué que si je le connaissais, il échouerait, je ne comprends pas vraiment pourquoi.
– Vous m’apprenez quelque chose, répondit Rogue, pensif. Il m’a dit qu’il ne souhaitait pas que je le connaisse pour le moment, mais à aucun moment il m’a dit que cela pourrait le mettre en danger.
– Cela concerne peut-être Voldemort, et dans ce cas, mon lien avec lui pourrait expliquer cela, répondit Harry.
Rogue grimaça en entendant le nom de Voldemort.
– Effectivement, c’est tout à fait possible. Mais j’espère vraiment qu’il sait ce qu’il fait, j’ai de plus en plus de mal à avoir confiance en lui.
Cette conversation avec Rogue installa dans la tête d’Harry de nouveaux doutes alors qu’il essayait de s’endormir. Il était maintenant certain que le plan était centré sur le lien entre Voldemort et lui, mais il se demandait comment cela pouvait être possible. En fait, les deux seules choses qui le liaient à Voldemort étaient la prophétie et la cicatrice qu’il avait sur le front, même s’il n’avait jamais vraiment compris pourquoi, et il se demandait comment les deux Dumbledore auraient pu monter un plan utilisant ces deux liens.
Mais il ne put pas y réfléchir très longtemps, le mal de tête hérité de cette journée difficile le plongea rapidement dans le sommeil, et il n’entendit même pas le bruit de la foudre qui tonna pendant toute la nuit.
Le lendemain matin pendant le petit déjeuner, il avait été toujours aussi confus, et il avait envie de tout sauf d’une conversation sur les droits des elfes de maison.
Malheureusement, la Gazette du Sorcier apportait des nouvelles qui ne manqueraient pas de faire réagir Hermione.
– C’est un scandale, regardez ça ! dit-elle en posant brutalement le journal sur la table, faisant sursauter plusieurs verres.
LE MINISTERE CLARIFIE SA POSITION AU SUJET DES ELFES DE MAISON
Nous avons bien failli assister à un scandale hier au Ministère, lorsque plusieurs sorciers ont appris qu’un traité était en cours d’élaboration pour donner des droits étonnants aux elfes de maison.
Cette initiative est en fait celle de l’ancien Ministère, et Joe Jigger a tenu à rassurer toute la communauté magique en affirmant que « aucune mesure idiote ne sera prise pour chouchouter les elfes de maison qui sont bien contents de pouvoir servir les sorciers ».
La Gazette du Sorcier s’est procurée certains éléments de ce dossier et y a découvert quelques détails surprenants. Par exemple, il était suggéré que les elfes de maison perçoivent un salaire de la part de leur maîtres, qu’ils puissent disposer de congés et qu’ils puissent choisir librement leur famille. La mesure la plus farfelue est certainement celle qui leur permettrait de posséder un compte à la banque Gringotts.
Plusieurs membres du Ministère s’étaient indignés, soulignant que l’on ne pouvait pas modifier des traditions datant des origines de notre communauté.
Autre argument contre ce projet stupide, les elfes de maison eux-mêmes sont très attachés à ces traditions et ne voudraient pour rien au monde changer leurs relations avec les sorciers. Plusieurs elfes employés par le Ministère ont témoigné, affirmant qu’ils prenaient ces mesures pour une « insulte ».
Soyez rassurés, le Ministère n’adoptera donc pas ces mesures, et vous pourrez continuer d’entretenir de bonnes relations avec vos elfes de maison.
– Mais comment peuvent-ils écrire un tel torchon ! s’exclama Hermione, furieuse. Ils ne donnent les avis que des personnes qui sont contre ce projet, et bien sûr, l’avis de la majorité des gens est occulté !
Harry n’était pas certain que la majorité des gens était favorable aux mesures qu’Hermione avait initiées. Mais cet article était tout de même inquiétant, et Harry savait que les Mangemorts étaient en train de tout faire pour mettre la communauté à leurs pieds, y compris les elfes de maison.
Le cours de botanique se déroula une nouvelle fois dans la serre n°4. Lors de leur dernier cours, ils avaient fait un tour d’horizon de toutes les plantes qu’elle pouvait contenir. Cette fois, le professeur Chourave leur demanda de les neutraliser, et ils commencèrent avec les Rafflesia Cornues, des énormes fleurs qui étaient capables d’engloutir un être humain et de le broyer en quelques secondes.
– J’ai fait en sorte que nous ayons quelques spécimens jeunes pour limiter les risques, s’enthousiasma le professeur Chourave. Les Rafflesia Cornues sont des plantes très robustes, et il n’y a que peu de moyens de les vaincre. Nous allons voir deux façons différentes.
« Tout d’abord, le plus efficace est d’utiliser un sortilège de Végétopustullation, la formule est pourritus interium. Ce sortilège a pour effet de faire pourrir la plante de l’intérieur, et la Rafflesia Cornue y est sensible, et elle est rapidement atteinte. Ce sortilège l’achève définitivement si vous le réussissez parfaitement.
« Mais il est aussi possible de la geler, cette plante ne supporte en effet pas de devoir rester immobile. Cela peut provoquer la folie chez la plante à un point qui peut la neutraliser. Vous pouvez donc l’enfermer dans une prison de glace, cela sera aussi très efficace. Je vous laisse essayer !
– Les J.M.P. sont dans leur réserve, s’exclama Harry, alors qu’il faisait son inspection habituelle à l’aide de la Carte du Maraudeur pendant le repas de midi.
Et en effet, les J.M.P. étaient absents de la table des Serpentard, comme s’ils avaient prévu de faire quelque mauvais coup pendant que personne ne pouvait les voir.
– On va voir ce qu’ils font ? demanda Neville.
– Pas pendant qu’ils sont là, répondit Harry, on ne risque rien avec eux, mais il vaut mieux éviter de nous attirer des ennuis, on attendra qu’ils soient partis.
– Oui, tu as raison, Harry, c’est plus prudent, ajouta Hermione. Pour l’instant il faut que nous soyons les plus discrets possible.
Harry passa tout le temps du repas à surveiller les J.M.P., ils étaient restés pendant un bon moment dans leur réserve, avant de la quitter peu avant treize heures, et de revenir dans les parties principales du château.
– Qu’est-ce qu’ils font ? demanda Ron, il n’y a rien par ici.
– Si, il y a le Salon du Temps, dit Hermione.
– Ils ont peut-être prévu d’aller au cours en avance, ricana Ron.
– Oh non, certainement pas, puisque nous sommes avec les Poufsouffle cet après-midi, répondit Hermione très justement. Je sens un mauvais coup, ils n’ont strictement rien à faire là-bas.
– Vous croyez qu’ils peuvent savoir pour Abelforth et qu’ils lui voudraient du mal ? murmura Ron.
– Non, c’est impossible, répondit Hermione, mais ils savent certainement qu’on a cours là-bas, et s’ils veulent nous tendre un piège, c’est parfait… le problème, c’est qu’ils ne savent pas qu’on a la Carte du Maraudeur.
Après quelques minutes passées dans le couloir qui menait au Salon du Temple, les J.M.P. firent demi-tour et retournèrent dans leur salle commune.
Pendant ce temps, Harry et ses amis passèrent un peu de temps dans la Salle du Phénix, continuant leurs recherches sur la Clef de la Paix.
Ils décidèrent de se rendre un peu en avance au Salon du Temps pour le cours avec Jack Jigger, pour essayer de savoir ce que les J.M.P. étaient venus faire ici.
Mais arrivés devant les portes en or massif qui marquaient l’entrée du Salon, ils ne trouvèrent rien de suspect.
– Attention ! hurla Ginny.
Il y eut un bruit de fracas et plusieurs caisses en bois s’écrasèrent juste derrière eux. Ils se plaquèrent contre les murs pour les éviter et se retournèrent une fois la chute des caisses terminée.
Un enchevêtrement de planches brisées gisait sur le sol de marbre, et une armée de créatures diverses se tenait devant eux, avec des salamandres géantes, des serpents de toutes sortes, et des Cocatris prêts à bondir sur eux.
Mais ils étaient trop bien entraînés pour se laisser faire, et cette armée de créatures, si impressionnante qu’elle fût, ne résista pas longtemps, les créatures tombant les unes après les autres sous les maléfices du Rayon Rose, les éclairs de Stupéfixion, et les flammes de toutes sortes.
A la fin, il ne resta plus qu’un tas de corps écrasés au milieu des planches, et une fumée issue des sortilèges avait envahi le hall.
– Bien joué ! dit une voix derrière eux.