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Chapitre 124 : Le rêve de Ginny

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Le Premier Ministre n’était en fonction que depuis quelques mois, et il ne se passait pas une journée sans qu’il ne regrettât d’avoir été élu. La situation aurait pu être pire, et son prédécesseur avait eu à affronter des problèmes bien plus délicats.
Mais il y avait autre chose dans sa vie de Premier Ministre, quelque chose dont il ne pouvait parler à personne sous peine de passer pour un malade mental.
Le lendemain de son élection, alors qu’il fêtait sa victoire, il avait vécu une scène étrange, et il s’était demandé sur le moment s’il avait halluciné ou pas. 
Un personnage dans un tableau de son bureau s’était soudain animé et lui avait parlé. Pire que cela, quelqu’un était apparu de nulle part par sa cheminée dans un tourbillon de flammes vertes et brillantes.
Cet homme-là, nommé Cornelius Fudge, avait prétendu être un sorcier envoyé par le ministre de la Magie, et il avait passé une bonne heure à lui raconter que des sorciers vivaient cachés un peu partout, que certains étaient dangereux, et notamment Vous-Savez-Qui, qui voulait à tout prix tuer un certain Harry Potter et s’emparer du ministère.
Fudge lui avait dit qu’il reviendrait pour qu’ils discutent de la sécurité du monde moldu, et le Premier Ministre avait fini par l’oublier pendant les jours suivants, et il s’était concentré sur sa nouvelle fonction.
Mais une semaine plus tard, Fudge était revenu, et il avait tenté d’imposer au Premier Ministre des mesures de sécurité. Celui-ci avait refusé, jugeant que c’était à lui de décider de sa sécurité et de celle de ses concitoyens.
Une vive altercation avait suivi cette discussion, et le Premier Ministre avait tenté d’assommer Fudge avec une bouteille de whisky. Les associés du Premier Ministre, alertés par le bruit, étaient intervenus et avaient brisé la porte du bureau. Fudge avait été arrêté par la police moldue et il s’était évadé de prison en transplanant. Le ministère avait tout fait pour ne pas ébruiter l’affaire.
Mais avec l’arrivée de Pétunia Dursley et Regulus Black, qui n’hésitèrent pas à attaquer directement les Moldus, ces mesures étaient devenues inévitables, et Fudge avait à nouveau été envoyé pour tenter de discuter avec le Premier Ministre. 
Celui-ci avait fait boucher sa cheminée et, à défaut de pouvoir retirer le tableau du mur, il avait   fait venir un peintre pour ajouter son portrait par-dessus.
Mais c’était finalement son propre portrait qui s’était animé pour annoncer au Premier Ministre l’arrivée de Fudge. Quelques instants plus tard, la cheminée avait explosé pour le laisser apparaître.
Vous ! Sortez immédiatement ! s’écria le Premier Ministre.
Laissez-moi au moins vous parler ! rétorqua Fudge.
Mais le Premier Ministre avait commencé à lancer tout ce qu’il avait pu trouver sur son bureau vers Fudge et ce dernier avait dû le pétrifier pour qu’il puisse avoir son attention.
Quand il l’avait libéré du sort, le Premier Ministre avait accusé Fudge d’être la cause de tous les problèmes et il avait refusé de discuter avec lui.
Fudge avait beaucoup insisté pendant les semaines qui avaient suivi, et ce dernier n’avait finalement accepté de discuter sérieusement que lorsque Pétunia avait lancé une grande attaque qui avait fait une centaine de morts sur Oxford Street dans Londres.
Ce n’est qu’à partir de ce moment-là que le Premier Ministre avait accepté l’aide du ministère de la Magie, et que la police moldue avait été mise en relation avec les Aurors pour une surveillance accrue de tout le territoire.
Mais le Premier Ministre n’appréciait pas pour autant Fudge et sa façon de s’inviter sans autorisation dans son bureau, simplement parce qu’il était un sorcier.
Mais aujourd’hui, la situation semblait bien plus grave pour lui, et il aurait la confirmation de ce pourquoi il ne pouvait pas supporter les sorciers.
Message au Premier Ministre des Moldus ! Cornelius Fudge souhaite vous présenter sa Majesté le Seigneur des Ténèbres. Merci de le recevoir avec le respect qu’il se doit.
Le Premier Ministre savait qui était le Seigneur des Ténèbres, Fudge lui en avait déjà parlé de nombreuses fois, et il était l’ennemi numéro un de la communauté magique. Mais pourquoi viendrait-il ici ? il devait certainement avoir d’autres choses à faire ! Ainsi, le Premier Ministre songea d’abord à une mauvaise plaisanterie.
Je ne peux pas, j’ai plein de choses à faire ! Dites-lui qu’il vienne un autre jour !
Ce n’est pas possible, répondit le tableau. Le Seigneur des Ténèbres n’en aura pas pour longtemps.
Le Premier Ministre ravala sa salive. Lord Voldemort allait vraiment venir dans son bureau ? Il hésita un instant quant à la réaction à avoir. Peut-être ferait-il mieux de sauter par la fenêtre pour tenter de lui échapper ?
Mais une fuite aurait été vaine, Lord Voldemort était le plus grand sorcier au monde, et il l’aurait rattrapé en claquant simplement des doigts.
Il y eut une gerbe de flammes vertes avant que le Premier Ministre n’ait eu le temps de prendre une décision, et Fudge apparut.
Il avait l’air encore plus terrifié que le Premier Ministre, et il se recula jusqu’au fond du bureau.
Il y eut d’autres étincelles vertes dans la cheminée, qui dessinèrent une sorte de tête de mort, dont sortait par la bouche un serpent.
Puis une silhouette apparut. Lord Voldemort venait d’arriver dans le bureau du Premier Ministre moldu.
La réaction de celui-ci fut d’abord une réaction d’horreur. Il n’avait jamais vu quelqu’un de plus terrifiant que Voldemort.
La peau blafarde, presque transparente et couverte d’écailles par endroits, des yeux de serpent, un nez et des oreilles absents, un visage déformé, une silhouette d’une maigreur inquiétante, et des jambes et des bras presque atrophiés. En fait, il semblait appuyé sur une sorte de queue de serpent qui lui avait poussé.
Monsieur le Premier Ministre ! siffla Voldemort.
Enchanté, répondit le Ministre, d’une voix tremblotante.
Il fixa avec appréhension la baguette de Voldemort et celui-ci le remarqua.
Oh, je n’ai même pas besoin de ma baguette magique pour faire ce que je veux de toi !
Il la rangea dans la poche de sa robe et se tourna brusquement vers Fudge qui tenta de reculer par réflexe. Mais il se heurta à une commode, renversant des cadres de photos du Premier Ministre avec sa famille.
Fudge, tu vas servir d’exemple, dit sèchement Voldemort. Le Premier Ministre doit comprendre quelles sont mes méthodes.
D’un geste de la main, Voldemort ligota Fudge sur une chaise. Il ne pouvait plus parler et il regarda Voldemort d’un air suppliant.
Endoloris !
Fudge subit les symptômes caractéristiques du maléfice Doloris. Il remua tellement sur sa chaise qu’il manqua de la renverser et de tomber par terre.
Le Premier Ministre comprit immédiatement que Fudge devait ressentir des douleurs abominables.
Voilà ce qui arrive quand quelqu’un refuse de m’obéir, annonça Voldemort, comme fier de lui. Et si la personne récidive, je la tue. Mais je ne vais pas faire une démonstration sur Fudge, il m’est bien utile… Peut-être que l’on peut sceller définitivement cette servitude ?
Voldemort s’approcha de Fudge et lui prit le bras. Celui-ci essaya de se débattre mais Voldemort le regarda droit dans les yeux et il fut comme pétrifié.
Il sortit sa baguette magique et la pointa sur l’avant-bras de Fudge. Celui-ci poussa un hurlement silencieux alors que Voldemort avait gravé la Marque des Ténèbres dans son bras.
Fudge sera désormais mon serviteur. Je ne m’embarrasserai pas à venir vous voir moi-même. J’ai d’autres choses à faire que de discuter avec des Moldus. Tous les matins, j’exigerai que vous me fournissiez une victime moldue à tuer, et une autre pour Nagini, que vous enverrez me rejoindre au Gouffre des Ténèbres, Fudge vous expliquera. On va commencer dès aujourd’hui, allez me chercher quelqu’un, à moins que vous préfériez mourir vous, monsieur le Premier Ministre.
Le Premier Ministre crut qu’il avait mal entendu. Voldemort voulait tuer quelqu’un sur-le-champ, devant lui ?
Dois-je me montrer plus persuasif ? demanda Voldemort avec un sourire démoniaque, pointant le Ministre avec sa baguette.
Fudge était lui trop occupé à lutter contre la douleur pour se rendre compte de ce qui se passait.
Je dois… quoi ? marmonna le Premier Ministre.
Il y a une règle primordiale qui consiste à écouter Lord Voldemort quand il parle, siffla Voldemort. Je te demande simplement de m’amener le plus vite possible un Moldu pour que j’assouvisse mon envie de meurtre. Tu devrais faire vite, je ne vais plus pouvoir me retenir très longtemps…
Je ne peux…
Dans ce cas, endoloris !
Cinq secondes d’atroces souffrances suffirent à convaincre le Premier Ministre. Il se releva en tremblotant quand Voldemort leva le maléfice, et il partit en courant en dehors de son bureau.
Quelle lâcheté, siffla Voldemort en regardant Fudge se tenir le bras. Oui, ça fait mal, il paraît… mais c’est toujours un plaisir, n’est-ce pas, Fudge ?
Fudge tenta de sourire mais cela se transforma en une sorte de grimace de douleur.
Quelques instants plus tard, le Ministre revint en courant, accompagné d’un Moldu qui semblait travailler pour son gouvernement.
Excellent, siffla Voldemort en se frottant les mains.
Le Moldu s’arrêta net à l’entrée du bureau en voyant Fudge ligoté sur une chaise, et l’horrible créature qu’était Voldemort.
Comment t’appelles-tu ? demanda Voldemort.
Le Moldu resta silencieux, tétanisé de surprise et de dégoût.
Ton prénom ? s’impatienta Voldemort.
Patrick, bredouilla le Moldu d’une voix nouée.
Enchanté… Avada Kedavra !
Un éclair vert fonça sur le Moldu qui tomba raide mort sur le tapis, une expression de surprise et de terreur sur le visage. Voldemort éclata de rire et transplana, laissant Fudge et le Premier Ministre seuls avec le cadavre.

Harry se dressa dans son lit, le jour était déjà en train de se lever. Ginny s’était déjà réveillée, et elle semblait profondément choquée.
Harry, j’ai fait une sorte de rêve… Voldemort…
Le fait que Ginny avait fait ce rêve l’inquiéta encore plus que ce qu’il venait de vivre. Cela voulait-il dire qu’elle était elle aussi connectée à Voldemort ? Si c’était le cas, Voldemort pourrait la manipuler et il aurait une nouvelle arme contre Harry.
Quelques instants plus tard, Hermione et Ron étaient debout.
Il faut en parler à Abelforth ! dit Hermione inquiète.
Je suis censé l’avoir en classe cet après-midi, dit Harry.
Pourtant il nous a dit qu’il était en Suède toute la semaine, s’étonna Ron.
Ginny était pâle et silencieuse et Harry se souvenait avoir été dans le même état la première fois qu’il avait rêvé de Voldemort. Et même s’il s’était depuis habitué à vivre ce genre de rêves, ils étaient toujours des évènements terrifiants. 
Attendez ! J’ai Abelforth ce matin ! s’exclama Ginny, sortant de sa torpeur.

Quelques minutes seulement plus tard, ils frappaient à la porte de l’appartement d’Abelforth près du Salon du Temps.
Vous pensez qu’il sera là ? demanda Hermione, se rendant compte qu’ils n’avaient même pas pensé à consulter la Carte du Maraudeur.
Il est un peu tôt, mais s’il doit donner des cours, il ne va pas se ramener cinq minutes avant, il doit bien les préparer, non ? demanda Ron.
Oh, ce serait bien son style, répondit Hermione.
Finalement, la porte s’ouvrit rapidement et Joe Jigger apparut.
Tous les quatre restèrent stupéfaits et ce dernier sembla aussi surpris qu’eux.
Abelforth… est là ? demanda Harry après un instant d’hésitation.
Abelforth ? s’étonna Joe Jigger. Hum, il est en Scandinavie en ce moment, il m’a envoyé un message par tatouage magique il y a même pas deux minutes, le plan se déroule à merveille et Regulus enchaîne les Whisky Pur Feu à une vitesse fulgurante.
Devant l’expression toujours stupéfaite de Harry et ses amis, Joe Jigger ajouta :
Il vous a prévenu qu’il est en Scandinavie, n’est-ce pas ?
Oui, oui, bien sûr ! répondit Hermione, mais on a cours avec lui aujourd’hui !
C’est quoi les tatouages magiques ? demanda Ron.
Pas maintenant, Ronald, et puis c’est quelque chose de top secret ! En ce qui concerne les cours, je remplacerai Abelforth aujourd’hui, il me reste à mettre ma perruque et le tour sera joué. Vous venez peut-être prendre le petit-déjeuner avec moi ?
Pas vraiment, répondit Harry, n’arrivant pas à sourire.
Le regard de Joe Jigger se posa plus attentivement sur Ginny et il comprit que la raison de leur venue était tout à fait différente.
Ginny et moi avons fait le même cauchemar, expliqua Harry… il y avait Voldemort…
Joe Jigger ne fronça même pas un sourcil, et Harry avait la désagréable impression qu’il s’y était presque attendu. Il les fit finalement entrer et s’installer dans le canapé, et Harry raconta exactement ce qui s’était passé. Ginny se contenta d’acquiescer tout au long de son discours.
Il eut un instant de doute en voyant que Joe Jigger était resté complètement impassible pendant tout son récit. Après tout, il était quasiment un inconnu, et il avait beau être le troisième frère Dumbledore, ce n’était pas la même chose que de se confier à Abelforth.
Il n’y a pas de raisons d’être inquiet pour toi, Ginevra, répondit-il d’une voix terriblement calme en se tournant vers elle. Cela ne doit pas être un moment de plaisir de vivre ce genre de scènes, mais en quelque sorte, Harry te protège des intrusions. Le fait que tu ais fait le même rêve que Harry est un signe qui montre la force de votre amour. Il doit être particulièrement puissant en ce moment…
Depuis le retour du Yunnan, nous n’arrivons plus vraiment à communiquer comme on le faisait, dit Harry.
Cela ne doit pas être source d’inquiétudes. Les conditions sont particulières au Yunnan, elles permettent de développer certaines habilités intéressantes. Même si vous ne vous en rendez pas compte directement, votre amour s’est réellement intensifié ces derniers temps. Lorsque vous le réaliserez, ce sera un pas de plus.
Mais il n’y a pas de risque ? Je veux dire, Voldemort doit pouvoir se rendre compte de notre amour s’il a accès à l’esprit de Ginny, il pourra l’utiliser contre nous !
C’est vrai, il y a un risque, admit Joe Jigger avec un calme qui énerva presque Harry.
Comment pouvait-il être aussi peu inquiet à propos d’un problème si grave.
Je crois que vous devrez prendre quelques leçons d’occlumancie communes. Pour toi Harry, cela ne sera pas très différent de ce que tu connais, mais il y a cependant certaines techniques d’occlumancie d’esprit double que tu ignores pour le moment. Ginevra, il te faudra apprendre à te protéger de ces intrusions simplement par précaution. C’est quelque chose de complexe, mais ton lien d’amour avec Harry te sera très utile.
Je ne comprends plus très bien ce qui se passe entre Voldemort et moi, dit Harry. Je croyais qu’il voulait éviter que nous entrions en contact car je lui fais du mal à chaque fois que c’est le cas, et pourtant je continue de pouvoir accéder à son esprit…
Le problème du lien entre ton esprit et celui de Voldemort est certainement la clef de beaucoup de choses, Harry, et si tu es capable de le dominer et de prendre le pouvoir, c’est de bon augure.
Je suis en train de prendre le pouvoir ? s’étonna Harry.
Peut-être, répondit Joe Jigger évasivement.
Mais pourquoi est-ce qu’il ne tente pas de fermer son esprit ?
Une idée très complexe mais brillante à mon avis, répondit Joe Jigger avec un sourire.
Comm…
Je ne dirai pas un mot de plus, Harry. J’en suis navré.
Ca concerne le plan ? C’est le plan, en fait ? insista Harry, espérant que Joe Jigger serait plus communicatif qu’Abelforth.
Oui et non, je dirais même, peut-être… mais sache, Harry, que la curiosité peut parfois être très dangereuse. Il vaut parfois mieux ne rien savoir qu’en savoir trop. Il me semble qu’Abelforth t’avait dit de ne pas poser de questions au sujet du plan, car cela pourrait te faire courir de grands risques.
Joe Jigger avait parlé avec un ton plein de reproches et Harry ne put s’empêcher de baisser la tête. Il voulait aussi éviter le regard accusateur de Hermione.
Abelforth vous contactera probablement vendredi soir, ajouta Joe Jigger. Il est possible qu’il veuille vous inviter à venir avec lui en Scandinavie ce week-end. Tenez-vous prêts à un éventuel voyage. Ginevra, tu ne dois pas t’inquiéter à propos de ces rêves, mais si cela se reproduit, n’hésitez pas à venir m’en parler ou à Abelforth. 
Joe Jigger referma la porte derrière lui en leur adressant un clin d’œil et ils retournèrent à leur appartement.
Harry suivit ses amis sans même regarder où ils allaient. Il était à la fois choqué et blessé par ce que Joe Jigger venait de lui dire. Choqué parce qu’il avait l’impression d’être passé tout près de comprendre ce qu’était le plan. Blessé parce qu’il avait posé trop de questions une fois de plus alors qu’Abelforth l’avait déjà mis en garde.
Harry, je crois qu’il faut vraiment que tu arrêtes de vouloir savoir ce qu’est ce plan, pour ton bien, lui dit Hermione, adoptant un ton le plus docile possible.
Ce n’est pas facile, répondit Harry sèchement. Ca me concerne directement, et j’ai comme l’impression que c’est quelque chose d’un peu risqué, si tu vois ce que je veux dire. Dumbledore a été assez dingue pour trouver utile de se faire assassiner et je n’ai vraiment pas envie d’aller le rejoindre tout de suite !
La dernière phrase de Harry eut l’effet d’un coup de tonnerre, et le plus déstabilisant était certainement le fait qu’il y avait une part de vérité dans cela.
Vous délirez, jeune homme, l’interpella un chevalier dans un tableau qui avait tout entendu. Dumbledore était quelqu’un de très censé. Ce traître de Rogue l’a tué. Si je n’avais pas qu’un seul tableau ici, je serais déjà parti de cette école !
Oh la ferme, toi ! lui répondit Ron, voyant que Harry n’avait pas l’air de plaisanter.
Harry, fais attention à ce qu’on ne nous entende pas la prochaine fois, lui dit Hermione.
Revenez ! Espèce de lâche ! s’écria le chevalier.
JE M’EN FOUS QU’ON NOUS ENTENDE ! hurla Harry. J’EN AI MARRE D’ETRE UTILISE COMME UN PION PAR UNE BANDE DE VIEUX TIMBRES QUI CROIENT QUE LEURS BETISES NOUS FERONT GAGNER LA GUERRE CONTRE VOLDEMORT !
Hermione grimaça, et elle s’assura qu’il n’y avait personne dans le couloir. Les paroles de Harry avaient résonné en écho et avaient été de ce fait encore plus cuisantes.
Un long silence s’installa, suivi d’un brouhaha de protestations des tableaux qui n’avaient pas apprécié le fait d’être réveillés de si bonne heure.
Harry, parfois, il faut que tu arrêtes de te prendre pour le centre du monde, répondit Hermione sur un ton relativement sec. C’est un travail d’équipe, certes ta tâche est la plus difficile, mais nous sommes tous là pour t’aider. Si tu refuses notre aide ou que tu ne veux pas nous faire confiance, tu ferais mieux de nous le dire tout de suite et te débrouiller tout seul.
Harry voulut d’abord répondre en criant encore plus fort, mais il ne le put pas. Les paroles de Hermione l’avaient profondément blessé et aucun son ne put sortir de sa bouche.
Un profond malaise s’installa et il préféra s’isoler avec Ginny et Fumseck, une fois de retour à leur appartement. Hermione semblait au bord des larmes quand elle vit Harry monter dans sa chambre directement, et Ron parut complètement désemparé. Voir sa petite copine et son meilleur ami se disputer était une situation qu’il n’était pas capable de gérer.
Cela faisait très longtemps que Harry ne s’était pas disputé avec l’un de ses amis. En réalité, il ne s’était jamais disputé avec Hermione. La seule fois où il avait été fâché avec elle, Ron en avait été la cause, au tout début de leur première année à Poudlard.
Il se demandait si Hermione avait vraiment pensé ce qu’elle avait dit, ou si elle avait simplement essayé de le secouer pour qu’il cesse de se tracasser à propos du plan.
Il avait pourtant le sentiment de n’avoir rien à se reprocher. Alors que les autres jeunes sorciers de son âge pouvaient profiter pleinement de leur jeunesse, la sienne était sacrifiée à chasser un mage noir qu’il était condamné à terrasser s’il voulait survivre. Combien auraient simplement tenté de fuir devant cette épreuve insurmontable ? 
Harry, il ne faut pas qu’on se divise, lui dit Ginny d’une voix douce qui le réconforta au point de lui donner des frissons.
N’importe qui à ma place aurait mal pris ce qu’elle m’a dit. Je… je n’arrive pas à croire qu’elle l’a vraiment dit.
Nous sommes tous surmenés en ce moment, mon chéri, et à mon avis elle doit être encore plus choquée que toi.
Même surmené, je ne me verrais pas lui parler comme elle m’a parlé, rétorqua Harry, toujours aussi déçu.
Ecoute Harry, tu as bien vu dans quel état elle était, elle doit sûrement pleurer en ce moment, elle a craqué, c’est tout, je suis sûr qu’elle viendra te voir tout à l’heure.
« Mais ce n’est pas tout, je pense que tu devrais l’écouter.
Tu es d’accord avec elle ? s’étonna Harry, de plus en plus chamboulé.
Non, non, répondit Ginny avec un sourire rayonnant. Ce que tu fais est admirable Harry, je te soutiens complètement. Je voulais juste te dire que je pense que tu devrais faire confiance complètement à Abelforth à propos du plan.
Je…
Laisse-moi m’expliquer, Harry. Tu vas peut-être trouver cela un peu… bizarre mais, je le sens. Je sais que tu dois faire confiance à Abelforth, et je sais qu’il serait dangereux que tu découvres le plan.
Comment tu le sais ?
Je le sens, Harry, c’est tout. Et puis Fumseck a l’air d’accord.
Harry se tourna vers le Phénix et il put lire dans son œil malicieux quelque chose comme « elle a raison, tu devrais l’écouter ».
Je serais rassuré si Harry Potter faisait confiance à Abelforth Dumbledore, couina Dobby avec gravité. C’est bien le seul qui me redemande sans arrêt que je lui tricote des chaussettes ! Cette seule raison suffirait pour dire qu’il est digne de confiance !
Merci Dobby, répondit Harry avec un rire nerveux.
Ce n’était pas vraiment le genre d’argument qui pouvait le rassurer, mais il appréciait tout de même la gentillesse de l’elfe. 
Harry, tu dois me croire, répéta Ginny en le regardant droit dans les yeux avec un regard si intense qu’il n’aurait pas pu lui répondre non.
Oui, oui, d’accord, je vais faire en sorte de ne plus y penser, mais ce n’est pas facile, ce sont des choses qui concernent mon avenir, ça me semblerait naturel que je sois au courant.
Harry, tu réfléchis trop ! lui dit Ginny de sa voix toujours réconfortante.
Je réfléchis trop ? se demanda-t-il à voix basse.
Oui, Harry, fais confiance à ceux que tu aimes, écoute ton cœur.
Ginny le prit dans ses bras et il se sentit comme transporté par une vague de bonheur et d’amour.
Dobby et Fumseck, il va falloir nous laisser seuls…

Lorsqu’ils ressortirent de leur chambre un bon moment après, Harry avait oublié tous ses tracas, et il fut surpris de trouver Hermione en larmes, assise à la table du salon.
Harry, je suis désolée, je ne voulais pas…
De quoi tu parles ? demanda Harry, qui avait le sourire jusqu’aux oreilles.
Harry, c’est quoi ce sourire niais ? demanda-t-elle.
Ginny, elle, était rouge comme une pivoine et avait les cheveux complètement décoiffés.
Oh, je comprends mieux, dit Hermione. Alors tu as oublié ?
Ron avait l’air éberlué. Visiblement, il avait du mal à comprendre le comportement de ses amis.
Qu’est-ce que vous avez tous ? demanda-t-il.
Ron, parfois je me demande si tu n’as pas un bandeau devant les yeux, répondit Hermione avec un sourire rayonnant.
Comment ça ? Tout à l’heure vous vous disputiez et maintenant tout va bien alors que rien ne s’est passé !
Justement, il s’est certainement passé quelque chose, mon Ronnie.
Tu n’as pas bougé d’ici… et Harry était dans la chambre avec…
Ron percuta à cet instant et Hermione sourit. Harry, lui, appréhendait un peu la réaction de son ami.
Quoi ? Ne me dites pas que vous avez… Beurk ! Ginny, tu es ma sœur !
Harry ne put s’empêcher de rire au fond de lui, mais il se retint car il savait que c’était un sujet sensible. Ginny, elle, sembla profondément agacée, et elle ne tarda pas à réagir.
Et alors, oui, je suis ta sœur ! C’est si j’étais celle de Harry que ça poserait un problème !
Tu ne m’en as même pas parlé !
Parce que tu me demanderais la permission, toi, avant de coucher avec Hermione ?
Hermione et Ron devinrent soudain tous les deux tous rouges et ils évitèrent de se regarder.
A moins simplement que tu sois encore trop immature pour penser à cela, poursuivit Ginny sur un ton cinglant.
Ron passa cette fois du rouge à un blanc très pâle, Ginny avait fait mouche.
Et puis d’ailleurs ce n’était pas la première fois, et ça ne t’a pas tué de ne pas le savoir ! poursuivit-elle comme pour l’achever.
Comment ça, pas la première fois ? Depuis quand ?
Ce que tu peux être jaloux, Ron… Ca ne te regarde pas, c’est une affaire privée.
Tu es ma petite sœur ! répéta Ron.
Et alors, tu voudrais que je reste vierge toute ma vie ? Je n’ai plus cinq ans !
Cette dernière réplique choqua profondément Ron et Ginny partit sans rien dire dans la salle de bains. Harry n’osa pas croiser le regard de son ami, et il fit semblant d’être absorbé dans La Gazette du Sorcier qui venait d’arriver.
Harry, je suis désolée, dit soudain Hermione d’une voix fébrile. Je ne voulais vraiment pas dire ça, je ne l’ai jamais pensé, j’ai été maladroite, j’espère…
Ne t’en fais pas, on en reparlera une autre fois plus calmement. Je peux comprendre.
Harry, c’est vrai que ce n’était pas la première fois ? Depuis quand… ? demanda Ron d’une voix hésitante.
Ron, arrête de penser à ça, tu te fais du mal, répondit Harry sur un ton conciliant. Et il faut que tu arrêtes de penser que Ginny est encore une gamine. Après tout, je ne suis pas un monstre, non ?
Non, non, répondit Ron. Tu as raison, ça ne me regarde pas. 
Ron sembla faire un intense effort pour se forcer à penser à autre chose et il se rabattit sur son petit-déjeuner.

Ginny devait les quitter plus tôt pour aller en cours avec Joe Jigger et elle fut un peu surprise en repassant dans le salon, de trouver Harry et Ron en train de discuter.
Hermione, elle, était en train d’écrire une lettre.
A qui tu écris ? demanda Ron, essayant de regarder par-dessus son épaule.
A Krum, répondit Hermione.
A Krum ? s’exclama Ron, horrifié.
Je plaisante, Ronnie, j’ai besoin de m’abonner à un magazine…
Un magazine de quoi ?
Tu ne peux pas la laisser un peu tranquille, elle aussi, intervint Ginny pendant qu’elle se coiffait devant le grand miroir du salon.
Elle n’avait visiblement pas digéré les reproches de Ron tout à l’heure, et ce dernier parut étonné qu’elle soit si rancunière.
Ron préféra finalement l’ignorer et il prit un air renfrogné.
Alors, c’est un magazine de quoi ?
Ca doit être quelque chose du genre « Au secours, mon petit copain est un idiot », non, Hermione ?
Ron tourna à nouveau au rouge et Ginny s’en alla en cours après avoir embrassé Harry.
Quelle idiote ! pesta Ron quand elle fut partie.
Ron ! répondit Harry avec un sourire.
Désolé, s’excusa Ron. Avec toi elle est gentille, mais avec moi…

Harry, Ron et Hermione mirent à profit cette matinée pour travailler. Ron ne cessa de pester contre Ginny, et Harry ne put s’empêcher de repenser à ce cauchemar de Voldemort, et principalement au fait que Ginny l’avait vécu aussi.
Ils étaient donc tous un peu dans le brouillard quand ils rejoignirent le rez-de-chaussée pour le cours d’initiation aux premiers secours.
C’était un cours commun à tous les Gryffondor et Serpentard de septième année. Harry fut surpris d’y voir Rogue assis au fond de l’immense salle de classe, arborant un sourire narquois.
Le professeur Strout, elle, avait l’air plutôt mal à l’aise, et elle regarda entrer avec un peu d’appréhension les J.M.P.
Depuis le début de l’année, le cours d’initiation aux premiers secours est resté à un niveau basique. Mais les exigences pour les A.S.P.I.C. sont beaucoup plus élevées et il va falloir mettre la barre très haut.
Elle employa un ton beaucoup plus sec que d’habitude, et Rogue sembla satisfait.
Vous devrez à la fois acquérir des compétences théoriques et pratiques très élevées. Etant donnée votre faible expérience dans le domaine, il va falloir que vous travailliez aussi beaucoup par vous-même pour combler votre retard.
« Nous allons commencer par un cours théorique. Prenez des notes en silence s’il vous plait.

Initiation aux premiers secours
Principes théoriques sur l’organisation des réactions en situation de danger

Objectifs :
Connaître les principes généraux permettant de gérer au mieux des situations de danger pour assurer la sécurité des personnes et le soin des blessés.
Etre capable de communiquer ces principes en un temps rapide aux éventuelles personnes impliquées dans une situation de danger.
Etre capable d’anticiper des dangers pour en prévenir les conséquences.

Ce cours rappelait désagréablement à Harry les cours de défense contre les forces du Mal avec Dolores Ombrage lors de sa cinquième année. La seule différence, positive, était que ce qui y était raconté était véritablement utile.
Harry ignora complètement les J.M.P. qui avaient tout tenté, en vain, pour capturer son attention. Les querelles de ce matin l’avaient un peu chamboulé, et il espérait qu’elles se feraient oublier avec la journée.
Ne partez pas comme ça ! s’exclama le professeur Strout, je vous demande pour la prochaine fois un exposé de cinquante centimètres de parchemin sur le sujet « les grands fiascos de l’organisation entre les Aurors et les Guérisseurs ».
Je crois que je vais aller travailler avec Fred et George, se lamenta Ron, je ne vais pas survivre à cette année si ça continue.
Manque de courage lamentable caractéristique de votre famille, Mr Weasley.
Ron eut à peine le temps de se retourner que Rogue était déjà parti.
D’ailleurs je vais y aller tout de suite !
Ron ! Non ! s’exclama Hermione.
Mais il avait déjà disparu dans la foule d’élèves.
Laisse-le un peu, il a besoin de respirer, dit Harry. De toute façon il n’a pas cours cet après-midi, qu’il en profite.
Ron ne réapparut pas de toute l’après-midi. Harry, Hermione et Ginny avaient rejoint la Salle du Phénix après le repas pour des recherches efficaces mais toujours infructueuses sur la Clef de la Paix.
Harry avait cours tout l’après-midi avec Joe Jigger, d’abord de métamorphoses défensives et offensives puis de métamorphoses humaines et autométamorphoses. Bien que passionnants et utiles, ces cours avaient semblé très longs, surtout après les émotions de la matinée.
Joe Jigger avait parlé pendant la plus grande partie du premier cours, et il avait donné des techniques générales pour apprendre à utiliser son environnement du point de vue des métamorphoses en combat. Ils avaient brièvement pratiqué les sortilèges de Transfert sur des objets plus massifs tels que des morceaux entiers de murs.
Dans la deuxième partie du cours, Joe Jigger avait longuement présenté les nombreuses possibilités offertes par les métamorphoses humaines et les autométamorphoses. 
Il avait longuement insisté sur la difficulté à devenir Animagus, ce qui avait semblé être la motivation principale des élèves dans ce cours.
Même les plus brillants d’entre vous auront toutes les peines du monde à réussir cette transformation. Aussi, je vous déconseillerai vivement de perdre du temps à tenter de la réussir, avait-il conclu en regardant notamment Harry dans les yeux.
Harry n’avait jamais réfléchi à l’idée de devenir Animagus un jour. Il n’avait aucune idée de l’animal en lequel il pourrait se transformer, et d’ailleurs il n’était pas sûr qu’il soit possible de choisir. 
Cela ne l’intéressait pas plus que cela, et comme Joe Jigger venait de le lui signifier, les efforts à fournir étaient démesurés par rapport à ce que cela pourrait apporter.

Bonsoir Potter, dit Rogue d’une voix absolument sans enthousiasme, quand Harry entra dans son bureau pour la leçon du jour. Le ministre de la Magie m’a parlé de votre rêve tout à l’heure.
Ah, répondit Harry, ne sachant pas vraiment quoi répondre d’autre.
Nous avons pris la décision avec Abelforth Dumbledore de vous donner des cours d’occlumancie communs à vous et Miss Weasley. Etant donné vos emplois du temps, cela ne sera pas quelque chose de facile. Vos entraînements habituels sont une priorité et ils continueront à l’horaire habituel. Vous devrez donc parfois venir la nuit pour ces leçons d’occlumancie, nous ne pouvons pas faire autrement.
Harry acquiesça, il était très motivé pour ces leçons. Il ne voulait pas que Voldemort puisse s’attaquer à Ginny.
La leçon du jour se passa relativement mal. Harry dut consentir beaucoup d’efforts sans parvenir à entrevoir cette fois l’âme de sa baguette. 
C’est décevant, Potter, vous avez fait mieux que cela les dernières fois. Comment l’expliquez-vous ?
Je ne sais pas, sûrement un peu de fatigue et…
Et ?
Harry n’avait pas vraiment envie de parler avec Rogue des récents problèmes entre ses amis. Même s’ils s’aimaient bien ces temps-ci, il n’était pas la meilleure personne en qui se confier.
Rien, répondit-il maladroitement. Juste de la fatigue.
Très bien, faites en sorte de ne pas gaspiller du temps inutilement. Et si vous passez du temps avec vos amis, profitez-en pour vous amuser plutôt que de vous disputer.
Comment ?
Tous les tableaux du sixième étage ont entendu votre dispute ce matin. Et à cinq heures du matin, ce n’est pas banal de se disputer dans les couloirs de l’école. Soyez très prudents dans ce que vous dites quand vous vous promenez dans l’école, elle a des oreilles et des yeux cachés partout…

Où est Ron ? demanda Ginny lors du repas du soir.
Hermione, elle, avait l’air profondément inquiète.
Il en avait marre des cours et il est parti voir Fred et George, répondit Harry. Essaie de ne pas être trop brutale avec lui quand il reviendra.
D’accord, de toute façon je suis crevée, le jeudi est vraiment horrible, j’ai presque envie de le suivre. Et avec ce rêve stupide, la nuit a été trop courte.
Rogue m’a dit que c’était compliqué pour les leçons d’occlumancie, il dit qu’on risque de devoir les prendre la nuit, répondit Harry.
Ginny grimaça, mais on voyait qu’elle était prête à les suivre sérieusement, tant elle ne voulait pas vivre d’autres rêves similaires.

Ron ne réapparut que vers vingt-deux heures. Harry avait préféré attendre son retour pour aller se coucher tant Hermione était nerveuse. Elle l’étreignit pendant deux bonnes minutes avant qu’il ne puisse parler.
Alors ? demanda Harry, content de le voir en meilleure forme.
Je suis resté avec eux à la boutique, leur travail est vraiment cool. Ils m’ont dit de me taire mais à vous je peux le dire !
Ron avait le sourire jusqu’aux oreilles et il n’aurait pas pu se retenir plus longtemps de parler.
Fred et George vont ouvrir un parc d’attractions sorciers ! Ils sont en train de négocier pour acheter un immense terrain vague où l’installer. Ce n’est qu’un projet mais c’est grandiose, non ?
Oui, répondit Harry, qui imaginait facilement le genre d’attractions que Fred et George pourraient inventer.
Tu dois connaître les parcs d’attraction moldus ? s’enthousiasma Ron.
J’y suis déjà allé avec les Dursley, répondit Harry, mais je ne suis jamais monté dans les attractions.
Ah, dommage !
Tu vas vraiment aller travailler avec eux ? demanda Hermione, inquiète.
Non, j’avais seulement besoin de me détendre, et il n’y avait rien de mieux pour ça que d’aller passer un après-midi avec eux.

Harry et Hermione avaient tous les deux un vendredi long et dur, et ils se couchèrent rapidement. Harry avait pu terminer son essai pour le professeur Strout rapidement grâce à l’aide d’Hermione, et il s’était relaxé en écoutant le chant de Fumseck. Il avait ensuite rapidement travaillé le transfert de sorts, et il devenait de plus en plus habile.
Il prit soin de chasser de son esprit les pensées de la journée, qui avait été riche en émotions, et il s’endormit.
Malgré cela, la nuit fut agitée, il sentit la présence de Ginny quand elle vint se coucher à côté de lui après ses cours, et il fit plusieurs mauvais rêves lointains. Il n’aurait pas été capable de dire si son imagination lui avait joué des tours où s’il avait vraiment vu plusieurs fois le visage de Voldemort. 
Il se réveilla définitivement ce matin-là après un cauchemar un peu plus intense et terrifiant. Il avait vécu une scène similaire à celle de la veille : Voldemort avait assassiné un Moldu avec un éclair vert sec, et un deuxième avait été dévoré vivant par Nagini, une flaque de sang s’épanchant sur le sol.
Il était en sueur dans son lit et le jour s’était levé. Il fut rassuré de voir que Ginny dormait profondément d’un sommeil calme. Visiblement, elle n’avait fait aucun rêve. Pourtant, il était sûr que ce n’était pas son imagination qui lui avait imposé de vivre cette scène, elle avait été réelle, comme tous ses cauchemars sur Voldemort.
Le soleil s’était levé, et il descendit dans le salon pour se préparer. Hermione et Ron se levèrent quelques minutes plus tard et Harry leur raconta son rêve tout en buvant un thé réconfortant que Dobby lui avait préparé.
Tu avais vraiment fermé ton esprit hier soir ? demanda Hermione, suspicieuse.
Oui, oui, j’en suis sûr, je l’avais même mieux fait que d’habitude… mais j’ai quand même fait ce rêve.
Ca me semble inquiétant, répondit Hermione, il faut vraiment que tu prennes encore des leçons d’occlumancie.
Harry consulta la Carte du Maraudeur et ni Abelforth ni Joe Jigger n’étaient présents. Rogue non plus, n’était pas dans le château.

La Gazette du Sorcier, bien qu’elle n’annonçât aucune catastrophe, apportait des informations relativement inquiétantes, qui correspondaient bien à l’atmosphère sombre et froide de ce vendredi 6 décembre.
Des avis de recherche étaient maintenant lancés contre la plupart des membres de l’Ordre du Phénix. Seul Harry semblait encore épargné. Mais cela faisait partie de la politique de Voldemort d’être très prudent avec toutes les personnes qui avaient encore une popularité élevée.
Par ailleurs, une loi interdisant le mariage entre sorciers et Moldus avait été promulguée, et avoir un enfant avec un Moldu devenait un délit de « trahison » passible d’emprisonnement à vie à Azkaban.
Enfin, la Marque des Ténèbres était devenue officiellement le symbole du ministère de la Magie, et toute personne le bafouant était passible d’emprisonnement. Le ministère allait ainsi en envoyer un exemplaire miniature, enfermé dans un globe de cristal, à chaque foyer sorcier, qui servirait à transmettre des messages.
Je ne mettrai jamais ça chez moi ! s’exclama Ron.
Si tu le refuses, tu es passible d’emprisonnement à vie à Azkaban, répondit gravement Hermione. Le ministère effectuera des contrôles inopinés dans tous les foyers sorciers !
Ils ne le feront jamais…
Il ne faut pas plaisanter avec ça, regarde dans les faits divers, le nombre d’interpellations pour non-coopération avec le ministère a explosé ces derniers jours. Il y en a une page entière ici.
Hermione montra du doigt une longue liste de condamnations sévère pour des faits pourtant sans gravité.
Un mois à Azkaban pour avoir arraché d’un mur un avis de recherche du ministère, six mois pour un commerçant du Chemin de Traverse pour avoir dit à ses clients que La Gazette du Sorcier raconte des mensonges. Ils parlent même de travaux forcés au Gouffre des Ténèbres pour un groupe de sorciers qui ont fait du vacarme en pleine nuit au Chemin de Traverse. La situation est grave !
Ils auront mille autres meilleures raisons de nous envoyer à Azkaban que de nous reprocher de ne pas avoir de Marques des Ténèbres chez nous, répondit Ron avec un sourire.
Oui mais c’est une excuse incontestable pour le faire, répliqua Hermione d’une voix féroce. Evitons d’avoir des choses à nous reprocher, et le ministère n’aura pas de raisons de nous embêter.
Les portes de la Grande Salle s’ouvrirent à la volée à cet instant et trois Aurors s’y précipitèrent en marchant à grands pas vers la table des professeurs. Rogue n’était pas là, mais ils se dirigèrent vers Macnair et Carrow pour leur signaler quelque chose.
Ceux-ci affichèrent immédiatement un grand sourire, ce qui n’avait rien de bon, et ils se levèrent pour quitter la salle après avoir donné des instructions au professeur Fitz.
Que se passe-t-il ? demanda Neville, qui n’avait pas fait attention à ce qui s’était passé.
Un brouhaha de plus en plus fort s’éleva et les J.M.P. se levèrent pour réclamer le silence.
Crabe et Goyle frappèrent même un première année de Gryffondor qui n’avait pas voulu se taire.
Le professeur Fitz se leva immédiatement et ils se disputèrent à haute voix, les autres J.M.P. se mêlant rapidement à la discussion.
Rogue va être furieux ! Vous serez torturé ! s’écria Pansy.
Jusqu’à présent je suis votre professeur et vous n’avez pas à frapper un élève, vous viendrez tous en retenue ce soir dans mon bureau ! Maintenant, veuillez regagner vos places ou quitter la Grande Salle.
Le professeur Chourave aborda Harry discrètement en se faufilant parmi les élèves. Elle avait un air grave qui annonçait une catastrophe.
Harry, il faut réunir l’Ordre du Phénix, on va avoir besoin de votre aide…
Qu’est-ce qu’il y a ?
Maugrey et Mrs Bett ont été capturés par les Mangemorts.

 





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