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Chapitre 126 : Larmes et désolation

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Voldemort arrive ! s’exclama Harry. Vite, il faut partir ! Emmenez tous les Moldus avec vous, il faut les sauver, je vais essayer de le retarder !
Non, Harry ! s’exclama Ginny.
Vous n’aurez pas le temps, sinon ! répondit Harry, leur faisant signe de partir.
Maugrey s’était relevé et il semblait moins amoché que Mrs Bett. Il n’avait que la mâchoire cassée mais cela ne l’empêcha pas d’essayer de parler.
Je viens avec toi, Potter ! bredouilla-t-il.
Non, Alastor, vous venez avec nous ! répondit le professeur Chourave d’un ton catégorique en le prenant par le bras.
La situation semblait totalement désespérée, les dizaines de Moldus emprisonnés s’étaient relevés et semblaient terrorisés. Certains hurlaient en voyant les fantômes et ils partirent en courant droit vers le couloir par où les Mangemorts arrivaient.
Par là bas ! hurla Harry en montrant l’autre côté du couloir. Qu’est-ce que vous attendez ? Allez-y !
Oui, allez-y ! répéta le professeur Tanghudaï. Je reste ici avec Harry pour les combattre, mais fuyez et allez vous mettre à l’abri !
Dobby, s’il te plaît, va avec eux et viens nous chercher s’il y a un problème.
L’elfe s’inclina et fit signe au groupe de le suivre.
Les Mangemorts venaient de débouler dans l’aile des pendus et ils reçurent une première pluie de sortilèges. Des dizaines de Moldus tombèrent sous les maléfices de mort des Mangemorts et Harry était tellement horrifié qu’il était pétrifié.
Allez, Harry, c’est horrible mais il faut réagir ! lui lança le professeur Tanghudaï qui venait d’envoyer un éclair rouge en direction du groupe des Mangemorts qui s’était arrêté à une vingtaine de mètres d’eux.
Harry envoya des éclairs de stupéfixion à l’aveuglette, mais il n’était pas vraiment concentré. Derrière lui, ses amis étaient partis par un petit escalier en bois, mais ils n’étaient pas sauvés pour autant.
Attendez ! Je vais leur donner la Carte du Maraudeur, ils en auront plus besoin que nous ! annonça Harry, quittant le combat quelques instants après avoir envoyé un Tourbillon d’Eau qui renversa plusieurs Mangemorts.
Je tiens bon, pas de souci, répondit le professeur Tanghudaï en souriant.
Quelques instants plus tard, Harry était déjà de retour. Les Mangemorts et les Aurors étaient très nombreux, et ils mêlaient leurs techniques de combat de façon intelligente ce qui les rendait extrêmement difficiles à combattre. Néanmoins, ils purent les contenir pendant deux bonnes minutes avant de devoir passer à la vitesse supérieure.
Vous devriez vous écarter un peu, Harry, annonça le professeur Tanghudaï avec un regard pétillant.
Harry se recula un peu, se demandant ce que les Mangemorts subiraient cette fois.
Le professeur Tanghudaï fit tourner sa baguette autour de son index très rapidement et elle se mit à envoyer des éclairs d’un bleu étincelant qui foncèrent sur leurs ennemis.
Le bâtiment entier vibra et les poutres qui soutenaient l’étage se fendirent.
Harry entendit un Auror crier :
Attention, tout va s’effondrer !
Cours, Harry ! s’exclama le professeur Tanghudaï, le prenant par le bras pour l’emmener dans le bâtiment d’en face.
Autour d’eux, les poutres en bois étaient en train de se fracturer, et des morceaux de plancher se décrochaient. Harry courut aussi vite qu’il le put, et il plongea dans les escaliers pour se réfugier.
Le plafond s’effondra dans un fracas colossal. Il y eut plusieurs cris désespérés et lorsque Harry rouvrit les yeux, il était couvert de poussière, de paille, et les flocons de neige tourbillonnants lui glaçaient le visage.
L’aile semblait avoir été coupée en deux par une force surnaturelle. Harry et le professeur Tanghudaï s’étaient réfugiés sur un morceau de plancher qui étaient en équilibre instable au bord du vide.
De l’autre côté, les Mangemorts étaient arrêtés au bord du vide, et certains étaient tombés dans les décombres.
Une cinquantaine de mètres plus loin dans le parc enneigé, un groupe d’une vingtaine de personnes avançait rapidement. Harry se sentit immédiatement rassuré : ses amis semblaient sains et saufs, et sur le point de pouvoir s’enfuir.
Il y eut un mouvement derrière eux et un morceau de mur brisé bougea. Harry manqua de glisser et le professeur Tanghudaï le retint.
Qui est là ?
Une touffe de cheveux roux se montra entre deux planches, et la tête de Ginny apparut, un sourire radieux sur le visage.
Qu’est-ce que tu fais là ? s’inquiéta Harry.
Tu ne croyais quand même pas que j’allais te laisser tout seul ? demanda-t-elle avec un sourire espiègle.
Attention !
Un éclair de stupéfixion s’écrasa dans une poutre en bois et le morceau de plancher sur lequel ils se trouvaient, qui tenait par miracle dans le vide, bougea dangereusement.
On ferait mieux de partir d’ici…
Ils se reculèrent lentement en évitant de faire des mouvements trop brusques, et à peine ils eurent rejoint l’aile d’en face, le morceau de plancher s’effondra et disparut dans le tas de neige cinq étages plus bas.
L’aile dans laquelle ils se trouvaient semblait à l’abandon. Mais il n’y avait pas de fantômes, ni de squelettes, ni de geôles lugubres. En fait, il semblait qu’il s’agissait d’une zone avec des vieux appartements désaffectés. 
Cette aile était située à l’extrême ouest du château. Par les fenêtres de toilettes inutilisées depuis probablement des dizaines d’années, il y avait une vue imprenable sur le terrain de Quidditch, l’ouest du parc, les murailles, et la route qu’empruntaient les carrosses qui venaient de la gare de Pré-au-Lard.
Hum, nous ne sommes pas là pour contempler la vue, sourit le professeur Tanghudaï en faisant signe à Harry et Ginny de le suivre. Il faut sortir d’ici en faisant en sorte que nos amis puissent effectivement s’échapper. On va attaquer les Mangemorts depuis cette aile pour les retarder.
Ils entrèrent dans une salle qui faisait face aux bâtiments du ministère.
Regardez, ce doit être la salle du pouvoir suprême, montra le professeur Tanghudaï.
Il s’agissait d’une sorte de tour accolée au bâtiment, avec de petites meurtrières étroites.
On voyait très bien les Mangemorts d’ici, ils semblaient sur le point de renoncer et de retourner au ministère.
Attaquons-les ! C’est un peu loin alors soyez précis !
Le professeur Tanghudaï lança plusieurs sortilèges dans les fenêtres de l’aile d’en face et celles-ci explosèrent.
La réplique ne tarda pas et des dizaines de sortilèges bombardèrent le mur.
Enmageznem ! lança Harry.
La vague de lumière blanche heurta le bâtiment d’en face en produisant des tremblements terribles. Malgré la distance, plusieurs murs furent brisés et une partie de l’étage s’effondra. La chaleur avait fait que la neige avait fondu sur une centaine de mètres à la ronde.
Les Mangemorts semblaient durement affectés même s’ils s’étaient protégés avec des boucliers, et le professeur Tanghudaï leur envoya des éclairs d’une précision impressionnante pour les paralyser un à un.
Ils ne perçurent aucun mouvement pendant une bonne minute, signe qu’il n’y avait plus de danger.
Bien, ils sont neutralisés, je pense que nous pouvons partir ! annonça le professeur Tanghudaï.
Vous n’irez pas bien loin, siffla une voix glaciale.
Harry se retourna et à l’instant même une douleur terrible transperça sa cicatrice au point qu’il s’effondra à genoux sur le sol.
Voldemort était entré dans la pièce et avait verrouillé la porte derrière lui. Mais il semblait lui-même souffrir un peu de la présence de Harry.
Harry essaya tant bien que mal d’oublier la douleur et de se relever. Voldemort était clairement en position de force, bénéficiant de l’effet de surprise.
Pour la première fois, Harry trouva le professeur Tanghudaï tétanisé, et il semblait qu’il serait incapable de réagir.
Ginny, elle, fixait Voldemort droit dans les yeux avec un regard haineux d’une intensité inouïe. Harry fut même un peu décontenancé par sa fougue.
Il préféra lui faire signe de rester en arrière et il s’avança d’un pas vers Voldemort.
Comme c’est mignon, Harry, tu as amené ta petite copine. Elle ne te sera pas vraiment d’un grand secours, je le crains.
Voldemort avait parlé d’un ton froid et déterminé, il semblait ne pas vouloir perdre de temps ce soir, et Harry ne put s’empêcher d’être un peu plus inquiet. Mais il fit en sorte de le masquer.
Il avait toutes les peines du monde à fermer son esprit. C’était un peu comme si un lien incassable les unissait.
Voldemort sentit ce malaise chez Harry et ce dernier ce sentit particulièrement désarmé lorsque Voldemort eut un léger sourire moqueur.
J’apprends que vous avez réussi à libérer les deux prisonniers, félicitations, ricana Voldemort. Mais t’avoir en échange, Harry, c’est une véritable aubaine.
C’était un piège ?
Non, mais cela aurait été une idée intéressante, admit Voldemort qui était étonnamment détendu. Ton habitude de vouloir jouer les héros te ferait faire n’importe quoi… d’ailleurs, cela faisait partie de mes plans d’enlever cette jeune fille pour parvenir à te mettre la main dessus, mais cela sera inutile.
Harry ravala sa salive, ses craintes étaient vérifiées, Voldemort avait déjà pensé à utiliser son amour pour Ginny comme un moyen de faire pression sur lui.
Je ne sais pas ce qu’il y a de pire pour toi entre voir ta copine mourir et mourir ensuite ou mourir d’abord et savoir qu’elle va vivre ta mort… je te laisse le choix.
Harry et Ginny fixaient tous les deux Voldemort d’un regard de haine. Mais cela l’amusait plus qu’autre chose.
Très bien, dans ce cas, j’ai une préférence pour la jeune fille.
Non !
Incarcerem ! lança Voldemort.
Protego ! répliqua Harry, qui repoussa fébrilement l’attaque.
Avada kedavra !
L’éclair vert était cette fois dirigé vers Ginny et Harry eut la peur de sa vie en voyant qu’elle avait mis du temps à réagir.
Mais son faible Bouclier d’Argent fut suffisant pour arrêter le maléfice de Voldemort qui avait pensé qu’il serait suffisant face à une jeune fille comme Ginny. On put lire un peu d’étonnement sur son visage, mais il se reconcentra.
Non ! cria à nouveau Harry, voyant Voldemort se concentrer à nouveau pour lancer un maléfice plus puissant.
Avad…
Stupéfix !
Voldemort arrêta le sort de Harry de la main et le transforma en une petite bille de verre rouge qu’il envoya rouler par terre.
Un éclair de stupéfixion ? 
Voldemort fut pris d’un fou rire à glacer le sang et Harry se sentit ridicule.
Un éclair de stupéfixion ? répéta-t-il. C’est avec cela que tu comptes me vaincre ? C’est une erreur que tu sois encore vivant, Harry. Tu es simplement minable !
Endoloris ! s’écria Ginny, qui, à la plus grande surprise de Harry et de Voldemort, s’était entourée d’un halo de lumière rouge et blanche.
Voldemort avait pu stopper le maléfice facilement, mais il parut déstabilisé. Il avait réellement sous-estimé Ginny et c’était pour Harry une source d’inquiétudes supplémentaire qu’il découvre à quel point elle pouvait être dangereuse.
Avada kedavra ! siffla Voldemort avec beaucoup plus de conviction.
L’éclair vert qui en jaillit était bien plus épais et son souffle tétanisa Harry. Ginny avait fait apparaître un autre Bouclier d’Argent mais Harry craignit que cela ne suffise pas.
Harry ressentit alors un souffle dans son dos et l’éclair vert dévia de sa trajectoire avant de heurter le Bouclier. Il s’écrasa dans l’épais mur de pierres en y creusant un trou profond, et cela mit le feu à une vieille commode en bois.
Tout le monde se tourna vers le professeur Tanghudaï qui avait lancé le sort. Tous l’avaient un peu oublié tant il était resté silencieux depuis l’arrivée de Voldemort.
Il n’avait pas pour autant l’air très à l’aise, mais il semblait être prêt à combattre. Voldemort lui lança un regard des plus condescendants et Harry commença à sentir de la colère monter en lui.
Avada…
Biancker !
Voldemort avait une nouvelle fois été bloqué avant même d’avoir pu envoyer son maléfice. Un halo de lumière rouge commença à apparaître autour de lui. Harry savait qu’il n’allait pas tarder à se mettre en colère. Cela avait provoqué la destruction du bâtiment du ministère de la Magie la dernière fois que cela était arrivé et Harry pensait qu’il fallait absolument l’éviter.
Serpentis brasiere !
Voldemort avait parlé en Fourchelang et des centaines de gros serpents avaient jailli de sa baguette, accompagnés d’une lueur vert émeraude.
Harry, Ginny, et le professeur Tanghudaï se reculèrent instinctivement contre le mur.
Les serpents semblaient n’être pas des vrais, et ils brûlaient d’un feu magique vert qui avait quelque chose de terrifiant.
Ils se ruèrent sur eux, et Harry eut l’impression de brûler vivant, il ne put se retenir de pousser un hurlement, tout comme Ginny et le professeur Tanghudaï.
Voldemort avait un sourire démoniaque sur le visage, et Harry l’entraperçut malgré la douleur.
Avada kedavra ! lança Voldemort.
Harry n’eut pas le temps d’esquisser le moindre mouvement, tout était fini, il ferma spontanément les yeux et attendit, subissant cette douleur atroce.
Mais il y eut un crépitement et il rouvrit les yeux. Fumseck avait avalé le maléfice entier et s’était enflammé pour retomber sous la forme d’un tas de cendres sur le sol.
Soudain la sensation de brûlure disparut, Harry ressentit comme un souffle glacial. Quelques fractions de seconde plus tard, les serpents et les flammes s’étaient volatilisés, et il n’y avait plus qu’une flaque sur les dalles du sol.
La colère de Voldemort s’amplifia encore, et d’un geste de la main, il projeta le professeur Tanghudaï en arrière. Celui-ci traversa la fenêtre en brisant les carreaux et disparut dans le vide.
Quelques fractions de secondes plus tard, on entendit le bruit étouffé du choc de son corps contre le sol enneigé.
Harry eut immédiatement une larme à l’œil ; à son âge, il ne pouvait avoir survécu à une telle chute. 
Un de moins, voilà qui va faciliter les choses, triompha Voldemort.
Endoloris ! lança à nouveau Ginny.
Non !
Voldemort avait à nouveau stoppé le maléfice avec une facilité déconcertante.
Funerem simperes ! murmura Voldemort.
Une sorte de silence s’installa dans la pièce et une microscopique bille noire sortit de la baguette de Voldemort et oscilla lentement en direction de Ginny.
Harry aurait voulu crier, mais sa gorge était comme nouée. Ce silence et ce mouvement si lent avaient tout pour lui inspirer la pire crainte. Ginny semblait elle aussi pétrifiée et Voldemort avait un sourire dément.
Sans qu’il ne sache pourquoi, les parents de Harry lui apparurent à l’esprit. Non, il ne devait pas y avoir de mort supplémentaire, cela serait trop horrible. Il devait réagir, il devait y avoir un moyen d’éviter cela, il pouvait sauver Ginny.
Son premier réflexe fut de sauter sur Voldemort. Celui-ci était tellement concentré sur sa bille qu’il ne le vit pas venir. Harry lui attrapa la gorge avec ses mains et l’étrangla aussi fort qu’il le put.
Voldemort poussa un râle rauque et sa baguette lui échappa des mains.
Il y eut un sifflement terrifiant et la bille s’affola. Ginny sembla sortir de sa torpeur à ce moment-là et elle se protégea comme elle le put en faisant apparaître un autre bouclier.
Elle avait bien fait, la bille se disloqua en émettant des rayonnements d’une intensité fantastique.
Harry et Voldemort se regardèrent droit dans les yeux un instant. Harry avait l’impression que sa cicatrice allait exploser, la douleur était tellement intense qu’elle semblait se répandre dans tous ses nerfs. Voldemort semblait lui aussi souffrir intensément, et il préféra transplaner. Harry pensait que cela était impossible dans l’enceinte de Poudlard, mais il devait avoir trouvé un moyen de contourner cette impossibilité. 
La douleur devint de plus en plus lointaine, et Harry se sentit s’en aller, pris par un coma profond. Sa première pensée juste avant de sombrer fut « Dobby ».

Lorsqu’il entrouvrit les yeux à son réveil, il se sentit baigné d’une paisible lueur orangée. Il reprit lentement conscience.
Dobby était penché sur lui et semblait être en train de le guérir en pratiquant une magie qui lui était totalement inconnue. C’était lui qui était à l’origine de cette lueur réconfortante. Ginny aussi était penchée sur lui et cela agit comme un électrochoc.
Il se releva avec difficulté et Dobby et Ginny l’étreignirent, heureux de le voir sans séquelles.
Harry Potter est vivant ! Dobby a tellement pleuré ! Dobby n’aurait jamais dû quitter Harry Potter… Dobby est un méchant elfe !
Non ! Dobby ! balbutia Harry.
Non ! ajouta Ginny d’un ton ferme ! Dobby, Harry t’avait donné l’ordre d’aller avec les autres, tu n’as pas à te punir !
Dobby arrêta de se torturer l’esprit instantanément. Il avait obéit comme si Ginny était sa maîtresse, et cela surprit Harry qui au fond aurait pu s’y attendre.
Où est Voldemort ? demanda Harry.
Il a transplané, je ne sais pas comment il a fait, répondit Ginny.
Ah oui, je l’ai vu partir juste avant de m’évanouir… que s’est-il passé ?
La boule a commencé à exploser, et puis Dobby est arrivé par miracle, il a essayé de te protéger de l’explosion mais il n’a pas vraiment eu le temps.
C’était une vilaine boule noire ! affirma Dobby en grimaçant. Elle aurait pu faire beaucoup de mal à Harry Potter !
Je te remercie de m’avoir sauvé, Dobby, répondit Harry, sincèrement ému par la réaction de l’elfe.
Une larme coula sur la joue de ce dernier, qui semblait avoir vécu trop d’émotions pour la journée.
Allez, il est temps de rentrer, maintenant ! 
Et le professeur Tanghudaï ? s’inquiéta Ginny.
Harry ramassa d’abord Fumseck qu’il glissa délicatement dans la poche de sa robe et ils se penchèrent à la fenêtre pour regarder en bas.
Il est… ?
Je le crains, répondit Harry, tétanisé. Il faut descendre…
Ils descendirent dans la cour en empruntant un somptueux et large escalier de marbre blanc, éclairé à travers des vitraux d’une couleur cuivrée.
Le corps du professeur Tanghudaï était étendu dans la neige qui avait commencé à le recouvrir, au pied de l’immense muraille.
Harry se pencha sur lui pour l’examiner mais il fut surpris de voir un fin panache de vapeur s’échapper de sa bouche.
Il respire ! s’exclamèrent Harry, Ginny et Dobby en même temps.
Quand il comprit qu’il y avait des personnes autour de lui, le professeur Tanghudaï entrouvrit légèrement les yeux.
Il est vivant ! s’exclamèrent-ils à nouveau.
Dobby se pencha sur lui pour lui prodiguer les premiers soins. Il plaça sa petite main sur son front et cela sembla le soulager.
Il faut appeler Mme Pomfresh, pressa Harry. Je ne peux pas transplaner avec Fumseck… Dobby, est-ce que tu peux aller la chercher, on reste ici avec lui !
Le professeur Tanghudaï semblait avoir de multiples os fracturés. Il aurait été insensé de vouloir le déplacer, et pour le protéger du froid, Harry et Ginny lui envoyèrent de l’air chaud.
Harry s’attendait à ce que Mme Pomfresh mette une bonne demi-heure à parvenir jusqu’ici sachant que l’infirmerie se trouvait à l’autre bout du château, et il fut surpris et heureux de la voir arriver sur un balai seulement deux minutes plus tard.
Oh mon dieu ! s’exclama-t-elle en voyant son état. Il a chuté de quel étage ?
Le cinquième, répondit Harry, la voix nouée.
Ce sera impossible de le déplacer avant une bonne semaine, il va falloir le soigner sur place.
Elle fit apparaître une tente de fortune autour d’eux et commença à examiner le professeur Tanghudaï.
C’est un véritable miracle qu’il soit vivant, à cet âge-là, survivre à une telle chute ! Il a la colonne vertébrale brisée, ce sera long à soigner, je vais le plonger dans le sommeil pour qu’il ne souffre pas.
Elle sortit un petit flacon de la poche intérieure de sa parka et le versa entièrement dans sa bouche. Le professeur Tanghudaï sembla sombrer dans le sommeil à l’instant même.
Je vais avoir besoin d’aide, est-ce que vous pourriez aller chercher les professeurs Strout et Lupin ? Vous ne pourrez malheureusement pas m’être utiles tous les deux.
Bien sûr, on vous les envoie le plus rapidement possible, dirent Harry et Ginny en se levant. On ne sait pas où ils sont mais on va les trouver.
Merci, et faites attention, le château et le parc sont envahis de Mangemorts.
Ils quittèrent la tente en courant et furent rapidement arrêtés par la tempête de neige qui redoublait d’intensité. Il devait y avoir un bon mètre de poudreuse et il était impossible de voir à plus de vingt mètres. Comme ils ne connaissaient pas l’endroit, il était inévitable qu’ils se perdissent au bout de quelques pas.
On ne va pas s’en sortir, il nous faut la Carte du Maraudeur ! cria Ginny pour se faire entendre malgré le vent qui emportait avec lui tous les sons.
Dobby, tu peux aller la chercher ? demanda Harry.
L’elfe acquiesça et transplana. Harry et Ginny se réfugièrent contre une grange proche d’où s’échappaient des grognements sourds. Il était plus sûr de ne pas y entrer.
Dobby réapparut rapidement avec la Carte du Maraudeur, il semblait terrifié.
Il y a urgence ! s’écria-t-il d’une voix devenue aigue. L’Ordre du Phénix est attaqué par les Mangemorts dans le couloir du deuxième étage. Ils ne vont pas tenir longtemps !
Harry et Ginny se regardèrent d’un air désespéré. Ce devait être la pire journée de leur vie et ils se demandaient jusqu’à quand les ennuis dureraient.
La Carte du Maraudeur leur fut d’une grande utilité pour se repérer. Il y avait, coincés entre l’aile sud, l’aile à l’extrême ouest et l’aile au sud-ouest du ministère, un immense parc constitué de granges et de champs.
Harry repéra le donjon de l’aile sud à l’extrémité de ce parc, et il savait que c’était l’endroit idéal pour rejoindre le couloir du deuxième étage.
Ils le rejoignirent en courant le plus vite possible. Dobby faisait fondre la neige devant eux pour qu’ils puissent se frayer un chemin. Harry était tellement congelé qu’il ne sentait plus ses membres, mais il devait tenir.
L’endroit était relativement effrayant, le parc était jalonné de tranchées et de vieux bâtiments en bois aux ombres effrayantes. L’un d’eux était entièrement couvert de toiles d’araignées qui semblaient sur le point de craquer à cause de la neige.
Mais ils n’avaient pas vraiment le temps d’observer le paysage et après près de dix minutes d’une course épuisante, ils se trouvèrent au pied de l’immense donjon de l’aile sud.
Il faut trouver une ouverture pour entrer ! On dirait qu’il n’y a rien sur la Carte ! 
Les fenêtres sont trop hautes pour qu’on puisse escalader, se lamenta Ginny en montrant les fenêtres du premier étage à une quinzaine de mètres au-dessus d’eux.
Ecartez-vous ! couina Dobby.
Harry et Ginny s’exécutèrent même s’ils trouvaient cet ordre farfelu.
Dobby claqua des doigts et la grande muraille en face d’eux explosa comme si elle avait été dynamitée. Une faille béante apparut dans sa paroi, de taille suffisante pour qu’ils puissent passer.
Allons-y ! lança Dobby avec un sourire.
Mais on entendit des grognements sourds s’en échapper, et quelques fractions de secondes plus tard, un troupeau de salamandres géantes sautait hors de la fracture dans le mur.
Harry fit apparaître une flamme qu’il amplifia en un immense Dragon de Feu. Les salamandres s’enfuirent rapidement, effrayées allant se perdre dans la neige, et laissèrent le passage libre.
Harry et Ginny allumèrent leur baguette et s’engouffrèrent avec vigilance dans l’antre.
Ils n’étaient plus nulle part sur la Carte du Maraudeur, cet endroit semblait n’avoir jamais été exploré par des sorciers avant, et ils durent avancer dans l’inconnu total.
Le sol était boueux et presque marécageux. Des bruits suspects se faisaient entendre de tous les côtés, et Harry était certain qu’il y avait des créatures horribles qui vivaient dans l’eau des flaques. Il pouvait parfois voir leurs yeux briller lorsqu’il les éclairait avec sa baguette.
Lorsqu’ils se retrouvèrent à nouveau coincés, cette fois par un plafond bas en pierres, Dobby dut à nouveau utiliser sa technique pour qu’ils puissent se frayer un chemin.
Ils se hissèrent à l’étage supérieur, qui était tout aussi sombre, mais ils étaient cette fois sur un véritable plancher et non dans la boue.
On est de retour sur la Carte ! s’exclama Harry en montrant leurs trois noms.
Il y a quelqu’un près de nous ! s’exclama Ginny en montrant quelqu’un marcher lentement à l’autre bout de l’étage.
Qu’est ce quelqu’un ferait ici ? demanda Harry.
C’est peut-être un fantôme, il faut vite le trouver avant qu’il ne traverse un mur, il peut nous indiquer le chemin.
Serpentard ? s’exclama Harry, toujours absorbé dans la Carte du Maraudeur.
Quoi ?
Ce fantôme ! Il s’appelle Serpentard ! Basile Serpentard !
Il montra la Carte à Ginny qui vérifia l’information.
Par la Barbe de Merlin, il faut le trouver ! s’exclama-t-elle.
Ils partirent en courant en sa direction, manquant de glisser sur les dalles humides. Harry décocha trois flèches mortelles sur trois araignées affamées, puis doucha avec un Tourbillon d’Eau une dizaine d’escargots géants qui avaient voulu s’approcher un peu trop près d’eux.
Cet étage était un véritable labyrinthe, et il y avait des bifurcations partout. Au détour de l’une d’elles, ils faillirent marcher sur un squelette humain entier. Une autre salle était envahie par des rats dont certains semblaient morts et en état avancé de décomposition.
L’odeur, mêlée à celle de la moisissure qui pullulait sur les murs, était insoutenable et Ginny ne put s’empêcher de vomir.
Si Hermione était là, elle aurait sûrement un moyen de purifier l’air… pesta Ginny.
Harry pensa à ses amis qui combattaient à l’autre bout du château. Il espérait que rien ne leur arriverait, mais il n’osa pas chercher leurs noms sur la Carte du Maraudeur, envahi par les pensées sombres et la peur.
Le fantôme mystérieux errait toujours dans un long couloir, et il s’approchait dangereusement du mur de son extrémité. Harry et Ginny n’étaient plus très loin, ils devaient accélérer.
Le fantôme n’était plus qu’à deux mètres du mur lorsqu’ils parvinrent à la dernière bifurcation. Mais ils se heurtèrent violemment à une grille qui était fermée.
Sonnés, ils s’effondrèrent tous les trois sur le sol et se relevèrent lentement.
Lorsque Harry regarda la Carte du Maraudeur, Basile Serpentard avait disparu. Il regarda Ginny d’un air perdu.
Tant pis, répondit-elle, ce n’était pas le but, il faut aller chercher Lupin et Strout le plus rapidement, regarde, il y a des escaliers, il faut juste passer cette grille !
Tous les deux se tournèrent vers Dobby avec espoir.
Celui-ci se concentra et plia suffisamment deux barreaux pour qu’ils puissent passer.
Quelle chance que tu sois là, merci ! s’exclama Harry en voyant le résultat.
Oui, des sorciers ne pourraient pas faire cela, le château est protégé contre ce genre d’attaques ! couina l’elfe.
Bien, nous sommes dans les sous-sols du donjon ! reprit Harry. C’est presque l’endroit où on avait fait l’épreuve avec Maugrey, je vais peut-être pouvoir reconnaître certains endroits.
Ils montèrent au moins trois étages grâce à un long escalier en colimaçon et se trouvèrent dans un endroit similaire, toujours sombre et humide.
Au loin dans le couloir, il semblait y avoir de l’eau, et des créatures grouillaient sur le sol, poussant des croassements.
Il faut passer par là-bas, la sortie est de l’autre côté ! 
Ca ne m’enchante pas, répondit Ginny, en se hâtant tout de même. Mais après ce qu’on a vécu aujourd’hui, on n’est plus à cela près.
Les créatures étaient des crapauds géants albinos qui avaient une allure effrayante avec leurs yeux rouges globuleux.
Ils progressèrent très lentement en évitant de leur marcher dessus, ne sachant pas s’ils étaient dangereux. La plupart d’entre eux s’enfuirent de toute façon frénétiquement en faisant des bonds de près de cinq mètres.
Après encore une longue course dans des couloirs sinueux, ils débouchèrent sur une autre grille, mais il semblait que ce serait leur dernier obstacle, ils étaient tout près de l’étage central du donjon, là où ils étaient déjà venus pour l’épreuve des récompenses.
Dobby les débarrassa de cet obstacle par la même méthode et ils débouchèrent sur un mur sur lequel était dessinée une grande spirale.
Flipendo ? lança Harry, se souvenant des sorts que Maugrey avait inventés pour l’épreuve.
Il y eut un grondement et le mur se recula, laissant apparaître une pièce largement éclairée et immense.
Ils étaient au cœur du donjon de l’aile sud, un endroit véritablement magnifique qui ressemblait à la nef d’une grande cathédrale gothique.
Allez, on n’a plus de temps à perdre maintenant ! s’exclama Harry, réjoui d’avoir pu passer les obstacles les plus difficiles.
Ils durent utiliser plusieurs fois le flipendo pour rejoindre le couloir principal, et même amocher une autre grille récalcitrante, mais ils parvinrent à s’extirper définitivement de ce labyrinthe.
Ils retombèrent sur le couloir qui menait au ministère de la Magie et qui était totalement désert, ce qui avait le don d’inquiéter Harry.
D’après la Carte du Maraudeur, il y avait une grande concentration de personnes dans le Hall d’entrée de l’école. Le combat semblait s’être déplacé. Harry repéra à son plus grand soulagement les noms de Ron, Hermione, Neville et Luna. Mais il fallait faire vite, ils semblaient être acculés contre les portes de chêne avec le reste de l’Ordre du Phénix, repoussés par une cinquantaine d’Aurors et de Mangemorts.
Ils dévalèrent les escaliers, manquant de trébucher, et rejoignirent le Hall en quelques instants.
Le vacarme des sortilèges et des explosions était saisissant. Une lutte acharnée avait une nouvelle fois lieu dans cet endroit qui était devenu naturellement celui des grands combats.
On va les prendre par surprise ! murmura Harry, s’avançant doucement derrière le groupe qui mêlait Mangemorts et Aurors, et qui était en train de bombarder littéralement l’Ordre du Phénix.
Pierris tornadis !
Harry s’était concentré fort et la tornade qui s’échappa de sa baguette avait une puissance herculéenne. Des raclements sourds se firent entendre alors que des dizaines de pierres s’arrachaient des murs et du sol pour former une tornade dévastatrice.
En quelques instants, les Aurors et les Mangemorts hébétés étaient tous assommés et ensanglantés, étendus au sol parmi les pierres fracassées et la poussière.
Harry, tu nous sauves, on ne pouvait plus tenir, ils étaient trop nombreux, lui dit Lupin, profondément soulagé…
Voldemort a jeté le professeur Tanghudaï du cinquième étage, il a survécu, Mme Pomfresh est en train de le soigner, annonça Harry sans perdre de temps.
L’Ordre du Phénix et les professeurs parurent profondément choqués.
Remus, elle a besoin de votre aide. Professeur Strout, elle veut que vous veniez aussi, il a la colonne vertébrale brisée, il faut le soigner sur place !
Oh mon dieu ! s’exclama le professeur Strout. C’est terrible…
Il faut que vous preniez vos balais, ils sont au pied de… regardez sur la Carte, ici ! Et soyez prudents, il y a des Mangemorts qui traînent dans le coin, et peut-être Voldemort, il s’est enfui…
Bien, merci, on y va…
Harry et Ginny respirèrent un instant, ils n’avaient fait que courir le plus vite possible depuis qu’ils avaient quitté Mme Pomfresh et le professeur Tanghudaï. 
Vous avez combattu Voldemort ? demanda Hermione, terrifiée.
Oui, il a essayé de tuer Ginny avec un maléfice bizarre, j’ai essayé de l’étrangler, ça l’a fait échouer et tout a explosé… Dobby est revenu pour nous soigner. Ca a été horrible pour arriver jusqu’ici, on a dû passer par les sous-sols du donjon de l’aile sud…
Maugrey et Mrs Bett vont bien ? demanda Ginny, inquiète de ne pas les voir dans le groupe.
Où est Hagrid ? ajouta Harry, constatant l’absence de celui-ci.
Il a emmené Mrs Bett et Maugrey avec lui pour les mettre en sécurité. Ils voulaient combattre avec nous, mais ils n’étaient pas en état, répondit le professeur Chourave.
Où sont-ils ? 
Je pense qu’il les a emmenés dans sa maison, nous devrions les rejoindre, l’endroit n’est pas très sûr en ce moment.
Harry regarda à nouveau la Carte du Maraudeur et il fut frappé d’horreur. Il y avait beaucoup trop de personnes présentes près de la maison de Hagrid pour que les choses allassent bien.
Il subit un deuxième choc en voyant à nouveau le nom de Tom Jedusor.
Voldemort est là-bas ! murmura-t-il ! Il faut faire vite !
Oh mon dieu ! s’exclama Hermione, qui avait les larmes aux yeux.
Le groupe traversa le parc à la vitesse de l’éclair. Des détonations se faisaient entendre, signe qu’un combat avait lieu.
On dirait qu’il y a le feu ! s’écria Neville.
En effet, une fumée grise commença lentement à s’élever, et ils aperçurent des grandes flammes.
L’incendie gagna rapidement en intensité, et des flammes d’une cinquantaine de mètres de hauteur ravageaient les arbres de la lisière de la Forêt Interdite. La maison de Hagrid avait déjà totalement brûlé, et les aboiements de Crocdur se faisaient entendre.
La scène était palpitante : Voldemort et Rogue faisaient face à Hagrid, Graup, Abelforth et le professeur Dillantis.
Il est à nouveau avec nous ? demanda Ron, essoufflé par cette longue course.
Je l’apprends aussi ! s’exclama Harry, qui préférait ne pas chercher à comprendre.
Graup venait d’arracher un arbre en feu et l’avait projeté sur Voldemort et Rogue qui le firent disparaître en plein vol.
Ahaha !
Harry regarda en l’air. Mrs Bett tourbillonnait dans les airs sur un vieux balai difficilement contrôlable.
Ils arrivent ! s’exclama-t-elle ! Ils viennent nous aider.
Voldemort et Rogue s’aperçurent de l’arrivée de renforts et cela n’était pas bon pour eux. Abelforth et le professeur Dillantis neutralisaient déjà relativement bien leurs attaques.
L’Ordre du Phénix entier se joignit au combat, et Voldemort et Rogue parurent sur le point de craquer lorsque le professeur Dillantis et Abelforth se liguèrent pour envoyer une vague d’éclairs bleus et oranges zigzagants.
Une onde de choc phénoménale se propagea et le souffle fut tel que les flammes immenses qui décimaient la Forêt s’interrompirent un instant avant de reprendre de plus belle.
Rogue et Voldemort furent propulsés une dizaine de mètres plus loin alors que toute la neige avait été remuée et retombait lentement sous forme de gros flocons.
Les centaures sont là ! tonna Hagrid, alors que des dizaines de flèches venant des bois assaillirent Rogue et Voldemort.
Les centaures avaient bravé les flammes pour les rejoindre, et ils entourèrent par dizaines les deux ennemis qui se retrouvèrent en grave danger.
Harry s’inquiéta pour Rogue qui avait toutes les peines du monde à repousser toutes les attaques.
Une lumière rouge intense se dégagea soudain et Harry comprit que Voldemort se mettait en colère. Il utilisa le même sort de magie Fourchelang que celui qu’il avait utilisé plus tôt contre Harry, Ginny et le professeur Tanghudaï. Les centaures furent attaqués par des serpents enflammés par magie et ils n’eurent pour seule solution que la fuite.
Voldemort et Rogue s’avancèrent à nouveau vers le groupe.
Vous le regretterez ! siffla Voldemort d’une voix terrifiante. AVADA KEDAVRA !
Le plus gros maléfice de mort que Harry n’avait jamais vu s’échappa de la baguette de Voldemort et fusa à une vitesse phénoménale sur le groupe. Il aurait été impossible de réagir, et ils n’avaient en réalité même pas eu le temps de penser à réagir. Celui qui se trouverait sur la trajectoire du maléfice serait malheureusement irrémédiablement condamné à le recevoir et à mourir.
Le maléfice passa à la droite de Harry, et on entendit un bruit étouffé signifiant qu’il avait atteint une cible.
Harry se retourna lentement, il avait déjà les larmes aux yeux et il poussa un cri de rage terrible qui se mêla aux cris de détresse de tous ses amis. Mais le hurlement qui sortit du lot fut celui de Graup. Un hurlement déchirant, un hurlement de peine qui aurait fait pleurer n’importe qui. 
Harry comprit instantanément qui avait été touché. Le premier sorcier qu’il avait jamais rencontré, celui qui lui avait révélé qu’il était un sorcier, celui qui lui avait toujours apporté son soutien et son amitié dans les moments difficiles. Hagrid avait quitté définitivement ce monde. Voldemort avait fait une nouvelle victime.
Harry n’avait jamais ressenti une telle colère, tous les sons se brouillèrent autour de lui et il se précipita vers Voldemort, tout comme Graup, qui s’était également élancé vers lui pour lui faire payer l’acte abominable qu’il venait d’accomplir.
Voyant ce qui arrivait vers lui, Voldemort prit peur et préféra s’enfuir. Il n’avait plus les armes pour lutter. Ce maléfice de Mort colossal lui avait demandé beaucoup d’énergie. Une nouvelle fois, il transplana.
Lâche ! s’époumona Harry, ne pouvant se retenir.
Rogue se trouva seul et il encourrait un très grave danger. Il partit en courant vers la Forêt Interdite, poursuivi par un Graup complètement enragé.
Mais alors que le géant s’apprêtait à refermer ses mains sur lui, il trébucha sans explication et manqua Rogue de peu.
Ce dernier réussit à rejoindre la lisière de la Forêt et à transplaner, au plus grand soulagement de Harry.
Les larmes envahirent à nouveau ce dernier qui s’assit dans la neige, épuisé et assommé.
Il faut sauver la Forêt ! s’exclama Bane, qui était revenu, avec les autres centaures.
Harry releva la tête. Les premiers arbres étaient carbonisés et le feu était en train de gagner du terrain malgré l’humidité et la neige.
Ils joignirent leurs efforts pour sauver la Forêt de ce qui aurait été un véritable désastre, et après une heure de lutte épuisante contre les flammes, ils purent enfin se reposer. Le danger était éliminé, mais à quel prix ?
La vue du corps sans vie de Hagrid fit couler à nouveau les larmes. Graup semblait inconsolable. Maugrey et Mrs Bett avaient un air honteux, ils devaient culpabiliser terriblement. Harry aurait pu leur en vouloir d’avoir été inconscients, mais voir des larmes couler sur les joues ensanglantées de Mrs Bett était encore plus bouleversant.
Personne ne parla pendant un long quart d’heure, et les lamentations déchirantes de Graup amplifiaient leur peine.
Le silence ne fut rompu que par l’arrivée sur balai de James Tilius, accompagné par trois autres Aurors.
Qu’y a-t-il ? demanda le professeur Chourave d’une voix hésitante, craignant une autre catastrophe.
Mais malgré la solennité de la scène, et la tristesse et les larmes qui couvraient tous les visages, James Tilius avait bien du mal à réprimer son envie de sourire.
Le ministère est tombé ! Poudlard est libérée ! Nymphadora Tonks a été nommée ministre de la Magie par le Magenmagot !
Un sourire radieux envahit finalement son visage, contrastant avec la désolation et la tristesse qui régnaient sur les autres visages.
Harry n’arriva même pas à prendre cela comme une bonne nouvelle, c’était une bien maigre consolation.

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