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Harry n’avait cours qu’à quatorze heures ce lundi 9 décembre, mais il se rendit quand même au petit-déjeuner avec ses amis. Ce rêve l’avait une nouvelle fois choqué et il avait peur de se rendormir.
La Gazette du Sorcier du jour donnait froid dans le dos. Les Marques des Ténèbres étaient parfaitement visibles à chaque coin de la page, mais surtout, une photo animée de Voldemort occupait la une. Celui-ci était assis dans un fauteuil confortable, avec un sourire poli et glacial sur le visage.
INTERVIEW EXCLUSIVE DE LORD VOLDEMORT
L’HOMME QUI VA REDRESSER NOTRE COMMUNAUTE
– C’est juste horrible se lamenta Hermione en lisant l’article. Est-ce que les gens vont vraiment croire que « Voldemort finance les réformes du ministère avec sa fortune personnelle afin de rétablir des valeurs fondamentales telles que l’égalité et la liberté dans notre communauté » ?
– Je n’en sais rien, mais rien qu’en voyant sa tête, cela ne donne pas envie de lire l’article, répondit Ron avec un ton assassin.
– Du calme, Ron, répondit Harry, s’assurant que personne n’avait entendu.
– Tu risques une semaine de torture dans les cachots pour outrage au Seigneur des Ténèbres ! répondit Neville.
– Qu’est-ce qu’il dit d’autre dans cette interview ? demanda Harry.
– Oh, en gros, il se fait passer pour un gentleman qui ne veut que le bien de la communauté et qui a souffert le martyre pendant de nombreuses années.
Harry jeta un coup d’œil à la table des professeurs. Rogue semblait étonnamment serein. Peut-être n’avait-il pas encore eu connaissance du cauchemar de Voldemort ? Seuls les professeurs Chourave et Fitz avaient résisté à l’arrivée de Rogue parmi ceux qui étaient du côté de Harry, et ils semblaient plus exténués que jamais. Macnair et Carrow, les deux Mangemorts récemment intégrés à l’équipe, riaient aux éclats en consultant la liste des derniers condamnés dans La Gazette du Sorcier.
Ginny se rendit à son cours d’histoire de la Magie avec le professeur Fresnel dans les cachots et Harry, Ron et Hermione qui n’avaient pas cours l’accompagnèrent.
– On fait quoi en attendant ? demanda Ron.
– Je ne veux plus dormir, alors il faut qu’on s’occupe ! répondit Harry. Et si on faisait un tour à la Cabane Hurlante ? Ce sera une belle occasion de ressortir la cape d’invisibilité !
– Tu es sûr que… commença Hermione.
– On inaugurera le passage secret ! répondit Harry. Et puis après tous ces évènements, cela nous ferait du bien de revoir un peu Lupin et tes parents, Ron !
– C’est une super idée !
– Je pense quand même qu’on devrait les prévenir avant de passer, ajouta Hermione. Au moins un hibou, ou plutôt Fumseck, parce que je ne suis pas sûr que c’est une très bonne idée si les gens voient des hiboux tourner autour de la Cabane Hurlante.
– Très bien, Fumseck, tu peux leur apporter le message comme quoi on arrive dans une demi-heure ?
Le Phénix émit un petit cri avant de disparaître. Il revint quelques instants plus tard avec un bout de parchemin.
On vous attend avec plaisir !
Remus et les autres…
– Remus et les autres ? J’ai bien l’impression qu’ils sont plus nombreux qu’on ne le croît là-bas ! dit Ron.
En passant à l’infirmerie, ils prirent des nouvelles du professeur Tanghudaï.
– Il est toujours dans un état critique, répondit Mme Pomfresh. Mais au moins il s’est stabilisé. Nous n’avons pas encore réparé les os car il était trop faible. J’espère que nous pourrons le faire demain, ce n’est jamais très bon d’attendre, mais il y a un risque que son état empire sévèrement.
– Et Tonks ? Où est-elle ? demanda Harry.
– Guérie, elle a quitté l’infirmerie dans la nuit pour rejoindre vos amis.
– Guérie ? Comment vous avez fait ?
– C’est le professeur Dillantis… ne me demandez pas comment, je ne sais pas du tout. Mais une chose est sûre, il l’a tirée de sa torpeur avec une boule de cristal et de la fumée en cinq minutes, et puis il est reparti et il l’a emmenée avec lui en me disant qu’il avait été envoyé par l’Ordre du Phénix. Tonks allait très bien après cela et elle l’a suivi volontiers.
– Dillantis ? s’interrogea Harry. Je ne sais jamais si on peut lui faire confiance ou pas. Mais si elle était consciente…
– Oui, c’est ce que je me suis dit, répondit Pomfresh. De toute façon, Lupin m’a confirmé juste après qu’elle était bien arrivée. Elle avait l’air en pleine forme, je ne comprends vraiment pas, nous l’aurions tirée d’affaire puisque nous avions identifié le maléfice responsable de son état, mais il lui aurait bien fallu trois jours pour s’en remettre…
– De toute façon, nous allons les rejoindre, dit Harry. Nous pouvons ?
– Bien sûr ! répondit Mme Pomfresh. Mais par pitié je ne veux pas que cette infirmerie se transforme en hall bis !
Ils empruntèrent le passage secret découvert par Abelforth la veille, et à l’aide de la cape d’invisibilité, ils rejoignirent la route de Pré-au-Lard sans risquer d’être aperçus.
Harry eut un pincement au cœur en apercevant les restes de la maison de Hagrid au loin. Il était urgent qu’ils organisent ses obsèques afin qu’il ait une sépulture digne.
La Cabane Hurlante était située dans un vallon au Nord de la route qui menait à Pré-au-Lard et ils gardèrent leur cape d’invisibilité pour la rejoindre car ils pouvaient être aperçus si des gens empruntaient le chemin.
Il faisait terriblement froid dehors et l’épaisseur de neige qui était tombée cette nuit ne facilitait pas leur progression. Dobby devait effacer leurs traces au fur et à mesure de leur progression.
A première vue, la Cabane Hurlante était toujours aussi terrifiante. Ses murs étaient penchés et défoncés et on se demandait comment elle tenait debout. Les corbeaux semblaient l’avoir envahie et des hurlements déchirants s’en échappaient. Des dizaines de squelettes étaient pendus à une poutre devant l’entrée, et ils devaient les écarter pour s’approcher de la porte.
– Comment ils peuvent vivre là-dedans ? demanda Ron.
– Je crois qu’ils n’ont pas le choix, répondit Hermione, choquée elle aussi.
– Et on fait comment pour entrer ? demanda Harry.
– Je pense qu’on aurait mieux fait de se poser la question avant de se précipiter ici, répondit Hermione avec un ton de reproche.
C’est alors que la porte s’ouvrit et que plusieurs silhouettes noires sortirent de la maison.
– Des Détraqueurs ! siffla Ron.
Harry s’apprêta à envoyer son Patronus lorsqu’il entendit des ricanements qu’il connaissait bien.
– Fred et George ! s’exclama Ron avec un large sourire sur le visage.
– Vous n’avez quand même pas été dupés par ces illusions ? demanda Fred.
– Je croyais que tu étais un expert en Détraqueurs, Harry ! ajouta George.
– Je… oui, vous m’avez eu, admit Harry, qui aurait dû s’en douter, puisqu’il n’avait pas ressenti l’horrible sensation de froid que procurent habituellement les Détraqueurs.
– Allez ! Entrez vite ! Ce n’est pas prudent de rester dehors ! s’exclama Mrs Weasley, qui les attendait sur le perron de la maison.
Ils se faufilèrent à l’intérieur en évitant les squelettes et Molly referma la porte après avoir observé scrupuleusement les alentours.
– C’est tellement un plaisir de vous voir après tout ce que vous avez dû vivre ! Mes enfants, venez vous asseoir.
Mais aucun d’eux n’avait écouté ce que Molly Weasley venait de dire. La Cabane Hurlante était méconnaissable. La maison en ruine s’était transformée en une sorte de manoir à la fois luxueux et chaleureux façon Weasley.
– Enorme ! s’exclama Ron.
L’intérieur de la maison avait totalement changé, et toutes les pièces donnaient sur une sorte de grand escalier en colimaçon qui menait à chacun des cinq étages. Celui-ci semblait en plus être magique puisqu’il tournait sur lui-même d’une façon bizarre, si bien que certains étages n’étaient pas toujours accessibles.
– Oh, les jumeaux se sont encore amusés ! Mais je vous assure que si je ne peux pas aller prendre mon bain tout à l’heure je vous étrangle tous les deux ! s’emporta Molly avec un sourire.
Au rez-de-jardin, il y avait une grande cuisine où Molly avait ramené tous ses ustensiles du Terrier. A l’opposé, il y avait une sorte de salle de réunion avec une grande table et des dizaines de chaises, ainsi que plusieurs parchemins dépliés sur la table.
Les étages semblaient être faits de chambres, de salles de bains et de petits salons, et il semblait enfin y avoir un grenier au dernier étage.
Harry remarqua aussi un petit escalier qui menait à un sous-sol, et il s’imagina que c’était là que menait le passage secret du Saule Cogneur.
– Et si jamais des gens viennent visiter la maison ? demanda Hermione.
– Ils la verront telle qu’elle était avant, à moins qu’ils ne soient invités à y entrer par l’un d’entre nous, ou qu’ils ne sachent comment trouver la maison telle que vous la voyez actuellement, répondit Lupin, depuis le balcon de l’étage au-dessus.
– Et comment on fait ? demanda Ron.
– Il y a une tête de mort qui pend au milieu de la pièce principale quand vous rentrez dans la Cabane Hurlante. Vous devez la toucher et prononcer : « que cette vieille bâtisse, de merveilles s’enrichisse ».
– Et qui a fait tout ça ? demanda Hermione.
– A ton avis ? répondirent Fred et George.
– Mais cela prend du temps…
– Tu sais, nous sommes un peu recherchés par le ministère en ce moment. Nous avons dû fermer nos boutiques et nous avons plein de temps libre. Je suis sûr que les gens apprécieront de savoir qu’à cause du ministère ils ne peuvent plus venir acheter nos farces et attrapes.
– Allez, venez boire quelque chose, vous devez être congelés ! dit Molly chaleureusement.
En rentrant dans la cuisine, ils trouvèrent Tonks qui était absorbée dans La Gazette du Sorcier au point qu’elle n’avait pas entendu que des gens venaient d’arriver.
– Tonks ! s’exclamèrent-ils tous.
Elle leva la tête de son journal et elle leur lança un sourire radieux. Ses cheveux devinrent même un instant orange avant de reprendre leur couleur violette.
– Comment ça va ? demanda-t-elle.
– Et toi ? demandèrent-ils tous les trois.
– Je suis dans une forme d’enfer ! répondit-elle.
– Pomfresh nous a raconté ! Mais bon, j’ai toujours du mal avec ce Dillantis, répondit Harry.
Le simple fait de se retrouver avec les Weasley faisait oublier tous les déboires de ces derniers jours. Mrs Weasley leur prépara un petit-déjeuner des plus copieux et cela leur redonna l’appétit.
– Vous n’avez pas cours ? demanda Molly d’un air suspicieux.
– Non, pas ce matin, mais Ginny avait cours et…
– Vous devriez en profiter pour dormir, vous avez l’air fatigués !
– Pourtant on a bien dormi, mentit Hermione.
– On a une bonne nouvelle pour l’Ordre du Phénix, annonça Harry.
– Ah bon ? Ce n’est pas très fréquent ces jours-ci pourtant, répondit Lupin.
– On a découvert un passage secret qui permet de mener de l’extérieur du château à l’infirmerie. Tant que Mme Pomfresh est là, nous aurons un accès au château et un refuge.
– Et il n’est pas sur la Carte du Maraudeur ? s’étonna Lupin.
– Non, mais on est là pour finir le travail, sourit Harry.
– C’est une excellente nouvelle, nous étions presque totalement coupés du château ces derniers jours. Nous avons perdu le ministère et l’école et nos moyens d’action dans la communauté sont très limités. Avec ce passage secret, nous allons pouvoir reprendre nos missions.
– Il faut absolument que tu nous le montres, ajouta Tonks. Nous ne pouvons plus utiliser la sortie par les appartements des professeurs, et nos hiboux à destination des professeurs Chourave et Fitz semblent être interceptés par les Mangemorts. Heureusement, nous n’échangeons aucune information importante, et on vous conseille de faire de même. Continue d’utiliser Fumseck ou Dobby si tu veux communiquer avec nous, c’est le plus sûr.
Harry remarqua sur le mur l’horloge qui indiquait où se trouvaient chacun des Weasley. Tous étaient « en danger de mort » et Lupin, remarquant que tout le monde s’était tourné vers l’horloge, dit :
– Tu ferais mieux de l’enlever, Molly, je pense qu’elle ne fait rien d’autre que de nous ruiner un peu plus le moral.
– Je ne sais pas… elle nous rappelle quand même qu’il faut toujours faire très attention… je ne suis pas certaine que le message est bien passé auprès de certains.
Elle fixa Fred et George qui se regardèrent comme s’ils étaient étonnés que quelqu’un ici puisse être imprudent.
– D’ailleurs, où sont passés Maugrey et Mrs Bett ? Et Arthur ? demanda Harry.
– Maugrey et Mrs Bett ? Nous les avons envoyés de force en vacances, répondit Lupin. Ce n’était pas facile, ils voulaient rester ici. D’ailleurs, cela m’étonne qu’ils ne soient pas déjà revenus.
– Et ils sont en vacances où ? demanda Ron.
– En Bulgarie, nous pensons que Voldemort n’a pas abandonné l’idée de faire tomber le ministère bulgare. En réalité, ils sont plus en mission de surveillance qu’en vacances. Mais au moins, ils ne font courir de risque à personne ici.
– Et Arthur est au travail, ajouta Mrs Weasley sur un ton de lamentation. Il travaille toujours auprès de Joe Jigger, mais apparemment il n’est jamais là et il lui donne tous ses dossiers à traiter pour lui. Il passe ses journées au ministère et il rentre toujours très tard.
– Quel genre de dossiers ? demanda Hermione.
– En ce moment, il aide beaucoup à la coordination des nouveaux services du ministère. Même si beaucoup de choses ont changé, il est l’un des plus anciens là-bas, et il connaît encore beaucoup de monde. Ils sont une bonne équipe à tout faire pour ralentir la progression des projets des Mangemorts. Et apparemment, le ministre lui-même les aide beaucoup en commettant des gaffes énormes.
– Comment ça ? demanda Harry.
– Joe Jigger a apparemment perdu plusieurs comptes-rendus de réunions importantes. Il a réussi à faire accuser l’un des Mangemorts qui était censé les transmettre au Magenmagot. Il a finalement été sévèrement puni par Voldemort et est lui-même persuadé que c’est lui qui les a perdus.
– En tous cas, c’est sûr qu’il y a quelque chose de pas net autour de lui, ajouta Tonks. Nous le surveillons beaucoup car il donne l’impression qu’il est contre Voldemort. Mais c’est peut-être une technique pour se rapprocher de nous et nous espionner alors nous sommes très méfiants. En tous cas, personne d’autre que les personnes présentes dans cette pièce ne doit savoir cela. La plupart des autres membres de l’Ordre ne sont pas au courant du comportement de Jigger.
Fred et George passèrent ensuite la matinée à leur parler de leur futur parc d’attraction. Ils n’avaient pas pu tenir leur langue et leur avaient parlé de toutes les attractions. Harry avait d’ailleurs hâte qu’il puisse ouvrir, mais il fallait pour cela que cette guerre avec Voldemort se terminât.
Ils rejoignirent Poudard juste avant midi pour aller chercher Ginny à la sortie de son cours, et ils lui racontèrent les bonnes nouvelles.
– Ah, pendant ce temps-là le cours était passionnant. Fresnel nous a raconté je ne sais pas trop quoi à propos de Gobelins, comme si on n’avait pas déjà entendu leur histoire cinquante fois déjà. Du coup, j’ai passé le cours entier avec Luna à me moquer de la tête de chacun des Serpentard. On les a même caricaturés.
– Je pense même que papa sera d’accord pour embaucher Ginny pour participer au Chicaneur. Ses caricatures sont excellentes.
– Oui, on verra, répondit Ginny, pas vraiment ravie par l’idée. Je pense qu’il pourra trouver mieux que moi.
Le professeur Chourave passa alors juste à côté d’eux et Harry l’interpella.
– Professeur !
– Oui ? demanda-t-elle, surprise.
– Je voulais savoir comment cela va se passer pour les obsèques de Hagrid, demanda Harry.
– C’est tellement compliqué, répondit-elle sur un ton abattu. J’aimerais tellement que l’on puisse lui rendre un hommage digne. Son corps est toujours dans la même salle, nous l’avons ensorcelé pour ne pas qu’il se dégrade, et nous souhaiterions l’enterrer près d’Albus et Minerva, mais comment faire avec tous ces Mangemorts dans le château ?
– Même la nuit ce ne serait pas possible ? demanda Harry.
– J’ai bien peur que non. J’ai pensé que l’on pourrait faire l’enterrement dans une cour à l’intérieur du château, et puis le déplacer ensuite quand la situation se sera calmée, ce serait beaucoup moins risqué, mais si Graup doit y participer, ce serait impossible à moins de le faire venir par les airs.
– Où est-il, d’ailleurs ? demanda Ron.
– C’est Abelforth qui l’aurait emmené avec lui, semble-t-il, répondit le professeur Chourave. Mais il est devenu impossible de communiquer avec l’extérieur du château. Je ne sais vraiment pas quoi faire.
– Nous avons trouvé un moyen de sortir du château… nous devons vous le montrer. Après le repas, vous êtes disponible ?
– Oui, je ne reprends les cours qu’à quatorze heures.
– Dans ce cas, rendez-vous devant l’infirmerie à treize heures, murmura Harry.
– Très bien, à tout à l’heure.
Le professeur Chourave disparut juste au moment où les J.M.P. apparurent par la porte de la Grande Salle. Et il était bien mieux qu’ils ne les aient pas vus ensemble.
– Qu’attendez-vous pour rejoindre la Grande Salle ? hurla Pansy. Le repas va commencer ! Dépêchez-vous !
Les élèves qui étaient massés dans le Hall ne l’écoutèrent pas vraiment, et cela fit sourire Harry qui trouvait cela très amusant de voir que les J.M.P étaient condamnés à faire le sale boulot que Rogue ne voulait pas faire.
– Dépêchez-vous ! répéta Pansy, hystérique.
Elle attrapa un première année de Poufsouffle par les oreilles et le secoua violemment. Celui-ci devint tout rouge et la regarda d’un air terrifié.
– Dix points de moins pour Poufsouffle et la prochaine fois c’est directement l’Endoloris, ajouta sèchement Pansy avant de le pousser vers la Grande Salle.
– C’est scandaleux ! pesta Hermione. Et le pire c’est que l’on ne peut rien faire.
– Tu es sûre ? demanda Ginny. Regarde ça !
Elle agita sa baguette et une chouette apparut dans les airs. Elle vola dans le Hall avant de lâcher une crotte énorme juste au-dessus de Pansy qui la reçut en pleine tête.
La fiente dégoulina le long de ses cheveux et elle poussa un hurlement. Même Crabbe et Goyle éclatèrent d’un rire bête.
La chouette alla se poser sur une statue près du plafond du Hall et Pansy lui envoya en vain un maléfice de Mort. Finalement elle disparut, ce n’était qu’une illusion.
– Attrapez cette saleté ! hurla-t-elle.
– Mais elle est partie ! répondit Crabbe.
– Attrapez-là ! hurla à nouveau Pansy.
– Oui Madame !
– Très belle teinture, Miss Parkinson, grinça Rusard qui passait par là.
– Méfiez-vous Rusard, parce que vous risquez un de ces jours de recevoir un bonnet fait de la fourrure de Miss Teigne pour cacher votre calvitie ! Il me semble que vous essayez de la cacher auprès de Mme Pince, c’est cela ?
– Quoi ? s’emporta Rusard. Vous n’avez pas le droit !
Ils se disputèrent sur le chemin du repas et ce fut Rogue qui les accueillit à l’entrée de la Grande Salle.
– Charmant, Miss Parkinson. Mais, il me semblait vous avoir demandé de faire la police dans le Hall, pas de vous chamailler avec une personne qui de surcroît n’en vaut pas la peine…
Le repas se déroula sans incident et dans une atmosphère toujours aussi lourde. Ils retrouvèrent comme prévu le professeur Chourave à treize heures devant l’infirmerie et ils lui montrèrent le passage secret.
– Encore ? se lamenta Mme Pomfresh. Entrez ou sortez mais par pitié au moins ne restez pas ici !
Le cours avec Rogue était de loin le cours préféré de Harry. C’était loin d’être le cas des J.M.P. qui l’appréhendaient beaucoup tant ils avaient du retard par rapport au reste de la classe, ce que Rogue prenait un malin plaisir à leur répéter.
Lorsque Harry arriva au cours, il fut surpris de voir qu’il n’y avait personne dans le couloir. Il écouta à travers la porte et il entendit que Rogue avait déjà commencé son cours. Pourtant, à sa montre, il était en avance de deux minutes.
Il frappa à la porte et entra.
– Vous êtes en retard, Potter, siffla Rogue.
– Je croyais que le cours commençait à quatorze heures, répondit Harry poliment.
– Le cours commence quand je décide qu’il commence, répondit sèchement Rogue. Vos camarades étaient là en avance et j’ai jugé que votre absence n’était pas une grosse perte. De toute façon, je suppose qu’au vu de vos capacités exceptionnelles, vous allez vous ennuyer dans ce cours… Puis-je récupérer vos essais ?
Harry ouvrit son sac et découvrit avec horreur qu’il les avait oubliés. Pourtant, il les avait rédigés soigneusement, et il les avait faits en avance.
– Vous ne les avez pas faits, je suppose ? demanda Rogue en voyant l’expression surprise de Harry. Vous viendrez donc les faire en retenue ce soir à dix-sept heures trente dans mon bureau.
Harry prit un air dégoûté et alla s’asseoir à sa place, sous les ricanements des J.M.P.
– Je disais donc que même si le cours s’intitule « théories de Magie », l’essentiel de notre travail sera de la pratique. Vous apprendrez simplement à utiliser la Magie d’une autre façon qu’en prononçant simplement des incantations.
« Nous allons simplement aujourd’hui pratiquer quelques sorts de base de la Magie du rose dont vous m’avez parlé dans vos essais. Le premier d’entre eux est la Torche Rose, une sorte de Lumos tout à fait basique qui se réussit en prononçant l’incantation rossilumo. Mais attention, je veux que vous essayiez de percevoir ce qu’il y a derrière ce sort, afin de mieux ressentir les particularités de cette magie.
« Ensuite, nous étudierons l’enchantement du Tourbillon Rose, dont l’incantation principale est rosa tourbillos ! Là encore, je veux être clair sur le fait qu’il faut que vous ressentiez l’acte magique que vous allez produire. Enfin, si vous avez le temps, mais j’en doute, vous apprendrez le maléfice du Rayon Rose, appelé à tort « maléfice » et dont la formule est rossiweak.
Harry était à peu près sûr que personne n’avait vraiment compris ce que Rogue voulait dire par « ressentir l’acte magique », et que cela le rendrait encore plus insupportable.
Et en effet, lorsqu’il passait dans les rangs, il était encore plus horrible que d’ordinaire avec les élèves, ne cessant de souligner leur nullité.
Harry n’eut aucun problème pour réussir chacun de ces sorts. Seule la Torche Rose lui donnait un peu mal à la tête. C’était une lumière très pénétrante, et il semblait qu’elle éclairait à travers son corps. Le Tourbillon Rose était un enchantement très simple qui faisait apparaître un énorme tourbillon de pétales de rose et de lumière, mais il n’avait pas vraiment d’utilité en combat.
Enfin, il maîtrisait par cœur le maléfice du Rayon Rose, et il fut tellement puissant qu’il fit un trou dans le mur de la salle lorsqu’il l’essaya.
– Sans commentaire, Potter, cela ferait vingt points de moins pour Gryffondor. Heureusement que les points négatifs n’existent pas, vous battriez des records !
– Pour la semaine prochaine, je veux vingt centimètres de parchemin sur la dénomination de « maléfice » du Rayon Rose. Potter, écrivez-le sur votre main si vous avez des problèmes de mémoire !
Rogue ne leur accorda pas de récréation et il enchaîna immédiatement sur le cours de Théories de Magie Noire.
– Je comptais aujourd’hui terminer le cours sur les potions de très grande magie noire, mais je n’ai pas eu le temps de les préparer toutes. Nous allons donc finalement étudier les Darkoreptiles. Qui peut m’en parler ?
Harry se souvenait vaguement que Hermione en avait parlé à propos du mot de passe du bureau de Rogue, mais il ne se rappelait plus rien d’eux.
– Puisque personne n’a l’air de vouloir parler, nous n’allons pas perdre de temps. Il s’agit de reptiles à la peau noire, semblable à des crocodiles, qui font partie des créatures intrusives de l’esprit dont nous avions parlé lors de précédents cours. Leur principale force est qu’ils sont capables de retourner contre vous la partie sombre de votre âme. Leur effet est proche de celui des Détraqueurs, bien qu’ils soient bien moins dangereux. Cependant, l’agression est bien plus difficile à contrer puisqu’il n’y a pas de sortilège semblable à celui du Patronus qui puisse vous aider en cas d’agression par des Darkoreptiles.
« Je vous demande d’écouter très attentivement ce que je vais dire maintenant car une fois que vous serez confrontés à ces créatures, je ne pourrai plus vous aider. Il y a bien évidemment des sorts qui vous permettront de les repousser, mais aujourd’hui, je vais simplement vous demander de lutter contre leur agression par la force de votre esprit. Vous devez être capables de les empêcher de vous faire du mal. Il y a une première façon de faire qui s’appelle l’occlumancie. C’est l’art d’empêcher aux forces extérieures d’accéder à votre esprit et de l’affecter. Mais c’est d’un niveau encore bien trop élevé pour la plupart d’entre vous. Aujourd’hui, vous allez simplement les laisser vous affecter pour comprendre de quel type d’affectation il s’agit, et je vous demanderai ensuite de mobiliser toute la magie blanche qui est en vous pour contrer les effets de la magie noire.
« L’exercice est particulièrement difficile puisque vous devrez concentrer uniquement des bonnes intentions alors même que vous serez attaqué et que votre réaction naturelle sera de vous défendre, voire de vouloir faire du mal au Darkoreptile.
« Si personne n’a de questions, vous allez me suivre et je vais voir comment vous vous débrouillez.
Ils traversèrent les cachots pour descendre au sous-sol dont l’accès était normalement interdit. Il y faisait froid et humide, et se trouver à cet endroit avec Rogue et les J.M.P. n’avait vraiment rien de rassurant.
Rogue avait élevé des Darkoreptiles dans des cages métalliques dans un grand cachot dont le sol était envahi par de l’eau qui avait suinté des murs.
Tour à tour, ils s’approchèrent de l’un des Darkoreptiles que Rogue avait fait sortir de sa cage. Celui-ci était plutôt craintif et il s’était immédiatement abrité dans un coin du cachot. C’était une sorte de petit crocodile d’à peine un mètre de long et à la peau noire sombre. On voyait ses deux petits yeux rouges briller dans l’obscurité.
– N’hésitez pas à vous approcher, il ne vous fera rien de mal, c’est un spécimen encore très jeune et il aura du mal à vous affecter si vous êtes à plus de cinq mètres de lui !
Harry trouva que l’agression du Darkoreptile était plutôt faible, et il n’eut aucun mal à reprendre le contrôle de la situation dans son esprit en concentrant sa magie blanche.
Rogue ne fit aucune remarque et appela simplement l’élève suivant.
Dans l’ensemble, après de gros efforts, tous avaient plus ou moins réussi à repousser l’attaque du Darkoreptile, et Rogue ne trouva pas de reproche à leur faire.
– Votre niveau est encore globalement très fragile, mais je perçois une envie de vous améliorer, ce qui est déjà un énorme progrès. Je ne vous donne pas de devoirs pour la semaine prochaine. Cependant, si vous êtes intéressés et je vous y encourage vivement, vous pouvez venir librement dans ce cachot vous entraîner à lutter contre les agressions de ces Darkoreptiles, je les laisse ici.
Harry suivit Rogue jusqu’à son bureau pour la leçon de dualomancie. Cela faisait quelques jours qu’il n’avait plus essayé de percer l’âme de sa baguette magique, et il le sentit immédiatement. Il eut l’impression qu’il avait beaucoup plus de mal que lors des dernières leçons.
Après presque trois quarts d’heure de tentatives, ses efforts se révélèrent fructueux, et il réussit à sonder l’âme de sa baguette. Mais il fut une nouvelle fois submergé par ce qu’elle contenait et il ne put distinguer aucun rayonnement particulier.
– J’ai l’impression que vous avez un peu plus de mal, en ce moment, remarqua Rogue. Cela peut se comprendre après les derniers évènements. Il faut vraiment vous reposer beaucoup.
– J’aimerais bien, mais toutes les nuits je faits des cauchemars. En ce moment, il n’y a pas une seule nuit où je suis tranquille, et pourtant, tous les soirs je ferme mon esprit.
– L’occlumancie inconsciente n’y fait rien ? demanda Rogue.
– Je n’ai eu qu’une leçon pour l’instant, et j’ai l’impression que cela me donne encore plus mal à la tête.
– C’est certainement parce que vous avez dû beaucoup lutter inconsciemment pour repousser l’agression. Le Seigneur des Ténèbres m’a parlé de ce qui vous est arrivé cette nuit, je l’ai vu ce midi.
– Il vous a dit quoi ? Le rêve était très étrange. C’était comme s’il y avait Trelawney en plus de nous deux.
– Oui, cela l’a aussi étonné. Mais je suis loin d’être un spécialiste dans le domaine des prophéties et je ne veux pas vous orienter vers de fausses pistes. Il faudra demander à Mr Dumbledore ce qu’il en pense. Le Seigneur des Ténèbres attend les conseils de Joe Jigger, mais il est en mission en Bulgarie aujourd’hui.
– En Bulgarie ? Maugrey et Mrs Bett sont en mission là-bas. J’ai pu voir l’Ordre du Phénix ce matin, ils pensent que Voldemort veut faire tomber le ministère bulgare, et ils les ont envoyés.
– Ils ne se trompent pas. Jigger a pour mission d’intégrer le ministère. Mais les connaissant, je pense que cette mission se transformera en échec cuisant pour eux.
– Nous avons découvert un nouveau passage secret qui part de l’infirmerie et qui mène à l’extérieur du château, tout au Nord, près de l’entrée du parc. Nous l’utiliserons fréquemment comme passage vers la Cabane Hurlante. Si vous pouviez envoyer les Mangemorts vers d’autres endroits, ce serait bien mieux pour nous.
– Bien sûr, je ferai en sorte de les orienter vers d’autres endroits, mais le passage par le portail Nord de l’école est incontournable, alors soyez très prudents.
Harry retrouva ses amis à la bibliothèque. Hermione semblait terriblement énervée et elle leva à peine la tête de ses livres lorsque Harry arriva.
– Ombrage lui a donné une retenue, annonça Ron. Elle l’a gardée une heure après leur cours. Et elle doit faire un exposé sur les droits des femmes dans la communauté magique. Je ne sais pas si l’on trouver un sujet plus ennuyeux.
– Merci Ron, répondit-elle.
Lorsqu’elle leva la tête, Harry constata qu’elle avait les larmes aux yeux. Elle tendit alors sa main et Harry constata que les mots « je ne dois pas être insolente » étaient gravés dessus, sous forme d’une cicatrice encore fraîche.
Harry eut à peine le temps de commencer son essai pour Rogue qu’ils durent aller manger.
L’ambiance était on ne peut plus sombre et Egogonde s’était même endormie sur la table, croulant sous la fatigue, ce qui avait encore fait perdre cinq points à Gryffondor sous prétexte qu’il était déplacé de dormir dans la Grande Salle.
Harry accusa le coup lors du cours de Réaction face à une situation périlleuse avec Walden Macnair. Mais ce n’était pas plus mal, il ne fit pas attention à toutes les provocations des J.M.P., et il se contenta de suivre le cours tout en ayant la tête ailleurs. Ron avait compris la leçon de la semaine dernière, et il ne voulait pas avoir à revivre une retenue où il serait torturé dans les cachots.
Le cours avait été consacré à la torture de crapauds avec le maléfice Doloris, et les J.M.P. y avaient montré beaucoup d’intérêt. Harry, au contraire, s’était contenté de réfléchir à ce que la présence de Sybille Trelawney dans son rêve pouvait bien signifier.
A la fin, il y avait des dizaines de corps de crapauds morts torturés dans des cagettes en bois, et le plus inquiétant était que cela ne semblait déranger personne.
– C’est la dernière fois que je viens à ce cours, dit Harry. C’est une perte de temps et l’on ne peut rien faire contre ce qu’ils essaient de nous apprendre. Autant ne pas chercher à savoir, ça me rend fou.
Harry rejoignit le bureau de Rogue pour une première leçon d’occlumancie d’esprit double avec Ginny.
Elle sembla ravie de le voir arriver. Harry connaissait maintenant Rogue beaucoup mieux, mais il n’en était pas de même d’elle, de Ron et de Hermione, et il y avait forcément dû avoir un certain malaise durant leur leçon.
– Comment s’est passé le cours avec Macnair ? demanda Rogue, un peu inquiet. Pas de retenue, cette fois ?
– Non, répondit Harry, tout s’est bien passé. Mais je n’y retournerai plus.
– C’est votre choix, je pense que ce n’est pas plus mal, mais il faudra que je fasse semblant de vous punir pour cela. Je sais que vous y êtes prêt…
– Oui, s’il le faut.
– Ne perdons pas de temps, j’aimerais que nous ne finissions pas trop tard, je dois rejoindre le Seigneur des Ténèbres juste après. L’occlumancie d’esprit double est un vaste domaine qui concerne toutes les formes d’occlumancie lorsque deux personnes sont liées par un lien magique quel qu’il soit : cela peut-être l’amour, des liens de conjugaison avec des créatures magiques, voire plus rarement des liens simplement familiaux ou amicaux.
« Nous n’allons pour l’instant pas exploiter pleinement toutes les possibilités que nous offre l’occlumancie d’esprit double car vous ne faites que débuter dans le domaine, dit-il à l’adresse de Ginny. Pour le moment, nous allons surtout faire en sorte que les connaissances de Mr Potter vous protègent également.
Il se tourna vers Harry.
– Ce n’est pas bien compliqué, il vous suffit de pénétrer dans l’esprit de Miss Weasley, et d’effectuer dans son esprit le travail de protection que vous faites habituellement dans le vôtre, c’est-à-dire que vous devez vider son esprit et, comme vous le savez maintenant, les emmêler le plus finement possible afin de réaliser la protection de l’esprit élastique.
« Mais attention, la protection ne sera efficace que si vous pouvez accéder totalement à ses pensées. Cela nécessite un lien extrêmement fort et une confiance totale. Nous allons donc essayer et nous verrons bien si cela fonctionne. Mais une chose est sûre : si le lien qui vous lie au Seigneur des Ténèbres semble affecter également Miss Weasley, c’est que votre lien est suffisamment fort pour que vous puissiez pratiquer facilement l’occlumancie d’esprit double. Je vous propose donc d’essayer, et j’essaierai ensuite de m’introduire dans l’esprit de Miss Weasley pour voir ce que vous avez pu faire.
Harry pénétra très facilement dans l’esprit de Ginny, d’une part par le lien qui les unissait, et d’une autre part parce qu’elle n’opposait aucune résistance à ce qu’il y entre.
Sans même chercher à consulter ses pensées, il les rangea tout en les emmêlant en gardant en tête l’image des filaments dans la Pensine. Il trouva cela bien plus facile que de le faire dans son propre esprit et il eut l’impression d’être parvenu à un rangement des plus parfaits.
– Legilimens ! enchaîna Rogue lorsque Harry lui fit signe qu’il avait terminé.
Rogue entra dans l’esprit de Ginny et il essaya de lire dans ses pensées mais à son expression Harry compris qu’il rencontrait énormément de difficultés.
– C’était un travail de grande qualité, Mr Potter. Je pense même que cela aidera Miss Weasley à progresser en occlumancie. Je pense que vous avez dû remarquer et comprendre un minimum l’effet qu’a eu sur votre esprit ce qu’a fait Mr Potter. La prochaine fois, lors d’une intrusion, si vous parvenez à la détecter, il faut absolument que vous essayiez d’empêcher votre agresseur de défaire cet ordre. Vous voyez ce que je veux dire ?
– Je crois, oui, répondit Ginny. Je peux essayer.
– Très bien, recommençons, alors !
Harry s’efforça de ranger l’esprit de Ginny aussi bien qu’il l’avait fait la première fois et Rogue sembla une nouvelle fois rencontrer des difficultés à y consulter ses pensées. Ginny semblait lutter énormément tant elle s’agitait sur sa chaise, et Harry, qui n’était pas encore totalement sorti de son esprit, sentit toutes ses pensées surgir d’un coup en désordre total.
Ginny se retrouva à genoux sur le sol et il l’aida à se relever.
– J’ai senti une légère résistance, annonça Rogue, mais elle n’était pas dirigée dans le bon sens, c’était plutôt la partie combattive de votre caractère qui s’est retournée contre moi. Cela a fait que toutes vos pensées se sont comme déliées en même temps et vous avez été submergée.
« Je sais qu’il n’est pas aisé pour vous de comprendre les notions que je cherche à vous inculquer, mais retenez avant tout que la magie est intimement liée à l’imagination. Il n’est pas utile de poursuivre l’exercice aujourd’hui, essayez simplement de comprendre concrètement ce que Mr Potter fait à votre esprit quand il le range de la sorte. C’est un exercice qu’il faut faire tous les soirs avant de vous endormir.
« Nous ferons le point jeudi soir à la même heure si cela ne vous dérange pas. D’ici là Potter, vous venez tous les jours à dix-sept heures trente pour la dualomancie et Miss Weasley seulement demain après votre cours avec le professeur Chourave à vingt-et-une heures trente.
Hermione était déjà couchée quand ils retournèrent à l’appartement, et Ron était allé discuter avec Neville dans les canapés de la salle commune.
Harry et Ginny, épuisés par les efforts de la journée, se couchèrent sans plus attendre, après avoir une dernière fois rangé leur esprit le plus parfaitement possible.
Ils passèrent un début de nuit paisible lorsqu’il sentit une intense douleur à la tête et à la cicatrice. Voldemort était en train d’essayer de s’introduire en lui pour lui faire vivre un nouveau cauchemar. Harry essaya tant bien que mal de masquer à Voldemort les pensées de Ginny pour qu’elle puisse dormir tranquillement, mais cet effort affaiblit ses défenses et Voldemort parvint à s’engouffrer dans ses pensées.
Il marchait au bord du lac en amoureux avec Ginny, qu’il tenait par la main. Le printemps commençait à se montrer et les bourgeons fleurissaient sur les arbres. Les reflets du soleil couchant donnaient à la scène un côté romantique qui poussa Harry à dire :
– Ginny, est-ce que tu veux m’épouser ?
Ginny parut à la fois surprise et heureuse. Son sourire était des plus magnifiques, et son regard d’une intensité inouïe.
Mais un bruit se fit entendre dans les arbres de la Forêt Interdite, et une silhouette noire et maigre se montra.
Harry ne pouvait pas distinguer son visage à cause de sa capuche, mais il savait qui c’était.
– Non ! Va-t-en ! hurla-t-il. Je veux vivre en paix avec Ginny !
– Ce sera presque ça, Harry, siffla Voldemort.
– Mais tu ne vas pas vivre en paix avec elle, tu vas mourir en paix avec elle. Ce n’est pas la peine de résister, Harry ! Avada kedavra !
L’éclair vert fonça sur Ginny qui ne put esquisser le moindre mouvement. Elle s’effondra lentement dans l’herbe, morte.
Harry sortit sa baguette pour tuer Voldemort mais le rêve changea soudain. Il y avait une autre présence.
– Raaaaah ! Le Seigneur des Ténèbres doit mourir !
Trelawney venait d’apparaître, sortant des eaux du lac. Elle s’était précipitée sur Voldemort qu’elle était en train d’étrangler le plus fort possible.
Harry ne comprenait plus rien. Il était totalement impuissant. Il savait qu’il pouvait prendre le contrôle du rêve tant Voldemort était désemparé.
C’est alors que comme il l’aurait voulu, Ginny revint à la vie. Elle se leva et ils s’embrassèrent longuement.
– Je t’aime Harry !
– Moi aussi je t’aime.
Leur bonheur rayonna tellement fort qu’ils s’entourèrent d’un halo de lumière. Trelawney disparut comme si elle n’avait été qu’une image et Voldemort se transforma en poussière, dans un hurlement déchirant.
Harry se réveilla en sursaut. A sa plus grande surprise, Ginny dormait paisiblement à côté de lui. Il était fier de lui, non seulement il avait réussi à protéger Ginny, mais en plus, il avait réussi à faire du mal à Voldemort en prenant le contrôle du cauchemar et en l’inondant de rayonnements de bonheur.
Il s’efforça de ne pas penser à Trelawney, dont l’apparition récente dans ses rêves le tracassait énormément, et il s’endormit paisiblement.
Lorsqu’il se réveilla, il faisait un soleil magnifique sur le parc. Il avait encore neigé cette nuit, et le paysage était sublime.
A sa montre, il était treize heures passées. Mais il avait encore tout son temps : il avait l’après-midi de libre.
Il descendit dans le salon où Dobby était en train de tricoter, et l’elfe fut ravi de le voir.
– Harry Potter a l’air en pleine forme, couina-t-il. Cela fait très plaisir à Dobby.
– Oui, pour une fois, j’ai très bien dormi.
– Pas de vilain rêve ?
– Si, mais j’ai réussi à repousser Voldemort, et Ginny n’a pas été affectée.
– Dobby est heureux que le travail de Harry Potter porte ses fruits. Harry Potter veut-il quelque chose pour le petit-déjeuner ?
– Oui je veux bien, je meurs de faim !
En quelques instants, la table se recouvrit de gâteaux de toutes les sortes et Harry prit tranquillement son petit-déjeuner en buvant son thé et en lisant La Gazette du Sorcier.
Le journal ne contenait rien d’important. Il y avait surtout des jeux et des chroniques des plus inutiles, le tout imbibé d’un maximum de magie noire. La liste des personnes condamnées pour des faits insignifiants s’allongeait de jour à en jour, et les avis de recherches concernant Fred et George étaient toujours présents.
Harry fut interrompu dans sa lecture par un hibou noir qu’il n’avait jamais vu qui venait de se poser sur la fenêtre et d’y donner des coups de bec.
Il s’empressa d’aller chercher la lettre qui était écrite sur un petit bout de parchemin gris.
Elle était scellée avec de la cire portant les armoiries de Durmstrang.
Cher Mr Potter,
J’ai le plaisir de vous faire part de ma plus chaleureuse amitié. N’hésitez pas à me donner de vos nouvelles et à m’envoyer des sorbets à la framboise.
Très sincèrement,
Grigor Burdigov
Directeur Adjoint de Durmstrang
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