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Chapitre 136 : Dans la cave de Barjow & Beurk

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Un brouhaha de désapprobation envahit la Grande Salle.
Notre sécurité n’est pas assurée dehors ? C’est une blague ! s’exclama Alix qui s’était levée.
Les J.M.P. tentèrent tant bien que mal de calmer les élèves mais ce fut seulement lorsque Rogue leva sa baguette que tous se turent.
Eh bien puisque vous avez tous l’air ravis de cette décision, je vous souhaite d’agréables vacances de Noël, ironisa-t-il. Je sais que le château est un endroit chaleureux pour passer les fêtes. Profitez-en pour réviser vos cours en vue de vos examens. En attendant, les règles habituelles s’appliquent : l’accès au parc est interdit, et les élèves doivent avoir regagné leur salle commune à vingt-et-une heures.
Deux Détraqueurs surgirent alors par l’une des portes en bois au fond de la Grande Salle, renforçant l’atmosphère glaciale qui y régnait. Plusieurs élèves de première année qui n’en avaient encore jamais vu poussèrent un hurlement.
Harry dirigea discrètement un maléfice de la Morsure du Diable entre les tables. Un Détraqueur fut heurté et s’agita violemment en poussant un sifflement aigu, avant d’exploser.
De nombreux élèves se levèrent et partirent en courant dans un concert de hurlements horrifiés. Rogue savait évidemment que Harry était à l’origine du maléfice et il sembla hésiter à le punir.
Pansy s’approcha de la table des Gryffondor, suivie des autres J.M.P.
C’est toi qui as fait cela, Potter ?
Dégage, Pansy, répondit sèchement Harry. Sinon tu vas le regretter.
Harry était en colère. Le danger qu’encourraient les élèves en restant à Poudlard l’inquiétait énormément, et il voulait en finir avec cette situation.
Sentant l’ire de Harry monter, Pansy recula d’un pas. Cette colère se manifestait par un halo rouge impressionnant qui illumina l’obscure Grande Salle.
Harry s’accrocha à la peur de Pansy pour pénétrer dans son esprit. Celle-ci semblait sur le point de s’évanouir et Harry chercha à y faire le plus de dégâts possibles, cherchant ses souvenirs les plus désagréables.
Il retrouva le souvenir des hiboux dans la boutique Eylops, et Pansy finit par tomber au sol.
Elle recula maladroitement, fixant Harry avec un regard terrifié. Les autres J.M.P. ne comprenaient pas ce qui se passait, et l’impression était que Harry était en train de faire du mal à Pansy sans même bouger.
Pansy heurta un banc et chuta, et lorsque Harry quitta son esprit elle se leva et partit en courant, suivie des autres J.M.P.
Les élèves avaient passé l’essentiel de leur journée dans leurs salles communes. Ils pouvaient difficilement imaginer de pires vacances. Le parc leur était interdit et cela signifiait donc qu’il n’y aurait pas de Quidditch. 
La présence de Mangemorts dans les couloirs était oppressante et personne n’osait sortir hormis pour les repas.
Nous devons faire évacuer l’école, expliqua Hermione, alors que tous s’étaient réunis dans leur appartement.
Comment veux-tu faire, les Mangemorts ne nous laisseront jamais faire ! répondit Ron.
Nous devons trouver une solution, la situation ne peut plus durer. Je pense que nous devons évacuer les élèves un par un par les passages secrets qui mènent hors de l’école.
C’est le meilleur moyen de ne pas nous faire repérer, et avec la cape d’invisibilité et la Carte du Maraudeur, nous avons toutes les chances de réussir, répondit Harry.
Mais tout le monde va savoir que nous les avons.
Ce n’est plus un secret maintenant, beaucoup de gens connaissent leur existence, et la priorité est de ramener les élèves chez eux en sécurité.

Leur matinée fut occupée à discuter avec les autres élèves. L’annonce de Rogue avait provoqué un grand émoi, et nombreux étaient ceux qui parlaient de quitter l’école.
Harry, vous pouvez nous aider ? demanda Dean. Vous devez avoir un moyen de quitter l’école discrètement ?
Oui, mais il ne faudra pas nous faire voir, il faudra mettre en place un plan, on va y réfléchir et on vous dira quand tout sera prêt.
Merci, je préfèrerais passer les fêtes avec ma famille plutôt qu’avec les Mangemorts.

Abelforth les appela par le biais du faux Gallion et ils se rendirent à sa maison.
Bonjour, s’enthousiasma celui-ci, quelle belle journée, n’est-ce pas ?
Abelforth était dans son jardin en train de retirer les limaces dans son potager, sous un soleil magnifique qui contrastait avec le temps à Poudlard.
Eh bien, souriez un peu, je sais que les choses ne sont pas faciles à Poudlard, mais j’ai quelques bonnes nouvelles à vous apporter.
Vous avez trouvé la Coupe de Poufsouffle ? demanda Harry, dont le sujet lui était presque sorti de l’esprit en raison des évènements à Poudlard.
Peut-être… Mais nous aborderons ce sujet juste après. Severus m’a apporté quelques informations importantes et je vous prie d’être attentifs. Le Gouffre des Clordes est sous pression. Il y a eu une attaque de Dragons cette nuit. Regulus n’y était pas en personne, mais plusieurs de ses hommes ont mené une attaque aérienne et ont causé des incendies importants.
« Voldemort n’était pas présent au Gouffre à ce moment-là mais ses Mangemorts ont pu se défendre et repousser l’attaque. Il faut dire que la forteresse est difficilement prenable. Il a tout de même décidé d’y renforcer la présence de ses hommes et retirer un certain nombre de Mangemorts de Poudlard, ce qui est plutôt une bonne nouvelle pour vous.
« Au moment de l’attaque, Voldemort était en Bulgarie en train d’effectuer une vague de recrutement suite à la chute du ministère. Mais le résultat n’était pas à la hauteur de ses attentes et la résistance semble s’organiser dans la communauté. Cela fait un front de plus à gérer pour lui, mais le gain potentiel en nouveaux Mangemorts est très intéressant…
« Tout me laisse à penser que Regulus va intensifier ses actions contre Voldemort au Gouffre des Clordes dans les prochains jours. La forteresse est en train de devenir imprenable et Regulus sait qu’il faut agir vite pour déstabiliser les Mangemorts. Regulus est toujours à la recherche des Horcruxes, et ce changement de stratégie me laisse penser qu’il sait qu’au moins l’un d’entre eux s’y trouve.
La Coupe de Poufsouffle ? demanda Harry.
Non, je ne crois pas.
Alors lequel ?
C’est une bonne question. Regulus est effectivement à la recherche de la Coupe de Poufsouffle, mais aux dernières nouvelles il est certain qu’elle n’est pas en possession immédiate de Voldemort. Quant aux autres Horcruxes, Regulus est intelligent, et cela ne m’étonnerait pas qu’il ait compris pour Nagini. Il reste la tombe du Gouffre qui est le dernier Horcruxe créé à notre connaissance et je ne doute pas que Regulus soit au courant.
« En s’attaquant au Gouffre, je pense qu’il vise Nagini ainsi que la tombe, mais je persiste à penser qu’il se pourrait qu’un dernier Horcruxe échappe à notre connaissance.
Et vous n’avez pas idée de ce qu’il peut-être ?
Pas la moindre pour le moment, malheureusement, répondit Abelforth. Concentrons-nous sur la Coupe de Poufsouffle, je suis confiant quant à la suite de la recherche des Horcruxes. Dobby, as-tu des éléments nouveaux à ce sujet ?
Abelforth se tourna vers l’elfe qui avait du mal à contenir son agitation depuis le début de la conversation. Harry savait que ce comportement signifiait qu’il avait quelque chose à révéler.
Dobby a interrogé plusieurs elfes qui sont des connaissances de Weegy. La pauvre Weegy n’a plus de famille et passe ses journées à pleurer et à boire du Whisky Pur-Feu. Je lui ai dit qu’elle serait bien à Poudlard, mais elle a peur de revoir les amis des Malefoy.
Tu peux lui proposer de venir ici, je suis sûr qu’elle s’y sentira bien.
Oh ce serait merveilleux ! s’exclama l’elfe, ses oreilles pointues se redressant et ses yeux s’emplissant de larmes.
Et donc qui as-tu interrogé ? demanda Abelforth, impatient.
Le frère de Weegy, Borgnard. Il n’est pas très commode et j’ai dû un peu le forcer… Mais il n’a pas souffert, oh non, Dobby ne ferait pas de mal…
Ne t’en fais pas Dobby, personne ne t’en voudra !
Borgnard est l’elfe des Macmillan si je ne me trompe ? demanda Abelforth.
Oui, couina Dobby.
Les Macmillan ont beaucoup d’argent, et je ne serais pas étonné qu’ils collectionnent des objets tels que la Coupe, d’autant plus qu’il est bien connu que toute leur famille est passée par la maison Poufsouffle depuis des générations.
C’est un descendant de Poufsouffle ? demanda Hermione.
Pas à ma connaissance, mais les familles de sorciers sont très liées et cela n’est pas impossible. Et donc Dobby, qu’est-ce que Borgnard t’as appris ?
Borgnard est très vieux, mais il sait que ses maîtres cherchent à mettre la main sur la Coupe de Poufsouffle depuis qu’ils l’ont vue dans une boutique de l’Allée des Embrumes.
Qu’est-ce que les Macmillan feraient dans l’Allée des Embrumes ? s’étonna Harry.
C’est mal vu, mais cela n’est pas étonnant, beaucoup de sorciers s’y rendent régulièrement car on y trouve des choses très intéressantes. Beaucoup de sorciers des grandes familles de Sang-Pur s’y rendent par tradition, sans pour autant être des Mangemorts. Dobby, sais-tu quelle est cette boutique ?
Barjow & Beurk.
Je m’en serais douté… Et comment se fait-il qu’ils n’ont pas pu l’acquérir ? Je ne pense pas qu’ils sont limités par l’argent, peu importe la valeur de la Coupe.
Mr Barjow ne souhaite pas se séparer de la Coupe. Les Macmillan ont proposé une somme d’argent très conséquente, sans succès.
La Coupe se trouve donc toujours chez Barjow & Beurk ?
Elle s’y trouvait hier encore.
Dobby, je ne saurais comment te remercier ! Mes amis, je crois qu’une nouvelle mission nous attend.

L’organisation de l’évasion de Poudlard leur était sortie de l’esprit, et ils s’affairèrent pour organiser leur mission dans l’Allée des Embrumes. Severus Rogue apparut rapidement sur demande d’Abelforth qui lui expliqua la situation. Voldemort était occupé en Bulgarie et les Mangemorts mobilisés à Poudlard et au Gouffre des Clordes qui avait subi des dégâts. Le moment était donc propice pour mener une mission au Chemin de Traverse.
Je suis tout de même étonné que Voldemort n’ait pas réussi à remettre la main sur la Coupe après que les Malefoy l’aient vendue. Barjow est incontournable dans notre communauté à propos de la vente d’objets de valeur, et tout objet important finit un jour ou l’autre par passer dans sa boutique.
Nous allons la chercher maintenant ? demanda Harry.
Je pense en effet qu’il ne faut pas traîner, Regulus ne doit pas être loin d’avoir les mêmes informations que nous, et il ne doit pas nous passer devant. Cela va être une mission difficile et risquée, mais j’ai confiance en vous pour la réussir. Nous allons commencer par changer nos apparences. 
Abelforth ramena un flacon de Polynectar ainsi que des petits bocaux contenant des cheveux d’aspect différent.
Vous avez le choix, ce sera une surprise...
Le goût du Polynectar était toujours aussi désagréable et Harry aurait aimé avoir les pouvoirs de métamorphomage d’Abelforth. 
Il s’efforça d’ingurgiter la bouillonnante potion au goût de moisi, et se transforma en un vieil homme qui faisait bien une tête de moins que lui. Hermione était devenue une petite sorcière au nez crochu plein de verrues et Harry trouva qu’elle se fondrait très bien parmi les sorciers qui déambulaient habituellement dans l’Allée des Embrumes. Ron et Ginny s’étaient tous les deux transformés en vieillards et semblaient dégoûtés de leur propre apparence.
Comment allons-nous nous y prendre ? demanda Ginny qui avait hâte de passer à l’action. On va voler la Coupe ?
La voler ? s’étonna Hermione, ce n’est pas une bonne idée, cela attirerait l’attention sur sa valeur.
Effectivement, répondit Abelforth. Si Voldemort apprend de Barjow que la Coupe a été dérobée, cela attirera son attention sur ses Horcruxes, qu’il croit en sécurité. Néanmoins, s’il ne veut pas la céder aux Macmillan je ne pense pas qu’il voudra la céder à des inconnus. Non, je pense que nous n’aurons pas d’autre choix que de la dérober, et Barjow ne nous laissera pas faire. Nous pourrions remplacer la Coupe par une fausse mais il ne sera pas dupe, c’est un grand sorcier, il sait ce qu’elle représente pour l’histoire de la communauté. Mon plan est de dérober la Coupe et de lui modifier la mémoire pour lui faire croire qu’il ne l’a jamais vue.
Vous pensez réussir ? s’inquiéta Hermione.
Oh, ce n’est pas bien compliqué, ricana Abelforth, pour qui cela semblait être un jeu.

Cela faisait longtemps que Harry ne s’était pas rendu au Chemin de Traverse. L’endroit était devenu sombre et glacial et avait perdu sa magie. De nombreuses boutiques étaient fermées, leurs devantures placardées de planches ou murées. De nombreuses traces d’explosions de maléfices criblaient les murs et le sol. La rue principale avait déjà une allure d’Allée des Embrumes, et les sorciers s’y promenaient rarement le visage découvert.
La pluie battante et le vent qui sifflait rendaient l’endroit encore plus désagréable. Ils passèrent devant la boutique de Fred et George qui était fermée, et dont les enseignes avaient été détruites sauvagement par de violents maléfices. Même les jumeaux Weasley, dont il semblait que l’unique but dans la vie était de rire et de divertir, avaient dû baisser les bras et fermer leur boutique face à la menace constante des Mangemorts.
Le seul endroit qui n’avait rien perdu de sa splendeur était la banque Gringotts. Son imposante façade de pierres blanches tranchait au loin dans le brouillard. De nombreux sorciers continuaient d’y entrer et sortir, se mêlant aux dizaines de Gobelins qui discutaient entre eux en petits groupes, l’air méfiants.
La communauté des Gobelins est très agitée en ce moment, murmura Abelforth. Ils sont très partagés entre ceux qui veulent suivre Voldemort et ceux qui veulent rester indépendants. J’espère qu’ils sauront faire le bon choix mais une chose est sûre, nous ne pourrons aucunement les influencer.
Ils passèrent sous l’arcade qui marquait l’entrée de l’Allée des Embrumes. Elle était envahie par un brouillard épais, et les formes des maisons et des cheminées avaient un aspect effrayant.
L’imposante bâtisse de Barjow & Beurk se manifesta rapidement devant eux, sans qu’ils n’aient eu à faire de mauvaise rencontre. La boutique était ouverte et Mr Barjow était à l’intérieur, discutant avec un client.
Je vais aller faire du repérage, annonça Abelforth, attendez-moi ici !
Abelforth poussa la porte de la boutique, qui heurta des têtes de mort argentées suspendues qui s’entrechoquèrent en ricanant pour annoncer sa présence.
Barjow avait toujours l’air suspicieux lorsque quelqu’un qu’il ne connaissait pas entrait dans sa boutique. Il avait ses clients habituels, et cela semblait lui suffire. Le client avec qui il était en train de parler ne se retourna pas, et resta de dos, la tête masquée par une capuche noire. Harry avait un mauvais pressentiment, la silhouette lui rappelait quelqu’un même s’il n’aurait pas su dire qui.
Abelforth, sans même avoir salué Mr Barjow, s’était mis à faire le tour de la boutique, examinant les divers objets exposés sur les étagères poussiéreuses, et n’hésitant pas à les toucher.
Cela semblait agacer sérieusement Mr Barjow qui avait abandonné sa discussion pour surveiller Abelforth. Lorsque ce dernier ouvrit une vieille malle, ce fut le geste de trop et Mr Barjow l’aborda.
Ils engagèrent une discussion qui semblait animée de l’extérieur. Abelforth faisait de grands gestes tandis que Mr Barjow était impassible et bougeait à peine les lèvres. Abelforth tenait dans ses mains un petit flacon qu’il avait pris sur l’une des étagères et qui se mit à fumer de plus en plus alors qu’il le secouait.
Mr Barjow se recula et Abelforth lâcha le flacon qui tomba sur le sol, déversant un liquide noir fumant qui envahit rapidement la pièce. Harry était certain que tout cela était voulu. On entendit une détonation étouffée et un éclair blanc heurta les vitres de la boutique, déclenchant à nouveau les rires glaçants des têtes de mort argentées.
Il y eut une longue minute de calme au cours de laquelle la fumée noire se dissipa progressivement. Depuis l’autre côté de la vitrine, Harry, Ron, Hermione et Ginny ne pouvaient pas savoir ce qui se passait, et Harry hésita à intervenir.
Non, murmura Hermione, le retenant par le bras. Abelforth sait ce qu’il fait.
Il y eut une nouvelle explosion et la vitrine se brisa soudainement, projetant des bouts de verre dans toute la rue.
Plusieurs sorciers se retournèrent dans les rues adjacentes, alertés par le bruit.
On va se faire repérer ! Reparo !
Les milliers de bouts de verre reconstituèrent la vitrine, qui reprit son apparence habituelle. La fumée s’était suffisamment dissipée pour que l’on voit convenablement l’intérieur de la boutique. Les étagères étaient renversées et les divers objets qui y étaient entreposés étaient fracassés sur le sol. Mais il n’y avait plus personne dans la boutique. Abelforth, Mr Barjow et le sorcier inconnu avaient tous les trois disparu.
Deux sorciers passèrent devant la boutique et dévisagèrent Harry, Ron, Hermione et Ginny, qui étaient assis sur un banc. Harry ne les avait jamais vus et ils ne semblaient pas présenter de danger, malgré leur air mauvais.
Avec toutes ces boutiques fermées, il n’y a pas moyen de mettre la main sur de la peau d’elfes séchée. Mes potions n’avanceront jamais, pesta Hermione, mimant une conversation pour ne pas paraître suspects.
Mon oncle doit pouvoir t’en fournir de la fraîche, couina Ginny. Son elfe s’est mal comporté et il l’a décapité la semaine dernière. Tant mieux, je le détestais !
Les deux sorciers reprirent leur chemin, jugeant qu’il n’y avait finalement rien d’anormal à la situation.
La porte de la boutique s’ouvrit et Abelforth en sortit, la robe déchirée et couverte de poussière.
J’ai fait un peu de repérage, Harry je vais avoir besoin de toi. Les autres, je compte sur vous pour surveiller l’entrée du magasin et repousser les curieux. Je compte sur votre inventivité. 
Harry suivit Abelforth qui retourna la pancarte à l’entrée de manière à ce que la mention « fermé » soit apparente. 
Où est Mr Barjow ? demanda Harry.
Je l’ai enfermé dans un placard, il est stupéfixé. Quant à Walter, il ne nuira plus.
Walter ?
Oui, le client qui était là.
Je me disais qu’il me rappelait quelqu’un, pesta Harry.
Je t’avoue que ce Walter commence à sérieusement m’ennuyer. Son habitude de fouiner toujours autour de nous m’embête. Une chose est sûre, il n’est pas là par hasard et Regulus recherche la même chose que nous.
Où est Walter ? demanda Harry.
Enfermé dans ma cave.
Comment avez-vous fait ? 
J’ai toujours un Portoloin à sens unique dans ma poche. Je compte bien m’amuser avec lui quand j’aurai un peu de temps. Eh bien, maintenant que la voie est libre, recentrons-nous sur pourquoi nous sommes là.
Vous avez trouvé la Coupe ? 
Non, je ne pense pas que Barjow la conserve directement en boutique. Elle doit être bien gardée dans ses sous-sols. Allons voir.
Ils passèrent derrière le comptoir et empruntèrent un vieil escalier en bois très pentu qui menait aux sous-sols. Les marches grinçaient dangereusement et une forte odeur d’humidité se dégageait. 
La pièce était sombre et très encombrée par des étagères miteuses qui croulaient sous le poids des objets entassés les uns sur les autres. Le plafond en bois était couvert de toiles d’araignées imprégnées de poussière.
Abelforth alluma plusieurs torches sur les murs qui révélèrent la grandeur de la pièce. 
Est-ce que tu ressens la présence de l’Horcruxe, Harry ?
Oui, il y a des rayonnements très sombres, je ne sais pas ce que c’est mais ils sont forts.
C’est étrange, il y a un rayonnement particulièrement fort, rien d’obscur, mais un rayonnement très ancien, je ne serais pas surpris que ce soit la Coupe. Elle doit regorger d’ancienne magie, une magie très forte et très belle.
Il y avait toutes sortes d’objets sur les étagères, et Abelforth les examinait avec curiosité. Des bocaux contenaient des animaux morts qui flottaient dans des liquides colorés. Il y avait également de nombreux livres très abîmés qui semblaient avoir plusieurs siècles.
Harry en prit un qui avait une couverture métallique et un serpent en relief sur sa tranche. Ce livre avait quelque chose d’attirant et d’obscur à la fois.
Il l’entrouvrit et immédiatement il ressentit une forte brûlure à la main. Il lâcha le livre qui émit un sifflement et se referma.
Il y a certains objets qu’il vaut mieux ne pas toucher. Ce livre est de toute évidence ensorcelé. Je ne sais pas ce qu’il contient, l’écriture est en Fourchescript. Peux-tu me dire ce qui est écrit sur la couverture, Harry ?
L’Héritage de Serpentard.
Intéressant, ce livre doit être d’une rareté exceptionnelle. Tu ne peux pas l’ouvrir ?
Harry reprit le livre dans ses mains et l’ouvrit à nouveau. Immédiatement, sa couverture le brûla sévèrement et il le reposa.
Tu devrais lui parler en Fourchelang, je pense qu’il se laissera faire.
Mais cela n’y changea rien, le livre devenait brûlant dès que Harry le touchait, comme si son contenu était privé.
Concentrons-nous sur ce qui nous intéresse, tous ces objets ont l’air très intéressants mais nous sommes là pour un but bien précis…
Abelforth s’était dit cela pour lui-même, mais rapidement, il recommença à s’intéresser à tous les objets qu’il trouvait. Il y avait de tout : des livres, de l’argenterie, des objets maléfiques, des chaudrons, des flacons d’ingrédients, des instruments d’astronomie, et une myriade d’objets inconnus dont Harry se demandait quelle pouvait bien être l’utilité.
La cave était immense et formait un labyrinthe. Ils traversèrent plusieurs pièces qui étaient de plus en plus sombres et poussiéreuses. 
Au fur et à mesure qu’ils avançaient, Harry sentait de plus en plus l’influence de la coupe. Les rayonnements étaient à la fois fascinants et terrifiants, et tourmentaient son âme.
Nous ne sommes plus très loin, Harry. Je me demande de quel type de protection elle bénéficie. Je pense qu’il ne sera pas difficile d’y accéder mais que la coupe regorge de maléfices qui atteindront quiconque veut détruire l’Horcruxe.
Des rayonnements émanaient avec puissance à travers une petite porte en bois rongée par l’humidité, et Harry se sentit faiblir. Sa cicatrice devint douloureuse et ses pensées s’agitèrent soudainement, comme si la présence de l’Horcruxe déchaînait son âme.
Harry se força à reprendre ses esprits et ouvrit la porte d’un coup de baguette. Elle s’effondra, ses gonds ne supportant plus son poids, rongés par le poids des ans. Un miaulement se fit alors entendre et Harry sursauta.
Un chat noir les fixait de ses yeux jaunes, les poils hérissés, perché sur un vieux tonneau.
Abelforth dégaina sa baguette et la pointa sur le chat. De petites étoiles dorées s’en échappèrent et le heurtèrent. Il émit un miaulement prolongé avant de fuir.
Qu’est-ce que vous lui avez fait ?
Rien de grave, Harry, je lui ai simplement fait croire qu’il y avait une souris. Très efficace pour se débarrasser d’un chat.
Il m’a fait peur…
Je te sens perturbé, Harry, fais en sorte de fermer ton esprit et de te protéger, je sens que les rayonnements t’affectent et te font du mal.
Un escalier en colimaçon pentu et étroit descendait vers une petite pièce tout aussi sombre. Hormis une petite commode sur laquelle était placé un objet recouvert d’un tissu noir, elle était complètement vide.
Nous y sommes, Harry.
Abelforth retira le tissu noir et une magnifique petite coupe apparut. L’excitation de Harry était à son comble. Ce n’était pas tous les jours qu’un Horcruxe était découvert, d’autant plus qu’il s’agissait d’un objet ayant appartenu à Helga Poufsouffle, l’un des fondateurs de Poudlard, riche d’une histoire exceptionnelle.
La coupe était en or, et ses décorations d’une finesse exceptionnelle. Elle était ornée d’un blaireau, l’emblème de la maison Poufsouffle, et possédait deux petites anses ornées de pierres précieuses scintillantes.
Les visages de Harry et Abelforth s’y reflétaient parfaitement tant elle était pure. Ils la contemplèrent ainsi pendant de longues minutes, émerveillés par la beauté de l’objet, et pensifs à propos de sa longue histoire.
Je pense qu’il n’y a pas de risque à la toucher, étant donné qu’elle a circulé entre plusieurs personnes ces derniers temps, mais je préfère quand même m’en assurer.
Abelforth examina attentivement la coupe avec sa baguette magique, et elle semblait ne pas apprécier, vibrant fortement. Harry luttait intérieurement pour ne pas être affecté par l’âme de l’Horcruxe, il avait l’impression que sa tête allait exploser.
Les nombreux entraînements avec Abelforth et Severus avaient pourtant fait de lui l’un des meilleurs occlumens du monde magique. Ses efforts pour fermer son esprit aux rayonnements auxquels il faisait face étaient vains. Ses souvenirs les plus horribles tournoyaient dans sa tête et des images confuses et furtives lui venaient à l’esprit. Il revoyait le visage de Voldemort, l’éclair vert qui lui avait causé sa cicatrice au front, les morts les plus terribles qu’il avait eu à vivre : Sirius, Albus Dumbledore, Hagrid et bien d’autres.
Abelforth était concentré et ne s’était pas rendu compte de l’état de Harry qui était au bord de l’évanouissement.
Monsieur…
Abelforth donna un coup de baguette sur la coupe qui émit un léger tintement cristallin. Elle cessa d’osciller et il sembla satisfait.
Harry était en sueur tant la douleur était devenue intense. Ce n’était pas la première fois qu’il se trouvait en présence d’un Horcruxe de Voldemort, mais jamais cela ne lui avait causé tant de souffrance.
Abelforth s’en aperçut enfin et sembla surpris.
Que se passe-t-il, Harry ?
Je ne sais pas, je n’ai jamais ressenti cela, j’ai l’impression que mon âme va se déchirer, que l’Horcruxe m’attire.
Abelforth sembla profondément inquiet et réfléchit quelques instants.
Les Horcruxes étant de moins en moins nombreux au fur et à mesure de leur destruction, il se peut que leur influence se fasse plus grande sur toi. J’espère que Voldemort ne le ressent pas. Ne restons pas là et tâchons de détruire au plus vite le bout d’âme qui est dans cette coupe.
Abelforth récupéra la coupe et la glissa dans la poche de son manteau.
Vous n’irez pas bien loin.

La voix calme et froide avait résonné contre les murs de pierre.
Le cœur de Harry se mit à battre à tout rompre. L’une de ses plus grandes craintes était que Voldemort n’apprenne leur quête de ses Horcruxes et que cela annihile toutes leurs chances de le détruire définitivement. Profondément anéanti par cette pensée, il réalisa alors que la voix qui avait parlé n’était pas celle de Voldemort.

Harry se retourna lentement, sa main tremblante s’agrippant fébrilement à sa baguette magique. Abelforth avait fait de même.
L’homme qui leur faisait face était de taille moyenne et de corpulence forte. Son visage était dans la pénombre en raison de la cape qu’il portait. Sa peau était livide et écailleuse, et ses yeux rouges brillaient. Il portait autour du cou un pendentif en forme de magnifique dragon incrusté de pierres précieuses rouges.
Tu as bien changé, Regulus, dit calmement Abelforth. 
Qu’est-ce qui te fait dire ça, Dumbledore ?
Ton apparence, ton attitude, je perçois une ressemblance de plus en plus frappante avec ton ennemi juré…
Regulus ne répondit pas, impassible, mais visiblement perturbé par ce qu’Abelforth venait de lui dire.
Il n’y a qu’à voir ton corps, reprit ce dernier, de moins en moins humain, tel celui de Voldemort. J’étais convaincu que c’était quelque chose que tu haïssais et combattais, mais visiblement, je me suis trompé.
Je combats Voldemort car il n’y a de place que pour un, répondit froidement Regulus.
Ce n’était pas ton intention que de prendre sa place, pourtant, quand tu as découvert son secret et entamé une quête pour le rendre à nouveau mortel. Je trouve cela décevant de voir que désormais tu l’as dépassé dans l’inhumanité. Combien de Horcruxes as-tu fait pour avoir une telle apparence ?
Ton arrogance est sans limites, Dumbledore. La magie noire est magnifique, vous ne pouvez comprendre son pouvoir tant que vous ne l’avez pas expérimentée.
Je connais très bien la magie noire, Regulus, plus que tu ne le crois, et certainement autant que toi. Ce qui nous différencie est simplement le choix que j’ai fait de ne pas causer de souffrance aux autres, de ne pas céder à l’attrait du pouvoir.
Je n’ai pas cédé face à la magie noire, c’est bien plus que cela, je la contrôle, elle est à mon service.
C’est ce que tu crois, la magie noire se joue de toi, c’est elle qui te consume progressivement jusqu’à te faire disparaître. La magie blanche permet d’acquérir les mêmes habilités que la magie noire, mais d’une façon différente, en exacerbant des sentiments profondément bons. L’immortalité peut être obtenue par la mort, elle peut tout autant l’être par l’amour. C’est ce qui nous différencie. Mais cela ne sert à rien d’en débattre plus longtemps, il est trop tard, visiblement. Je suppose que nous sommes ici pour la même raison ?
Je dois avouer que je suis impressionné par votre efficacité. Vous m’avez devancé, mais après tout, la seule chose qui compte pour moi est que cette vulgaire coupe soit détruite.
Sais-tu s’il reste beaucoup de Horcruxes à détruire pour rendre Voldemort immortel ? demanda Abelforth. Si nous partageons nos informations, nous arriverons plus vite à notre but, n’est-ce pas ?

Harry était stupéfait que Abelforth coopère avec Regulus, mais il était comme paralysé par le poids des évènements qui avaient lieu pour pouvoir réagir. Il se souvint alors d’une discussion avec Abelforth lors de laquelle ce dernier avait clairement suggéré de s’allier avec Regulus pour accomplir la première partie de la prophétie et détruire plus facilement Voldemort.

J’ai beaucoup hésité quant à la stratégie à adopter à votre égard, répondit Regulus. Et visiblement c’était réciproque. La facilité aurait été de vouloir détruire Harry Potter, car malgré ses progrès conséquents, il ne ferait pas le poids face à moi. Mais non, je préfère terminer ce que j’ai commencé et détruire Voldemort. J’ai été le premier à découvrir son secret, et c’est moi qui lui porterait le coup final.
Cela ne me surprend pas. Ainsi, nous avons temporairement le même objectif…
Je n’ai pas besoin de vous pour l’atteindre.
Nous non plus, et je sais que nous savons les mêmes choses, quand l’Horcruxe dans cette coupe sera enfin détruit, il nous restera la tombe au gouffre des Clordes, ainsi que Nagini, nous sommes dans la dernière ligne droite.
Tu en oublies un, Dumbledore, mais je ne vais pas te gâcher la surprise de le découvrir par toi-même.

Regulus, qui était resté impassible jusque-là, esquissa un sourire machiavélique, laissant apparaître ses dents pointues. Abelforth avait toujours pensé qu’un dernier Horcruxe inconnu existait, et Regulus venait de le confirmer.

Il y eut un silence intense. Harry savait que Abelforth et Regulus sondaient leurs émotions respectives. La scène avait quelque chose d’impressionnant et Harry mesura l’ampleur des pouvoirs des deux hommes.

Quel est cet Horcruxe ? demanda Abelforth d’une voix sèche et glaciale.
Tu n’auras pas besoin de le savoir, Abelforth, je le détruirai très bientôt. La fin de Voldemort est très proche, et je pense qu’il ne va pas tarder à le comprendre. Son âme est perturbée, une guerre sans merci s’annonce car il ne se laissera pas faire, mais j’ai la certitude qu’il tombera. Et ce sera moi qui lui porterai le coup final.

Harry s’effondra brutalement au sol et fut pris de convulsions. La douleur dans sa tête était si intense qu’il ne la ressentait presque plus. Il se mit alors à parler de la voix rauque de Sybille Trelawney.

Des forces sombres et terrifiantes vont s’entrechoquer.
La fin est proche.
La prophétie est en passe d’être accomplie.
Le Seigneur des Ténèbres et le Survivant ne peuvent y échapper.
Aucun d’eux ne peut vivre tant que l’autre survit.

Regulus esquissa un sourire maléfique, ses yeux rouges brillant plus que jamais, tandis qu’Abelforth resta sans expression. Harry se réveilla lentement, la douleur toujours présente. Il avait vécu la scène impuissant et était encore sous le choc, c’était comme si son âme était le théâtre d’un affrontement entre lui et Voldemort par le biais de la prophétie.

Où est Walter ? demanda Regulus, soudain beaucoup plus agressif dans le ton.
Walter ? s’étonna Abelforth. Ton détestable associé ?
Ce n’est pas mon associé, il est sous mes ordres. Que lui as-tu fait, Dumbledore ?
Cela fait un moment que je ne l’ai pas…
Ne me prends pas pour un imbécile, je ne resterai pas calme longtemps.

Harry sentit que la situation était sur le point de leur échapper. Il se releva lentement et empoigna sa baguette. Abelforth fit de même et une lueur blanche s’alluma à l’extrémité de la sienne.
D’un mouvement imperceptible de celle de Regulus, Abelforth fut soulevé dans les airs, comme pendu par une corde invisible. La lueur au bout de sa baguette disparut et il émit un long râle.
Avant même d’avoir pu bouger, Harry fut propulsé par une force invisible et renversa une étagère de flacons qui se brisèrent. Il ressenti une forte brûlure lorsqu’un liquide rouge vif coula sur sa jambe et embrasa son pantalon.
Fumseck fit une apparition majestueuse au milieu de la pièce dans un souffle et poussa un hurlement terrifiant. Dobby apparut quelques secondes plus tard dans un craquement sonore. Il se précipita sur Harry pour calmer sa douleur.
Abelforth était toujours suspendu dans les airs et Harry envoya un maléfice du Rayon Rose à Regulus par le biais de Fumseck.
Ce dernier ne s’y attendait pas et dut relâcher son étreinte. Abelforth retomba lourdement mais sembla récupérer ses esprits rapidement.
Vos petites manœuvres ne m’impressionnent pas, siffla Regulus, un sourire maléfique sur le visage et les yeux brillant plus que jamais d’une couleur rouge intense. Vos petites créatures ne sont rien face au pouvoir des dragons. Draconis legendarium resurgencium !

Le pendentif de dragon que Regulus portait au cou se mit à briller fortement. Un immense tourbillon de flammes apparut autour de lui, renversant plusieurs étagères et brisant de nombreux objets. Harry et Abelforth durent reculer. Un grognement strident se fit entendre et une silhouette massive prit forme dans les flammes.
Il s’agissait d’un magnifique dragon couvert d’écailles sombres aux reflets dorés, possédant une crête d’écailles de la tête jusqu’au bout de la queue. Ses yeux rouges brillaient dans l’obscurité.
Regulus jubilait. Ce dragon qu’il pouvait contrôler par la pensée était l’aboutissement d’un entraînement intense de plusieurs mois.
Abelforth lui-même était méfiant et semblait hésiter quant à l’attitude à adopter. Il ne savait pas quels étaient les pouvoirs de ce dragon.
Fumseck émit un cri strident puissant, comme pour montrer à Abelforth qu’il était là.
Je te propose de me donner la coupe et de me laisser partir, Dumbledore. Si tu refuses, tu découvriras la puissance inouïe de mon dragon.
Je l’ai trouvée avant toi, Regulus. De toute façon, l’Horcruxe qui est à l’intérieur sera détruit incessamment, c’est ce qui compte, non ?
Je veux détruire moi-même cet Horcruxe, il n’y a pas de discussion possible, Dumbledore.
Dans ce cas…
Abelforth dégaina sa baguette et une pluie de boules de lumière argentées fusèrent sur le dragon qui émit un grognement sourd. Le dragon sembla comme immobilisé un instant, avant de reprendre ses esprits et de lâcher une flamme hargneuse qui manqua de peu Abelforth.
Harry se sentait toujours comme paralysé et était très inquiet quant à l’issue de ce combat. Regulus dégageait une telle impression d’assurance qu’il semblait qu’il ne pouvait pas perdre. La bataille semblait mentale et se passait dans l’esprit de Regulus et d’Abelforth.
Le dragon cracha une nouvelle flamme encore plus puissante. Fumseck s’élança et la traversa, en absorbant toute la puissance dans un tourbillon. Il poussa un cri aigu avant de se démultiplier. Chaque Fumseck se mit à tournoyer rapidement autour du dragon qui ne se démonta pas et s’entoura d’un halo éblouissant. La chaleur monta subitement dans la pièce et les répliques de Fumseck disparurent aussi vite qu’elles étaient apparues. 
Le visage d’Abelforth se tendit et Harry sembla remarquer pour la première fois que c’était un homme âgé et qu’il pouvait être fatigué.
Sa baguette vibra fortement et une grande quantité de poussière noire en sortit, si épaisse qu’elle masqua totalement la lumière émise par le halo qui entourait le dragon.
Le sous-sol de la boutique Barjow & Beurk souffrait énormément de cet affrontement et les étagères croulaient les unes après les autres, leur contenu se fracassant au sol en y déversant divers liquides. Certains livres s’étaient embrasés tous seuls à cause de la chaleur et des pierres s’étaient détachées des murs.
Le mélange de lumière et d’obscurité vibrait de plus en plus et la baguette d’Abelforth émettait maintenant une lumière rouge sang qui progressait lentement comme si le temps s’était ralenti.
La boule de lumière et d’obscurité se mit à bouillir au contact de cette lumière rouge et Abelforth dut reculer brusquement pour ne pas être touché.
Il trébucha et tomba en renversant une étagère de livres. Fumseck s’interposa immédiatement pour le protéger et fit apparaître un bouclier qui protégea Abelforth.
Les yeux du dragon s’illuminèrent et Abelforth se plaqua les mains sur le crâne. Il semblait souffrir énormément. 
Harry sortit enfin de sa torpeur et se releva pour venir en aide à Abelforth.
Reste à l’écart, Potter, tu ne fais pas le poids, siffla Regulus.
Harry dégaina sa baguette mais fut brusquement frappé par la même douleur qu’Abelforth et chuta, terrassé de convulsions.
Fumseck émit un cri horrible et ce fut la dernière chose dont Harry se souvint.

Lorsqu’il rouvrit les yeux, il lui fallut beaucoup de temps pour comprendre où il était et ce qui s’était passé.
La boutique de Barjow & Beurk était ravagée et le plafond de la cave s’était en partie effondré.
Abelforth était étendu au sol dans les gravats, visiblement conscient car il avait les yeux ouverts et bougeait. Il était couvert de cicatrices et sa robe était déchirée et largement brûlée par endroits.
La brume commençait à envahir la pièce par le trou dans le plafond.
Harry se releva tant bien que mal et se rendit compte que Fumseck s’était consumé, certainement très affaibli par le combat, et qu’un petit oiseau était ressorti du tas de cendre au sol.
Dobby était couché au sol, caché sous des dizaines de livres qui lui étaient tombés dessus.
Des voix familières se firent alors entendre et réconfortèrent tout de suite Harry.
Ginny, Ron et Hermione, qui avaient retrouvé leur apparence, apparurent dans la brume.
Que s’est-il passé ? s’inquiéta Hermione en voyant leur état.
Ginny serra Harry si fort dans ses bras qu’elle l’étouffa presque. Abelforth était toujours sonné et semblait ne pas comprendre ce qui se passait.
Nous avons été attaqués par un dragon, il nous a paralysés et nous n’avons rien pu faire, s’étrangla Hermione.
C’était Regulus, il venait lui aussi chercher la coupe de Poufsouffle, répondit Harry. C’est flou, il y a eu un combat mais je ne sais pas ce qui s’est passé. Ce dragon était trop puissant.
La coupe n’est plus là, se lamenta Abelforth, sortant enfin de sa torpeur.
C’est une catastrophe !
Oui et non… C’est un objet merveilleux, et il est bien triste qu’elle se retrouve dans les mains de Regulus. Mais en même temps, l’Horcruxe qu’elle contient sera très bientôt détruit, si ce n’est déjà fait. Nous n’avons plus qu’à nous concentrer sur le prochain.
Ce n’est pas gagné si nous ne savons même pas de quel objet il s’agit …
Nous en discuterons plus tard, il va falloir suivre de près les activités de Regulus car cela pourra nous donner de précieuses informations.

La fin de la journée se termina au domicile d’Abelforth où Severus Rogue passa brièvement pour prendre des nouvelles. Voldemort n’avait pas encore eu vent de ce qui s’était passé au Chemin de Traverse dans l’Allée des Embrumes, mais Abelforth craignait qu’il n’émette des soupçons. C’est pourquoi Abelforth avait prévu dans la nuit d’y retourner pour réparer les dégâts à la boutique de Barjow & Beurk.
Je pense que tout va se recentrer sur Poudlard et la forteresse du Seigneur des Ténèbres, tonna Rogue. Black va mettre les Mangemorts sous pression permanente. Je ne suis pas certain qu’il y ait d’autres Horcruxes que Nagini et la tombe, les troupes de Black semblent prêtes à attaquer comme si elles allaient porter le coup final.
Nous verrons bien, Severus, attendons de voir ce qui va se passer. Regulus peut nous faciliter le travail.

La journée avait été éprouvante pour chacun d’entre eux. Abelforth avait énormément souffert de la confrontation avec le dragon de Regulus, et Harry avait été très affecté par la présence de l’Horcruxe. Son âme avait semblé comme prête à se déchirer, et lorsqu’il s’endormit, il fut incapable de calmer son esprit.
Il n’eut pas la force de lutter et fut emporté dans un nouveau rêve.

Il était au Gouffre des Clordes, au centre de la place où se trouvaient les tombes des mages noirs. Une silhouette était présente au sol, dans une mare de sang.
Il était en train de vivre le rêve dans la peau de Voldemort, et il ressentit la colère et la peur monter en lui. Il avait eu comme un pressentiment et savait déjà qui était la personne au sol. 
Il s’approcha et retira la cape qui recouvrait le cadavre, dévoilant le corps de Queudver. L’un de ses bras avait été comme arraché, et était manquant. Le sang au sol provenait de cette blessure.
Voldemort s’agenouilla et poussa un hurlement de détresse. Sa colère était immense et plusieurs objets explosèrent violemment autour de lui. Le sol se fissura et l’eau d’une flaque proche se mit à bouillonner soudainement.
Le cauchemar devint alors flou et Harry se réveilla dans une pièce sombre et froide éclairée à la bougie. Nagini était couchée à côté de lui et il ne put masquer sa surprise. Voldemort détecta sa présence et il se sentit immédiatement expulsé.
Il se réveilla une seconde fois dans son propre lit cette fois, en sueur et déboussolé par ce qu’il venait de vivre. Ginny dormait profondément et tout paraissait calme et normal. Leur chambre était éclairée par la lueur de la lune qui se reflétait largement sur le parc enneigé. Harry se rendormit rapidement, croulant de fatigue.




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