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Chapitre 002 : Une lettre au ministre

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Chapitre réécrit (08/08/2013)

Harry était bouleversé. Il resta longtemps assis sur son lit à contempler tristement la fin de la lettre.
Derrière la porte de sa chambre, les Dursley étaient en train de se disputer, comme s’ils ne pouvaient pas aller ailleurs pour éviter de le déranger.
Il pensait à tellement de choses à la fois. Il essayait d’assimiler ce que Dumbledore lui avait expliqué dans la lettre, tout en essayant de faire des rapprochements avec ce qu’il savait déjà.
Après dix minutes de réflexions difficiles, il résolut de relire la lettre attentivement. Il avait beau être totalement convaincu qu’elle était bien de Dumbledore, et que tout ce qu’il lui disait était cohérent, il ne pouvait simplement pas croire que Rogue puisse être innocent.
Pourquoi avait-il alors lancé à Dumbledore un regard plein de haine avant de le tuer ? S’il avait vraiment dû le tuer pour suivre les ordres de Dumbledore, il ne l’aurait jamais regardé de la sorte.
Et puis Rogue était celui qui avait rapporté la prophétie à Voldemort, et il était tout à fait capable de trahir Dumbledore. 
Harry ne comprenait plus rien, assailli de nouvelles informations incompréhensibles, et ce qui ressortit de cette confusion était Rogue n’avait jamais cru Dumbledore à propos de cette mission, et qu’il l’avait assassiné simplement pour suivre les ordres de Voldemort.
Harry relut la lettre une nouvelle fois, et tout sembla s’éclaircir lorsqu’il lut la phrase « mais tu dois savoir qu’il était dégoûté de ce qu’il faisait ». En commettant le meurtre, Rogue avait éprouvé de la haine pour lui-même, et non pas à l’égard de Dumbledore !
Rogue n’avait bien sûr pas compris le plan, mais il se devait de respecter ses ordres, et ainsi le tuer même si au fond de lui il ne le voulait pas. Cela expliquait ainsi les derniers mots de Dumbledore en haut de la tour, qui avait supplié Rogue pour qu’il accomplisse ce qu’il lui avait demandé, sous peine de tout faire échouer.
La haine qu’avait dû éprouver Rogue à l’égard de lui-même avait dû être la même que celle qu’avait ressentie Harry quelques heures auparavant lorsqu’il avait forcé Dumbledore à boire la potion qui protégeait le médaillon.
Mais même si tout cela semblait cohérent et clair, Rogue était la cause de la mort de ses parents et de son parrain, et Harry le détestait tellement qu’il ne pouvait pas se résoudre à le croire innocent du jour au lendemain. Il lui faudrait beaucoup de temps pour s’en convaincre.

Il pensa alors à ce plan de Dumbledore : « un plan auquel je n’avais jamais pensé, et qui s’avérait être un véritable espoir de te faciliter grandement la tâche de venir à bout de Voldemort, il me suffisait de mourir ! ». 
La mort de Dumbledore, quel que soit ce plan ingénieux, ne pouvait apporter que des malheurs. Il passa un long moment à essayer de trouver en quoi cette mort pourrait l’aider à tuer Voldemort, et il n’avait pas le moindre embryon d’idée pour l’expliquer.
Depuis la mort de Dumbledore, Harry avait passé ses journées à se dire que tout serait terriblement plus difficile désormais, même s’il avait conservé sa volonté et sa détermination à se débarrasser de Voldemort. Sans Dumbledore à ses côtés, il lui semblait impossible de réussir, et il avait du mal à croire son ancien Directeur quand il lui affirmait que sa mort l’aiderait.

Il reprit la lettre et s’interrogea à propos du Serment Inviolable qu’avait fait Rogue. Une conversation entre Malefoy et Rogue à Poudlard, écoutée à travers une porte, lui revint à l’esprit.
En un instant, tout devint clair. La lettre de Dumbledore et ce qu’il avait entendu ce jour-là concordaient parfaitement.
Rogue avait fait un Serment Inviolable à Narcissa Malefoy pour assurer sa place d’espion, sans savoir ce qu’il jurait.
Ensuite, il avait essayé de découvrir quelle était la mission que Voldemort avait confiée à Malefoy. Et puis il avait fini par comprendre. Harry s’imagina le choc qu’il avait dû avoir ce jour-là, il se surprit même à éprouver de la compassion pour Rogue. Il voulut d’abord chasser cette idée de son esprit, mais rapidement elle reprit le dessus sur sa haine. Et sans même connaître ce plan qu’avait mis en place Dumbledore, Harry eut l’impression de le comprendre. 
Il avait donc voulu sauver Rogue de la mort certaine qui l’attendait s’il venait à rompre le Serment Inviolable. Et il avait pensé à un plan miraculeux.
Harry avait maintenant la conviction profonde que ce plan allait fonctionner. Ce n’était peut-être qu’une illusion parce qu’enfin il avait l’impression de retrouver un peu d’espoir et de sortir de sa torpeur, mais si Dumbledore avait pris le risque de mourir, c’est que le plan allait fonctionner. Il ne se serait pas sacrifié pour rien.
Il avait l’impression que tout commençait à s’éclaircir dans la lettre, et lorsque Dumbledore disait qu’il serait amené à accomplir d’autres missions encore,  Harry, oubliant qu’il était mort, sentit une bouffée d’espoir l’envahir à propos de son avenir.
Il vérifia ensuite scrupuleusement si tout concordait bien entre ce que Dumbledore avait prévu, et les circonstances réelles de sa mort, et il ne trouva pas de contradiction. Rogue s’était en effet bien opposé à lui devant les Mangemorts, mais jamais il ne l’avait mis réellement en danger avec des maléfices trop puissants. De même, lorsqu’un Mangemort lui avait lancé le sort Doloris, Rogue l’avait immédiatement arrêté en rappelant qu’Harry appartenait au Seigneur des Ténèbres, et qu’il ne fallait pas le tuer à sa place.
C’était donc pour cela que Rogue avait tant insisté sur le fait de ne pas lui faire de mal, et Harry se demanda même comment il avait pu ne pas tout deviner plus tôt. 

C’est alors qu’il se remit à douter de Rogue. Toutes les insultes qu’il avait proférées contre lui ce jour-là en présence des Mangemorts n’avaient rien de forcé, il les pensait vraiment. Rogue avait toujours détesté le père d’Harry, et quand il disait que c’était un lâche, il ne faisait pas semblant.
Mais d’un autre côté, Dumbledore lui demandait d’oublier ces histoires entre Rogue et son père, similaires à la situation entre lui et Drago Malefoy. 

Harry ne pouvait pas ne pas croire Dumbledore. Il avait dû mettre des semaines à préparer ce plan, et il ne pouvait pas prendre le risque de le faire échouer simplement à cause de sa haine à l’égard de Rogue.
Ainsi, sans se forcer à apprécier Rogue, ce serait tenter l’impossible, il se décida à collaborer avec lui seulement pour tout ce qui concernait la mise en œuvre du plan de Dumbledore, et le reste du temps, il ferait en sorte de l’oublier.
Mais Harry avait beau être très confus dans sa tête, il avait acquis une certitude. Il ne détestait plus Rogue autant qu’avant, et celui-ci lui inspirait un respect immense en ayant parvenu à suivre des ordres aussi difficiles. Et après un énième changement d’avis, il se convainquit que Rogue était définitivement de leur côté.

Harry continua ses relectures de la lettre, et lorsqu’il parvint au passage concernant McGonagall, la colère le reprit. Il ne souhaitait pas entrer en conflit avec elle à la rentrée à Poudlard, mais il était persuadé qu’elle allait le faire surveiller comme Scrimgeour avait tenté de le faire avec Dumbledore.
Il savait qu’elle ferait tout pour le dissuader de diriger l’Ordre du Phénix, et, même s’il se demandait s’il était capable de diriger tant de monde en même temps, il était prêt à respecter complètement la volonté de Dumbledore.


En tous cas, Harry était inquiet pour la réunion de cinq jours à Poudlard, à laquelle McGonagall l’avait convié, ainsi que l’Ordre du Phénix au complet. Il se disait qu’il y aurait forcément des conflits et qu’ils ne trouveraient jamais d’accord. 
Il allait devoir cacher le fait que Rogue était innocent et n’avait pas trahi Dumbledore, et ne pas paraître trop tendre envers lui pour ne pas éveiller de soupçons. Il était censé mener en même temps la lutte contre lui, tout en le protégeant. Gérer tout cela lui paraissait presque impossible, et il savait que la moindre gaffe serait fatale.
Il espérait seulement que l’Ordre du Phénix accepterait d’être dirigé par lui, pour ne pas que sa tâche soit compliquée par des conflits inutiles.
Mais même s’il en voulait déjà au professeur McGonagall, il était cependant presque certain qu’elle accepterait de nommer les professeurs que Dumbledore lui avait proposés, peut-être à défaut de candidats.
Poudlard serait certainement désertée cette année. Déjà lorsque Dumbledore était encore à sa tête, beaucoup de parents d’élèves hésitaient à envoyer leurs enfants à l’école, alors désormais, sachant que Dumbledore lui-même y avait été assassiné, ils ne se poseraient même plus la question.
Malheureusement, il ne pouvait pas les forcer à envoyer leurs enfants à l’école, et lui-même comprenait leur refus.

Quant à la Salle du Phénix dont lui avait parlé Dumbledore, il brûlait d’impatience de la découvrir. Il avait en effet toutes les raisons de penser que cette pièce regorgeait d’une magie merveilleuse que seul Dumbledore était capable de produire. Il ne pouvait avoir fait comme quartier général de l’Ordre du Phénix qu’une salle grandiose et parfaitement protégée.

Plus Harry relisait la lettre, plus son admiration pour Dumbledore augmentait. Même en parlant de sa propre mort, il parvenait à ne pas se laisser envahir par l’émotion. En fait, Harry admirait cette capacité à se détacher des choses qui ne sont pas importantes mais simplement symboliques. Dumbledore était la définition même de la simplicité.
Il pensait que personne n’aurait songé à mettre comme mot de passe réglisse à l’entrée du quartier général de l’Ordre du Phénix. Et lorsqu’il relut le passage où il lui parlait de son ami Octave Melodge qui raffolait de sorbets au citron, Harry fut pris d’un fou rire nerveux. 
Il s’imagina ensuite Dumbledore perdu dans le métro de Londres, consultant le plan gravé sur son genou, et il éclata bruyamment de rire, si bien que les Dursley s’étaient enfin tus de l’autre côté de la porte, tentant de comprendre ce qui aurait pu être drôle.
Ils auraient adoré pouvoir le punir mais ils étaient eux-mêmes trop occupés à se disputer au sujet de la visite de Maugrey Fol Œil au cours de laquelle le surpoids de Dudley avait malencontreusement été évoqué.
Harry résolut de les ignorer, et il tenta de se remémorer s’il avait déjà aperçu la boutique d’Octave Melodge. Il n’en avait pas le souvenir, et comme il se doutait qu’il ne se trouvait pas dans l’Allée des Embrumes, il devait ne pas être situé dans l’allée principale, ou alors n’être que peu visible.
D’ailleurs, s’il n’avait qu’un client toutes les trois semaines, peu de personnes devaient connaître son magasin, et ses clients devaient être des personnes bien informées sur ce qu’elles recherchaient ou simplement des amis.

Harry avait toujours été impressionné par Fumseck, le phénix de Dumbledore, mais il n’avait cependant jamais songé à en avoir un. Le fait que Dumbledore pensait qu’il était capable de se lier avec un phénix le flattait énormément.
Il ignorait encore beaucoup de choses à propos des phénix, concernant la communication avec les humains, et le fait que Dumbledore avait pu transplaner dans l’enceinte de Poudlard grâce à Fumseck était fascinant.
La boutique d’Octave Melodge devait regorger de merveilles et il avait hâte de la visiter en compagnie de ses amis.
Ils étaient actuellement ensemble au Terrier, et il devait s’y rendre quelques jours pour le mariage de Bill et Fleur très prochainement. 
Il mesurait complètement la chance d’avoir des amis comme Ron et Hermione, et il savait qu’ils seraient toujours là pour l’accompagner dans sa dure mission.

Après cette lettre, il se sentait à la fois rassuré, mais par moments, il reperdait totalement espoir de vaincre Voldemort. Il avait cette intime conviction que ce plan allait fonctionner, mais parfois, le fait de ne pas le connaître précisément faisait resurgir ses doutes.
La comparaison de l’affrontement entre Dumbledore et Grindelwald avec le sien contre Voldemort n’avait rien de rassurant. Harry trouvait que la situation était bien pire pour lui que lorsque Dumbledore avait affronté Grindelwald, Voldemort étant bien plus puissant.
Et puis, il n’aurait pas à détruire un Horcruxe fait dans un objet banal, mais six faits dans des objets magiques très puissants et bénéficiant de protections terribles.
Lorsque Dumbledore avait eu à affronter Grindelwald en 1945, il était déjà adulte et très fort, alors qu’Harry se sentait misérable par rapport à Voldemort, qui était désormais le sorcier le plus puissant au monde.
Tout cela l’inquiétait énormément, et il espérait qu’Abelforth Dumbledore lui serait vraiment utile. Harry ne pouvait s’empêcher de trouver curieux le fait que Dumbledore ne lui avait jamais parlé avant de son frère, d’autant plus qu’ils travaillaient ensemble depuis un petit moment à la recherche des Horcruxes.

Harry ne saurait dire combien de temps il resta dans son lit à se poser ces questions, et il ne fut tiré de ses réflexions que par le hibou qui lui apportait La Gazette du sorcier. Comme ces derniers jours, il s’attendait à apprendre des morts inexpliquées et des attaques de Détraqueurs.
Depuis la mort de Dumbledore, la situation s’était considérablement dégradée, et il ne se passait pas une journée sans disparitions et meurtres, sans oublier les Marques des Ténèbres qui avaient fleuri un peu partout.
Il jeta La Gazette sur son lit sans la regarder, il la lirait plus tard, n’ayant pas envie d’être démoralisé de bon matin. 
Dans la rue, Mrs Figg sortait faire les courses pour ses chats. Il savait qu’elle veillait aussi à la sécurité dans Privet Drive, et qu’elle était prête à alerter l’Ordre du Phénix en cas de problème.
Lorsqu’il se retourna, La Gazette attira son regard. Le journal s’était déplié, et la une était constituée d’une photo sombre qui couvrait toute la page, accompagnée d’un gros titre. Il s’approcha et reconnut rapidement le corps de Lucius Malefoy, grâce à ses longs cheveux presque blancs. Il semblait mort, étendu au sol dans une pièce au sol de pierres et de terre, aux murs faits de vieilles briques, qui ne comportait qu’une minuscule fenêtre sans vitre, avec des barreaux.

CONFUSION CHEZ LES MANGEMORTS
LUCIUS MALEFOY ASSASSINE PAR CELUI-DONT-ON-NE-DOIT-PAS-PRONONCER-LE-NOM

Lucius Malefoy, Mangemort parmi les plus dangereux et qui était jusqu’alors détenu à la prison d’Azkaban, a été assassiné par Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom. Les Aurors, présents en nombre sur place, ont d’abord cru à une tentative d’évasion et dans la confusion n’ont pas pu l’arrêter. Les raisons de ce meurtre restent très mystérieuses et une enquête est ouverte. Suite de l’article en page 2.

Harry était très surpris par cette nouvelle. Voldemort avait-il voulu se venger de la famille Malefoy ? Lucius avait échoué à lui ramener la prophétie et elle avait été brisée au Département des Mystères. Son fils Drago avait échoué à tuer Dumbledore. 
Harry tourna la page pour en apprendre plus, et il y avait plusieurs photos, dont une montrant des Aurors en train de sécuriser les lieux, et une autre une vue de la prison d’Azkaban, perdue au milieu d’une mer déchaînée.

MEURTRE INEXPLIQUE : LUCIUS MALEFOY ASSASSINE

Un meurtre inexpliqué s’est produit hier dans la soirée à la prison d’Azkaban. Malgré la sécurité importante assurée par une patrouille permanente d’une dizaine d’Aurors en complément des gardiens à l’intérieur de la prison, Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom s’est introduit dans le bâtiment avec plusieurs Mangemorts et a assassiné l’un de ceux qui y étaient emprisonnés, Lucius Malefoy.
Il semblerait s’être introduit seul dans la prison pendant que les Aurors combattaient des Mangemorts placés en diversion à l’extérieur et sur les toits de la prison.
Certains détenus sont sous le choc, et notamment ceux qui occupaient des cellules voisines de celle de Lucius Malefoy. Les premiers témoignages ont été rendus publics par le Bureau des Aurors mais aucun fait exact n’a encore été établi.
Lors de l’annonce de l’attaque extérieure, les gardiens ont épaulé les Aurors pour bloquer les accès et repousser les assaillants. C’est alors que Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom aurait été aperçu quelque trois minutes après le début de l’attaque (à 23 h 08 précisément selon les relevés officiels magiques du ministère). Il se serait vraisemblablement introduit dans la prison en profitant de la diversion assurée par ses Mangemorts.
Malgré cela et le meurtre d’un prisonnier, aucun d’eux ne s’est évadé et le ministère insiste sur le fait que les mesures en place se sont révélées efficaces, les Mangemorts n’ayant pas pu pénétrer massivement dans l’édifice. Cependant l’attaque d’un lieu soumis à des mesures de sécurité aussi draconiennes rappelle la gravité de la situation de notre communauté magique.

UNE PUNITION PAR LE SEIGNEUR DES TENEBRES ?

Les raisons de ce meurtre restent obscures, et la première hypothèse envisagée par le ministère a été celle d’une vengeance de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom.
Le détenu assassiné, Lucius Malefoy, avait été capturé il y a un an par Albus Dumbledore au ministère de la Magie alors qu’il tentait de dérober des informations dans la salle des Prophéties en compagnie d’autres Mangemorts.
Les Aurors ne comprennent pas pourquoi Vous-Savez-Qui a assassiné l’un de ses Mangemorts, et l’hypothèse d’une vengeance a d’abord été évoquée. Les témoignages entendus laissent toutefois envisager une punition. Nos reporters ont pu obtenir d’un témoin ce que Vous-Savez-Qui aurait dit avant de tuer Lucius Malefoy :
« Lucius, toi et ton fils êtes des incapables, et Lord Voldemort ne s’encombre pas avec des incapables. Tu avais lamentablement échoué dans la mission que je t’avais donnée, et Drago n’a pas su faire mieux. Tu es donc le premier des deux à le payer et ce sera bientôt à son tour. »
Lucius Malefoy aurait ensuite supplié Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom de l’épargner mais ce dernier l’aurait ignoré avant de l’exécuter froidement.

Par ailleurs, Drago Malefoy, le fils de Lucius Malefoy, est impliqué dans le complot contre Albus Dumbledore qui a abouti à son meurtre il y a une semaine. Il est actuellement en fuite avec le dangereux Severus Rogue, meurtrier du défunt Directeur de Poudlard.
Le ministère reste sceptique quant aux propos des témoins qui révèlent que le jeune Malefoy serait menacé de mort par Vous-Savez-Qui, étant donné son succès dans le complot contre Dumbledore.
Le ministre de la Magie Rufus Scrimgeour a cependant assuré qu’il ne mettrait aucun moyen pour assurer sa sécurité, estimant que le ministère a « d’autres choses à faire que de protéger des criminels ».

PREMIERE GRANDE AFFAIRE POUR LE NOUVEAU DEPARTEMENT

Une enquête pour déterminer les raisons et les circonstances exactes de ce meurtre a été ouverte au Département de la lutte contre la magie noire. Il s’agit de la première grande affaire que ce nouveau Département, créé par Rufus Scrimgeour au cours de la semaine, aura à traiter. 
Le directeur de ce Département qui inclut désormais le Bureau des Aurors, Stridus Shiner, nous a livré son explication du meurtre, selon laquelle Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom punirait à sa façon les  Mangemorts qui commettraient des fautes.
« Nous pensons que Vous-Savez-Qui a puni Lucius Malefoy car son fils et lui n’ont pas pleinement accompli les ordres qu’il leur avait donnés. Le sens de la punition est démesuré chez lui comme on le voit ici, mais vous savez, cela ne nous dérange pas vraiment s’il tue ses propres Mangemorts et saborde son propre navire. Cela ne doit pas changer notre état d’esprit et le ministère de la Magie recommande à tous les sorciers d’appliquer les consignes de sécurité élémentaires.»
 Stridus Shiner a confirmé qu’une enquête était en cours, mais il n’a pu nous révéler les pistes étudiées par les Aurors.

DES VICTIMES ET DES DEGATS MATERIELS

Cette attaque a fait des victimes lors des affrontements qui ont été intenses. Les Mangemorts ont tous pu s’enfuir indemnes alors qu’un Auror a été blessé. Il a été transporté à l’hôpital Sainte-Mangouste où il subit des soins adaptés. Les guérisseurs ont cependant annoncé que sa blessure ne nécessitait que quelques soins basiques et qu’il serait rapidement rétabli.
Enfin, un prisonnier a été tué par un sortilège dévié. Il s’agissait d’un sorcier en attente d’être jugé pour une série de tentatives de vol dans plusieurs boutiques du Chemin de Traverse. Rufus Scrimgeour a présenté « ses sincères condoléances » à la famille de la victime et a tenu à rassurer les Aurors qui ne seront pas tenus responsables dans le cas où le maléfice en question serait venu de l’un d’eux. Une enquête parallèle va cependant être ouverte.
Aucune arrestation n’a donc pu être faite au plus grand regret du Ministère de la Magie qui avait fait de la capture de Mangemorts une priorité absolue lors de la création du Département de la lutte contre la magie noire, jugeant que cela permettrait d’obtenir des informations sur les intentions et la localisation de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom.
Bien organisés, les Mangemorts ont quitté les lieux moins de trois minutes après le début de l’attaque. Les renforts, arrivés trop tard, n’ont pu que constater les dégâts humains et matériels considérables. Certaines sécurités magiques ont été détruites par des maléfices perdus, et la Brigade d’intervention de haute-magie est mobilisée pour replacer les sortilèges Anti-transplanage.

UNE SITUATION DIFFICILE A GERER

Le ministère de la Magie craint une évasion de masse après les dégâts causés aux protections magiques de la prison. Des renforts d’Aurors ont été envoyés pour superviser les opérations de sécurisation que le Ministère souhaite voir terminées pour demain.
Un de nos reporters a croisé dans les couloirs du ministère Kingsley Shacklebolt, chef du Bureau de coordination des actions contre la magie noire.
« Nous avons organisé la sécurité dans tous les lieux publics magiques, car nous craignons que la confusion créée par Vous-Savez-Qui ne serve à dissimuler une seconde attaque visant soit à permettre une évasion massive d’Azkaban, soit à semer la terreur au Chemin de Traverse, au village de Pré-au-Lard, ou encore à l’hôpital Sainte-Mangouste.
« Tous les Aurors sont ainsi mobilisés pour assurer la sécurité et le ministère lance une campagne de recrutement de grande ampleur [voir notre article page 14] pour augmenter les effectifs et remplacer les départs à la retraite. »
Par ailleurs, le ministère a prévu de nouvelles mesures de sécurité pour les prochains jours.
« L’attaque de la prison d’Azkaban révèle que notre système de sécurité reste insuffisant, et le ministère travaille à l’améliorer. Il est important que toutes les sorcières et sorciers respectent les mesures mises en place depuis le retour de Vous-Savez-Qui et informent les autorités de tout évènement suspect.
« Des mesures seront annoncées dans le courant de la semaine. Tous les Départements sont d’ores et déjà mobilisés, y compris le Département des mystères où nous cherchons à mettre au point de nouvelles sécurités magiques plus efficaces. »

Cette édition de La Gazette du sorcier récapitule toutes les mesures mises en place récemment :
Sécurité à Poudlard pour la rentrée : article en pages 8 et 9.
Hôpital Sainte-Mangouste : article en page 10.
Chemin de Traverse : article en page 11.

Harry partageait complètement les craintes de Kingsley. Même si les Malefoy avaient commis des erreurs, ils pourraient toujours être utiles et Harry trouvait que leur mort serait une perte pour Voldemort.
En fait, Harry craignait énormément que la diversion créée ne cache une attaque de plus grande ampleur.
Harry comprenait que Voldemort ait voulu se venger de Lucius Malefoy, pour la destruction du journal de Tom Jedusor et pour l’échec au Ministère et il se souvenait que Dumbledore lui avait dit : « Ah ! pauvre Lucius, je ne serais pas étonné qu’il soit secrètement content d’être en sécurité à Azkaban ». 
Mais il était étonné qu’il puisse en vouloir également à Drago. Tuer Dumbledore n’était pas une tâche facile, et Voldemort lui-même avait toujours échoué. Drago avait réussi à faire pénétrer les Mangemorts dans Poudlard, ce qui avait conduit à l’assassinat de Dumbledore. Harry s’attendait donc à ce que Voldemort soit plutôt content de Drago Malefoy.

Quelle serait la réaction de Drago ? Personne ne pouvait être au service de Voldemort au point d’en arriver à être indifférent au meurtre de son père. Il devrait sûrement fuir Voldemort s’il voulait survivre.
Harry était prêt à laisser de côté toutes leurs querelles et à le protéger s’il acceptait de quitter définitivement Voldemort.

Il reprit La Gazette, curieux de savoir quelles mesures avait pris le ministère pour la sécurité à Poudlard. Il était important que McGonagall ne se laissât pas envahir par le ministère et qu’elle gardât le contrôle total sur son école. 
Il se rendit à la page 8 où il y avait une photo de Scrimgeour et de McGonagall qui étaient debout côte à côte. Scrimgeour avait l’air parfaitement ravi mais McGonagall avait un air sévère et elle semblait ne pas vouloir cacher qu’elle n’appréciait pas vraiment la compagnie du ministre de la Magie.

MINERVA MCGONAGALL ET RUFUS SCRIMGEOUR PREPARENT LA RENTREE
UN SEUL MOT D’ORDRE : LA SECURITE

Hier, Minerva McGonagall, nouvelle directrice de l’école de sorcellerie de Poudlard a assisté à une réunion au ministère de la Magie en compagnie de Rufus Scrimgeour et de différents membres du ministère. Cette réunion avait pour but d’assurer la sécurité des élèves après l’assassinat d’Albus Dumbledore qui a rappelé que nul n’est véritablement en sécurité.
Cette réunion a été organisée par le ministre qui tenait absolument à rassurer les parents d’élèves et à assurer convenablement la continuité de l’éducation des sorciers. 
La réunion s’est commencée par un hommage à Albus Dumbledore et la nomination officielle de Minerva McGonagall au poste de directrice de Poudlard par le conseil d’administration de l’école. Elle a répondu à la volonté du ministre de rouvrir l’école tout en assurant au maximum la sécurité des élèves.
Après une journée de réflexion sur les mesures à prendre, des décisions importantes ont été prises visant à compléter les anciennes mesures qui ont montré des lacunes. La directrice et le ministre se sont accordés sur les mesures suivantes, qu’ils ont accepté de nous présenter.

1. Dix Aurors seront présents en permanence à Poudlard et travailleront en collaboration avec le Bureau des Aurors du ministère. Ils seront sous les ordres du directeur de l’école.

2. Le Département de la lutte contre la magie noire sera étendu et un Bureau d’enquêtes sera créé à Poudlard ainsi qu’un Bureau de contrôle des objets dangereux. Ces deux bureaux, constitués de deux sorciers chacun, surveilleront les entrées et les sorties d’objets à l’école ainsi que les différents moyens de communication de Poudlard.

3. Une Porte à transplaner va être installée dans l’école. Cet objet, récemment mis au point au Département des mystères permet de passer d’un lieu à un autre en passant par une porte et sans la sensation du transplanage. Il suffit de passer la porte pour se retrouver dans l’autre lieu. Cette Porte à transplaner reliera Poudlard et le ministère. Elle permettra une communication directe entre ces deux lieux et une évacuation rapide en cas d’attaque. Elle permettra aussi à des Aurors supplémentaires d’intervenir rapidement si besoin est. Cette Porte à transplaner sera constamment sous la surveillance d’au moins deux Aurors pour éviter qu’elle ne serve de porte d’entrée en cas d’attaque. Tout passage nécessitera une autorisation exceptionnelle accompagnée d’une fouille obligatoire. Seuls le ministre et le directeur y auront libre accès.

4. Les programmes scolaires seront totalement revus et complétés. Le nombre d’heures de cours augmentera pour être sûr que l’enseignement soit complet et pour rattraper les lacunes accumulées au cours des dernières années à cause des différents évènements qui ont perturbé la vie de l’école. Ces mesures s’accompagneront par la mise en place de deux nouvelles matières obligatoires : la réaction face à une situation périlleuse et l’initiation aux premiers secours. Les cours des différents professeurs seront inspectés régulièrement à la fois par un membre du ministère et par le directeur de l’école. Le ministre a cependant tenu à rassurer les parents d’élèves : « ces inspections font partie des mesures pour que des élèves aient un enseignement théorique et pratique complet et ne doivent pas être confondues avec les inspections instaurées par le précédent ministre. »

5. Les conseils d’orientation qui existaient uniquement pour les cinquième année et les septième année seront généralisés à tous les niveaux. Ils seront accompagnés de réunions avec les parents ou les tuteurs pour assurer un avenir correct à tous les élèves. Elles se dérouleront à chaque début d’année et à chaque fin d’année avant les examens. Elles seront spécifiques à chaque élève et se dérouleront en présence des professeurs et d’un membre du Bureau des métiers et d’un membre du Bureau de l’orientation.

6. Plusieurs clubs de défense, de duels … seront mis en place et seront dirigés par des élèves ou par des membres du ministère en cas de forte demande. Le ministère soutiendra ces clubs en cas d’achat de matériel ou de voyages scolaires. Les professeurs seront aussi invités à y participer avec les élèves.

Ces mesures seront mises en place à la rentrée et sont en cours d’organisation.  Le ministre a conclu la réunion par quelques phrases rassurantes.
 « L’éducation des nouvelles générations est primordiale. Les enfants et les familles doivent  se sentir en sécurité à l’école. Les enfants doivent pouvoir construire leur avenir en bénéficiant d’un enseignement complet. Le ministère veillera à cela. » 
Par ailleurs Minerva McGonagall s’est dite « rassurée par ces nouvelles mesures ». Elle a ajouté qu’elle « souhaite être à la hauteur de l’immense tâche qui lui est demandée, de succéder à Albus Dumbledore ».
L’ensemble de ces mesures constitue le décret d’éducation n°30 et s’accompagne de mesures de sécurité pour le Chemin de Traverse.

Harry était très satisfait de ces mesures et il pensa que, comme le lui avait dit Dumbledore dans la lettre, Scrimgeour n’était pas un si mauvais ministre. Grâce à ces mesures, la sécurité de tous les élèves serait assurée. Bien sûr, cela lui causerait quelques difficultés à sortir et entrer dans le château pour ses missions, mais l’important était la sécurité de tous. 
Il poursuivit sa lecture de La Gazette du sorcier, dont un grand nombre d’articles présentait des mesures de sécurité diverses instaurées récemment. Enfin, une annonce intéressait particulièrement Harry.

LE MINISTERE RECRUTE DES AURORS

Si vous souhaitez faire une carrière d’Auror ou simplement collaborer pour une durée indéterminée, n’hésitez pas à venir vous renseigner au Bureau des Aurors et à venir passer des tests d’aptitudes. 
 La communauté magique a cruellement besoin d’Aurors pour la sécurité et surtout depuis le retour de Vous-Savez-Qui à son sommet. Il n’est pas nécessaire de se présenter avec un certain niveau mais les tests réalisés choisiront les candidats aptes à faire ce métier.
Il suffit d’être majeur, de fournir ses résultats aux B.U.S.E. et aux A.S.P.I.C. et de présenter son permis de transplaner (celui-ci peut être passé rapidement au ministère de la Magie, Département des transports magiques). Par ailleurs, les salaires des Aurors seront augmentés considérablement à compter de ce mois de juillet.
Le ministère et tous les sorciers comptent sur vous !

Le métier d’Auror avait toujours attiré Harry, mais sa mission de détruire Voldemort était sa seule préoccupation, et il repoussa sa réflexion au moment où ce dernier serait définitivement vaincu.
Il replia La Gazette du sorcier et reprit la lettre de Dumbledore pour la relire une nouvelle fois, espérant y trouver des informations qui lui auraient échappé lors de ses précédentes lectures.
Il avait la sensation étrange que par cette lettre, Dumbledore revivait, mais ses espoirs s’en allaient à chaque fois rapidement lorsqu’il se repassait dans sa tête la douloureuse scène de sa mort.
Finalement, il s’endormit, croulant sous la fatigue accumulée ces derniers jours et il rêva à nouveau de Dumbledore, visualisant son visage et entendant sa voix plus ou moins clairement.
Il se réveilla lorsque la tante Pétunia vint lui apporter son repas de midi. Elle donna de nombreux coups de pieds dans la porte avant qu’Harry, encore embrumé dans ses rêves, ne vint lui ouvrir. Elle se contenta de poser sur le sol une assiette contenant un croûton de pain et deux feuilles de salade. Son regard examina chaque détail de la chambre, à la recherche d’éléments permettant d’incriminer Harry, mais elle dut se résoudre à accepter qu’elle était parfaitement normale et rangée.
Harry savait qu’elle devait le soupçonner de faire de la magie ici, mais il n’avait rien fait d’autre ces derniers jours que passer son temps dans son lit, à réfléchir.
Harry posa son plateau sur sa table de chevet et il alla regarder par la fenêtre. Il avait besoin de s’évader d’ici, mais pour l’instant il ne le pouvait pas.
Tu veux bien arrêter de vouloir t’empiffrer sans arrêt ! pesta la tante Pétunia derrière la porte à l’adresse de Dudley qui avait vraisemblablement voulu s’emparé du peu de nourriture réservé à Harry. Déjà que nous nous faisons remarquer à cause de cette vermine, si tu ne fais pas d’effort pour être discret, les voisins vont nous prendre pour des gens anormaux !
Harry ne comprenait pas leur stupidité, même si cela faisait seize ans qu’il les connaissait. N’importe quelle famille de Moldus aurait été ravie d’avoir un sorcier dans la famille, mais pas eux, de toute évidence.
Finalement, il s’assit à son bureau pour commencer à écrire à Ron et Hermione.
La porte de sa chambre s’entrouvrit alors. Il avait oublié de la refermer à clef et il pensa que c’était l’effet d’un courant d’air. Il poursuivit l’écriture lorsqu’un bruit attira son attention.
Ce bruit ressemblait à celui que ferait un rongeur en train de grignoter. Dudley dévorait frénétiquement le croûton de pain. Démasqué, il se hâta de sortir mais Harry leva sa baguette en une fraction de seconde.
Collaporta ! murmura-t-il.
La porte se referma et sembla fusionner avec son cadre. Pris de panique, Dudley essaya de l’ouvrir en hurlant. Puis il se retourna vers Harry avec un air terrifié.
Il s’écarta alors lentement de la porte et Harry le regarda manœuvrer avec amusement. Puis il fonça dedans comme pour la défoncer et il se heurta lourdement dessus. Il s’étala par terre sur le dos et poussa un gémissement. 
Harry entendit la tante Pétunia crier quelque part dans le salon, puis des bruits de pas dans l’escalier.
Je… je ne voulais pas…
Ah vraiment ? dit Harry calmement, tu voudrais sortir, je suppose ? 
Il leva sa baguette et Dudley lui lança un regard terrifié.
Alohomora !
Aïe ! couina Dudley, ne comprenant pas que le sortilège ne lui était pas destiné.
La porte s’entrouvrit et Dudley la regarda finalement avec espoir.
Donc tu ne voulais pas sortir, c’est cela ? demanda Harry toujours aussi calmement.
Non, je … ne … AAAAAAHHH ! il se mit à crier soudainement et courut vers la porte.
LEVICORPUS !  cria Harry.
Dudley se trouva pendu par les pieds au milieu de la pièce.
L’oncle Vernon entra précipitamment dans la chambre suivi de la tante Pétunia. Lorsqu’elle vit Dudley pendu par les pieds, elle s’évanouit dans les bras de l’oncle Vernon qui la laissa tomber. 
Harry lui adressa un sourire radieux qui le fit enfin réagir. Il se précipita sur Dudley et le tira par un bras. Harry stoppa le sortilège et ils se retrouvèrent tous les deux écrasés par terre. 
Harry venait d’enfreindre la loi magique, et il encourrait des sanctions, mais il éclata d’un rire nerveux. Ces derniers temps, il n’avait pas eu l’occasion de  rigoler, et cela lui fit un bien fou.
Lentement, les Dursley donnèrent signe de vie. Ils commencèrent à bouger, regardant discrètement si Harry était encore là et s’ils pouvaient se relever. 
Ils se mirent alors à murmurer comme pour mettre en place une stratégie et doucement ils se levèrent tous ensemble. Harry continuait de les regarder d’un air amusé qui irrita l’oncle Vernon. Ce dernier avait visiblement très envie de venir le frapper, mais il se ravisa lorsqu’il constata qu’il tenait encore sa baguette magique. 
Ils quittèrent alors tous la chambre et lorsqu’ils eurent passé le cadre de la porte, ils se ruèrent dans l’escalier pour descendre au plus vite à l’abri dans le salon. Harry continua de rire pendant une bonne minute encore.

Lorsqu’il se calma enfin, il se plaça à la fenêtre pour attendre le hibou du ministère lui annonçant que sa baguette allait être détruite.
Et en effet, il ne se trompa pas, dans la minute qui suivit, un hibou vint se poser sur le rebord de la fenêtre. Harry décrocha la lettre de sa patte et déroula le parchemin du ministère.

Cher Mr Potter

Nous avons été informés que vous avez produit illégalement trois sortilèges entre 12 h 09 et 12 h 10 aujourd’hui même, en présence de Moldus.
Ces sortilèges sont successivement Collaporta, Alohomora et Levicorpus. 
Vous avez donc enfreint le décret sur la Restriction de l’usage de la magie chez les sorciers de premier cycle qui entraîne votre expulsion de l’école de sorcellerie de Poudlard, ainsi que l’article 13 du Code du secret établi par la Confédération internationale des sorciers.
Etant donné que vous avez déjà reçu un avertissement pour des motifs similaires, vous devrez assister à une audience disciplinaire visant à définir la peine qui vous sera infligée. 
Vous devrez vous présenter le 16 juillet prochain à neuf heures au ministère de la Magie.
En espérant que vous vous porterez bien d’ici là, cher Mr Potter, je vous prie d’agréer l’expression de mes sentiments distingués.

Mafalda Hopkrik
Service des usages abusifs de la magie
Ministère de la Magie

Harry était mystérieusement ravi de cette convocation, et il continua de rigoler. Une idée géniale venait de lui venir à l’esprit.
Il s’installa à son bureau et prit un autre morceau de parchemin que celui qu’il avait commencé pour Ron et Hermione.

Mr le Ministre,

Comme vous le savez peut-être déjà, j’ai reçu il y quelques minutes une convocation à une audience disciplinaire au ministère de la Magie faisant suite à ma violation d’il y a une dizaine de minutes du décret sur la Restriction de l’usage de la magie chez les sorciers de premier cycle, ainsi que de l’article 13 du Code du secret.
J’admets en effet avoir commis les actes que l’on me reproche. Le fait que j’aurai dix-sept ans seulement à la fin du mois m’est sorti de l’esprit et j’ai réalisé trois sortilèges devant des Moldus alors que je n’aurais pas dû. 
Je regrette profondément ces actes mais j’étais en colère et j’ai perdu le contrôle de moi-même. Je souhaite que vous compreniez cela et que vous teniez compte que je suis encore sous le choc à la suite de la mort d’Albus Dumbledore.
Par ailleurs, j’ai réfléchi beaucoup depuis votre proposition de rassurer la population au sujet du travail du ministère. Et j’ai pensé que je me devais de soutenir et d’encourager son action ainsi que la vôtre. 
Je vous invite donc à venir chez moi au 4, Privet Drive, Little Whinging, Surrey, quand vous le désirez pour que nous en discutions. Vous pourrez, si vous le voulez, venir par le Réseau de la poudre de Cheminette.
J’attends avec hâte votre réponse et j’espère que vous comprendrez l’erreur que j’ai commise ce matin.
Je vous prie d’agréer, Mr le Ministre, l’expression de mes sentiments distingués.
Harry Potter.

Harry relut sa lettre et éclata encore une fois de rire. Il était certain que Scrimgeour n’hésiterait pas un seul instant.
Il l’attacha à la patte d’Hedwige et lui caressa amicalement le dos. Elle s’envola en hululant. 

 Harry descendit alors dans la cuisine pour boire un verre d’eau et pour grignoter quelque chose car tout cela lui avait redonné l’appétit. Il sourit aux Dursley qui étaient assis sur le canapé lorsqu’il passa dans le salon. Tous se baissèrent par réflexe et Harry pouffa de rire.
Lorsqu’il repassa dans le salon pour remonter dans sa chambre, il murmura « abracadabra » et les Dursley cette fois se jetèrent par terre pour se cacher derrière le canapé.
Hedwige était déjà revenue et l’attendait. Il lui demanda si elle avait bien donné la lettre et elle lui répondit en hululant. Il lui donna du Miamhibou pour la remercier qu’elle dévora. 
La réponse de Scrimgeour parvint immédiatement, comme si ce dernier passait ses journées à attendre l’arrivée d’un message d’Harry. Elle n’avait rien d’une lettre officielle du ministère, il s’agissait simplement d’un bout de parchemin déchiré.

Cher Harry,

Je comprends que tu ais commis cette erreur et je te remercie d’accepter ma proposition. J’arrive chez toi à 14 heures aujourd’hui par la poudre de Cheminette.
A tout à l’heure !
Rufus Scrimgeour

Harry était très satisfait, son plan avait parfaitement fonctionné, et il n’aurait qu’à dire deux ou trois choses qui feraient plaisir à Scrimgeour pour régler définitivement le problème. Il remarqua que ce dernier s’était mis à le tutoyer, mais c’était sûrement une manœuvre pour lui sembler plus sympathique.
Il rangea soigneusement la lettre de Dumbledore au fond de son armoire et rangea rapidement sa chambre au cas où Scrimgeour voudrait la visiter. Puis il descendit prévenir les Dursley de cette visite inattendue.
Dès que ceux-ci l’entendirent descendre, ils se cachèrent immédiatement par terre derrière le canapé et Harry aurait pu ne pas les voir. Mais il le contourna et tous les trois le regardèrent d’un air surpris et apeuré. Dudley avait carrément la tête sous des coussins et Pétunia semblait être cachée presque entièrement en dessous.
Je pourrais vous parler ou vous voulez continuer à faire les autruches sous le canapé ?  demanda Harry comme s’il ne s’était rien passé. 
L’oncle Vernon devint rouge de colère et seule la peur le retenait d’aller frapper Harry.
M’avez-vous compris ? ou il faut que je sorte ma baguette ? menaça Harry toujours aussi calmement.
Oui ! on t’a compris ! grogna l’oncle Vernon.
Parfait, je voulais vous prévenir que le ministre de la Magie va venir me voir cet après-midi à 14 heures. En fait, il se servira de votre cheminée, vous vous souvenez comment ça marche ? 
Les Dursley semblèrent terrifiés et ne répondirent pas. 
Je voulais donc seulement vous prévenir, conclut Harry.
Et en quel honneur se permet-il de venir ? s’indigna l’oncle Vernon.
Parce que je l’ai invité ! répondit Harry sur un ton joyeux.
Et tu te permets d’inviter quelqu’un sans nous demander la permission ? cria l’oncle Vernon. 
La tante Pétunia, terrifiée, l’attrapa par le bras pour le calmer et il sembla se rendre compte de ce qu’il venait de faire.
Merci, c’est très gentil de votre part d’accepter, répondit Harry, sur un ton ironique. 

Il les laissa en les ignorant complètement et remonta dans sa chambre pour terminer d’écrire sa lettre à Ron et Hermione.
Il avait tellement de choses à leur raconter mais il voulait ne pas tout leur dire d’un coup, et puis surtout il ne le pouvait pas.
En fait, il ne pouvait rien dire du contenu de la lettre de Dumbledore et il fallait qu’il raconte ce qu’il venait de faire tout en évitant d’affoler Hermione. Cela lui paraissait délicat, mais il comptait sur Ron pour la rassurer. Finalement, il décida qu’il leur raconterait tous les détails de cette altercation parce qu’il ne valait mieux pas qu’Hermione ne l’apprenne par une autre voie avant.

Chers Ron et Hermione,

J’ai beaucoup de choses à vous raconter, tellement que je ne peux pas tout vous dire dans une lettre. Mais je voulais vous dire quelques trucs importants quand même.
Hermione, je te préviens avant que tu lises cela qu’il ne faut pas que tu t’affoles, tout est déjà résolu ! Ce matin, je me suis énervé et j’ai lancé trois sorts à Dudley. Ca m’a fait tellement plaisir que je n’ai pas pu me retenir. Mais j’ai invité Scrimgeour et il va venir à Privet Drive discuter avec moi, et il a abandonné les poursuites. Je lui ai proposé d’accepter de dire que le Ministère fait du bon travail…
Je suppose que McGonagall vous a aussi invité à venir quelques jours à Poudlard et j’ai hâte de vous revoir.
Il faut vite que nous nous retrouvions. J’ai des choses très importantes à vous dire et qui sont trop importantes pour que je puisse vous les dire dans une lettre. Mais si nous pouvons nous voir avant d’aller à Poudlard, ce serait bien. Si jamais quelqu’un vous demande ce que je fais si jamais je dois partir et que personne ne le sait, cela fait partie des choses très importantes que je voulais vous dire, sachez que je suis en sécurité. 
Si tes parents sont d’accord Ron, j’aimerais bien pouvoir venir au Terrier plus tôt, c’est important.
A part ça, j’ai appris que le ministère va me donner des leçons particulières de Transplanage car Dumbledore l’avait demandé avant de mourir. Il était vraiment génial ! J’ai appris encore  plein d’autres choses et je brûle d’envie de tout vous raconter !
Amusez-vous bien en attendant mon arrivée. J’espère avoir vite votre réponse !
Harry




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