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Chapitre 086 : Le Retour de Fudge

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Harry avait écouté très attentivement la prophétie, il savait que chaque mot avait son sens, qu’il ne devait rien oublier pour ne pas commettre des erreurs qui seraient peut-être fatales.
Il n’était pas le seul à avoir écouté attentivement. Tous les sorciers qui l’entouraient avaient fait de même. Les Aurors, les Mangemorts, les Fleurs du Mal, les Dragons, à l’image de leurs chefs Voldemort, la Fleur du Mal et le Roi Atomiseur de Boudons.
Mais les sorciers n’étaient pas les seuls à s’être momentanément fixés pour écouter leur destin. Les sirènes des pompiers et de la police s’étaient comme tues. Les nuages avaient cessé de bouger, et les Marques qui planaient toujours dans le ciel s’étaient comme fixées pour elles aussi écouter.
Lorsque Sibylle Trelawney avait terminé la prophétie, le brouhaha ambiant était revenu durement à leurs oreilles. Harry se retourna vers Abelforth.
Le vieil homme réfléchissait. Harry n’aurait pas pu savoir ce qu’il pensait. Son esprit était impénétrable.
Celui de Voldemort également. Le Mage Noir regarda lui aussi autour de lui, le visage fermé, il préférait ne pas agir imprudemment.
Et sans prévenir, il transplana, suivi immédiatement des Mangemorts.
Pétunia fit de même, elle qui était d’habitude si réactive, si imprévisible. Telle qu’Harry la connaissait, elle n’aurait jamais cessé d’attaquer sous prétexte qu’une prophétie était annoncée devant elle.
Elle avait beaucoup changé, comme si la mission dont elle avait été chargée l’avait envahie, avec ses risques immenses.
Les Dragons étaient eux-aussi partis, menés par l’ombre de Regulus Black.
Il ne restait plus que les sorciers qui étaient contre les Forces du Mal. Personne n’osait encore bouger, si bien que les Aurors avaient laissé filer les mages noirs sans réagir.
De toute façon, aurait-il été sage de vouloir les poursuivre maintenant ? Non, bien sûr. La communauté magique était comme détruite à cet instant. Les Mangemorts avaient fuit, laissant aux sorciers la responsabilité si lourde de la refondation de la communauté.
Cornelius Fudge était encore bouche bée. Et ce fut Stridus Shiner qui le fit retourner à la réalité en lui donnant un coup de coude.
-    Monsieur Fudge, ils sont partis, je pense qu’ils ne reviendront pas tout de suite…
-    Non… en effet…
-    Profitons-en pour…
-    Oui…
Harry n’écouta pas la suite de la conversation. Il tentait de mettre un sens sur cette prophétie qui était déjà en train de fuir de sa mémoire.
Ni Hermione, ni Ron, ni Ginny, ni Abelforth, ni personne d’autre n’aurait songé à l’interrompre dans sa réflexion.
Beaucoup n’avaient retenu qu’une seule chose de la prophétie : Harry aurait encore plus de mal à ramener la paix dans la communauté magique.
Trelawney émit un long râle et sortit de sa transe.
-    Oh mon Dieu ! s’exclama-t-elle en regardant le ciel.
Harry leva la tête pour regarder ce qui l’avait fait réagir, inconsciemment. Il était toujours perdu dans la brume de la prophétie.
Une étoile brillait très fortement au-dessus d’eux. En réalité, ce n’était pas une étoile, c’était la planète Mars, le messager des batailles. Jamais une étoile n’avait autant brillé. De sombres heures s’annonçaient.
Trelawney avait sorti des cartes d’une poche de sa robe et les mélangeait frénétiquement, tentant d’interpréter un peu plus les signes du destin.
Abelforth la prit par le bras et la ramena vers Harry.
-    Il est grand temps de rentrer, annonça-t-il gravement. Le Ministère s’occupera très bien de la reconstruction… nous ne pouvons que lui souhaiter bon courage.
Abelforth s’arrêta de parler un instant, regarda Trelawney, les Weasley, les professeurs et l’Ordre du Phénix, puis se retourna vers Harry.
-    Je vais désormais garder chez moi Sibylle Trelawney pour sa sécurité. Je m’occuperai de régler définitivement les choses plus tard mais en attendant, elle sera mieux à l’écart de tout ça.
Harry acquiesça, il n’avait rien à répondre à cette proposition.
Il y eut un long silence durant lequel Abelforth réfléchissait, qu’Harry rompit.
-    Est-ce que vous avez compris la prophétie ? demanda-t-il.
-    Je pense, oui, répondit Abelforth en regardant Trelawney qui était restée figée après avoir tiré une carte qui semblait annoncer une catastrophe.
-    Alors on va quand même continuer de chasser Voldemort ?
-    Très certainement, répondit Abelforth.
-    Et la Clef de la…
-    Pas maintenant, Harry, pas maintenant, dit Abelforth sur un ton directif. Je pense que tout le monde a besoin de repos, il est clair que personne n’attaquera cette nuit ni pendant un certain temps. Nous parlerons de tout cela demain, tranquillement, et nous verrons ce qu’il est sage de faire. Mais prenons garde de ne pas nous précipiter, c’est le principal.
Abelforth se tut à nouveau.
-    Je ne vais pas réussir à dormir, dit Harry.
-    Sans tes pouvoirs, en effet, tu aurais du mal à dormir. Mais tu es un sorcier, et tu es capable de faire le vide dans ton esprit…
Abelforth regarda Harry dans les yeux ce qui eut pour effet de convaincre Harry du fait qu’il ferait mieux d’aller se coucher.
-    Mais si vous voulez mon avis, vous feriez mieux d’aller au Terrier pour cette nuit, ne retournez à Poudlard que demain. Quant à moi, je vais y aller, j’ai hâte de me replonger dans mon livre de thermodynamique, c’est fou cette passion qu’ont les Moldus à affirmer des choses sur des sujets qu’ils ne peuvent maîtriser…
Harry ne chercha pas à comprendre le sens de la dernière phrase d’Abelforth, il se rapprocha des Weasley, en compagnie de ses amis.
Les Aurors étaient en train de recevoir des ordres de la part de Fudge. Pendant ce temps, Mrs Weasley s’assurait que tous les êtres qui lui étaient le plus chers ne s’écartaient pas trop. Elle avait les larmes aux yeux, trop heureuse que tous soient miraculeusement sortis vivants de cette lutte si risquée.
Tous semblaient fatigués et choqués. Du moins, ils étaient pensifs, inquiets. Tous ? Non. Mrs Bett volait au-dessus du groupe, accrochée par les pieds au manche de son balai, la tête en bas et les cheveux au vent.
Personne ne semblait lui prêter une quelconque attention. Ses rires déchaînés n’arrivaient pas même à attirer leur attention.
-    Molly, je crois que je vais devoir retourner travailler cette nuit, annonça Arthur, qui craignait la réaction de sa femme.
-    Il n’en est pas question, répondit sèchement Mrs Weasley, pointant un doigt menaçant vers son mari. Nous allons passer la soirée ensemble tant qu’on le peut…
Elle se mit à sangloter bruyamment et Tonks et Lupin se rapprochèrent immédiatement pour la consoler.
-    D’accord chérie, mais on va sûrement m’appeler demain, je dois au moins donner des instructions au reste du service…
Molly n’écouta ce que son mari venait de lui dire et le tira par le bras.
-    Rentrons, dit-elle à voix basse, Remus, Tonks, venez passer la nuit à la maison. Transplanons dans le jardin…
Arthur Weasley transplana le premier et lorsqu’elle fût sûre que tous avaient bien transplané, Mrs Weasley fit de même.
Immédiatement, à son arrivée, Harry fut transi par le vent qui soufflait fort en cette nuit nuageuse et par le froid inclément. Il avait hâte de trouver rapidement un lit pour pouvoir dormir au chaud et enfin se reposer.
Ils marchèrent tous côte à côte jusqu’à la porte de leur maison, leurs baguettes allumées, ils étaient prêts à se défendre en cas d’attaque.
Mrs Weasley approcha sa baguette magique de la porte pour la déverrouiller. Elle murmura quelque chose et un cliquetis métallique se fit entendre.
Lorsque la porte s’ouvrit, un éclair traversa le ciel dans un grondement épouvantable. L’éclair entra dans la cuisine du Terrier en les touchant tous au passage.
La Porte à Transplaner ne fonctionnait plus. Elle émettait des éclairs bleus qui avaient attiré la foudre. La Porte à Transplaner explosa ensuite violemment, faisant s’effondrer le plafond du rez-de-chaussée.
Tous étaient étendus au sol, côte à côte, paralysés par la foudre.
Dans un autre grondement terrible, un éclair enflamma un arbre proche, et la pluie se mit à tomber à verse.
Seul Dobby avait réussi à se protéger, grâce à la Magie des elfes.
Harry était épuisé, il n’avait pas la force de bouger. Mentalement, il ne voulait qu’une chose, pouvoir ne penser à rien, se détendre. Physiquement, il ne sentait plus son corps. C’était comme s’il s’était habitué à la douleur. Il savait que pourtant, quand ses sensations lui reviendraient, il souffrirait terriblement.
Dobby se pencha sur lui, terrifié.
-    Harry Potter ! couina l’elfe en secouant le bras.
-    Ca va… Abelforth…
Harry aurait eu du mal à en dire plus et il espérait que Dobby comprendrait. Mais l’elfe était envahi par une panique incoercible.
-    Dobby… Abelforth ! répéta Harry, faisant un effort surhumain pour retenir Dobby qui se donnait des coups de poing.
L’elfe s’arrêta finalement lorsqu’Harry fit semblant de s’évanouir.
-    Harry Potter !
Voyant Harry inanimé, la peau de Dobby avait pris une couleur réséda qui lui donnait un air terrifiant, comme s’il avait attrapé quelque infection magique exotique. En réalité, il n’avait que très peur pour Harry.
-    Préviens… Abelforth… susurra Harry, en le regardant droit dans les yeux pour être plus convainquant.
-    Oui, Harry Potter !
Il transplana immédiatement dans un craquement sonore qui se perdit dans le fracas des éclairs.
Quelques minutes passèrent. Harry eut l’impression que c’était des heures. Il se demanda même si Dobby n’était pas passé par la Lune pour transplaner chez Abelforth.
A côté de lui, personne ne se relevait, mais il était rassuré car il les voyait tous respirer doucement.
Mais heureusement, enfin, Abelforth arriva et ne perdit pas de temps pour les soigner. Harry comprit pourquoi ils avaient mis tant de temps. Abelforth tenait un gros flacon d’une potion verte.
-    Harry Potter ! dit Dobby en secouant le bras d’Harry. Oh, pardon, Harry !
-    Tu n’as rien fait ! souffla Harry.
-    Dobby aurait dû arrêter cet éclair et empêcher à Harry Potter d’être blessé.
-    Tu n’aurais rien pu faire, dit Abelforth en remuant son flacon.
-    Dobby s’en veut tellement…
-    Dans ce cas ton erreur est tout à fait rémissible, Dobby. Harry ira très bien après avoir bu cette potion…
Abelforth fit signe à Harry d’ouvrir sa bouche puis il lui versa quelques gouttes de la potion.
-    Cette potion est un mélange d’une potion qui permet de relaxer les tissus et d’une potion qui permet de désélectriser la Magie… Bien sûr, les effets des potions ne sont pas affectés par le mélange…
Harry s’était immédiatement senti mieux. C’était un peu comme s’il avait eu des pierres à la place des muscles. Il se sentait plus léger et plus souple, même si la fatigue n’avait pas pour autant disparu.
Mais au moins, il pouvait bouger et se releva. Fumseck s’était ranimé rien que parce qu’Harry avait été guéri, alors qu’il avait été lui aussi violemment touché par l’éclair. Il avait toujours cependant l’aspect d’un poulet trop grillé.
Harry aida Abelforth à ranimer les autres qui semblaient bien moins en forme que lui.
-    Ils ont été affectés plus que toi, Harry. Les liens entre leurs particules magiques sont plus faibles que les tiens, et il se peut qu’il y ait eu des sortes de déréglages à cause de la tension électrique. Normalement la potion devrait être très efficace.
Abelforth versa un peu de la potion dans la bouche de Mrs Weasley qui se ranima lentement.
-    En fait, les particules magiques sont légèrement chargées, ce qui fait qu’elles se déplacent à cause du champ électrostatique créé par l’éclair. Quant à l’éclair qui est sorti de la Porte à Transplaner, je pense qu’il a plutôt dû créer un champ magnétomagique. Un simple calcul montre que c’est le champ prédominant, mais il semblerait que vous n’ayez pas été touchés.
Harry n’avait rien compris au discours d’Abelforth et Mrs Weasley avait fait de grands yeux ronds.
-    Merci, dit-elle.
-    De rien, répondit Abelforth. Si Dobby n’était pas venu me prévenir, vous seriez sûrement restés là quelques temps…
Abelforth fit ensuite boire la potion à Hermione qui avait malheureusement tout entendu de ses explications sur l’explication théorique de leur mal.
Lorsqu’elle retrouva suffisamment d’énergie pour se ranimer, elle se mit immédiatement à parler sur le sujet.
-    Le champ magnétomagique, vraiment, je me suis toujours demandée ce que cela voulait dire… J’ai vu qu’on l’étudiera si on poursuit nos études à Poudlard ! Je suppose qu’il y a des analogies avec le champ électrostatique ou le champ gravitationnel ?
-    Oui, des analogies, mais il faut se placer dans le cadre d’un espace de dimension infinie puisque la magie ne peut être interprétée dans l’espace classique de dimension trois…
-    Dimension infinie ?
-    Et bien cela veut dire que la base de l’espace vectoriel a un cardinal infini…
-    Whao… mais alors comment le théorème de Gauss s’app…
-    Par pitié Hermione, arrête, coupa Harry qui était pris d’une migraine.
-    Effectivement, tu auras tout le temps un autre jour pour étudier cela, d’autant plus qu’à mon avis – excuse moi – tu n’as absolument rien compris de tout cela… conclut Abelforth alors que le visage d’Hermione était devenu rouge brique, avant de faire boire la potion à Ron.
Tous retrouvèrent finalement leurs esprits lentement et Abelforth disparut sans explication en adressant un clin d’œil à Harry.
Tous contribuèrent à la réparation du rez-de-chaussée et du premier étage qui avaient été assez sévèrement dévastés. Mrs Weasley avait prié Tonks de se reposer, mais c’était surtout parce qu’elle craignait qu’à cause de sa maladresse, elle ne fasse des dégâts supplémentaires.
Mais Lupin, qui était un véritable expert en matière de métamorphoses, réussit un enchantement qui répara tous les objets brisés en même temps alors que Mr Weasley s’occupait des murs et du plancher.
Rapidement, ils se couchèrent tous sans trop parler, ils avaient l’estomac noué. Harry s’était jeté dans son lit habituel après avoir embrassé Ginny.
Dans un dernier effort, il avait fait le vide dans son esprit et s’était endormi dans un sommeil profond.
Lorsqu’il rouvrit les yeux, il eut besoin d’un bon moment pour que ses souvenirs se remettent en place. La chambre de Ron était éclairée par les rayons d’un soleil timide. Il regarda sa montre, qu’il avait oublié d’enlever avant de s’endormir. Elle indiquait seize heures et quart… elle devait certainement être déréglée. Dans le lit à côté, Ron ronflait bruyamment.
Lorsqu’Harry retrouva ses sensations, il fut envahi par une sensation de froid qui agit sur lui comme une réminiscence.
Aussitôt, tous les souvenirs des évènements de la veille lui étaient revenus à la mémoire, si bien qu’il en avait même eu mal à la tête.
Il se concentra et refit le vide dans sa tête, pour repousser un peu plus le moment où il devrait se remémorer tous ces évènements terribles. Avec sa baguette magique, il se projeta de l’air chaud sous la couverture et se redressa sur son lit.
Il regarda par la fenêtre. L’hiver approchait à grands pas. Le ciel était gris, les nuages bas et épais, les arbres avaient pour la plupart tous perdu leurs feuilles et la campagne avait une couleur aussi morne que le ciel. Seul un rayon de soleil filtrait entre deux nuages et l’éclairait par la fenêtre.
Fumseck se réveillait lentement lui aussi. Il avait commencé à recouvrer de sa blessure et avait retrouvé un peu de sa couleur rouge et or. Pour la première fois, cependant, Harry trouva que le Phénix avait l’air fatigué.
Habituellement, il trouvait toujours chez Fumseck le réconfort, l’énergie dont il avait besoin. Il savait qu’en cet instant, Fumseck avait besoin de lui pour récupérer de tous ses sacrifices.
Harry murmura dans sa tête « Fumseck » et le Phénix vint se poser sur son lit immédiatement, comme s’il avait attendu qu’Harry l’appelle.
Tous les deux communiquèrent. Harry aurait été impossible d’expliquer par quel moyen ils discutaient. Ce n’étaient pas des mots, ni seulement de la pure Magie. En fait, ils semblaient tous les deux avoir un langage propre, que personne d’autre n’aurait pu comprendre. Ainsi ils échangèrent leurs émotions sans communiquer en apparence d’une quelconque façon.
Cela avait fait beaucoup de bien à Harry, Fumseck était une sorte de confident qui le comprenait vraiment. Seul lui savait tout ce qu’il pouvait ressentir. Harry doutait fortement en ce moment. Il lui était impossible d’oublier momentanément la prophétie, et il tentait inconsciemment de se la remémorer.
Elle lui avait paru très longue, lorsque Sibylle Trelawney l’avait énoncée. La seule chose qu’il avait retenue, c’était que Voldemort et lui seraient punis pour avoir trop tardé à accomplir la prophétie initiale. Mais il ne savait plus qui devrait tuer qui et qu’est-ce que cette mystérieuse Clef de la Paix avait à voir avec lui.
Harry, cependant, ressentait toujours chez Fumseck ce même espoir, éternel, au fond de lui, et cela lui permettait de garder sa motivation. Finalement, il se convainquit qu’il ne fallait pas repousser l’étude de la prophétie et qu’il fallait le faire rapidement. Il se leva, en évitant de faire du bruit pour laisser profiter Ron de la totalité de sa nuit.
Il descendit dans la cuisine, où Mrs Weasley était en train de préparer à manger en grandes quantités. Le Terrier était en quelque sorte le Quartier Général de l’Ordre du Phénix. Tous les membres y passaient régulièrement pour y déposer leurs rapports de missions, que Lupin examinait. C’était le fonctionnement qui avait été choisi lors de la première réunion de l’Ordre avec Harry à sa tête.
-    Et bien, Harry, tu devais être fatigué… Ron dort toujours ? demanda Mrs Weasley.
Harry regarda l’horloge de la cuisine, elle indiquait dix-sept heures cinq, comme sa montre. Ainsi, il s’était trompé, sa montre fonctionnait parfaitement.
-    Oui, Ron dort encore, répondit Harry, en embrassant Mrs Weasley.
Ginny et Hermione apparurent, elles étaient installées à la table du salon et discutaient tout en aidant Mrs Weasley. Ginny embrassa tendrement Harry qui s’assit avec elles.
Harry aperçut la Gazette du Sorcier à l’autre bout de la table et demanda à Hermione de la lui donner.
-    Non, Harry, il ne vaut mieux pas que tu lises…
-    Comment ça ? demanda Harry.
-    Pas maintenant… attends un p…
Mais Harry s’était déjà levé et avait pris le journal.

La Gazette du Sorcier

Edition du 1er novembre 1997

AVIS AU LECTEUR

L’ensemble de la rédaction de la Gazette du Sorcier tient à s’excuser auprès de ses lecteurs pour la réduction de l’édition d’aujourd’hui. Un important changement du fonctionnement de votre journal est à l’origine de ce problème. Nous exposons cependant l’actualité la plus importante. Vous retrouverez vos dossiers et vos rubriques habituelles dès demain.

SCRIMGEOUR REMPLACE PAR FUDGE

Le Ministre de la Magie, Rufus Scrimgeour, a annoncé hier soir sa démission, évoquant le besoin de prendre des vacances. Le Magenmagot, soucieux de le remplacer rapidement, s’est réuni dans la nuit et a nommé pour remplaçant le précédent Ministre, le charismatique Cornelius Fudge.
Cornelius Fudge, soucieux de répondre parfaitement aux attentes de la communauté magique, a d’ores et déjà annoncé des mesures radicales promouvoir la paix et la tranquillité de tous au sein de notre communauté. Le nouveau Ministre devrait s’exprimer aujourd’hui pour préciser ces mesures.
Cette nomination a été saluée par beaucoup de sorciers importants de notre communauté, tels que Kingsley Shacklebolt ou Dolores Ombrage. Des premiers sondages effectués dans la nuit-même montrent que Mr Fudge bénéficie d’une popularité particulièrement élevée auprès des sorciers de notre communauté.

LE MINISTERE DEMENAGE


Immédiatement après sa prise de fonction, Cornelius Fudge n’a pas attendu pour lancer des mesures radicales. Le Ministère de la Magie a ainsi déménagé dans la nuit à Poudlard.
L’ancien bâtiment a été détruit afin d’éviter toute visite non souhaitée et ne sera désormais plus accessible. Mr Fudge a justifié cette décision par la nécessité de condenser la communauté magique dans ces périodes difficiles afin de mieux lutter contre les Mangemorts. L’objectif est de concentrer les troupes d’Aurors plutôt que de les disperser dans un trop grand nombre de lieux publics magiques. Mr Fudge a annoncé que l’Hôpital Ste-Mangouste serait peut-être également prochainement délocalisé vers le château de Poudlard.
Mais l’école garde tout de même sa fonction d’école. Le Ministère insiste très fermement sur ce point : afin d’éviter toute perturbation dans la scolarité des élèves, le maximum sera fait pour que les différentes activités désormais regroupées au sein de Poudlard soient séparées spatialement. Les élèves ne devraient donc croiser que très rarement leurs parents qui travaillent au Ministère.

VACANCES PREMATUREES A POUDLARD

Le Directeur de Poudlard, le professeur Dillantis, a par ailleurs annoncé que les vacances de la Toussaint, une nouveauté cette année à Poudlard, en raison de la rentrée prématurée à la mi-août, seraient avancées en raison des récents évènements. La rentrée sera donc par conséquent avancée afin que les vacances durent une semaine. La rentrée se fera donc le vendredi 8 novembre et les élèves sont attendus à Poudlard le jeudi 7 novembre à Poudlard à partir de dix-neuf heures.
Le Poudlard Express assurera la liaison, nous donnerons les informations utiles dans les prochains jours.


Harry tourna la page, il n’y avait rien d’autre, la Gazette du Sorcier ne tenait plus que sur une page. Il y avait également des publicités sur la une, mais rien de plus.
-    Qu’est-ce que c’est ? demanda Harry.
-    Aucune idée, répondit Hermione…
-    Comment peuvent-ils dire que Scrimgeour a démissionné, c’est un scandale ! s’écria Harry qui s’était levé.
-    Harry calme-toi…
-    Fudge doit être derrière tout ça !
-    Pas sûr, Harry.
-    Qui veut tu que ce soit ? demanda sèchement Harry.
-    Je ne voulais pas que tu voies cela justement pour ne pas que tu tires des conclusions trop rapides… qui sait ce qui c’est passé à la Gazette pendant que nous combattions ?
-    Qu’est-ce que tu veux dire par là ?
-    Je pense que la Gazette ne dispose plus de toute sa liberté…
-    Alors c’est la faute à Fudge ! s’exclama Harry.
-    Je pensais plutôt…
-    Que se passe-t-il ? demanda Mrs Weasley qui s’approcha d’eux pour connaître la raison de la colère d’Harry.
-    Pourquoi ont-ils nommé ce crétin de Fudge, par la barbe de Merlin !
-    Harry, calme-toi…
-    C’est à cause de la Gazette, expliqua Hermione.
-    Harry, le Ministère enquête, Arthur est passé à midi, d’après lui Fudge était furieux, tu le sais bien, il ne faut pas croire la Gazette.
Harry se calma lentement. Si Fudge avait été furieux en découvrant la Gazette du matin, alors le Ministère n’y était pour rien.
Mais la situation restait tout de même catastrophique et Harry ne voulait pas rester sans rien faire. Les sorciers ne pouvaient pas croire que Scrimgeour avait démissionné alors qu’il avait en fait été assassiné par Lord Voldemort au Ministère de la Magie.
-    Il faut qu’on aille voir Fudge ! dit Harry.
-    Harry, mon chéri, non, intervint Mrs Weasley. Nous avons déjà assez souffert comme cela, profitons au moins de quelques jours de paix.
Harry avait toujours eu beaucoup de respect pour Mrs Weasley. Cette dernière l’avait en effet toujours considéré comme un fils. Cependant, il ne pouvait pas lui obéir aujourd’hui, même s’il était le premier à vouloir prendre des vacances.
-    Je suis désolé, mais Voldemort ne prend pas de vacances, nous ne pouvons pas le laisser respirer ne serait-ce qu’un jour, nous ne devons cesser de le pourchasser, tant qu’il ne sera pas définitivement éliminé.
-    Harry, une journée…
-    De toute façon la journée est déjà finie, fit remarquer Ginny.
-    Certes, répondit Mrs Weasley comme si cela apportait une justification à ce qu’elle disait.
-    Y’a quoi au p’tit déj ?
Tous se retournèrent, Ron était apparu dans la cuisine, toujours en pyjama. Il parcourut des yeux la table sans ne rien trouver.
-    Oh, ce n’est plus l’heure du petit déjeuner, Ronald. Viens plutôt dire à Harry qu’il ferait mieux de rester sagement ici quelques jours.
-    Tu veux partir ? demanda Ron, qui n’avait pas eu besoin de beaucoup de temps pour s’adapter au fait qu’il était en vacances. Mais où, pour quoi faire ?
-    Il n’y a plus de Ministère, Fudge a été nommé, la Gazette a de nouveau pété un câble et les gens vont maintenant croire que Scrimgeour a démissionné parce qu’il a besoin de vacances !
Harry était allé un peu trop vite pour Ron qui n’avait pas saisi la fin de sa phrase.
-    Scrimgeour est en vacances ? Alors ça veut dire qu’il n’est pas mort ?
-    Tiens !
Hermione lui tendit la maigre Gazette du Sorcier du jour que Ron examina pendant quelques minutes.
-    Ce Fudge est un idiot ! déclara soudain Ron.
-    Mais quand allez-vous un peu ouvrir les yeux tous les deux ? coupa Hermione. C’est évident que Fudge n’y est pour rien là-dedans…
-    La meilleure façon de le savoir est de l’interroger ! s’exclama Harry.
-    Harry, ce n’est pas une bonne idée, avec tout le travail qu’il a…
-    Je veux savoir si oui ou non on peut faire confiance au nouveau Ministère, c’est tout, répondit Harry.
-    Arthur pourra te confirmer, Fudge a décidé de le reconduire comme Directeur du Département des Sécurités Magiques…
-    Je préfère aller interroger directement Fudge. Où est-il, d’ailleurs, à Poudlard ? demanda Harry.
-    Harry, enfin, sois raisonnable…
-    Justement, il vaut mieux ne laisser personne se faire tuer à cause d’un imbécile qui est devenu Ministre. S’il a changé, tant mieux, mais je veux en être sûr…
-    Que se passe-t-il ici ? dit Fred.
-    On vous entend d’en haut ! ajouta George.
Les jumeaux venaient de transplaner juste derrière eux.
-    Vous, ne vous mêlez pas…
-    T’inquiète, Harry, il faut bien que l’on montre à Fudge que l’on n’acceptera pas de nouvelles bêtises, annonça George, ignorant complètement Mrs Weasley.
-    Il faut poser les conditions dès le début ! expliqua Fred.
-    Qu’est-ce que vous voulez dire ? demanda Mrs Weasley, qui avait pris une couleur rouge tomate, s’attendant à une bêtise des jumeaux.
-    Comme toi, Harry, on va rendre une petite visite à Fudge, pour savoir réellement ce qu’il en est, dit George.
-    Ah non ! Certainement pas ! ARTHUR !
-    Il ne t’entend pas, m’man ! dit Ginny.
-    Ah, c’est vrai… Fred et George, le Ministre est occupé, vous ne pouvez pas le déranger inutilement…
-    Mais s’il se montre gentil, nous lui offrirons une invitation V.I.P. pour l’avant-première de notre film…
-    Par la barbe de Merlin, vous n’avez toujours pas décidé d’annuler ?
-    Annuler ? Pourquoi, ça lui va tellement bien, à Voldy, le pyjama rose, et encore plus en vrai !
-    Si quelqu’un veut venir avec nous, nous y allons !
-    Harry ?
-    Non, Harry ! coupa Mrs Weasley. Si tu y vas, au moins, vas-y tout seul, je sais que tu sauras, toi (elle adressa un regard sévère aux jumeaux), te contrôler. Prends au moins le temps de manger quelque chose…
-    Je croyais qu’il n’y avait pas de petit-déjeuner, coupa Ron, dont le ventre venait de gargouiller de manière tout à fait audible.
Mrs Weasley haussa les épaules.
-    Bon, Harry, Ron, venez manger, Fred et George, attention à vous, je demanderai à Arthur de vous surveiller…
-    Oui, oui…
Et ils transplanèrent dans un craquement sonore.
-    Tenez, du pain et du beurre, je fais cuire les œufs et les saucisses. Harry, tu veux autre chose ?
-    Non, merci, ça ira.
-    Quand va-t-on aller voir Abelforth ? demanda Hermione à Harry, à voix suffisamment basse pour que Mrs Weasley n’entende pas.
-    Aucune idée, il m’appellera sûrement…
-    Fgnaiit gnroment fgnroua ci ! dit Ron, la bouche pleine de pain, n’ayant pas écouté la conversation d’Harry et Hermione.
-    C’est ça, Ronnie, dit Hermione sans chercher à comprendre ce qu’il voulait dire.
-    Alors ?
-    Hier soir, il m’a dit « à demain », mais j’attendrai son message avant d’y aller, il doit être occupé. Faisons d’abord ce que l’on a à faire. Il faut voir Fudge pour savoir réellement ce qu’il en est, et puis Dillantis pour le prévenir, on ne sait pas s’il connaît vraiment Fudge.
-    Moi je crois que le principal, c’est… AD4, dit Hermione, en abaissant au maximum sa voix. Lui seul pourra nous donner une explication à tout ça. Je suis certain que Voldemort est loin de s’être reposé cette nuit.
-    Qu’est-ce que tu crois qu’il a fait ? demanda Harry.
Mrs Weasley déposa un plat de saucisses et d’œufs entre Ron et Harry et restait à côté d’eux pour écouter ce qu’ils disaient. Hermione trouva un sujet de conversation de secours mais elle fut pour une fois très maladroite dans cet exercice.
-    Ah, euh, vous disiez que les Canons de Chudley ont encore gagné ?
Mrs Weasley la regarda avec un air bizarre et Ron acheva définitivement les espoirs d’Hermione.
-    Depuis quand t’intéresses-tu au Quidditch, toi ?
Harry explosa de rire alors qu’Hermione venait de lancer un regard noir à Ron.
-    Ne me faites pas croire que vous parlez de Quidditch, je suis certaine que vous projetez d’aller faire des choses interdites…
-    Nous ? pas du tout, on va aller faire un Quidditch, hein, Harry ?
Ron ne pouvait être que convainquant puisqu’il disait la vérité. Il n’avait rien écouté à ce que disaient Harry et Hermione et n’avait fait que se goinfrer.
Mrs Weasley sauta d’ailleurs sur l’occasion pour tenter une dernière fois de convaincre Harry de rester au Terrier, ayant bien compris que Ron n’avait rien écouté à leur conversation.
-    Bien sûr, quelle bonne idée, en plus le temps est idéal, n’est-ce pas ? Harry, le terrain de Quidditch vous atteint, il faut qu’il serve, tant qu’à faire !
Mais Mrs Weasley était très peu convaincante et Harry se contenta d’attarder son regard sur le jardin, où le vent violent venait de renverser une chaise, et où la pluie commençait à tomber.
Mrs Weasley regarda à son tour à l’extérieur et chercha une dernière solution, toujours aussi peu convaincante.
-    Harry, tu as raté beaucoup de cours pendant ton séjour à Ste Mangouste, il est temps de les rattraper, non ?
-    Maman, je croyais qu’il devait en profiter pour prendre des vacances, dit Ginny, anéantissant tous les espoirs de Mrs Weasley.
-    Bien, très bien… dans ce cas, je capitule, mais prenez au moins le temps de vous préparer tranquillement. En une semaine de vacances, vous aurez bien le temps de faire tout ce que vous voulez.
-    On essaiera, répondit Harry.
Ils finirent de manger tranquillement et se préparèrent à partir pour faire tout ce qu’ils avaient à faire.
Ils redescendirent tous dans la cuisine, prêts à partir.
-    Je peux venir avec vous… proposa Mrs Weasley.
-    Non merci, maman, ça ira, répondit Ginny. On ne fait qu’aller à Poudlard, que veux-tu qu’il nous arrive ? Papa a bien tout à l’heure que Voldemort n’était pas prêt d’attaquer aujourd’hui.
-    On ne sait jamais, je préviens au moins Lupin qu’il vous rejoigne.
-    Laisse Maman, ne le dérange pas pour ça, dit Ron.
-    Non, non, ça ne le dérange pas, il est justement à Poudlard.
-    A tout à l’heure, dit Ginny pour qu’ils puissent enfin se libérer.
Ils se rejoingirent le bout du jardin où ils pouvaient transplaner et se rendirent tous ensemble à l’entrée de Poudlard où les grilles étaient grandes ouvertes.
-    Vous croyez qu’il y a des sécurités ? demanda Ginny.
-    Ils sont capables de nous bombarder de feux d’artifices et de nous envoyer des Dragons s’ils ne nous reconnaissent pas ! ajouta Ron.
-    On passera, ne vous inquiétez pas, dit Hermione en sortant sa baguette, quelles que soient les protections.
Mais ils ne rencontrèrent aucune difficulté, et ce jusqu’au château. Ils poussèrent les lourdes portes d’entrée du château en chêne, qui s’ouvrirent toute seules, comme si Poudlard était en accès libre.
-    Il n’y avait pas l’ombre d’une protection… étonnant, mais de toute façon, le château doit grouiller d’Aurors, en déduisit Hermione.
Mais le grincement des lourdes portes avait alerté Miss Teigne qui rôdait dans le hall. Harry n’avait pas pensé à consulter la Carte du Maraudeur avant d’entrer et ils n’avaient pu l’éviter.
-    Dégage ! cracha Harry en la fixant droit dans les yeux.
-    Dégage ? demanda une voix sifflante derrière lui.
Il se retourna brusquement. Rusard avait refermé les portes d’entrée, comme pour les piéger.
-    Vous allez avoir de graves ennuis, jeunes gens… Je suppose que vous venez sur ordre de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom ? Je sais qu’il veut envoyer ses Mangemorts entrer dans le château…
Harry haussa les épaules.
-    Je vais vous conduire chez le Directeur… ajouta Rusard.
-    Ca tombe bien, on voulait le voir, rétorqua Harry.
Rusard tourna à droite et poussa les portes de la Grande Salle qui était complètement déserte. Il n’y avait qu’une grande table en plein centre de la salle, qui semblait attendre là pour une réunion importante.
Rusard s’approcha du mur et attrapa une corde qui pendait le long d’un pilier. Il tira sur la corde et peu de temps après, un petit homme à la peau verdâtre apparut au milieu des nuages du ciel magique descendit vers eux en s’agrippant au pilier.
-    Mr Rusard, me voir, vous vouliez ? demanda-t-il d’une voix mielleuse.
-    J’ai capturé ces jeunes délinquants qui tentaient de pénétrer dans le château, je suppose que ce sont de jeunes Mangemorts.
-    Si on était Mangemorts, on ne se serait pas laissé faire, dit Ron.
-    Serait-ce une menace ? demanda Rusard.
-    Mr Rusard, beaucoup, je vous remercie, coupa Dillantis. De retourner surveiller, je vous suggère.
Rusard les regarda tous les quatre avant de quitter la Grande Salle.
-    Me voir, vous vouliez, je suppose ? demanda Dillantis.
-    Oui, répondit Harry. Je voulais savoir ce que va devenir Poudlard... Je ne sais pas si ce que dit la Gazette est vrai…
-    Hum… dit le professeur Dillantis en se caressant la barbe. La Gazette du Sorcier, tu ne dois pas croire. Seuls aux professeurs, tu pourras te fier… Poudlard, jamais, ne fermera. Les élèves, jeudi, reviendront, en toute sécurité. Réunis, se sont, les professeurs, chaque jour, pour, de ce qu’il faudra faire, décider.
-    Et le Ministère, il vient à Poudlard ?
-    En partie, oui, mais de l’école, il sera séparé.
-    Et Fudge, est-ce qu’il a changé ?
-    L’avis des anciens professeurs, j’ai recueilli, satisfaits, ils semblent. Mais nous méfier, nous devons : surveiller, je ne cesse.
-    Fudge est ici ?
-    Certainement… t’y conduire, je vais.
Le professeur Dillantis quitta la Grande Salle d’un pas décidé et monta l’escalier de marbre lorsque des bruits de pas se firent entendre derrière eux.
-    Attendez ! Mr le Directeur !
Dillantis se retourna. Rusard courrait derrière eux, avec une sorte de fouet. Il s’arrêta devant eux, essoufflé.
Il tenta de s’appuyer sur Ron pour se maintenir debout mais ce dernier eut le réflexe de s’écarter et Rusard tomba dans l’escalier, roulant jusqu’en bas.
Dillantis redescendit et releva Rusard.
-    Ne perdez pas votre temps à les punir, j’ai ce qu’il faut ! souffla-t-il en montrant son fouet avec un sourire cruel.
-    D’autres chats à fouetter, vous devez avoir, répondit Dillantis en appuyant son regard sur Miss Teigne.
Tous les quatre pouffèrent de rire et ils reprirent leur chemin. Le professeur Dillantis les mena au Donjon de l’aile Sud, qu’ils n’avaient visité qu’une fois, à l’occasion de l’épreuve dans la salle des récompenses.
Mais juste avant de passer sur le petit pont qui les y menait, le professeur Dillantis emprunta un couloir qui menait à un large escalier en colimaçon.
-    Les professeurs, tout à l’heure, se réuniront, dit le professeur Dillantis.
-    A quelle heure ? demanda Harry.
-    Demie et six heures…
-    Pardon ?
-    Six heures et demie, murmura Hermione.
-    Ah, oui, répondit Harry. En fait, j’aimerais bien parler à Lupin.
-    Le professeur Lupin, corrigea Dillantis.
-    Oui, pardon, s’excusa Harry, pour qui Lupin était bien plus qu’un professeur.
-    Présent, sera le professeur Lupin. A la réunion, vous pourrez assister, proposa-t-il en s’adressant à la fois à Harry et à Ron, Hermione et Ginny, qu’il avait ignorés jusqu’à présent.
-    Merci, répondit Hermione poliment.
-    On verra bien ce qu’on fait ensuite, proposa Harry. Merci de nous l’avoir proposé.
En bas de l’escalier, ils débouchèrent dans une petite cour bordée par des coursives au sol dallé par des ardoises.
Herv Howegal, Gilbert Wingly et Flavius Kurge, trois des sorciers les plus doués en Magie du Ministère, étaient en train de placer des protections contre le transplanage sur les murs. Harry les avait reconnues grâce aux rayonnements qu’elles émettaient. Les trois sorciers étaient aidés d’un quatrième, un petit homme aux cheveux blonds frisés et aux yeux luisants, vêtu d’une longue robe grise qui était bien trop grande pour lui.
-    Ici, le nouveau hall du Ministère, se trouve, annonça le professeur Dillantis. Ne font que commencer, les travaux, bien entendu.
Il emprunta la coursive à droite et il y avait de nombreuses portes tout le long du mur. Certaines étaient ouvertes, et Harry pouvait voir des bureaux établis là en urgence, où s’entassaient des dizaines de sorciers.
-    Par la barbe de Merlin, les conditions de travail sont affreuses, je vais aller voir Fudge ! tonna un sorcier.
-    Il a assez de choses à faire comme ça ! répondit sèchement une autre sorcière.
Ils croisèrent un sorcier qui faisait léviter un tas de parchemins qu’il apportait dans chaque bureau, en fonction de leur destinataire. Apparemment, les notes de service n’avaient pas encore été rétablies.
Le professeur Dillantis passa sous une porte ouverte plus grande que les autres, qui menait sur un couloir sombre, où il y avait d’autres portes de chaque côté, ainsi qu’une tout au bout.
Ils croisèrent Stridus Shiner qui ne leur manifesta aucune attention. Il avait des cernes qui montraient qu’il avait dû travailler toute la nuit, mais on voyait surtout sa frustration de n’avoir pas été nommé Ministre par le Magenmagot.
Le professeur Dillantis marcha droit vers la porte qui leur faisait face, et, sans prendre la peine de frapper, il y entra.
Un grand bureau avait été installé ici très récemment, cela se voyait au fouillis indescriptible qui y régnait. Une quinzaine de personnes y travaillaient et discutaient de problèmes sérieux tout en écrivant ou en consultant de longs parchemins.
Des immenses piles de paperasses étaient d’ailleurs amoncelées sur des armoires et sur les bureaux.
Harry reconnut l’assistant du Ministre, Mike Brown, qui avait l’air, si c’était possible, plus débordé que d’habitude.
-    Mr le Ministre, le Ministère bulgare demande notre aide, il y a des signes d’agitation dans les forêts…
-    Il se fout de nous, je suppose, répondit Fudge d’un ton cinglant.
Le nouveau Ministre avait lui aussi des cernes sous les yeux et il semblait qu’il n’avait jamais fait autant de choses en une nuit.
Fudge envoya d’un coup de baguette magique un long parchemin se replier et se poser au sommet d’une pile qui tenait debout par Magie.
-    Par la barbe de Merlin, qu’on ferme cette porte, tout va s’envoler !
-    Toutes mes excuses, Monsieur le Ministre, répondit Dillantis qui referma la porte.
Fudge leva la tête d’un autre parchemin qu’il venait de prendre. Il regarda Dillantis avec curiosité avant de s’apercevoir de la présence d’Harry.
-    Qu’est-ce que vous faites là ? demanda-t-il sur un ton agressif.
-    Vous rencontrer, voulait Harry Potter, répondit Dillantis.
-    Je n’ai pas le temps, je ne suis pas en vacances, moi ! siffla Fudge qui se retourna pour lire un autre parchemin et le signer grossièrement.
Harry fit tout son possible pour rester calme et réussit admirablement bien. De toute évidence, Fudge était encore rancunier. Collaborer avec Harry n’était pas naturel pour lui. Mais ce dernier était prêt à utiliser l’argument de la popularité qui avait jadis si bien fonctionné avec Rufus Scrimgeour.
-    Je veux seulement savoir pourquoi la Gazette du Sorcier a écrit tous ces mensonges, dit Harry très calmement.
-    Et pourquoi le sauriez-vous plus que quelqu’un d’autre ? demanda Fudge, sans le regarder.
Harry ne sut pas quoi répondre, et il trouva que Fudge avait trouvé la réplique parfaite pour le mettre en difficulté.
-    Je suis là pour vous aider, répondit Harry.
-    Ah bon, et comment un jeune homme comme vous peut-il aider un Ministre aussi expérimenté que moi ?
-    Ne soyez pas idiot, répondit Harry.
-    Moi, idiot ? demanda Fudge en faisant d’un parchemin une boulette de papier qu’il envoya dans la corbeille.
-    Le Ministère a besoin d’être soutenu, mon interview avait aidé Scrimgeour à agir plus.
-    Oho, vous pensez vraiment que les gens sont assez idiots pour vous écouter. Quand à moi, je n’ai ni le temps, ni l’envie de vous écouter, le Ministère gère parfaitement bien la situation, et depuis quand la Gazette du Sorcier est-elle le Ministère ?
-    Oui, mais les gens la lisent et la croient ! répondit Harry, content au moins que Fudge ne soit pas à l’origine de ces mensonges.
-    Assez ! coupa Fudge, sortez de ce bureau, seuls les membres du Ministère ont le droit de venir ici. Monsieur le Directeur, raccompagnez-le vers la sortie.
Harry souffla et se retourna pour partir, sans ajouter un mot, suivi de Ron, Hermione et Ginny.
Mais dans un coin du bureau, il vit quelque chose bouger. Quelqu’un était sous une cape d’invisibilité et Harry s’arrêta un instant. Il avait clairement vu quatre pieds.
C’est alors qu’il vit tomber un Nougat Néansang sur le sol, et il devina qui se cachait sous cette cape.
-    Vous sortez, oui ou non ? insista Fudge.
-    Oui, répondit froidement Harry, qui n’avait aucune envie de rigoler.
Il avait eu un espoir que Fudge s’inspire de la façon de faire de Scrimgeour, mais il s’était lourdement trompé. L’essentiel était cependant que le Ministère agisse dans le bon sens, c’est-à-dire contre Voldemort. Cependant, comme toujours, il allait devoir se contenter d’agir seul, avec l’aide des ses amis les plus proches.
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