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Chapitre 088 : La Réaction de l'Ordre

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- Ah, vous êtes enfin de retour ! s’exclama Mrs Weasley, les serrant dans ses bras.
-    On n’a pas mis longtemps, pourtant, répondit Ginny.
-    Oui mais vous savez, on n’est jamais tranquilles. Allez, ici vous êtes en sécurité, nous allons maintenant passer de bonnes vacances !
Personne ne répondit. Tous savaient qu’ils n’allaient pas vraiment être en vacances d’ici à la rentrée. Harry devait profiter du fait qu’il n’avait pas cours pour s’entraîner avec Abelforth. Il savait qu’il avait perdu un mois entier durant son coma pendant lequel Voldemort avait dû augmenter son armée, alors qu’il était en sécurité dans le Gouffre des Clordes au fin fond de la Forêt Interdite, là où personne ne pouvait aller déjouer ses plans.
Et il y avait eu cette nouvelle prophétie, elle n’était pas étrangère au fait qu’Harry avait encore plus envie de s’entraîner. Il ne devrait maintenant plus faire face seulement à Voldemort, mais aussi à Regulus Black et à Pétunia qui étaient eux-aussi de redoutables mages noirs. Harry n’avait toujours pas très bien compris la prophétie. En réalité, au moment où il l’avait entendue, il avait tellement de questions en tête qu’il n’avait retenu qu’une chose : tout allait devenir plus difficile qu’avant.
Il se posait plein de questions sur cette prophétie, et il attendait toujours avec impatience le moment où le faux Gallion qu’il avait dans la poche deviendrait brûlant pour lui indiquer qu’Abelforth voulait le voir.
Harry était avant tout très intrigué par le Temple qui était apparu là où se trouvait le Ministère avant sa destruction, sorti de nulle part. Il se posait dans sa tête plein de questions à propos des quatre Marques qui en étaient sorties. Voldemort, Pétunia et Régulus étaient trois mages noirs, l’apparition du cerf signifiait-elle qu’il allait en devenir un ?
Il se rappelait très bien du visage du cerf qui l’avait regardé, il n’y avait rien de méchant, pourtant, chez ce cerf.
C’est sur toutes ces interrogations que Harry resta perplexe face à ce que venait de dire Mrs Weasley. Il était bien loin de pouvoir passer des vacances totalement détendues au Terrier, comme il avait pu le faire la première fois qu’il y était venu. Au contraire, il allait devoir prendre des décisions qui pourraient changer tout de son avenir et de celui de la communauté magique.
Mrs Weasley leur proposa de boire du thé, ce qu’ils ne refusèrent pas. Harry savait que c’était un moyen pour elle de pouvoir passer un moment avec ses enfants, Harry, et Hermione, et ils ne pouvaient le lui refuser.
-    Alors, comment était la réunion ? demanda Mrs Weasley, qui venait de poser des biscuits sur la table de la cuisine.
-    Chiante, répondit Ron.
-    Non, c’était intéressant, répondit Hermione. D’ailleurs, le professeur Fitz aimerait vous voir à propos des conseils d’orientation…
-    C’était moi qui était sensé le dire, coupa Ron.
-    Oui, mais toi, la première chose que tu trouves à dire, c’est que la réunion était « chiante ».
-    Me voir ? demanda Mrs Weasley, surprise. C’est urgent ?
-    Il faudrait que ce soit prêt pour la rentrée !
-    Pas possible, pour une fois que l’on peut être en famille et que vous êtes là, pas question que ce soit moi qui passe mon temps à travailler !
-    Ca ne devrait pas prendre beaucoup de temps, pourtant, tenta de la rassurer Hermione. Je suppose qu’en un après-midi, ce sera fini, cela concernait le planning de la rentrée, pour résumer, il faudrait que les conseils d’orientation aient eu lieu avant que les élèves soient orientés dans les différentes filières, c’est tout...
-    J’espère bien, je passerai à Poudlard tout à l’heure ! Hum, vous voulez qu’on aille faire un tour à la boutique de Fred et George ? proposa Mrs Weasley, comme si l’idée lui venait instantanément, alors qu’elle avait dû y réfléchir depuis longtemps déjà.
-    Quand ça ? demanda Ron.
-    Quand vous voulez ! répondit-elle avec le sourire d’une mère qui regarde son fils déballer ses cadeaux d’anniversaire.
-    Maintenant, alors ?
Harry lui donna un coup de coude discret mais faillit renverser sa tasse de thé. Il sortit le Gallion de sa poche et le lui montra pour lui indiquer qu’Abelforth pourrait leur demander de venir à tout instant.
Mrs Weasley avança sa tête pour essayer de voir ce que Ron regardait sur les genoux d’Harry.
-    Ca va, tu ne t’es rien renversé, dit Ron, ce qui convainquit Mrs Weasley.
-    Demain, ce serait mieux, répondit Harry. Pas le matin, on a une réunion avec l’Ordre du Phénix, mais l’après-midi, pourquoi pas.
-    Vous ne voulez pas y aller maintenant ? insista Mrs Weasley.
-    Non, nous allons nous entraîner un peu, maintenant, répondit Hermione.
-    Quel genre d’entraînement ?
-    Oh, des métamorphoses, sûrement…
-    Des métamorphoses ? depuis quand ça vous intéresse ?
-    Les métamorphoses sont très importantes si nous voulons nous protéger, répondit Harry, qui coupa Hermione dans son élan de raconter tout ce qu’elle savait sur le sujet. C’est ce qui permet de protéger nos maisons et de nous camoufler en cas d’attaque. Nous devrions tous connaître les métamorphoses.
Harry avait eu un ton très convainquant qui avait surpris Hermione.
-    Ah oui, tu dois avoir raison, répondit Mrs Weasley, je crois que je devrais m’entraîner moi-aussi. Eh bien, allons-y, mettons-nous dans le salon, je vais faire de la place.
Harry, Ron, Hermione et Ginny se regardèrent, interloqués par la réaction de Mrs Weasley. Aucun des quatre n’avait pas fini de boire son thé.
Mais Harry se dit que finalement, ce serait une bonne chose si Mrs Weasley connaissait quelques sortilèges supplémentaires. C’est pourquoi il se leva le premier.
Mrs Weasley écarta la table et agrandit la pièce de manière à dégager un espace suffisamment large pour s’entraîner.
-    Alors, par quoi on commence ? demande Mrs Weasley avec un grand sourire.
-    Eh bien, je lisais ce matin dans un livre un sortilège intéressant de métamorphoses, il s’agit en fait d’une illusion qui est capable de reproduire l’image d’un mur là où il n’y en a pas. L’utilisation intéressante étant bien sûr pour nous de nous protéger en cas d’attaque. Harry, je ne doute pas une seconde que tu réussiras cet enchantement du premier coup, il se base essentiellement sur le sortilège de Structuration élémentaire que tu connais bien pour l’avoir pratiqué lorsque tu as appris l’enchantement de l’Ouverture Invisible. Il y a quelques bricoles en plus, mais avec l’incantation générale, ça ira tout seul pour toi.
-    Ca a l’air compliqué, remarqua Mrs Weasley.
-    Justement, cet enchantement n’est pas très compliqué, il est en tous cas bien plus simple que l’enchantement qui fait apparaître un véritable mur. Celui-ci ne s’occupe que d’image, il métamorphose les rayonnements élémentaires de la Magie pour qu’ils émettent une lumière qui créerait l’image d’un mur. En revanche, si l’on voulait faire apparaître un vrai mur, soit il faudrait déplacer un mur existant, mais cela n’est plus du domaine des métamorphoses, soit il faudrait transformer l’air en mur, et c’est très loin d’être facile !
-    Donc on pourra passer à travers ce faux mur ? demanda Ginny.
-    Oui, et il pourra être détruit par des sortilèges, c’est ça le problème, mais il peut déjà constituer une première défense, et on il est aussi possible de l’améliorer, mais commençons par le début. Avec un peu d’entraînement, nous devrions tous réussir en un temps raisonnable. D’autres questions ?
Tous répondirent « non » de la tête et Hermione enchaîna sur la suite de ses explications.
-    Bien, il y a par chance une incantation, trouvée par François Legallois, un magicien français de la fin du XIXe siècle. Cette incantation est imago muros liberti. Il est très important de retenir l’action du sortilège, il faut pointer le mur dont on souhaite copier l’image avec sa baguette puis prononcer l’incantation et glisser sa baguette lentement vers la zone où l’on veut faire apparaître le mur, Harry, tu pourras peut-être essayer sans baguette, toi. Il faut bien sûr être très concentré pour arriver à faire cela. Lorsque l’on voit bien l’image du mur là où on veut qu’elle soit, il faut lâcher le sortilège et l’illusion devrait alors apparaître.
-    Je ne suis pas sûre d’avoir bien compris, intervint Mrs Weasley, il faut faire quoi ?
-    Harry va nous montrer, tout va devenir très clair, vas-y Harry, je te rappelle l’incantation : imago muros liberti.
Harry se concentra sur la pièce devant lui, il allait faire apparaître un mur pour la couper en deux parties. Il fixa ensuite le mur à sa gauche et lança le sortilège :
-    Imago muros liberti !
Il balaya lentement l’espace devant lui pour dessiner la surface du mur qu’il voulait créer, et cela faisait remuer l’air à l’endroit précis où il voulait le faire apparaître, comme s’il y avait des tourbillons.
Lorsqu’Harry lâcha le sortilège, un tourbillon de couleur fusa vers l’emplacement du mur et s’étala pour y dessiner une reproduction parfaite du mur qui était à sa gauche.
Mrs Weasley était restée ébahie alors qu’Hermione souriait parce qu’Harry avait réussi du premier coup.
Ron s’approcha du mur et le toucha. Mais sa main passa au travers. Il le franchit entièrement pour disparaître derrière, puis réapparut.
-    Ron et Ginny, vous avez compris le principe ?
-    Oui, répondirent-ils tous les deux.
-    Bien, essayez alors, pendant que je réexplique à Mrs Weasley. Harry, tu peux essayer sans ta baguette.
Harry avait déjà pratiqué de la Magie sans sa baguette magique, mais il ne l’avait fait qu’à de trop rares occasions pour avoir pu acquérir ne serait-ce qu’un minimum d’expérience dans le domaine. Souvent, il l’avait d’ailleurs fait sous l’emprise de grosses émotions, et il avait pu faire de la Magie rien que par la pensée. En fait, il ne l’avait jamais fait volontairement, c’était venu naturellement.
Ainsi, il était resté bloqué face à l’idée de décider soudain de faire de la Magie sans utiliser sa baguette. En réalité, il ne savait pas vraiment comment faire. Abelforth lui avait expliqué un jour qu’il était un sorcier primaire, et que l’une des caractéristiques des sorciers primaires était le fait qu’ils n’avaient pas besoin d’intermédiaire comme une baguette magique pour faire de la Magie.
Harry était maintenant un bon occlumens et un bon légilimens. Et l’occlumancie et la légilimancie ne nécessitaient pas de baguette : il était très bien capable de pénétrer dans l’esprit d’une personne rien qu’en le voulant fortement. Alors pourquoi ne pourrait-il pas réussir cette illusion sans utiliser sa baguette, rien qu’en le voulant. Cela lui rappela ce qu’Abelforth ne cessait de lui répéter à chacun de ses entraînements : la détermination.
Harry fixa la pièce devant lui. Il était distrait par Hermione qui était en train de répéter pour la cinquième fois le fonctionnement du sortilège à Mrs Weasley qui ne le comprenait toujours pas.
Il se força à se concentrer à nouveau sur la pièce puis sur le mur et s’apprêta à lancer le sortilège. Mais un hibou se posa sur la fenêtre à ce moment-là, tenant une lettre qui semblait venir du Ministère.
-    Ah, ce doit être Arthur ! s’exclama Mrs Weasley avec enthousiasme.
Elle prit l’enveloppe et la déchira grossièrement.
Mais au fur et à mesure de la lecture, son visage se renfrogna et, lorsqu’elle eut fini de lire la lettre, elle éclata subitement en sanglots. Le cœur d’Harry fit un bond dans sa poitrine, il s’imagina à la seconde que quelque chose de très grave était arrivé.
-    Qu’est-ce qu’il y a ? demanda Ron, terrifié.
Son visage était tout pâle.
Mrs Weasley leur tendit la lettre.

Molly chérie,

Tout se passe très bien, j’ai beaucoup de boulot, mais tout le monde est motivé ici et on avance bien. Le Magenmagot vient de décider d’organiser immédiatement des fouilles sur l’emplacement de l’ancien Ministère. Fudge ne voulait pas s’y attarder mais c’est une bonne décision. Il est possible que les sous-sols aient été protégés et aient résisté à l’explosion. On verra ce que l’on peut y retrouver, ce sera toujours du travail de reconstruction en moins.
Je suis malheureusement réquisitionné pour sécuriser les opérations de fouille. Il paraît que les Moldus n’arrêtent pas de pointer leur nez là-bas, et les Oubliators ne savent plus où donner de la tête, nous sommes obligés d’emprisonner les Moldus provisoirement, en attendant de leur modifier la mémoire.
Je t’assure que je ne peux pas faire autrement, mais je ne pourrai pas manger à la maison ce soir, je devrais rentrer aux alentours de vingt-trois heures. Le Ministère a vraiment besoin de moi.
J’espère que tout se passe bien à la maison et que les enfants vont bien.
A ce soir,

Ton Arthur


-    Pas besoin de pleurer pour ça, M’man, dit Ron.
Mrs Weasley lui lança un regard noir plein de larmes et Hermione répondit.
-    Ron, tu ne peux pas comprendre une seconde ce qu’elle éprouve. Nous sommes quasiment tout le temps à Poudlard, et le peu que nous rentrons, il y a des soucis et c’est ton père qui n’est pas là. A chaque fois que la famille est là, nous discutons sans arrêt de nos problèmes plutôt que de profiter du moment. Arthur devait rentrer ce soir pour que l’on mange ensemble, et il ne sera pas là.
Harry comprenait très bien la réaction de Mrs Weasley, il devait être terrible pour elle d’avoir une si grande famille qui ne soit quasiment jamais réunie. Mais Harry était plus soulagé qu’autre chose, il avait vraiment eu peur lorsque Mrs Weasley s’était mise à pleurer.
Les fouilles des décombres du Ministère pouvaient être intéressantes. Il était en effet fort probable que des pièces entières aient été conservées dans l’explosion dans les sous-sols, et notamment dans le Département des Mystères, où le Ministère de la Magie avait mené toutes ses recherches. Il y avait malgré tout un espoir que toutes les découvertes effectuées par les Langues de Plomb aient été sauvées.
Harry pensait notamment aux Portes à Transplaner. Elles avaient été tellement utiles avant que les Mangemorts ne découvrent un moyen de les passer. Et tout ça à cause d’un membre du Ministère qui avait fourni des informations aux Mangemorts.
Maintenant que la communauté était plongée dans le chaos à nouveau, il était important que tous les lieux magiques soient très bien reliés pour que tous les sorciers soient proches les uns des autres, et il était important de placer des nouvelles Portes à Transplaner.
-    Harry, tu ne t’entraînes pas ? demanda Hermione.
Harry était depuis quelques minutes plongé dans ses réflexions. Il se demandait ce qui pouvait se passer partout dans la communauté, ce que faisait Voldemort, si la Gazette allait continuer sur le même chemin…
-    Oui, oui, j’étais juste un peu perdu dans mes pensées, répondit Harry.
Ginny et Ron étaient en train de faire apparaître chacun une illusion de mur. Mais Ron ne s’était pas bien concentré et il avait fait apparaître un empilement de vases rempli de fleurs qui n’aurait pas pu tenir si ce n’avait pas été qu’une simple image.
Harry avait oublié la formule du sortilège, il n’était de toute évidence pas du tout concentré. Il attendait toujours de voir Abelforth.
-    Hermione, c’est quoi déjà la formule ?
-    Imago muros liberti ! répondit Hermione. Dis donc, Harry, tu n’as pas l’air réveillé !
-    Non, ça va, merci…
-    Mais je te rappelle que le but est de le faire sans la baguette, allez !
Harry se reconcentra et réussit à faire apparaître l’illusion grâce à sa baguette. Il se décida à nouveau à la tenter sans. Son regard se posa à ce moment-là sur celui de Fumseck qui observait attentivement ce qui se passait, perché sur le dossier de la chaise sur laquelle était assis Dobby.
L’elfe était en train de regarder ce que faisait Harry, tout en dépoussiérant des objets.
Fumseck s’envola et vint se percher sur l’épaule d’Harry, sentant que celui-ci avait besoin d’aide. Fumseck essayait de lui faire comprendre comment faire. Il força Harry à se concentrer très fort sur le mur et, sans qu’Harry n’ait fait le moindre geste, l’illusion apparut.
-    Harry, tu as réussi ! s’exclama Hermione.
-    Je n’ai rien fait du tout ! répondit-il.
Harry regarda Fumseck avec interrogation. C’était bien le Phénix qui avait fait apparaître le mur, en utilisant les pensées d’Harry. Harry le comprenait naturellement, Fumseck avait agi comme un intermédiaire magique, et il le pouvait car ils étaient tous les deux liés par le lien de Conjugaison.
Fumseck alla se reposer sur la chaise de Dobby, laissant Harry à nouveau seul devant le mur à faire apparaître.
Harry tenta à nouveau de faire apparaître l'Illusion du Mur mais ce fut un échec. Il n'avait pas pu s'empêcher de bouger sa main et au lieu de faire apparaître un faux mur devant lui, il avait fait disparaître ses chaussures.
-    Non Harry, tu as bougé ta main, tu es mal concentré, peut-être que l'on devrait t'attacher, proposa Hermione.
Une image bizarre apparut alors dans la tête d'Harry. Il était ligoté par des cordes solides dans un des cachots de Poudlard et le visage de Rogue lui apparut juste en face. Ce dernier ouvrit la bouche et dit "Mr Potter, concentrez-vous !".
Harry remua sa tête pour revenir à la réalité. Décidément, il n'allait pas très bien aujourd'hui, il était incapable de rester concentrer, et faisait même des rêves bizarres tout en étant éveillé.
-    Je n'y arrive pas, Hermione, je n’arrive pas à me concentrer...
-    Essaye de vider ton esprit, alors. Tu dois être fatigué après tout ce qui s'est passé hier.
-    Moi je suis sûre que vous devriez tous prendre des vraies vacances, intervint Mrs Weasley.
C'est sur cette remarque que se termina leur entraînement. Même avec toute la volonté du monde, tous étaient vraiment fatigués et ne trouvaient pas la concentration nécessaire pour travailler efficacement.
L'essentiel était qu'ils avaient appris les bases d'un nouvel enchantement, et Harry se disait qu'il n'était pour l'instant pas très important pour lui de savoir le réussir sans baguette. Mrs Weasley, à qui il serait certainement le plus profitable, était maintenant capable de le réussir et c’était le principal.
Finalement, ils en vinrent tous à discuter de Quidditch après que Mrs Weasley eut sorti un hors-série d'un nouveau magazine de Quidditch qui présentait la Coupe du Monde qui aurait lieu l'été prochain.
Finalement, aux alentours de vingt heures, Fred et George transplanèrent à l'entrée du Terrier.
-    Alors ? leur demanda Mrs Weasley après les avoir embrassé longuement.
-    Tout va bien, répondit Fred.
-    La boutique n'a pas du tout été affectée. En fait, le Hall de la Paix s'est retrouvé coincé puisque le Ministère a disparu, on a quand même dû faire du ménage parce qu’un tas de gravas ont traversé la Porte à Transplaner avant qu'elle ne soit détruite. Maintenant, on ne peut venir plus que par le London Lap.
-    Tant mieux, répondit Mrs Weasley. Vous avez tout remis en ordre ?
-    Oui, on a terminé aujourd'hui.
-    Très bien, vous prenez une semaine de vacances, alors ?
-    Oui, oui, on va fermer provisoirement la boutique du Hall de la Paix. Les distributeurs automatiques resteront en service pour les achats urgents.
-    Papa ne vient pas manger ce soir, murmura Mrs Weasley.
Quelques larmes étaient déjà apparues à ses yeux.
-    Oui, on sait, les Aurors nous ont donné des nouvelles lorsqu'ils sont venus inspecter la boutique, expliqua Fred. Papa est même passé nous voir, il était désolé.
-    Il y a vraiment beaucoup de boulot dans le cratère là-bas. Les policiers n'arrêtent pas de venir inspecter et le Ministre moldu a envoyé l'armée, des sortes de tanks qui envoient des boulets explosifs partout.
-    A ce qu'il paraît, ils ont tenté de démolir l'espèce de temple, mais rien ne s'est passé, c'est eux qui sont morts avant. Les Aurors étaient en colère parce que Fudge n'avait toujours pas eu la bonne idée d'aller dire au Ministre moldu de stopper l'armée et de dissimuler l'affaire.
-    Pauvre Arthur, quel boulot il doit avoir, se lamenta Mrs Weasley. Quelle idée de diriger le Département des Sécurités Magiques, c’est trop pour une personne.
-    Pourtant tu étais bien contente quand il a eu sa promotion, répondit Ginny.
-    Oui mais c’était une erreur, Arthur était bien mieux à son petit boulot d’avant, il n’y avait pas autant de stress…
-    Maman, il est plus heureux où il est maintenant, et il s’en sort très bien. Au moins à ce travail, il a toute la reconnaissance qu’il mérite.
Mrs Weasley ne répondit pas. Elle n’avait pas envie de se disputer avec Ginny, mais on voyait vraiment qu’elle n’était pas du tout convaincue.
Les Weasley avaient toujours été considérés comme une famille de gens inutiles et idiots du temps de Fudge. Mais depuis qu’Arthur Weasley avait eu sa promotion à la tête du Département des Sécurités Magiques, toute la communauté magique avait pu apprécier la qualité de son travail et sa gentillesse à leur juste valeur. Mais cela s’était produit au prix d’un travail acharné et d’une loyauté sans faille dans la lutte contre les forces du Mal.
-    Ca avance, votre film ? demanda Ron.
Harry pensa immédiatement que c’était un nouveau sujet sensible pour Mrs Weasley, mais ce film l’intéressait vraiment, ils avaient tous besoin de prendre du recul par rapport aux évènements actuels.
-    La sortie est programmée pour le 1er décembre, on sera dans les temps ! Il nous reste encore un mois, répondit George.
-    Il va se passer quoi ? demanda Ron, curieux.
-    Héhé, ça c’est une surprise, petit frère !
-    Et il y en aura des surprises, fou rire garanti !
-    Qui sont les acteurs ? demanda Harry.
-    Ca aussi c’est secret, mais vous en connaissez une très bien !
Harry et Ron tournèrent leur regard sur Ginny et Hermione comme si c’étaient elles.
-    Ce n’est pas moi ! s’exclama Hermione envers Ron qui la regardait comme si elle lui avait caché quelque chose.
Ginny fit non de la tête elle aussi.
Fred et George s’échangèrent un sourire.
-    Vous verrez bien ! Mais bien sûr, vous serez invités d’honneur pour l’avant-première !
-    Qui a joué Voldemort ? demanda Harry.
-    Un masque, nous allons bientôt les commercialiser…
-    Quoi ! Ah non ! Vous ne pouvez pas faire ça ! intervint Mrs Weasley.
-    Pourquoi ? demandèrent ensemble Fred et George.
-    Le Ministère a déjà assez de travail comme ça. Si tout le monde se balade déguisé en Voldemort, alors celui-ci pourra se balader où il veut sans risquer d’être repéré, il n’aura même pas besoin de déguisement !
-    Tout à fait, ajouta Hermione, et puis c’est dangereux pour eux, ils risquent de se faire attaquer à cause de ça !
Pour une fois, Harry, et même Ron, étaient d’accord avec Mrs Weasley et Hermione.
-    Elles ont raison, dit Harry, ça mettrait trop la panique.
Mrs Weasley sourit triomphalement, comme si le fait d’obtenir le soutien d’Harry assurait obligatoirement la victoire.
-    Hum, on va réfléchir, on proposera peut-être des masques de l’actrice principale, ça fera sûrement un tabac aussi !
-    Qui est-elle ? demanda Ginny.
-    Héhé, on ne le dira pas !

La fin de la soirée s’était bien passée, hormis le fait que Mrs Weasley s’était mise à pleurer régulièrement l’absence de son mari. Fred et George avaient présenté à Harry et Ron leurs nouveautés. Les jumeaux avaient notamment fait fortune grâce à leur partenariat avec le Ministère. Ils fournissaient les Aurors en toutes sortes d’objets utiles pendant les combats.
Discuter avec les jumeaux Weasley était généralement un très bon moyen de se détendre, mais rien n’aurait pu détendre Harry en ce moment. Il n’avait toujours eu aucune nouvelle d’Abelforth, et il se demandait même s’ils ne feraient pas mieux d’aller le voir chez lui.
-    Alors ? demanda Hermione, au moment où ils se retrouvèrent seuls dans la chambre d’Harry et Ron.
-    Rien, toujours rien…
-    On devrait y aller, et s’il lui est arrivé quelque chose ? demanda Ron.
-    Non, répondit Hermione. Il nous avait dit d’attendre son signal…
-    Ca m’inquiète, tout ce temps, dit Harry.
-    Harry, ça fait tout juste un jour de passé depuis tout ça, laisse-lui le temps de réfléchir un peu, je suis certaine que quand on le reverra, il saura nous apporter des réponses claires. Il ne veut peut-être pas avoir à nous répondre tant qu’il n’est pas sûr de ses réponses.
-    LES ENFANTS, ARTHUR EST LA !!! s’écria Mrs Weasley, dans la cuisine.
-    Déjà ?
Harry regarda sa montre, il était vingt-deux heures vingt.
-    Peut-être qu’il y avait moins de travail que prévu ! s’exclama Ron.
Ils dévalèrent tous les quatre l’escalier.
Mrs Weasley était en train d’enlacer son mari si fort que celui-ci était au bord de l’asphyxie.
-    Les enfants, ça va ? demanda Mr Weasley.
-    Et dire que Fred et George viennent de repartir ! se lamenta Mrs Weasley.
-    J’irai peut-être les voir après, dit Mr Weasley.
Il y eut un silence et Mr Weasley prit un air très mal à l’aise.
-    Comment ça tu vas les voir après ? demanda Mrs Weasley.
Harry avait immédiatement compris que Mr Weasley comptait repartir travailler, mais qu’il ne savait pas comment le dire à sa femme. Il lui vint alors à l’aide.
-    C’est terminé, les fouilles ? demanda-t-il.
-    Oh non, non, non, nous sommes loin d’avoir terminé ! s’exclama Mr Weasley, d’ailleurs…
-    D’ailleurs ? demanda Mrs Weasley avec un air menaçant.
-    Euh, ma chérie, tu dois comprendre que c’est important…
-    AH NON ! TU NE VAS PAS TE METTRE A TRAVAILLER LA NUIT, MAINTENANT !
-    Mais…
-    TU M’ENTENDS BIEN, JE VAIS ALLER DIRE DEUX MOTS A FUDGE !
-    Non, chérie, il n’y est pour rien ! Il nous reste encore un peu de travail, mais je vais rentrer tout à l’heure…
-    TOUT A L’HEURE ?
-    Oui, vers minuit…
-    ALORS QUE FAIS-TU LA ?
-    J’étais juste venu voir les enfants avant qu’ils aillent se coucher.
Mrs Weasley s’effondra soudainement dans les bras de son mari.
-    Oh… je suis si désolée… Arthur… je n’aurais pas dû…
Arthur Weasley était le plus surpris de la réaction de Mrs Weasley. Il s’était d’abord reculé en se protégeant avec ses bras, craignant qu’elle ne l’attaque, mais finalement, il la consola.
-    Ce n’est rien, chérie, tout le monde est tendu en ce moment… Mais tu dois comprendre qu’il est très important que nous reconstruisions le Ministère. Sans lui, ce sera le chaos et les Mangemorts feront ce qu’ils voudront, les gens mourront par centaines, et nous aussi nous risquerons sans cesse notre vie. Fort heureusement, le Ministère n’est pas passé aux mains de Voldemort et ça c’est grâce à Harry…
-    Comment ça ? s’étonna Harry.
-    Si tu n’avais pas énervé Voldemort, il n’aurait pas détruit le bâtiment entier en s’énervant. Il en avait pourtant pris le contrôle, il n’aurait eu qu’à attendre le retour des employés pour mettre le Ministère à son service. Mais une fois que tout a été détruit, il ne le pouvait plus, et la réaction rapide du Magenmagot a permis de nommer un nouveau Ministre qui a pu prendre ainsi rapidement le contrôle des opérations. Grâce au professeur Dillantis, nous avons de nouveaux locaux provisoirement.
Harry était étonné par cela, il ne s’était pas imaginé une seconde que Voldemort puisse tenter de prendre le Ministère, d’ailleurs, Abelforth ne lui avait jamais parlé de cela. Il y eut un long silence pendant lequel il se rendit compte à quel point ils étaient passés près de la catastrophe.
-    Mais, ce n’est pas moi qui l’ai énervé, c’est Mrs Bett, en transformant ses vêtements en pyjama !
-    Harry, ce n’est pas très important de savoir qui l’a énervé, tu lui as tenu tête, c’est le plus important.
-    Mais depuis quand voulait-il s’emparer du Ministère ? Je croyais qu’il venait me tuer seulement.
-    D’après les Aurors, il n’a pour l’instant jamais eu l’intention de s’emparer du Ministère. Son plan était de passer par le Ministère pour entrer à Poudlard par deux côtés pour avoir plus de chances de te capturer. Mais il se trouve qu’il a rencontré Scrimgeour et Kingsley et les a tués. Il s’est ainsi retrouvé au cœur du Département de la Lutte contre la Magie Noire, là où il y a tout ce qu’il faut pour contrôler le Ministère. Et puis tu es arrivé, c’est peut-être ce qui a fait qu’il ne s’est pas attardé sur le fait qu’il était à un rien de s’emparer du Ministère. Il y avait une faille énorme dans notre système de protection. Voldemort a trouvé la solution pour passer les Portes à Transplaner. On ne sait pas vraiment comment, il devait y avoir un espion au Département des Mystères.
-    Et maintenant, est-ce que les Aurors savent ce que compte faire Voldemort ? Compte-t-il s’emparer du Ministère ?
-    Ah ça, personne ne le sait, Voldemort est apparemment retourné se cacher, et les Aurors ont d’abord des travaux plus importants à faire que d’aller le traquer dans sa cachette pour se faire décimer un à un.
-    Oui, je comprends, répondit Harry. Mais maintenant, de toute façon, il aura plus de mal, si Poudlard et le Ministère sont fusionnés.
-    « Fusionnés », ce n’est pas vraiment le bon mot. Le Ministère est juste installé dans le même bâtiment, mais apparemment les professeurs n’ont pas l’air de vouloir se laisser faire. Fusionner le Ministère et Poudlard était le projet de Stridus Shiner, et c’est maintenant l’un des projets de Fudge, ils finissent par s’entendre, ils en ont parlé toute la soirée.
-    Il faut absolument tenir au courant les professeurs de ce que décide Fudge… Tonks peut tout dire à Lupin, c’est la meilleure des choses à faire pour que les informations passent vite.
-    Oui, tout à fait, de toute façon Tonks est toujours au courant de tout, elle reste presque tout le temps en contact avec Remus.
-    Tant mieux !
-    Mais tu disais qu’avec le fait que le Ministère soit installé dans le bâtiment de Poudlard soit mieux pour empêcher Voldemort de le prendre, ça ne change que peu de choses. Il reste tellement de choses sur l’ancien site, c’est pour ça que nous essayons de le dégager au plus vite. Les fouilles nous ont permis de dégager quasiment tout ce qui existait auparavant du Département des Mystères. Si Voldemort venait à s’en emparer, ce serait une catastrophe. Nous essayons de tout déménager, mais c’est impossible, c’est l’âme même du Ministère. Et puis le Magenmagot s’est opposé à ce que nous déplacions certaines choses qui doivent rester secrètes, je ne sais même pas de quoi il est question. Nous allons devoir alors placer des protections permanentes et nous n’aurons pas terminé avant au moins deux semaines. Nous en avons déjà fait beaucoup ce soir et nous allons continuer. J’ai dû m’occuper de l’organisation, tout est presque en place maintenant. Tout le monde va pouvoir reprendre un rythme à peu près normal maintenant.
Il se tourna vers Molly.
-    Chérie, il me reste en gros une heure ou deux de travail. Mais je t’assure que c’est le dernier soir. Et vous vous devriez aller vous coucher, sinon vous allez encore dormir toute la journée demain. Bon, je dois déjà y retourner…
-    Tu ne veux pas manger quelque chose ?
-    Non, ça ira, j’ai déjà mangé… j’y retourne vite, si je ne traîne pas trop, j’aurai le temps de passer voir Fred et George.
-    Sois prudent chéri !

Lorsqu’Harry se coucha, il n’avait toujours pas eu de consigne d’Abelforth. Le Gallion était toujours aussi froid, et ne voulait pas afficher une date pour leur prochain rendez-vous.
Le lendemain, la réunion de l’Ordre du Phénix aurait lieu à huit heures et Harry n’avait pas vraiment envie de se lever pour ça, il se sentait fatigué, même s’il avait beaucoup dormi au cours de la nuit précédente. C’était l’accumulation des évènements qui s’étaient produits depuis la mort de Dumbledore qui pesait sur ses épaules. Tout était sous sa responsabilité maintenant, il devait réfléchir à tout avant d’agir, sous peine de faire prendre de gros risques à tout le monde. Et la discussion qu’il venait d’avoir avec Mr Weasley n’avait rien arrangé. Tout dans son esprit était de plus en plus confus. Il ne comprenait toujours rien à cette prophétie, et ne comprenait plus grand-chose aux intentions de Voldemort.
Ainsi, malgré une très grande fatigue, Harry avait mis beaucoup de temps à s’endormir. Il n’avait pas su trouver la force de fermer son esprit, même s’il savait qu’il allait le regretter.
Et en effet, même s’il n’avait pas rêvé explicitement de Voldemort, il avait senti durant toute la nuit que ce dernier était à la fois confus et en colère. Harry avait vu des images de forêts sombres et avait eu l’impression de marcher sans cesse. Mais tout avait été très flou. Il avait rêvé de silhouettes noires qu’il ne pouvait pas reconnaître. Il avait aussi vu des volutes de fumée pâle l’envahir.
Tout cela n’avait aucun sens pour Harry si bien que lorsqu’il se réveilla, il était encore plus confus, si c’était possible, que lorsqu’il s’était couché.
Mais heureusement, une bonne nouvelle l’attendait. Le faux Gallion était brûlant, si bien qu’il avait noirci la table de chevet en bois.
Harry se précipita pour regarder l’heure à laquelle Abelforth voulait le voir, et se brûla d’ailleurs sérieusement les doigts.
Le Gallion indiquait dix heures du matin, ce qui laissait suffisamment de temps pour la réunion de l’Ordre du Phénix.
Harry secoua Ron pour le réveiller. Il dut lutter avec lui pendant une bonne minute avant d’arriver enfin à le sortir du lit. Quand Ron dormait bien, il était toujours difficile de le réveiller.
Ils descendirent dans la cuisine où Hermione était déjà debout, en train de lire la Gazette du Sorcier.
-    Harry, regarde la Gazette !
Harry prit le journal, c’était une édition normale, du moins en taille, à part qu’il y avait deux photos en première page de Regulus Black et Pétunia. Il y avait cependant toutes les rubriques habituelles. Mais, le contenu des articles montrait bien que quelque chose n’allait pas.

La Gazette du Sorcier

Edition du 2 novembre 1997

AVIS AU LECTEUR


Nous nous excusons encore auprès de nos lecteurs pour notre édition d’hier. Nous avons subit une panne magique lors de l’impression de votre édition habituelle. Tout est maintenant de nouveau rentré dans l’ordre. Nous vous souhaitons une bonne lecture.

MAGES NOIRS RECHERCHES : PETUNIA DURSLEY ET REGULUS BLACK

Le Ministre de la Magie, Cornelius Fudge, a annoncé hier dans un communiqué officiel que les ennemis principaux de notre communauté magique sont Pétunia Dursley et Regulus Black.
Petunia Dursley, connue pour avoir participé un temps aux activités des Mangemorts, est déjà bien connue des services du Ministère. Elle a commis des actes immondes avec notamment des crimes de masse envers les Moldus. Elle avait quitté les Mangemorts, les jugeant trop pacifistes, et leur mène une guerre sans merci, ainsi qu’à toute la communauté magique. Les témoignages sont d’ailleurs très nombreux, Pétunia Dursley a tenté d’assassiner Harry Potter et Lord Voldemort. Elle a maintenant monté une armée de sorcières dangereuses qui se sont données pour nom « les Fleurs du Mal ».
Regulus Black est lui aussi un ancien Mangemort, mais est très peu connu de la communauté. Il avait lui aussi rompu avec l’association des Mangemorts, les jugeant trop proches du Ministère. Il a décidé de monter sa propre armée pour renverser le Ministère, connue sous le nom de « Dragons ».
Les deux groupes de terroristes se sont d’ailleurs donnés un symbole : une tête de mort tenant dans sa bouche une rose, et un squelette accroché au cou d’un dragon. Selon les premières enquêtes, les deux groupes seraient en fait très proches l’un de l’autre, et Pétunia Dursley et Regulus Black entretiendraient des relations plus qu’amicales. Kingsley Shacklebot a d’ailleurs proposé comme explication que le fait de constituer deux groupes pouvait permettre de mieux propager le chaos dans notre communauté.
Le Ministère recommande à toute la population de rester très prudente. Ces deux mages noirs et leurs armées respectives n’hésiteront pas à tuer des innocents.
Afin d’apprendre à vous protéger en cas d’attaque, la Gazette du Sorcier vous propose une nouvelle rubrique où vous pourrez apprendre des sortilèges pour vous défendre. Lire en page 9.

LE MINISTERE OFFRE UNE SEMAINE DE VACANCES A TOUS SES EMPLOYES

C’est la décision surprenante qu’a adoptée le Ministère de la Magie hier soir. Installé depuis peu dans le château de Poudlard, le Ministère est apparemment tranquille à l’image de son nouveau Ministre de la Magie, Cornelius Fudge.
« Tout va très bien » nous explique Fudge. « Le Ministère a accompli un travail formidable au cours des derniers mois et tous les employés méritent bien un peu de repos. Nous avons donc tous décidé à l’unanimité d’accorder une semaine de vacances à tous les employés. Mais bien sûr, les Aurors continueront d’assurer la sécurité de notre communauté qui reste toujours en crise, à cause des Fleurs du Mal et des Dragons. »

Harry tourna les pages pour se rendre en page 9, là où se trouvait la rubrique concernant l’apprentissage de sortilèges de défense.

APPRENEZ A VOUS DEFENDRE


Dès aujourd’hui, la Gazette du Sorcier vous propose un programme d’entraînement à suivre pour apprendre à vous protéger en cas d’attaque de Pétunia Dursley ou de Regulus Black.
Chaque jour, vous pourrez ainsi retrouver le sort que vous propose notre expert en Magie Walden Macnair.

Le maléfice des Paupières Lourdes

Ce maléfice est redoutable contre les agresseurs tels que les Fleurs du Mal ou les Dragons. Son intérêt est qu’il fatigue la personne visée pour l’empêcher d’agir vite. C’est en quelque sorte un maléfice de prévention d’une attaque. Vous le lancez sur votre agresseur, et cela le ralentira considérablement dans ses attaques, vous aurez ainsi le temps de lui envoyer tout autre maléfice plus efficace pour le bloquer définitivement.
Il s’agit en réalité d’un maléfice très complexe inventé au Département des Mystères dans le but même de permettre à tous les sorcières et sorciers de se défendre. Son fonctionnement est très simple, il suffit d’être très concentré sur l’agresseur et de prononcer distinctement l’incantation snaphatread en dessinant un S avec votre baguette magique. L’effet sera immédiat ! Vous pouvez vous entraîner sur des personnes de votre entourage sans que cela ne leur fasse le moindre mal, au bout de deux ou trois minutes, l’effet du maléfice se dissipe !

A demain pour un nouveau maléfice d’auto-défense !

-    Mais, il faut faire quelque chose ! s’exclama Harry ! Ils vont transformer tous les sorciers en Mangemorts rien qu’en leur faisant apprendre des maléfices dans un journal !
-    La réunion de l’Ordre tombe à point, ce qui se passe est très grave, répondit Hermione. Quant à ce maléfice, à mon avis, ce n’est pas vraiment très important. Ils n’apprennent pas les intentions dans cet article, et c’est ce qui est le plus important. On n’est pas mage noir parce que l’on connaît des maléfices, tu le sais bien Harry.
-    Oui mais s’ils en publient un par jour, ils vont bien finir par leurs apprendre les intentions.
-    Oui, oui, mais à mon avis ce n’est pas le plus grave, tu as vu le premier article et tout ce qui le concerne ensuite. Voldemort veut faire en sorte que les gens ne le prennent plus pour l’ennemi numéro un, ils veulent que tout le monde lutte contre Pétunia et Regulus pour avoir tout le champ libre. Il faut absolument avertir la population, et j’espère que Fudge saura réagir de manière intelligente !
-    Allez, vous aurez tout le temps de parler de ça à la réunion, mangez tranquillement.

Harry n’était pas le seul à être tendu. Lorsqu’ils arrivèrent à Poudlard pour la réunion de l’Ordre du Phénix. Tous les membres étaient en train de discuter nerveusement entre eux.
Au passage d’Harry, tous stoppèrent leurs murmures et entrèrent dans la Salle du Phénix en silence.
Harry s’assit à côté de Lupin en bout de table. Dobby aida à sortir les parchemins des armoires et Mrs Weasley s’occupa des tâches qui lui incombaient habituellement : le recensement des personnes présentes, et la prise de notes.
-    Harry, as-tu eu le temps de lire la Gazette ce matin ? lui demanda Lupin, profitant du fait que chacun était à nouveau en discussion avec son voisin.
-    Oui, répondit Harry, je l’ai lue…
-    Je pense que c’est un bon sujet pour démarrer, non ?
-    Oui, sûrement…
-    Et bien allons-y.
Harry frappa dans ses mains pour demander le silence.
-    Bien, merci à tous d’être venus à cette réunion, dit Harry pour commencer. Comme vous le savez, notre communauté est en grave danger. Fudge a été nommé Ministre de la Magie pour remplacer Rufus Scrimgeour après son décès. Mais connaissant son passé, nous avons toutes les raisons d’être méfiants. Nous ne savons pas exactement comment il va agir et s’il ne prendra pas des décisions dangereuses. Je suppose que vous avez tous lu la Gazette du Sorcier ces deux derniers jours. La situation est grave, le journal est tombé aux mains de Voldemort qui en assure la publication. Le Ministère dit agir pour rendre sa liberté au journal, mais cela risque d’être long. En attendant, les gens ne savent rien de ce qui se passe, ils ne savent pas que la Gazette est dirigée par Voldemort et nous devons absolument informer toute la population pour que les gens ne croient plus ce qu’il y est marqué. C’est l’objectif principal de cette réunion. Quelqu’un a-t-il des questions ?
-    Ne pensez-vous pas que le Ministère s’occupe actuellement du problème ? demanda Dedalus Diggle.
-    Le Ministère ! grogna Maugrey. Vous pensez vraiment qu’on va leur faire confiance, il faut agir par nous-même !
Dedalus Diggle se remua sur sa chaise et fit tomber son haut-de-forme violet.
-    Bien sûr, bien sûr, je ne vous contredis pas Maugrey, mais il est bon de savoir ce que fait le Ministère dans le domaine avant d’agir.
-    Tonks, ton avis ? demanda Lupin en s’adressant à sa femme.
-    Euh oui, j’ai quelques éléments en ma possession. J’ai parlé à Fudge tout à l’heure avant de venir. Les nouvelles ne sont pas bonnes, il a décidé de ne pas poursuivre la publication du Londonien, selon lui, ce sont des dépenses inutiles, il préfère mettre toute son énergie dans la poursuite des Mangemorts.
Il y eut des bruits d’indignation et Harry entendit plusieurs « quel idiot ».
-    Cela confirme donc que nous allons devoir agir par nous-même, conclut Harry. Tonks, que compte faire Fudge à propos de la Gazette ?
-    Il pense que cela ne va pas durer, et le pire est qu’il a réussi à convaincre à peu près Shiner. Je ne veux pas trop être désagréable avec lui, je sais bien qu’il ne m’aime pas du tout, donc je ne préfère pas faire pression pour ne pas qu’il ait trop de soupçons sur moi et sur l’Ordre.
-    En effet, il ne vaut mieux pas l’agacer… répondit Lupin. Tu as parlé à Shiner ?
-    Oui, oui, quand je lui en parle, il semble y réfléchir, mais cet idiot préfère rester en bons termes avec Fudge, il veut rester à un haut poste du Ministère et ne veut pas prendre le risque de contrarier Fudge.
Harry caressa la tête de Fumseck tout en réfléchissant. Il ne s’imaginait pas du tout que la situation était si grave en venant à cette réunion.
-    J’en parlerai à Arthur, dit Tonks, il semble assez proche de Shiner. Il n’a pas pu venir à la réunion, il était convoqué par Fudge tout à l’heure.
-    Comment ça convoqué ? demanda Mrs Weasley inquiète.
-    Bah tu devrais être contente, toi-même tu disais que tu préfèrerais qu’il quitte le poste, dit Ginny.
Mrs Weasley devint toute rouge et se tourna vers sa fille comme si elle allait se mettre à hurler.
-    Voyons Ginny, il n’est pas question qu’Arthur laisse son poste, et sa convocation par Fudge n’a rien à voir avec cela. Fudge souhaite seulement parler à Arthur d’un grand projet dont je n’ai pas encore compris grand-chose. Il a seulement besoin de la meilleure coordination et aura besoin de l’aide du Département des Sécurités Magiques.
-    Quel genre de projet ? demanda Lupin.
-    Si vous voulez mon avis, Fudge a l’intention de lancer une offensive dans la Forêt Interdite…
Harry ouvrit de grands yeux ronds de surprise, Fudge ne pouvait quand même pas être idiot au point d’envoyer toutes ses troupes se faire massacrer dans ce piège.
-    Il ne faut surtout pas le laisser faire ! s’exclama Harry. C’est la pire des choses qu’il peut faire, Voldemort a un avantage considérable caché là où il est, ce sera un carnage pour les Aurors s’ils s’aventuraient trop loin dans la Forêt. Pour l’instant, nous ne pouvons rien faire de plus que consolider notre armée et nous reconstruire rapidement.
-    Tout à fait, nous ne devons pas nous lancer dans un tel projet sans une grande réflexion préalable conclut Lupin. Tonks, nous comptons sur toi pour faire entendre raison à Fudge. Il faut au moins alerter les Aurors sur les dangers pour qu’ils refusent d’y aller si Fudge le leur ordonne.
-    Oui, oui, je ferai tout mon possible.
-    Bien, revenons-en à la Gazette, dit Harry. Il faut trouver un moyen de prévenir le maximum de monde sur la réalité des faits. Nous avons pour cela l’aide des professeurs…
-    Oui, le professeur Fitz, poursuivit Lupin, s’est chargé d’envoyer à tous les parents d’élèves une lettre pour expliquer clairement ce qui s’est passé lors de l’attaque à Poudlard. J’ai lu et même écrit une partie de cette lettre et elle ne raconte que la vérité. Le professeur Fitz m’a d’ailleurs fait savoir qu’il était tout à fait ouvert à nos propositions. Il souhaite que l’école reste neutre et lui et le professeur Dillantis prendront les décisions qu’eux et les professeurs jugent les meilleurs. Le professeur Fitz fait donc tout pour que les élèves et leurs familles sachent toute la vérité sur ce qui se passe dans notre communauté. C’est pour cela que nous veillons à ce que Poudlard reste séparée du Ministère au maximum. Nous ne voulons pas que les élèves puissent être influencés par le Ministère et nous devons éviter à tout prix que ce qui s’était passé il y a deux ans se reproduise avec l’arrivée d’une nouvelle Ombrage. Mais le fait que les élèves et leurs parents soient au courant de la vérité ne suffit pas. Il ne faut pas qu’ils remettent en cause cela à cause des journaux, de ce qu’ils entendent. Le son de cloche de l’Ordre du Phénix sera quelque chose qu’ils écouteront et suivront forcément. Nous devons utiliser cela auprès de tous les sorciers.
-    Quels seront nos moyens d’agir ? demanda Harry.
-    Les mêmes qu’avant, toi et les nouveaux membres ne les connaissent pas, mais ce que je peux dire, c’est qu’ils seront maintenant beaucoup plus efficaces. Les gens ne feront pas deux fois la même erreur avec Fudge, ils croiront l’Ordre du Phénix avant de croire le reste. Il y a encore quelques années, les gens avaient peur de l’Ordre, nous avions énormément de mal à parler aux gens lorsqu’on leur disait que nous étions de l’Ordre. Ils étaient réticents, certains avaient peur d’être surpris par des Mangemorts et ne voulaient pas qu’on croie qu’ils appartenaient à l’Ordre, ils pensaient que cela leur serait fatal. D’autres préféraient croire le Ministère, et les discours officiels, l’Ordre faisait peur, c’était un petit groupe, personne ne savait exactement ce qu’il faisait. Mais ce n’est plus cela aujourd’hui, et nous pourrons parler aux gens, ils nous écouteront. Nous allons donc réutiliser les moyens que nous utilisions avant. Nous ferons du porte à porte pour prévenir les gens, nous distribuerons des tracts.
-    Le Ministère ne risque-t-il pas de voir cela d’un mauvais œil ? demanda Elphias Doge.
-    Oui, surtout que Fudge est de retour. Nous ne devrons pas crier sur les toits ce que nous faisons, il nous faudra agir dans la simplicité, et se contenter de dire aux gens la vérité. Ils nous croieront.
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