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Chapitre 001: Dernières volontés


La maison des Dursley, au 4, Privet Drive, était une parfaite maison de Moldus, perdue au milieu de tant d’autres dans la banlieue de Londres. Il ne semblait ainsi pas que la mort du célèbre sorcier Albus Dumbledore ait pu avoir une quelconque influence sur le comportement de ses habitants.
Mais si les Dursley semblaient ne pas y prêter attention, Harry Potter, lui, venait de passer les pires jours de sa vie. Si seulement les Dursley avaient pu comprendre sa situation et le laisser en paix.

Mais au contraire, il semblait que pour les derniers jours qu’il passerait ici, ils seraient encore plus horribles que d’ordinaire, et Harry était consterné par leur stupidité.
Dudley avait encore grossi et la tante Pétunia essayait par tous les moyens de le mettre au régime, mais il refusait et continuait de s’empiffrer. Selon elle, Harry était le coupable parce qu’il se moquait de lui, ce qui était évidemment faux, il avait bien d’autres préoccupations en ce moment.

A peu près tout était motif de disputes, et ils passaient la plupart du temps à se chamailler. Tout était parti il y a une semaine d’un incident entre Dudley et une jeune garçon du quartier qu’il traumatisait sans cesse. Dudley lui avait cassé la mâchoire et ses parents étaient venus se plaindre auprès des Dursley. 
Ce jour-là, toute la bande à Dudley avait été réunie, et ce dernier n’avait pas supporté que Pétunia ne l’appelle « mon Dudlynouchet adoré » devant ses amis. Il avait ainsi jeté la télévision par la fenêtre dans une crise de colère.
Finalement, les Dursley avaient dû se résoudre à priver Dudley de sortie, car les parents du jeune garçon martyrisé avaient menacé de se plaindre à la police.
Ainsi Dudley passait sa journée enfermé dans la maison, ce qui était une torture en plein mois de juillet. Et il s’occupait en grignotant à longueur de journée devant la télé.
Il avait ainsi grossi à vue d’œil et une nouvelle scène de disputes s’était déclenchée lorsque Pétunia lui avait demandé de se peser une semaine plus tard, et qu’ils s’étaient aperçus qu’il avait pris trois bons kilos.
Harry, qui avait pourtant pris soin de se retirer dans sa chambre à ce moment-là, avait été accusé par les Dursley d’être la cause de tous les problèmes. L’oncle Vernon prétendait qu’Harry jetait des regards narquois à Dudley pour se moquer de sa prise de poids, et que cela faisait qu’il était mal dans sa peau.
Harry avait préféré garder sa porte fermée à double tour, et l’oncle Vernon y avait tambouriné pendant une bonne demi-heure avant d’abdiquer.
Depuis ce jour-là, Harry ne descendait plus dans le salon, et il se contentait de ne sortir que pour aller aux toilettes et se laver, à l’étage. Pétunia lui apportait ses repas dans sa chambre, constitués la plupart du temps de fruits presque pourris et de restes de leur repas qui avaient échappé à l’appétit de Dudley.
Mais Harry n’y touchait quasiment pas, il n’avait jamais faim. Les évènements de la fin de l’année à Poudlard, et en particulier la mort d’Albus Dumbledore due à la trahison de Severus Rogue, l’avaient bien trop affecté pour qu’il puisse encore avoir des activités normales. Il n’avait envie de rien faire, et il se laissait vivre en ruminant sa rancœur, il n’attendait qu’une chose, pouvoir quitter rapidement le 4, Privet Drive, qu’il avait bien trop vu.

Harry avait passé la semaine à penser à Dumbledore. Il n’arrivait pas à croire qu’il ne le reverrait jamais plus. Souvent, il se remémorait tous leurs souvenirs communs, si nombreux depuis qu’ils s’étaient rencontrés. Mais il n’y en aurait plus jamais, et Harry aurait tellement voulu apprendre de choses encore de la part de Dumbledore.
En fait, Harry s’était rendu compte à quel point leurs destins semblaient avoir été liés. Ils avaient souffert ensemble lorsque le Ministère les avait accusés de vouloir le renverser. Dumbledore avait même perdu son poste de Directeur de Poudlard et le Ministère avait tenté de l’envoyer à Azkaban, au lieu de se concentrer sur la lutte contre Voldemort.
Dumbledore avait toujours été avec lui pour le soutenir, même s’il lui avait caché certaines choses. Mais avec le recul, Harry trouvait qu’il avait eu raison, et il aurait aimé pouvoir le lui dire aujourd’hui. Quel intérêt aurait-il eu à connaître la prophétie plus tôt ? Ne pas la connaître lui avait permis de profiter un peu de sa vie à Poudlard durant ses premières années, et il savait que ce ne serait plus possible maintenant.
Désormais, il devrait lutter contre Voldemort seul, c’est-à-dire rechercher et détruire ses Horcruxes puis l’affronter et le tuer. Il savait que tout reposait sur lui ; s’il échouait, la communauté entière sombrerait dans le chaos.
Il se rendait compte que, même si on lui avait toujours dit qu’il était très doué et qu’il ferait de grandes choses, il n’était rien par rapport à Voldemort. Lorsqu’il se disait que même Dumbledore, qui avait été certainement le plus grand sorcier de tous les temps, n’avait pas réussi à le vaincre, le poids de la tâche devenait difficilement supportable.

Désormais, il ne pourrait plus rire avec Ron et Hermione comme il l’avait fait durant leurs premières années à Poudlard. Tout avait changé, Dumbledore n’était plus là pour mener la lutte contre Voldemort ; c’était à lui de le faire.
Malheureusement, il se sentait complètement incapable de poursuivre leur travail. Si Dumbledore n’avait pas été là, Harry n’aurait eu aucune chance d’apprendre l’existence des Horcruxes, et il n’avait strictement aucune idée de l’endroit où il pourrait trouver ceux qui manquaient. Enfin, il savait qu’il ne ferait pas le poids dans un combat singulier contre Voldemort, et seule la chance pourrait lui permettre de s’en sortir. Mais la chance avait toujours été de son côté jusqu’à présent, et il s’attendait à ce qu’elle tourne un jour.
Il était donc envahi de pensées négatives dont il ne parvenait pas à se débarrasser. La nuit, il faisait toujours le même cauchemar : il revivait la scène de la mort de Dumbledore. Il revoyait Rogue surgir au sommet de la tour, puis écarter Malefoy et brandir sa baguette, le regard empli de haine, et enfin tuer Dumbledore.
A chaque fois, il se réveillait en sueur, et il criait comme pour empêcher Rogue de réussir.
Rogue. Harry ne supportait plus ce nom. Il s’en voulait terriblement. Il aurait dû savoir que Rogue n’avait pas pu réellement être du bon côté, après tout ce qu’il avait fait. Il avait d’abord été l’homme qui avait livré ses parents à Voldemort, puis il avait provoqué la mort de Sirius. En fait, c’était à cause de lui si toute la famille d’Harry avait été décimée, et cet homme-là ne pouvait jamais avoir été réellement avec Dumbledore ; le fait qu’il l’ait trahi n’était finalement pas une surprise.
Il s’en voulait terriblement de ne pas avoir montré à Dumbledore le livre du Prince de Sang-Mêlé, mais il savait aussi que Dumbledore n’aurait jamais dû lui faire confiance. Sa façon de parvenir à pardonner les pires personnes avait causé sa perte.
La mission d’Harry était double maintenant, il devait vaincre Voldemort pour lui et pour la communauté, et ensuite il se vengerait de Rogue, pour tout le mal qu’il lui avait fait.
Jamais Harry ne s’était senti aussi mûr. Il ne comprenait pas qu’en ce moment on puisse rire ou s’amuser. Il ne voulait qu’une chose : venir à bout de Voldemort pour stopper ses ravages. Combien de personnes devaient encore mourir à cause de lui ? Et si les prochains étaient Ron, Hermione ou Ginny ? Ces questions le hantaient et à chaque fois qu’il y pensait, cela ne faisait qu’accroître son désir de vengeance, qui bouillonnait en lui depuis qu’il avait appris l’existence de Voldemort.
Un matin, il fut réveillé à cinq heures par les cris de l’oncle Vernon qui l’appelait à travers la porte de sa chambre.
Lève-toi ! Il y a un vieil imbécile défiguré qui veut te voir. Allez, dépêche-toi ! Avec un peu de chance, c’est pour t’emmener avec toi ! Ah ! Ces gens-là ! Aucun respect ! rouspéta-t-il.
Harry se leva, l’esprit encore embrumé dans ses cauchemars de la nuit. Il descendit l’escalier et comprit la raison de la colère de l’oncle Vernon ; être réveillé à cinq heures du matin par Maugrey Fol Œil n’avait rien d’amusant.
Bonjour Potter, grogna Maugrey, je viens sur ordre de McGonagall ! elle m’a chargé de te remettre ça !
Son œil magique était fixé sur Dudley qui se cachait dans l’escalier. Il tendit à Harry une grosse enveloppe qui n’avait pas l’aspect officiel. Harry la lui prit, encore un peu endormi, secoué par la brutalité de Maugrey.
Merci, répondit Harry, c’est quoi ?
Aucune idée, Potter ! Top secret ! McGonagall m’a confié cette mission. Très important ! gronda-t-il. Méfie-toi Potter, ces temps-ci, nul n’est en sécurité, VIGILANCE CONSTANTE ! 
La tante Pétunia qui avait rejoint Dudley poussa un cri aigu. Maugrey la regarda avec son œil magique comme si elle était complètement folle, tout en fixant Harry avec son œil normal.
Je dois y aller Potter, j’ai une mission à remplir si je ne suis pas tué avant ! Et je crois que tu devrais dire au petit dans l’escalier qu’il devrait penser à faire un régime, à sa place j’aurais honte !
La tante Pétunia poussa un gémissement, elle ne savait pas qu’il avait un œil magique et elle sembla terrifiée à l’idée qu’un sorcier puisse voir à travers les murs. En revanche, l’oncle Vernon fit un gros effort pour ne pas s’énerver : le poids de Dudley était un sujet très sensible ces temps-ci. Mais il ne put s’empêcher de répondre, même s’il fit un effort pour adopter un ton poli.
Vu votre tête, je crois que vous feriez mieux de vous taire. Voulez-vous sortir d’ici, maintenant ?
Maugrey lui fit une sorte de grimace qui étira toutes ses cicatrices et son œil magique sauta dans sa main. L’oncle Vernon recula, horrifié, et Maugrey le remit en place, dans un bruit de succion.
C’est à moi qu’il parle ce gros Moldu ? demanda Maugrey à Harry en ricanant. J’ai entendu qu’une queue de cochon allait bien au petit, pourquoi pas au père, après tout, c’est de famille chez eux de ressembler à un cochon !
Cette fois, l’oncle Vernon ne put retenir sa colère et il courut vers Maugrey. Mais il se heurta dans le cadre de la porte à cause de son volume imposant. 
Il réussit finalement à sortir et lorsqu’il voulut cogner Maugrey, celui-ci transplana dans un gros craquement sonore. Finalement, l’oncle Vernon tomba à plat ventre dans la pelouse asséchée par la chaleur de juillet.
Le craquement sonore alerta tous les voisins qui avaient leur fenêtre ouverte et l’oncle Vernon se releva en faisant comme si de rien n’était. Il adressa le bonjour sur un ton gêné à la voisine qui regardait par-dessus la haie et dont le cou aurait pu rendre jalouse la tante Pétunia.
Harry remonta en vitesse dans sa chambre pour éviter la colère de toute la famille et en passant devant Dudley, il ne put s’empêcher de sourire. Il s’enferma et éclata de rire, alors que l’oncle Vernon s’était à nouveau mis à frapper contre sa porte.
Cela lui fit un bien fou. Il n’aurait pas pu dire à quand remontait la dernière fois qu’il avait rigolé. Mais rapidement, il repensa à l’enveloppe de Maugrey et il se mit à la contempler avec curiosité.
Il se dit qu’elle devait contenir des informations très importantes si McGonagall la lui avait envoyée par l’intermédiaire de Maugrey et non par hibou. Finalement, il se décida à l’ouvrir pour éviter de se poser trop de questions.
Il déchira l’enveloppe qui contenait un épais et long parchemin replié, ainsi qu’un petit mot qui était de la main de McGonagall.

Cher Mr Potter,

J’ai joint à ma lettre une lettre d’Albus Dumbledore qui vous est exclusivement destinée et qu’il a rédigée quelques jours avant sa mort. J’ai trouvé cette lettre posée sur le bureau directorial et je n’ai pas pu l’ouvrir, je suppose qu’il l’a ensorcelée et que vous seul pourrez.
Je vous demande néanmoins de me tenir au courant de son contenu, et il est important que nous en discutions. Cette lettre peut contenir des informations importantes pouvant être utiles pour l’Ordre du Phénix mais aussi pour l’école de Poudlard. Je sais que le professeur Dumbledore souhaite que vous dirigiez l’Ordre du Phénix (il m’a laissé une seconde lettre) mais je vous le déconseille, vous êtes encore trop jeune. Bien entendu je ne m’opposerai pas à sa volonté.
Comme je vous l’ai déjà dit, je souhaite discuter avec vous, c’est pourquoi je viendrai vous chercher au 4, Privet Drive le 16 juillet à dix-sept heures pour une réunion spéciale de tous les membres de l’Ordre du Phénix. Vous passerez cinq jours à Poudlard en compagnie de tous les membres de l’Ordre du Phénix et de vos amis Miss Granger et Mr Weasley. 
Surtout soyez très prudent et, quoi que vous ait dit Albus Dumbledore dans cette lettre, ne faites rien sans me l’avoir dit. Attendez jusqu’au 16 juillet et n’envoyez pas d’informations importantes par hibou.
Je vous prie d’agréer l’expression de mes sentiments distingués.

Minerva McGonagall
Directrice de l’école de sorcellerie de Poudlard.

Harry sentit d’abord la colère monter en lui au fur et à mesure de sa lecture. Comment McGonagall pouvait-elle encore le prendre pour un bébé de cette façon ? Surtout après que Dumbledore lui avait permis de venir avec lui en mission pour chercher le médaillon.
Mais la pensée que Dumbledore lui avait laissé une lettre reprit rapidement le dessus. Il se demandait si ce n’était pas une blague.
Que voulait lui dire Dumbledore spécialement à lui ? Et puis pourquoi le lui dire par lettre ?  Avait-il prévu de mourir ? Etaient-ce simplement des informations sur comment détruire Voldemort, ou simplement un message d’adieu ?
Toutes ces questions se bousculaient dans sa tête. Il avait comme l’impression qu’il allait pouvoir reparler à Dumbledore et il déplia fébrilement le long parchemin. 
L’écriture fine et penchée de Dumbledore lui apparut comme un gros réconfort.

Cher Harry,

J’espère que tu n’es pas trop troublé par ma mort. En tous cas de mon côté je vis bien les choses.
Tu dois bien entendu te demander comment je sais que je suis mort alors que je suis mort.
En fait je savais que je devais mourir, cela fait partie d’une dernière mission que je me suis donnée, même si en définitive je ne crois pas que ce sera la dernière. 
Ma mort fait partie d’un plan ingénieux que tu ne vas d’abord pas comprendre et que je ne peux pas t’expliquer pour le moment, mais je te demande de me croire. 
Quand tout le monde a appris le retour de Voldemort l’été dernier, celui-ci a décidé a décidé de changer de stratégie et de me tuer pour que tu te retrouves sans protection. Il a confié cette mission difficile à Drago Malefoy, en n’étant pas très convaincu de ses chances de réussite. En réalité, il a aussi et surtout voulu se venger de l’échec de Lucius au Département de Mystères pour récupérer la prophétie.
Il a donc confié à Drago la mission de me tuer, et en cas d’échec, il serait tué. C’est donc à cela que Drago a travaillé toute l’année, et cela l’a beaucoup perturbé.
J’ai appris cela par l’intermédiaire du professeur Rogue qui a cherché pendant toute l’année à savoir ce que voulait faire Malefoy. Voldemort ne lui avait pas parlé de cette mission. Et en réalité, même s’il lui fait croire qu’il a complètement confiance en lui, cela est faux. 
Il est très déçu de son inefficacité en tant qu’espion de l’Ordre du Phénix. Severus ne lui a jamais apporté d’information cruciale permettant ta capture ou la mienne. Il ne lui a apporté que quelques informations peu utiles. Et Voldemort le soupçonne donc de lui cacher des choses, même s’il ne le lui dit pas et le laisse faire, tout en ne lui révélant pas d’informations importantes au cas où il serait un espion pour l’Ordre du Phénix. Ainsi il a été tenu à l’écart de ce plan alors que les autres Mangemorts le connaissaient.
Un soir, Narcissa Malefoy, la mère de Drago, s’est rendue chez Severus pour lui demander d’aider Malefoy. Elle était convaincue que Drago échouerait sans une aide majeure, et Severus, en tant que professeur à Poudlard, était le mieux placé pour réussir. Ce soir-là, malheureusement, Bellatrix Lestrange était présente, et tu connais toute la rancœur qu’elle a à l’égard de ceux qui n’ont pas aidé Voldemort à revenir pendant les treize ans où il était très affaibli. Elle a donc accusé Severus d’être un traître pour l’Ordre du Phénix, et elle lui a demandé de faire le Serment Inviolable pour prouver qu’il ne l’était pas.
Le Serment Inviolable est un puissant enchantement qui ne peut être rompu, et qui oblige la personne qui le fait à accomplir ce qu’elle a promis de faire, sous peine de devoir mourir.
Severus a donc dû promettre d’aider Drago à accomplir sa mission et à l’accomplir à sa place dans le cas où il échouerait. Il ne connaissait en fait pas à ce moment-là le contenu de cette mission.
Tu dois comprendre qu’il a été contraint de faire le Serment Inviolable pour sauver son rôle d’espion, si important comme je te l’expliquerai plus tard. Il a aussi cru que cela lui permettrait de connaître cette mission pour pouvoir me prévenir et faire en sorte qu’elle ne réussisse pas.
Severus, ce jour-là, a assuré sa place d’espion pour le compte de l’Ordre du Phénix, sans savoir la chose terrible qu’il allait devoir faire.

Evidemment, il était inconsolable lorsqu’il a appris le contenu de la mission, et nous avons longuement discuté. Il souhaitait mourir plutôt que de respecter le Serment Inviolable et me tuer. Ce jour-là je savais que je n’avais plus le choix, j’allais devoir mourir, et j’ai fait en sorte de mettre en ordre certaines choses avant que cela ne se produise.
C’est alors qu’une idée formidable m’est venue, et j’ai conçu un plan qui s’avérait être un véritable espoir de te faciliter grandement la tâche de venir à bout de Voldemort. En fait il me suffisait de mourir. C’est la base du plan. Le reste, tu le comprendras plus tard, et il y a quelque chose que tu ne dois pas savoir, sans quoi tout échouerait. Ainsi, je te demande pour l’instant de ne pas poser de questions à propos de ce plan.
Et bien sûr, en plus de cela, je pouvais permettre à Severus de ne pas mourir, et en me tuant, il assurait pour toujours sa place d’espion pour nous auprès de Voldemort.
Comme toi je le pense, il n’a pas compris ce plan et a immédiatement refusé. Nous nous sommes disputés plusieurs fois. Il a cru que j’étais devenu fou et j’ai eu toutes les peines du monde à le convaincre.
Nous avons donc essayé de mettre en place les circonstances de la mort. Tout avait changé, il devait faire échouer Drago pour me tuer à sa place, et commettre le meurtre devant les Mangemorts.
Ce ne sera pas facile pour lui d’être considéré comme un assassin, un traître, par toute la communauté, car il ne l’est pas. Et après avoir commis ce meurtre, il va devoir vivre à l’écart, parmi les Mangemorts, qu’il aimerait tant pouvoir quitter.

Tu dois penser que Severus m’a trahi, et je comprends ton envie de vengeance. Mais j’espère t’avoir convaincu, sinon je serai mort pour rien et le plan échouera.
Tu dois savoir qu’il était dégoutté et honteux de ce qu’il faisait, et je crois que c’est vraiment parce que c’était moi qui le lui demandais qu’il l’a fait.
Tu dois donc lui faire confiance autant que tu me ferais confiance et t’efforcer de mettre de côté ta haine.

Severus Rogue est le seul à part toi à connaître l’existence des Horcruxes et il va t’aider à les détruire. Sa mission est d’essayer d’obtenir des informations sur le passé de Voldemort, maintenant qu’il a, j’en suis certain, gagné toute la confiance de Voldemort, et même plus, en réussissant ce que même lui n’avait pas réussi à faire. Je te donnerai plus de détails sur comment les choses vont se passer dans la suite de ma lettre.
Je dois d’abord t’expliquer certaines choses qui auraient pu se produire lors de ma mort et j’espère que tu m’excuseras de ne pas en savoir la date précise.
Sache que Drago Malefoy cherche un moyen de faire pénétrer les Mangemorts dans l’école. Malheureusement il n’en dit rien à Severus. Je ne sais pas s’il réussira, nous avons placé des protections très fortes, mais elles ne sont certainement pas infaillibles.
Mon assassinat doit se dérouler devant Drago Malefoy, ou les Mangemorts s’ils venaient à percer nos défenses, ce que je n’espère pas. 
Ainsi, devant eux, Severus devra simuler qu’il te déteste, et il fera en sorte de s’opposer à toi et à tes camarades. Mais nous avons trouvé deux arguments pour qu’il empêche les autres Mangemorts de vous faire du mal. Tu sais que Voldemort veut te tuer en personne, il serait furieux s’il apprenait que quelqu’un a eu le plaisir de le faire à sa place, et je ne donnerai pas cher de la peau de cette personne. En ce qui concerne tes camarades, une fois la mission accomplie, Severus demandera à Drago et aux éventuels Mangemorts de quitter le château rapidement étant donné qu’ils n’auraient alors plus rien à faire là.
Et dans le cas où toi ou tes amis seraient présents, je m’efforcerais de vous immobiliser pour vous empêcher de faire échouer la mission. 
J’espère que tout s’est bien passé, mais malheureusement je ne peux pas le savoir.

Severus te contactera après avoir pris la fuite en espérant que tu aies déjà eu cette lettre entre les mains. Je ne doute pas que Minerva te la fera parvenir dans les plus brefs délais, et  je préfère ne pas imaginer le désastre si ce n’était pas le cas. 
Il est important que personne d’autre que toi et tes amis Ronald et Hermione ne sache qu’il est avec nous, pas même l’Ordre du Phénix. La position de Severus est trop importante pour prendre le risque qu’elle soit découverte.
Je sais bien que tes relations avec lui ont toujours été plus que compliquées, et je sais que tu ne l’apprécieras jamais, et réciproquement. Je sais que tu auras du mal à me croire, mais je suis certain que tu y arriveras.

Severus va donc continuer à se faire passer pour un Mangemort. Tu entendras peut-être qu’il a commis des actes horribles, mais cela sera faux, il ne le pourrait pas, et il essaiera parfois de s’attribuer des méfaits que d’autres Mangemorts auraient accomplis. Cela augmente bien sûr la difficulté de son travail, et le respect que j’ai et que tu dois avoir pour lui. Il sera en permanence dans une situation délicate. A chaque fois qu’il voit Voldemort, il est sans cesse dans l’angoisse de commettre une erreur et que sa position soit trahie. Ce n’est pas facile de mentir à Voldemort, et Severus accomplit un travail extraordinaire pour y parvenir. Il faut vraiment que tu lui fasses confiance, et que tu fasses tout pour ne pas lui compliquer les choses.
 
En ce qui concerne les relations entre ton père et lui lorsqu’ils étaient à l’école, un autre sujet sensible, il faut que tu comprennes qu’il est normal qu’ils ne se soient pas appréciés, voire détestés. Ils étaient opposés comme toi et Drago Malefoy, mais jamais l’un d’entre eux n’aurait voulu réellement du mal de l’autre.
Je suppose et j’espère que c’est également le cas entre toi et Drago, même si aucun d’entre vous ne va bien sûr le montrer. 
Lorsqu’il a révélé la prophétie faite par Sybille Trelawney, jamais il n’avait songé aux conséquences que cela entraînerait. Et depuis ce jour, il a définitivement abandonné Voldemort.
Je crois en fait qu’il était amoureux de ta mère même s’il faisait tout pour le cacher, et qu’il était ainsi jaloux de ton père. Mais il était encore jeune et mauvais et je peux t’assurer qu’il a changé même s’il ne veut pas l’avouer. Il aura forcément des réticences à ton égard, qu’il ne saura jamais mettre de côté à mon avis, mais cela ne change pas que vous êtes tous les deux dans le même camp, et que vous devez vous faire confiance.
A propos du Prince de Sang-Mêlé, Severus m’a raconté que tu avais découvert ce secret. Là encore, il était jeune, bête et méchant, et cela fait partie des choses qu’il regrette.
Je pense qu’il n’est bon ni pour lui, ni pour toi de reparler de tout ça et je sais que tu es capable de laisser ta curiosité de côté pour te concentrer sur des choses plus importantes.
En ce qui concerne l’école de Poudlard, je pense que tu es d’accord avec moi qu’il est crucial qu’elle ouvre à nouveau à la rentrée. Il faut que tu fasses tout ton possible pour aider le professeur McGonagall. Une tâche difficile l’attend. 
Je lui ai également adressé une lettre, mais je vais tout de même te faire part des instructions que je lui ai données. Bien sûr, ce sont seulement mes volontés et je pense que vous savez très bien ce qu’il sera bon de faire pour l’école.
Tout d’abord, il faut que tu sois très compréhensif avec le professeur McGonagall. La pression qui sera sur ses épaules sera énorme et il sera de plus en plus difficile de résister aux assauts de Voldemort.
Elle va tout faire pour améliorer la sécurité des élèves et pour cela, elle va devoir prendre des mesures draconiennes que tu vas juger beaucoup trop contraignantes. 
Je te demanderai donc simplement de faire semblant de respecter les instructions qu’elle te donnera, dans la mesure du possible. 
Cependant, je pense qu’au bout de six années à Poudlard, tu connais parfaitement toutes les techniques pour faire des choses interdites sans te faire repérer.
J’ai également expliqué à Minerva que tu devras quitter parfois Poudlard et je lui ai demandé de ne pas trop essayer de savoir ce que tu fais et de faire en sorte de cacher tes missions aux autres élèves.
Je pense que tu dois désormais être à la tête de l’Ordre du Phénix et je sais que cela ne lui plaira pas beaucoup, essentiellement pour ta sécurité. Mais je suis certain qu’elle ne s’y opposera pas si tu acceptes cette mission supplémentaire. 
N’oublie pas que tu ne dois rien expliquer de ce que tu fais à l’Ordre du Phénix. En revanche il pourra t’aider dans tes déplacements et notamment pour ta sécurité.
En ce qui concerne le travail habituel des membres de l’Ordre du Phénix, ils t’expliqueront tout et il est préférable que tu les laisses s’organiser tous seuls, ils en ont l’habitude et les rotations se font très bien. Je pense que Remus Lupin est excellent pour assurer ce travail et qu’il peut s’occuper de cette organisation.
Cela te permettra d’éviter de perdre trop de temps dans des tâches que d’autres peuvent faire, et de te concentrer sur ta mission. Et puis, j’ai l’impression que ce travail n’est pas vraiment fait pour toi, et que tu préfères l’action. 
Le quartier général de l’Ordre du Phénix sera installé à Poudlard. J’ai déjà donné au professeur McGonagall des instructions en ce qui concerne ce point. Il existe une salle cachée exactement sous le bureau du directeur. On peut y accéder de deux façons : par le bureau du directeur en ouvrant une porte secrète située derrière l’armoire où j’entreposais ma Pensine, et par l’extérieur.
Il y a dans le couloir du premier étage de l’aile principale, plusieurs tableaux dont un qui représente des friandises moldues, dont mes préférées les sorbets au citron. 
Le mot de passe est réglisse (les Moldus en mangent et je dois avouer qu’ils n’ont pas tort, tu dois certainement connaître). 
J’ai moi-même créé cette salle pour en faire une bibliothèque : tous mes livres y sont encore et ils t’appartiennent maintenant. Le fait que le quartier général de l’Ordre du Phénix soit au cœur même de Poudlard implique de gros risques. Mais j’ai jugé qu’il est bon que tu réduises tes déplacements à ceux les plus importants.  
Grâce à cette salle, tu pourras poursuivre tes études ce qui est très important si tu veux assurer ton avenir, tout en pouvant t’organiser avec tous les membres de l’Ordre du Phénix. Tu t’en doutes, il faut impérativement que cette salle reste secrète. La découverte de tes plans serait catastrophique.
Je pense quand même que tu es capable d’être prudent quant à cela : seuls tes amis Ronald et Hermione doivent connaître l’existence de cette salle. Je t’invite par exemple à changer le mot de passe souvent. Le professeur McGonagall t’expliquera certainement comment faire. 
Dans cette salle, que j’ai appelée la Salle du Phénix, il y a une grande pièce contenant une immense bibliothèque, avec une table aménagée pour les réunions de l’Ordre du Phénix.
Mais ta mission ne s’arrête pas là : tu dois détruire les Horcruxes de Voldemort. Même l’Ordre du Phénix ne doit rien en savoir, et il y donc encore une pièce secrète que je viens d’aménager en prévision de cette mission. Son entrée se trouve tout au fond d’une rangée de la bibliothèque, il y a une pierre plus foncée que les autres et qui dépasse un peu. Tu auras peut-être du mal à la trouver, mais au moins personne ne la remarquera.
Seules les personnes qui ont un fort lien magique avec Fumseck peuvent y pénétrer, même si celui-ci est mort (car je suis certain qu’il va mourir, tu comprendras un jour la signification de cette phrase). 
Il se trouve que seuls toi, moi et Voldemort peuvent y pénétrer. Je ne peux évidemment plus, et je ne pense pas que Voldemort s’aventurera dans Poudlard, même si je ne suis plus là, pour y trouver la Salle du Phénix, et encore moins l’entrée de cette salle secrète. 
En fait, tu es donc le seul qui puisse y entrer. Tes amis Ronald et Hermione devront être avec toi pour pouvoir y venir. Il te suffit de poser une main sur la pierre et la salle va s’ouvrir. Je l’ai équipée d’une alarme magique très inspirée des alarmes moldues. Elle se déclenchera à chaque fois que quelqu’un se trouve dans la Salle du Phénix, mais elle n’est pas aussi bruyante que les alarmes moldues, et elle te laissera dans le calme pour travailler. Quand tu voudras sortir de cette salle, il faudra que tu consultes cette alarme pour ne pas te faire découvrir par un membre de l’Ordre du Phénix. 
De plus, même si le ministère va, je pense, faire renforcer les mesures de sécurité dans l’école, il est préférable que l’Ordre du Phénix soit présent au complet dans Poudlard. Lorsque j’étais encore là, les Mangemorts avaient peur de se risquer à attaquer. Ils n’auront plus peur désormais, et Poudlard est de moins en moins en sécurité. 
A propos du bureau du directeur et de la Salle du Phénix, il est possible que vous entendiez parfois ma voix parler. Et mon ancien appartement va rester fermé. Le professeur McGonagall disposera d’un autre voisin. 
Je te demande de ne pas essayer de comprendre les raisons de tout cela. Oublie ces faits et n’y fais plus attention, il se pourrait que les murs gardent des souvenirs de moi, même si je n’y crois absolument pas.
Revenons à Poudlard, tu m’excuseras si je me perds un peu dans ma lettre, j’ai tellement d’informations à te donner que je ne sais pas où aller. Si jamais le professeur McGonagall hésite, je te demande de tout faire pour la convaincre (je te fais confiance et je sais que tu n’utiliseras pas de moyens illégaux). J’ai déjà beaucoup insisté mais l’avis d’élèves sera peut-être plus convainquant. 
En ce qui concerne les professeurs, je lui ai donné ces informations dans la lettre qui lui était destinée, ce n’est que mon avis et elle sera libre de décider. 
Tout d’abord il faut absolument que le professeur Trelawney reste à Poudlard et qu’elle y soit en sécurité. Cela coule sous le sens, et Minerva saura assurer sa protection.
Si possible, je souhaiterai qu’Alastor Maugrey enseigne la Défense contre les forces du Mal. Mais surtout, si jamais il doit être en mission, il est très important qu’il soit remplacé. Votre enseignement en Défense contre les forces du Mal est très important et je souhaite que votre nouveau professeur vous apprenne comment réagir en cas d’attaque. Il faut que tous les élèves sachent qu’ils seront malheureusement peut-être confrontés aux Mangemorts pendant leur année à Poudlard.
Bref, je pense que tu as compris qu’il faut que votre professeur soit à l’opposé de Dolorès Ombrage. Alastor a parfois des réactions un peu démesurées et des méthodes brutales, mais il serait excellent pour ce poste.
Je pense qu’il est mieux que le professeur Slughorn reste même si je doute qu’il le veuille. Il nous a fourni l’élément le plus important pour pouvoir détruire Voldemort, et je ne crois pas qu’il puisse t’apporter d’autres informations importantes. Mais n’oublie pas qu’il a été le professeur de Voldemort, et qu’il est possible qu’il connaisse des choses que nous ne connaîtrions pas, même des détails à première vue inutiles.
Il faut aussi que Minerva soit remplacée à son poste de professeur de Métamorphoses. Tu peux lui dire de ma part qu’elle a été un excellent professeur, mais avec tout le travail qu’elle aura, il lui sera difficile de cumuler les deux postes. Remus Lupin, conviendrait parfaitement pour ce poste et je pense qu’il serait ravi de revenir à Poudlard.
Mais je ne vais pas faire la liste des professeurs à la place de Minerva, et il ne s’agit que de conseils. Il faudra que tu insistes particulièrement sur l’importance de la Défense contre les Forces du Mal, et même si Minerva sera peut-être réticente face à certaines méthodes de travail d’Alastor, tu devras la convaincre de leur intérêt.
Il faudra aussi qu’elle se méfie de tous les élèves car je sais qu’elle était complètement convaincue de l’innocence de Drago Malefoy. Elle a tendance à croire que des enfants ne pourraient jamais commettre des crimes ou faire des choses horribles. Et pourtant, Tom Jedusor a tué son père et ses grands-parents alors qu’il était encore élève à Poudlard. Tu peux rappeler à Minerva ce que Drago a presque réussi à faire, sans la faire culpabiliser pour autant.

Il m’a semblé que Miss Weasley, Miss Lovegood et Mr Londubat regrettent ton association appelée l’Armée de Dumbledore. Je pense que tu devrais continuer tes cours au moins pour eux qui sont des amis fidèles. Ils seront ravis à mon avis de t’aider pour certaines choses, sans que tu ne leur révèles des détails importants bien entendu, ou que tu leur fasses courir des risques. 
Je suppose que Mr Gregory Goyle et Mr Vincent Crabbe vont rester à Poudlard et il serait mieux d’éviter qu’ils ne servent à aider des Mangemorts à pénétrer dans l’école, n’hésite pas à les surveiller si tu penses que le professeur McGonagall ne le fait pas efficacement.

En ce qui concerne ta mission de détruire les Horcruxes,  Severus va t’aider et t’apprendra beaucoup de choses, et notamment un peu de magie noire. Cela te sera nécessaire pour progresser. 
Lors de tes déplacements, tes voyages, ou tes missions, tu devras être très prudent. Ne fais pas de choses insensées ou inutiles et fais-toi toujours accompagner de membres de l’Ordre du Phénix. 
Severus va tout faire de son côté pour t’éviter des ennuis lors de tes déplacements, et notamment faire en sorte que tu ne rencontres pas de Mangemorts.
Lorsque tu te feras accompagner par des membres de l’Ordre du Phénix pour des missions qui concerneraient les Horcruxes, ils devront rester en arrière pour assurer ta sécurité et tu ne devras en aucun cas leur dire ce que tu fais.

Harry, je comprends ton envie de détruire Voldemort et de libérer la communauté magique de cette guerre qui a bien trop duré, et qui a fait bien trop de victimes. Mais il est important que tu assures ton avenir : il faut que tu continues d’étudier et que tu obtiennes tes A.S.P.I.C. pour pouvoir plus tard exercer le métier de ton choix. Tu ne dois en aucun cas te sacrifier pour la communauté magique, tu dois seulement l’aider : pense à ta vie et à ceux qui t’aiment. 
Severus Rogue va donc t’aider dans ta mission mais il ne sera pas le seul. Il y a quelqu’un d’autre que tu ne connais pas encore et qui va t’être très utile. Il s’agit de mon frère Abelforth. 
Même s’il s’est toujours fait discret, il m’a toujours beaucoup aidé dans ce que j’entreprenais, et il m’a en particulier aidé à rechercher des indices sur le passé de Voldemort.
Il a beaucoup de choses à te montrer que tu ne connais pas. Tu vas certainement le trouver étrange, et tu n’auras pas tort, mais il ne l’est pas plus que moi. Ce n’est pas très grave, l’important est le travail que vous allez faire ensemble. 
Etant donné qu’il a eu quelques problèmes avec le ministère, il serait bien que tu ne révèles à personne que tu le connais, sauf bien sûr à tes amis Ronald et Hermione. 
Severus est déjà au courant et il a déjà rencontré Abelforth. Une fois que tu sauras transplaner (j’ai adressé peu avant ma mort une lettre au ministère pour que tu puisses rapidement passer ton permis, et tu seras contacté pour cela dès le début des vacances d’été), il serait bien que tu ailles chez lui le plus souvent possible. Une fois par semaine est un minimum. 
Lors de ces réunions entre lui, toi et Severus, vous organiserez votre travail et vous ferez le point sur l’avancement dans la recherche des Horcruxes. La plupart du temps, tu seras seul avec lui et vous ferez de simples entraînements. La première fois, Severus t’y emmènera par un Transplanage d’escorte. 
Mon frère t’expliquera beaucoup de choses mais ne pourra pas t’expliquer les raisons de ma mort et le plan qui est derrière, même s’il est au courant d’absolument tout.

J’espère que tu me pardonnes de ne t’avoir rien dit mais je redoutais que tu empêches Severus de me tuer. Le plus important est que tu fasses confiance à mon frère et à Severus et que ce plan reste secret. J’ai peur que si quelqu’un l’apprenne, même un allié, il se répande jusqu’aux Mangemorts et à Voldemort. Si tout cela est respecté, je pense que les choses se passeront bien et que le plan pourra se dérouler sans accroc.

Severus va donc prendre contact avec toi et t’expliquer certaines choses en détail. Il te présentera mon frère dans le courant du mois de juillet si tout se déroule comme prévu. Mais si jamais tu as d’autres choses de prévues avec l’Ordre du Phénix et en particulier avec Minerva McGonagall, il sera préférable de repousser tes rendez-vous avec mon frère et Severus pour éviter qu’on te soupçonne de faire des choses importantes en dehors de tes missions avec l’Ordre du Phénix.
Il est important que tu ne sois jamais en mauvais termes avec le ministère. Tu dois éviter à tout prix qu’une situation similaire à celle qui s’était installée lorsque Cornelius Fudge ne voulait pas croire au retour de Voldemort, ne se reproduise. En fait, il ne faut surtout pas que le ministère te freine dans ta recherche des Horcruxes de Voldemort. Cela ne veut pas dire qu’il faut absolument que tu t’entendes très bien avec Rufus Scrimgeour car je pense que tu n’en as pas du tout envie, mais simplement que tu sois parfois un peu plus diplomate.
Il me semble vraiment que Rufus Scrimgeour t’en veuille de ne pas collaborer avec lui et si vos relations s’aggravent, tu devras passer outre tes réticences et faire dans une certaine mesure ce qu’il te demandera de faire. Bien entendu tu ne dois pas passer pour la solution miracle pour faire monter la popularité du ministère. Mais je te conseille de communiquer avec lui, de donner ton avis tout en te détachant comme je le faisais. Evidemment, si le Ministère fait d’énormes bêtises, il faudra les dénoncer, mais je pense que Rufus Scrimgeour n’est pas un mauvais ministre. Dans tous les cas, assure-toi toujours de ne pas être espionné et garde bien ta liberté.

Je vais maintenant te donner quelques conseils qui te concernent plus personnellement. Comme je te l’ai dit plus haut, tu ne dois en aucun cas te sacrifier pour la communauté. Tu as une vie devant toi, et tu dois t’assurer un avenir qui te plait. Bien sûr, si tu arrives à vaincre Voldemort, tu seras considéré comme un héros, et tu pourras certainement accéder à toutes les fonctions que tu veux. Mais je ne pense pas que c’est ce qui t’intéresse, et que tu voudras oublier cet épisode de ta vie pour pouvoir en profiter au maximum.
Tu as sans doute remarqué le lien spécial qui unissait Fumseck et moi. Je te conseille donc de t’accompagner toute ta vie d’un phénix. Se lier à un phénix n’est pas un acte à prendre à la légère, et si je te le propose, c’est que je pense que tu en es capable et que cela te sera bénéfique.
Les phénix sont des créatures,, comme tu le sais déjà depuis que tu as rencontré Fumseck, qui ont de nombreux pouvoirs magiques. Lorsqu’un phénix se lie avec un sorcier ayant de grands pouvoirs magiques qu’il utilise pour faire le bien autour de lui, il se crée un fort lien magique qui peut permettre d’accomplir de grandes choses.
Toute ma vie j’ai développé mes pouvoirs magiques dans le but de faire le bien autour de moi, et mon lien avec Fumseck était immense. Ces liens peuvent parfois être tellement forts que des phénomènes très rares peuvent être observés, il existe à propos de cela de nombreuses légendes dont j’ignore si elles sont vérifiées. 
Mais un  phénix ne peut se lier qu’à un sorcier véritablement bon, honnête et loyal, qui ne le considère pas comme un esclave mais comme son égal et comme un véritable ami. Je suis convaincu que tu en es capable car comme tu me l’as toi-même dit et contrairement à Voldemort, tu peux aimer. 
Fumseck aurait bien sûr voulu être ton ami mais il ne le peut malheureusement plus. J’ai énormément communiqué avec lui tout au long de ma vie, et c’est lui qui m’a fait comprendre à quel point tu étais fait pour te lier avec un phénix.
Lorsqu’un phénix et un sorcier se lient on dit qu’ils forment un couple et le phénix est le Conjugué du sorcier et inversement le sorcier est le Conjugué du phénix. Les phénix sont des oiseaux très rares mais je connais un endroit où tu pourras en rencontrer un. J’ai un vieil ami nommé Octave Melodge qui est spécialisé dans les animaux pouvant créer un lien magique avec un sorcier, et il t’expliquera cela en détail.
En plus il aime comme moi les sorbets au citron : c’est l’un des rares sorciers qui a accepté de les goûter ; donc je suis sûr que tu le trouveras sympathique. 
Il possède un magasin sur le Chemin de Traverse. C’est une boutique merveilleuse où tu pourras découvrir des choses très intéressantes. L’adresse exacte est le 293, Chemin de Traverse. C’est une boutique très peu fréquentée (je crois qu’il a en moyenne un client tous les trois mois) mais il étudie surtout ses animaux et ne cherche pas forcément à les vendre.
Le phénix te choisira lui-même un peu comme le ferait une baguette magique. Et je pense que beaucoup de phénix seraient honorés de se lier avec toi. Tu devras en choisir un selon ton instinct, et les autres ne t’en voudront pas.
Personnellement, je crois me souvenir que tous les phénix du magasin avaient voulu de moi, mais j’avais senti sur le moment que je devais choisir Fumseck et c’est ce que j’ai fait. 
Former un couple magique avec un phénix demande une grande volonté et une grande persévérance de la part du sorcier. Le phénix est tout naturellement ouvert vers le sorcier mais s’isolera s’il sent que son sorcier Conjugué ne lui porte pas suffisamment d’attention. Bien sûr, je ne doute pas une seconde que tu as toutes les qualités pour former un couple magique avec un phénix et parvenir à créer un très fort lien magique entre vous deux. 
Je t’ai parlé de ma bibliothèque lorsque je t’ai parlé de la Salle du Phénix, elle te revient complètement et tu y trouveras un livre très intéressant qui traite de la communication entre les humains et les phénix que je te conseille vivement de lire. 
Par ailleurs, je pense que cela t’apportera beaucoup de parcourir ces livres. Ce sont ceux qui m’ont servi à apprendre l’essentiel de tout ce que je sais. Il y en a de très intéressants à propos de vieille magie et cela pourrait t’être utile pour  vaincre Voldemort. Si tu en as le temps, tu pourras donc compléter ton éducation grâce à ses livres : c’est ce que j’ai fait quand j’avais ton âge, et que j’étais étudiant à Poudlard. Mais je dois te mettre en garde, tu dois faire attention à ne pas vouloir apprendre trop de choses d’un coup, car cela peut s’avérer dangereux. Abelforth va t’aider dans tes entraînements pour que ta magie reste équilibrée.

Lorsque j’étais jeune, tu as peut-être entendu parler que j’ai vaincu Grindelwald, un mage noir un peu moins puissant que Voldemort qui terrorisait la population et que personne n’osait affronter. C’est indiqué sur ma carte de Chocogrenouilles. 
Il se trouve que ce Grindelwald avait fait un Horcruxe, non pas pour se rendre immortel mais pour donner une impression plus puissante de lui-même et pour terroriser encore plus l’ensemble de la communauté magique. J’ai détruit cet Horcruxe qui était un plan du métro de Londres. Tu constates qu’il n’attachait pas autant d’importance à la grandeur et à la symbolique de ses Horcruxes que Voldemort. 
Il se trouve que j’ai gardé une marque de la destruction de cet Horcruxe, il s’agit d’une cicatrice que tu n’a jamais vue puisqu’elle se trouve sur mon genou gauche. En fait, le plan du métro s’est imprimé dans ma peau à cause d’un maléfice. Je préfère cela à la main perdue, car cela m’a bien été utile lorsqu’un jour je me suis retrouvé perdu dans le métro de Londres. Les Moldus à qui j’avais demandé des indications sur la ligne à prendre avaient d’ailleurs été surpris de devoir consulter le plan sur mon genou, et ils n’avaient pas voulu me croire lorsque je leur avais expliqué qu’un maléfice en était la cause. Malheureusement, il n’est pas très pratique de devoir consulter une carte située sur son genou.
Pour revenir aux choses sérieuses, j’ai dû le vaincre avec  une forme particulière de l’Avada Kedavra. Tu auras le temps de la découvrir plus tard. C’est une forme qui ne peut être utilisée que pour faire le bien, et j’ai dû mettre de mon côté mon envie de vengeance pour pouvoir l’utiliser. Ce sort est très dangereux et toute personne qui l’utiliserait pour tuer une autre personne en ayant de mauvaises intentions mourrait immédiatement. 
Je comprends que tu veuilles faire du mal à Voldemort mais lorsque tu en arriveras au moment de le tuer, il faudra que tu penses seulement aux vies que tu sauveras et aux heureux que tu feras. Tu pourras ainsi être pardonné d’avoir tué une personne. Mais Severus et Abelforth t’expliqueront cela en détail plus tard. 
Lorsque tu en arriveras à tuer Voldemort, je souhaite aussi que tu lui montres son erreur de ne pas avoir cru en l’amour, cette force que tu possèdes et que lui ne possède pas. Rappelle-lui la première leçon que je lui avais donnée le jour où l’on s’était rencontrés et fais-lui regretter d’avoir refusé de rester bon. Il aurait pu être un grand sorcier, certainement apprécié de toute la communauté, mais il a choisi la mauvaise voie. 
Bien entendu, si tu veux en finir au plus vite avec lui, ne risque pas ta vie à discuter avec lui, il n’en vaut pas la peine. 
Tu dois penser que j’ai réussi à  détruire Grindelwald car il était moins puissant que Voldemort et que dans ton cas tu auras encore plus de mal. Mais ce n’est pas vrai. A l’époque, personne ne m’a aidé à le détruire, car le fait de savoir qu’il avait fait un Horcruxe le rendait presque surhumain et personne n’aurait voulu se risquer à s’opposer à lui. 
Dans ton cas, beaucoup de personnes sont avec toi pour t’aider, même si beaucoup d’autres le voudraient mais sont terrorisées. Et je t’ai déjà donné beaucoup de conseils pour réussir à vaincre Voldemort, et Abelforth et Severus t’en donneront encore beaucoup d’autres. 
Ne te dis surtout pas que parce que je n’ai pas réussi à en venir à bout avant de mourir, tu n’y arriveras pas. J’étais devenu vieux et plus faible, et j’avais déjà accompli une grande mission. Celle-ci est pour toi, et tu réussiras, je n’en doute pas.
En revanche, tu es encore jeune et tu as tout ton avenir devant toi. Ne te décourage pas, tu peux y arriver et ta force de volonté est un atout incontestable. Si on ajoute le fait que des gens que tu aimes te soutiennent pour ce que tu es et non pas par peur, tu as un avantage considérable sur Voldemort.
Tu as remarqué que durant toute ma vie, en tout cas depuis que tu me connais, je me suis toujours attaché à ce que les sorciers soient unis. Il n’est pas acceptable que parce que l’on vient d’une famille moldue, on soit considéré comme inférieur à un sorcier qui vient d’une famille de sorciers. Ton amie Hermione Granger le prouve et aucune personne ne peut s’empêcher d’être impressionné par son talent. 
Si un jour dans ta vie tu as une certaine influence dans le monde des sorciers, par exemple si tu enseignes à des élèves ou si tu es ministre de la Magie, rappelle-toi cela. Tu devras t’attacher à faire passer mon message qui est aussi le tien, j’en suis sûr. La coopération entre les sorciers est très importante et aucune discrimination n’est acceptable. Les sorciers doivent aussi respecter les Moldus ; ils ne leurs sont pas supérieurs, ils ont simplement des aptitudes différentes.
Avec toutes les qualités que tu as, je suis certain que tu réussiras ta mission et que tu rendras, je l’espère définitivement, la paix à la communauté magique qui a trop longtemps souffert, et que tu arriveras à faire passer ce message. 
A toi seul, tu as représenté toute la souffrance qu’a pu causer Voldemort à l’ensemble de la communauté. A cause de lui, tu as perdu tes parents et Sirius. Ton amour pour eux te donne cette volonté de les venger qui est une force supplémentaire que Voldemort ne peut avoir. 
Il est maintenant tant immergé dans le mal qu’il ne peut plus revenir de notre côté ni même le vouloir. Tes parents et Sirius auraient été fiers de toi s’ils savaient ce que tu veux faire aujourd’hui, tout comme je le suis. Pour ma part, je dois dire que tu m’as beaucoup touché ces derniers temps, par ta bonté et ta détermination à être bon avec les autres. Tu honores parfaitement tes parents, et en détruisant Voldemort, tu termines ce que tes parents avaient voulu commencer et qui leur a coûté la vie. 
J’espère que tu y arriveras à la fois pour eux et pour toi, mais aussi pour tous les sorciers. Ta volonté à faire le bien autour de toi ne peut que te conduire à réussir contre la volonté nauséabonde de pouvoir de Voldemort qui l’a trop longtemps emporté. J’espère que cette lettre t’aura apporté de l’espoir, et t’aidera à trouver de la conviction pour réussir ce que tu entreprends.
Je te souhaite un avenir à la hauteur de ta bonté et de celle de ta famille disparue. Tu vas réussir à venir à bout de Lord Voldemort et à faire passer un message de paix au monde entier. Tu es quelqu’un d’exceptionnel et tu ne mérites que d’être heureux. N’oublie jamais que tu n’es pas destiné à te battre avec Voldemort mais que tu le fais parce que tu es bon, c’est cela qui te permettra de le vaincre. N’oublie jamais non plus que tu dois penser à toi et que ce que tu fais n’est pas un sacrifice.
 
Adieu Harry
Albus Dumbledore

PS. Si tu veux être sûr que j’ai bien écrit cette lettre, je te dis que ma confiture préférée est la confiture de framboises. Je crois que les seules personnes qui connaissent cette information sont toi et mon frère (et puis peut-être la caissière du supermarché moldu où je m’approvisionne) et par conséquent elle a peu de chances d’avoir été diffusée sachant que mon frère est – pardonne-moi mon manque de modestie – presque aussi fort que moi.


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