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Chapitre 116: La Guerre à Poudlard
Harry resta paralysé. Non, ce n’était pas possible, Neville ne pouvait pas avoir fait cela.
– Allons-y ! Vite ! On n’a plus de temps !
Et Harry partit en courant dans le couloir des cachots.
– Attendez ! cria Luna qui était resté en arrière.
– Quoi ? demanda Harry. Vite !
– Nous sommes des sorciers, non ? dit Luna avec un sourire.
– Qui ? demanda Harry bêtement.
– Eh bien nous, et nous avons une baguette magique, non ? Il faut bien s’en servir de temps en temps.
Harry regarda sa baguette magique. Evidemment, il n’y avait pas pensé dans la précipitation.
– On peut utiliser un sortilège d’Attraction, dit Luna.
– Attendez, le sac va casser la porte, dit Hermione.
A ce moment-là Fumseck émit un couinement.
– Laissez tomber, coupa Harry, je vais y aller avec Fumseck.
Et tous les deux transplanèrent, revenant quelques instants après avec le sac de Neville.
– Désolé, répondit Neville, honteux.
– C’est pas grave, répondit Harry, l’erreur est réparée. Bon maintenant, il va falloir se cacher, les J.M.P. arrivent.
Ils se cachèrent dans l’un des cachots inutilisés juste en face de l’entrée de la salle commune des Serpentard. Harry laissa la porte entr’ouverte, espérant écouter ce que disaient les J.M.P.
– Je n’arrive pas à croire qu’il n’ait toujours pas les ongles, pesta Pansy. Il nous les faut absolument dans les jours qui suivent, et Potter passera le pire week-end de sa vie.
– On peut peut-être tuer un élève ici, proposa Goyle. Et on lui récupère les ongles…
Pansy sembla considérer la proposition de Goyle puis la rejeta rapidement.
– Ca ne passerait pas inaperçu, répondit-elle, et Rogue ne serait pas content, il nous prend pour des bons à rien. C’est à nous de faire nos preuves, et quand on sera suffisamment forts, on aura le droit de tuer.
– Un Avada Kedavra, on doit pouvoir le réussir, non ? demanda Goyle.
– Ne soyez pas naïfs, répondit Nott sur un ton narquois, tu penses vraiment, toi, savoir faire un Avada Kedavra ?
– Ecoutez, si Rogue n’a pas les ongles demain, on n’aura qu’à aller ouvrir…
Mais Goyle trébucha à cet instant contre une dalle au sol et s’étala par terre en plein milieu du couloir.
Harry se retint de rire et il prêta l’oreille encore plus attentivement. Il devait absolument savoir ce que les J.M.P. comptaient ouvrir.
– Allez, rentrons, on a plein de choses à faire, dit Pansy. Tourment !
Le mur se retira dans un grondement.
– Que disais-tu ? demanda Nott à Pansy alors qu’ils s’apprêtaient à entrer dans la salle commune.
– Arrête de me tutoyer et appelle-moi Madame ! hurla Pansy.
Mais Harry ne pouvait plus rien entendre, les J.M.P. avaient disparu dans leur salle commune.
– Partons, dit Harry.
Ils rejoignirent la Salle du Phénix et Harry leur raconta ce qu’il avait entendu.
– C’est grave ! dit Hermione qui semblait horrifiée. S’ils sont prêts à tuer, ils changent de dimension, ce ne sont plus simplement des élèves perturbateurs mais de vrais Mangemorts. Je crois qu’il faut aller en parler à Lupin pour que les professeurs soient au courant.
– En attendant, ce qui m’inquiète le plus, dit Harry, c’est qu’ils veulent ouvrir quelque chose où ils pourraient trouver leurs ongles…
– Ca voudrait dire qu’il y a un mort quelque part dans le château ? demanda Ginny.
Harry s’imaginait déjà qu’il y avait des cadavres quelque part au fond des cachots, mais il chassa cette idée de son esprit, s’il y avait eu des meurtres dans l’école récemment, ils l’auraient su.
– En fait, oui, il y a des morts dans le château, dit Luna.
Harry ne répondit pas, ce devait être encore l’une de ses fantaisies.
– Comment ça ? demanda Ginny, qui connaissait Luna mieux que quiconque, et qui avait compris que ce qu’elle disait était sérieux.
– Dumbledore, McGonagall et Flitwick, dit Luna.
– Ils ne vont quand même pas… commença Hermione, horrifiée.
Décidément, Luna venait de faire un bond dans l’estime d’Harry, et il s’en voulait de ne pas avoir vraiment fait attention à ce qu’elle disait.
– Malheureusement, ils en sont capables, dit Harry. Y’a-t-il un moyen de sceller les tombes ?
– A mon avis elles le sont déjà, répondit Hermione. Reste à savoir comment, on peut toujours y ajouter des protections supplémentaires, les J.M.P. ne sont pas des génies, ils n’arriveraient pas à les enlever.
– On peut peut-être aller voir le professeur Tanghudaï, proposa Harry. C’est le meilleur, il pourra placer une protection que personne ne pourra jamais ouvrir.
– Certainement, mais pourquoi se compliquer la vie ? Je suis certaine que si l’on va voir Lupin, il nous confirmera que les J.M.P. n’ont aucune chance de réussir à les ouvrir.
C’est effectivement ce qu’ils firent après le repas, en se rendant dans son bureau, et Lupin avait été ravi de les voir.
– Vous ne croyez quand même pas qu’on a laissé les tombes sans protections ? demanda-t-il. Je vous assure que les J.M.P. ne les ouvriront pas, et croyez-moi, ils ne trouveront jamais leurs ongles dans le château. Seuls Rogue ou des Aurors peuvent les leur fournir.
– D’ailleurs, demanda Harry, il n’y a pas de Mangemorts dans le château ?
– Non, répondit Lupin, pas encore. Ils veulent y aller progressivement, apparemment. Mais je pense que le répit ne va pas durer. Certains Mangemorts sont installés dans une cabane à la lisière de la Forêt Interdite, ils sont prêts à intervenir rapidement, et d’ici une à deux semaines, le temps que tout le monde se soit adapté à la nouvelle situation, ils viendront dans le château. Et il y a malheureusement pire, je pense que Rogue veut remplacer certains professeurs, et il risque de le faire avec certains Mangemorts. Il faut que vous vous prépariez à ce que l’on ne soit peut-être plus là très longtemps.
Harry n’avait pas du tout envie que Lupin quitte le château. Même s’il savait que Rogue était de son côté et ferait en sorte de l’épargner, Lupin avait quelque chose de paternel, et il était toujours rassurant de discuter avec lui.
– Et vous irez où si vous devez partir ? demanda Harry à Lupin et Tonks.
– On verra bien, mais on ne sera jamais très loin, répondit Lupin. Et puis ce sera peut-être mieux, nous ne pouvons plus organiser de réunion de l’Ordre du Phénix dans le château. On agira de l’extérieur, et on continuera d’essayer d’alerter les gens.
– Il nous faudra trouver un nouveau quartier général pour l’Ordre du Phénix, ajouta Tonks. Le Terrier n’est plus sûr et les Mangemorts surveillent que l’on n’y revienne pas.
– On a pensé à la Cabane Hurlante, expliqua Lupin. Comme cela on resterait proche de Poudlard, avec un moyen d’y venir rapidement en cas de besoin. Et puis nous savons que personne n’y met jamais les pieds.
– Oui c’est une bonne idée, admit Hermione, mais il ne faudra pas vous faire repérer, alors.
– Non, on fera en sorte d’être discrets et de ne pas être aperçus à Pré-au-Lard.
– Et les protections autour du château ? demanda Hermione.
– Elles ont soigneusement été démantelées, n’importe qui peut venir, répondit Lupin. Les Aurors sont là pour rassurer les gens, mais on sait bien que la plupart sont avec le Ministère et les autres sont trop terrifiés pour refuser d’obéir. Il y a aussi ceux qui ont peur de perdre leur poste. En ces temps, un travail au Ministère est gage de sécurité. Beaucoup de commerçants ont fermé leurs boutiques parce qu’ils ont peur d’être attaqués.
– En fait, ajouta Tonks, on pense que le Ministère a retiré les protections au château pour inciter Dursley et Black à attaquer l’école. Tout est mis en scène précisément, les Mangemorts surgiraient pour sauver l’école et défendre les élèves. Et bien sûr, ils deviendraient des héros et l’Ordre du Phénix perdrait définitivement toute sa crédibilité.
– C’est ingénieux, avoua Hermione. Ceux qui voudraient contredire cette version des faits seraient considérés comme des fous et perdraient toute crédibilité.
– Voldemort et le Ministère doivent bien avoir une idée de ce que font Pétunia et Regulus en ce moment, non ? demanda Harry.
– Je n’en ai pas l’impression, au contraire, vu les moyens qu’ils mettent pour savoir où ils se trouvent, j’ai l’impression que ça les inquiète de ne pas savoir exactement leur localisation.
– Quels moyens ? demanda Harry.
– Je ne sais pas, tu sais en tant que membre connu de l’Ordre du Phénix, personne ne veut rien nous dire au Ministère. Mais on peut toujours entendre certaines choses. Et Arthur a écouté certaines conversations de Joe Jigger avec ses assistants quand il réparait la fenêtre dans son bureau. Il a fait envoyer des émissaires dans tous les pays du monde auprès des différents Ministères pour leur demander d’enquêter.
– D’un côté, s’ils obtiennent des informations, ce sera toujours bon pour nous aussi, ajouta Harry.
– C’est vrai, mais la menace immédiate, c’est Voldemort. On ne sait pas si Regulus Black et Dursley vont revenir.
– Il n’y a pas de doute, répondit Hermione, ils semblent être nés pour essayer de prendre la place de Voldemort, ils reviendront quand ils seront plus forts.
– En tous cas, certains Ministères étrangers ne semblent pas prêts à collaborer. C’est étrange, mais ils semblent plus au courant sur notre situation que la plupart des sorciers ici. Ils ont compris que le Ministère est sous le contrôle de Voldemort et que notre communauté est en grave danger.
– Ils ne peuvent pas nous aider, alors ? demanda Ginny.
– Je ne sais pas si c’est dans leur intérêt de risquer la vie de beaucoup de sorciers alors qu’ils n’obtiendront certainement rien en retour, répondit Lupin.
– Mais on pense quand même que c’est un point à considérer pour les actions futures de l’Ordre, poursuivit Tonks. On peut toujours essayer de les convaincre et ils peuvent au moins essayer de nous aider à répandre la vérité.
– Ils auront certainement peur des représailles, répondit Hermione. J’ai lu que lors de la première Guerre le Ministère a d’abord tenté de rendre le conflit mondial pour mieux vaincre Voldemort, mais que les différentes communautés ont refusé lorsque Voldemort les a menacées en y envoyant des Détraqueurs.
– Pourquoi d’ailleurs est-ce que Voldemort ne veut pas essayer de prendre le contrôle du monde ? demanda Harry.
– C’est une bonne question, et l’Ordre se l’était déjà posée il y a quelques années, répondit Lupin, qui semblait se remémorer les longues réunions tenues en secret à l’époque de la première Guerre. Dumbledore nous avait expliqué que Voldemort avait trop de mépris pour les autres communautés et notamment les formes de Magies qu’elles pratiquent pour vouloir les conquérir. En fait pour lui le monde se résume à notre communauté.
– D’ailleurs c’est une erreur, ajouta Hermione, il y a plein de communautés intéressantes, et je crois que Voldemort n’est pas le seul à les mépriser. On devrait nous les présenter à Poudlard.
– Scrimgeour avait bien tenté d’aller dans ce sens là, répondit Lupin avec nostalgie. La bibliothèque Dawlish était une grande idée, et elle avait séduit beaucoup de sorciers partout dans le monde. Il voulait même faire en sorte que tous les élèves de Poudlard partent une semaine dans une autre communauté à la fin de chaque année à Poudlard. Il nous avait fait part de ce projet la semaine de sa mort…
Harry regrettait terriblement l’époque où Scrimgeour était Ministre. Il avait au moins l’impression que le Ministère avait un certain contrôle sur la situation. Mais tout cela s’était volatilisé ce maudit soir d’Halloween avec la destruction du Ministère et cette prophétie si obscure.
Il était bientôt vingt-et-une heures, et Harry devait se rendre à sa leçon avec Rogue. Il avait été ravi de pouvoir avoir cette discussion avec Lupin et Tonks, et il savait que c’était certainement l’une des dernières ici, à Poudlard.
Dehors la neige était en train de tomber à gros flocons, et un vent tourbillonnant venait heurter les fenêtres du château. Harry avait terriblement envie de retrouver la chaleur de leur appartement dans la salle commune, mais au lieu de cela, il devait rejoindre les cachots humides et froids pour sa leçon. Mais il savait que c’était le prix à payer pour espérer vaincre Voldemort, et il ne voulait laisser aucune part au hasard dans son destin.
– Bonsoir Potter.
Ce fut la voix glaciale de Rogue qui l’accueillit comme tous les soirs dans son bureau des cachots. Harry ne savait pas pourquoi il préférait lui donner des leçons ici plutôt que dans le Bureau directorial qui était plus accueillant, mais il ne valait mieux pas poser de questions.
– Les J.M.P. sont venus me voir tout à l’heure, ils avaient besoin d’ingrédients particuliers pour préparer un Elixir de Tourment. Je suppose que vous ne savez pas…
– Si, répondit Harry, se rappelant des explications d’Hermione, cette potion donne des vertiges et incite la victime à se suicider.
Rogue fronça les sourcils et sembla étonné.
– Vous me surprenez de plus en plus, Potter. Il se trouve que je ne leur ai toujours pas fourni l’ingrédient essentiel à la préparation de cette potion.
Rogue l’interrogea du regard comme pour sonder un peu plus ses connaissances.
– Les ongles récupérés sur un cadavre ? demanda Harry, qui put difficilement réprimer un sourire.
– Exactement, ajouta Rogue, qui essaya de cacher qu’il était impressionné. Mais je vais devoir le leur fournir demain. Il n’y a pas de raison à ce que je le leur refuse et je ne veux qu’ils aient aucun doute quand au camp auquel j’appartiens. Cette potion est très dangereuse, je les ai prévenus que le Seigneur des Ténèbres serait furieux si jamais vous deviez en périr, car il vous a désormais à sa disposition et qu’il attend le moment propice pour accomplir son rêve : vous tuer. Ils ne m’ont pas écouté et lorsque le Seigneur des Ténèbres l’apprendra, ils seront certainement punis. Je vais donc vous fournir un antidote pour réduire les effets de la potion, au moins l’envie de se suicider disparaîtra et ne subsisteront que quelques douleurs et vertiges supportables. Je vous le fournirai demain soir et comme c’est un antidote efficace préventivement, vous prendrez soin d’en prendre un peu avant chaque repas.
– D’accord. Monsieur, l’Ordre du Phénix envisage de s’installer dans la Cabane Hurlante. Est-ce que l’endroit est sûr ? demanda Harry.
– Oui, je le pense. Je sais en tous cas que les Mangemorts ne la visitent jamais, mais les membres de l’Ordre du Phénix devront être très prudents s’ils se promènent aux alentours. Le Seigneur des Ténèbres a placé des Mangemorts en surveillance partout autour du château, à Pré-au-Lard, et dans la Forêt Interdite. Vous serez cernés en permanence.
Rogue n’avait laissé aucun répit à Harry lors de cet entraînement, mais cela ne le dérangeait pas, il était prêt à s’entraîner plus durement si cela était nécessaire.
Harry avait pour la deuxième fois réussi un progrès remarquable dans l’exploration de sa baguette magique. Il avait réussi à percer la sombre muraille qui le séparait de l’âme de sa baguette.
Une nouvelle fois, il avait été submergé par la chose intense qu’il y avait derrière.
Cette fois, l’effort pour percer la muraille avait été moindre, et il ne s’était pas évanoui, il avait réussi, il pouvait maintenant tenter de cerner cette âme si mystérieuse.
Mais elle était trop intense, trop immense, il avait l’impression qu’une myriade de sortilèges de toutes les formes de Magie qui existaient s’entrechoquaient autour de lui.
Il était perdu dans la variété et l’immensité de toute cette Magie. Et soudain tout s’assombrit, il était perdu dans l’obscurité, il ne percevait plus toute cette Magie. Il était de nouveau face à la muraille.
Lorsqu’il retrouva ses esprits, Rogue le regardait curieusement, il sentait que quelque chose s’était passé dans le regard émerveillé d’Harry.
– Alors ? lui demanda-t-il.
– J’ai réussi, j’ai passé la muraille, j’ai vu ce qu’il y avait derrière, mais c’était tellement… je ne sais pas comment le décrire.
Rogue parut satisfait. Après tout, il n’avait aucune idée de ce qu’Harry avait pu percevoir puisqu’il n’avait jamais exploré sa baguette, mais il était évident qu’Harry était sur la bonne voie.
– Bien, avez-vous réussi à discerner quelque chose de précis ? demanda-t-il après avoir rapidement lu un parchemin sur lequel Harry reconnut l’écriture d’Abelforth.
– Non, il y avait tellement de choses différentes, je n’ai pas eu assez de temps, j’étais déjà dehors de la muraille.
– Bien, c’est déjà très bien, mais pour pouvoir cerner l’âme de votre baguette, il va falloir que vous parveniez plus souvent à en percer la muraille protectrice. Ensuite, quand vous aurez réussi, il faudra faire en sorte de vous accrocher à tout ce que vous pouvez, vous m’avez compris ?
– Oui, je vais essayer, mais je suis sorti sans m’en rendre compte.
– Il paraît qu’il est difficile de se rendre compte de ce qui se passe, en fait, vous devez essayer de rester au cœur de l’âme de votre baguette. Je ne sais pas si vous me comprenez, Mr Dumbledore m’a marqué précisément sur mes fiches qu’il ne faut pas avoir un point de vue trop large…
– Je pense que je vois ce qu’il veut dire, répondit Harry.
Depuis qu’Harry entretenait ses pouvoirs de sorcier primaire, il avait l’impression qu’il disposait d’un sixième sens. Quand il essayait de percer cette muraille, il était incapable de dire s’il se l’imaginait où s’il la voyait vraiment, en fait, il était dans une sorte de brouillard où tous ses sens se mêlaient pour créer des sortes d’objets qui semblaient réels. Il pouvait voir les rayonnements alors que d’autres sorciers ne le pouvaient pourtant pas, et en fait, il était capable de se représenter la Magie, alors que les autres sorciers ne faisaient que l’utiliser.
Lors des essais suivants, Harry n’avait pas réussi à nouveau à percer la muraille, mais cela demandait beaucoup d’efforts et Rogue avait préféré interrompre la leçon pour passer à l’enchantement de la Terreur Verticale.
– L’enchantement de la Terreur Verticale est, je vous préviens, un terrible enchantement. Ce n’est pas un maléfice au sens propre du terme puisqu’il n’est pas question ici de Magie Noire, mais de Magie Verticale. En fait, il a des effets similaires à ceux que l’on peut obtenir avec certains maléfices pas forcément compliqués, mais sa particularité vient du fait que seuls des sorts issus de la Magie Duale peuvent le stopper. C’est-à-dire que quelqu’un qui ne connaîtrait pas la dualomancie n’aurait aucune chance de l’arrêter. Le seul autre moyen est, comme pour tous les sorts, un bouclier matériel du type du Bouclier d’Argent, à condition qu’il soit parfaitement réalisé, car l’enchantement de la Terreur Verticale peut le transpercer.
– Quels sont ses effets ? demanda Harry, qui s’imaginait déjà des choses horribles.
– En fait, il a la particularité d’agir sur l’âme de la baguette magique de votre adversaire. C’est le sort par excellence pour perturber les baguettes magiques qui le craignent par-dessus tout. Les effets précis sont variés en fonction de l’intensité que vous placez dans votre sortilège. Ils peuvent totalement dérégler la baguette magique et la rendre inutilisable, mais ils peuvent aussi la retourner contre son sorcier. Ce sortilège est donc très dangereux, il peut entraîner une paralysie des pouvoirs magiques de la victime, c’est-à-dire en quelque sorte la priver de ses pouvoirs pendant un long moment, et la baguette peut même transmettre le tourment de son âme à celle du sorcier, ce qui peut entraîner la mort.
– Je vais l’apprendre ? demanda Harry, qui était impressionné par la dangerosité de cet enchantement.
– Oui, il est très important, mais il y a évidemment quelques consignes que je vais vous demander de respecter. Si vous ne l’appliquez pas longtemps, c’est-à-dire pas plus d’une minute à mon avis, vous ne risquez pas de tuer la victime. Vous pouvez la priver de ses pouvoirs, lui faire du mal sur le moment, mes ces effets ne sont pas dramatiques et elle pourra en récupérer après quelques semaines de soins intensifs. Néanmoins, je pense qu’à chaque fois que vous aurez à l’utiliser, vous pourrez vous contenter de l’envoyer sur une durée très brève. Et comme d’habitude pour ce genre de sorts, je vous demande de ne pas l’utiliser dans Poudlard, même en vous retenant, et de le réserver aux Mangemorts. C’est d’accord ?
– Oui, répondit Harry.
De toute façon, il n’était pas un mage noir ; faire souffrir les gens ne lui apportait aucun plaisir, et s’il utilisait ce genre de maléfices, c’était bien pour se débarrasser de tous ceux qui menaçaient la paix autour de lui.
– Alors, c’est très bien. Cet enchantement n’existe pas sous d’autres formes que sa forme verticale, et cela ne change pas que vous devez concentrer les rayonnements verticaux de votre baguette magique pour l’effectuer. L’incantation est dualamis terrifiere. Vous allez pour l’instant l’effectuer sur une baguette magique seule pour éviter que vous ne détérioriez la mienne. J’en ai plusieurs ici…
Rogue sortit plusieurs baguettes magiques d’un étui en cuir et en posa une sur une vieille table en bois dans un coin de son bureau.
– Allez-y !
Harry se concentra et envoya le sortilège sur la baguette. Une sorte de nuage fin s’en échappa, aux reflets noirs et argentés, mais il se dissipa rapidement.
Rogue le fit essayer plusieurs fois et à chaque fois le nuage avait grossi jusqu’à atteindre la baguette. Harry était très impressionné par son sort et ce nuage avait quelque chose de fascinant et de terrifiant à la fois.
Il avait donc réussi à toucher la baguette magique et celle-ci s’était mise à vibrer et à siffler fortement.
Harry n’avait pas maintenu l’enchantement mais celle-ci avait continué de s’agiter pendant une bonne minute.
– Vous voyez qu’il n’est pas nécessaire de maintenir le sort longtemps, dit Rogue. C’est un progrès, mais néanmoins vous devez être capable de faire encore plus mal à la baguette, essayez encore quelques fois.
Harry réussit à concentrer de plus en plus son enchantement, et une atmosphère assez lourde s’était répandue dans le cachot, comme si le sort laissait des traces.
A chaque fois, la baguette s’agitait de plus en plus et finissait par se calmer lentement. Mais lors du dernier essai, Harry avait tellement maintenu son sort que la baguette avait produit une sorte de bruit d’explosion avant de tomber sans plus bouger.
– Inutilisable, dit Rogue, son âme est détruite.
Harry était stupéfait d’avoir détruit la baguette de cette façon, et cet enchantement avait quelque chose de terrifiant.
– Bien, nous continuerons demain, annonça Rogue. Vous progressez vite et les sorts duaux ne vous posent plus vraiment de problèmes, le plus important est maintenant de parvenir à sonder l’âme de votre baguette, et la dualomancie deviendra naturelle pour vous. Bonne soirée.
Harry n’avait pas vraiment envie de dormir ce soir-là, l’entraînement l’avait un peu secoué, et il passa un long moment sur la Carte du Maraudeur à surveiller ce qui se passait dans le château. Abelforth n’était pas là et Harry s’imagina qu’il devait être en voyage quelque part à l’autre bout de la planète.
Les J.M.P., quant à eux, étaient seuls dans leur salle commune, et à leurs mouvements, Harry avait l’impression qu’ils étaient en train de s’entraîner à s’envoyer des sortilèges.
Mais ils continuèrent tard leur entraînement, et Harry fut pris par le sommeil bien avant.
L’édition du jeudi 28 novembre 1997 de la Gazette du Sorcier annonçait une nouvelle qui se voulait rassurante pour la population magique. Et pourtant, Harry la trouvait terriblement inquiétante.
JOE JIGGER ANNONCE LA REOUVERTURE DE LA PRISON D’AZKABAN
Le Ministre de la Magie Joe Jigger a annoncé hier soir la réouverture de la prison d’Azkaban après une longue rénovation. La prison avait été ravagée par un ouragan il y a deux semaines, et tous les prisonniers s’en étaient évadés.
« Nous sommes heureux d’annoncer la réouverture de la prison d’Azkaban » a annoncé le Ministre dans un communiqué. Cette prison, dont la localisation précise est inconnue, si ce n’est que l’on sait qu’elle est implantée sur un rocher de la Mer du Nord, existe depuis de nombreux siècles et certains documents attestent de son existence au XIIIe siècle. Elle a pendant longtemps été gardée par des Détraqueurs avant que ceux-ci ne soient retirés ces dernières années, conduisant à de nombreuses évasions.
« Les protections de la prison seront à nouveau principalement liées à la présence des Détraqueurs » a déclaré le Ministre. « On peut juger ces méthodes inhumaines, mais il en va de la sécurité de notre communauté, et les bandits qui, s’ils étaient en liberté, tueraient des innocents, doivent à tout prix être incarcérés. Les Détraqueurs sont le meilleur moyen de les empêcher de s’échapper et il n’y aura aucun risque d’évasion. »
Par ailleurs, la réouverture de la prison d’Azkaban devrait permettre au Ministère d’accélérer sa politique de lutte intense contre ceux qui menacent notre communauté. Pétunia Dursley et Regulus Black sont activement recherchées, et la branche terroriste de l’Ordre du Phénix est sur le point d’être démantelée d’après des sources proches des Aurors.
La prison, située en pleine mer, a également été fortifiée afin de pouvoir résister dorénavant à tous les coups de mer.
– Un coup de mer ? demanda Hermione. Qui va vraiment croire ça ? La prison est une forteresse !
– En tous cas personne n’a l’air de se poser de questions, remarqua Harry, voyant que la plupart des élèves étaient déjà à la page des mots-croisés magiques.
Hormis cette nouvelle, la Gazette consacrait comme chaque jour plus d’une double page à toutes les restructurations dans l’organigramme du Ministère. Ainsi, le Département de Lutte contre la Magie Noire était devenu simplement le Département des Aurors et était désormais dirigé par Augustus Rookwood et Stridus Shiner.
– Rookwood ? demanda Ginny. Ils devraient plutôt l’appeler le Département des Mangemorts…
– Oui, et Shiner ne va pas tarder à tomber du côté de Voldemort à mon avis, dit Hermione.
– Si ce n’est déjà fait, ajouta Harry.
– Et Yorick Yaxley a été nommé à la tête d’un nouveau Département, lut Hermione, le Département de Protection des Droits Ancestraux. Apparemment, il est censé veiller à ce que les Sang-Pur aient une place privilégiée dans notre communauté, et à ce que les sorciers ne soient plus salis par leurs liens avec les Moldus.
– Vous croyez que le Ministère va en rester là ? demanda la voix de Pansy Parkinson.
Harry se retourna, les J.M.P. au complet étaient derrière lui, mais comme c’était la fin du petit-déjeuner, tout le monde commençait à se lever, et personne n’avait remarqué ce qui se passait.
Pansy, en tous cas, portait une nouvelle tenue, une superbe robe entièrement noire à dentelles sur laquelle étaient brodées les lettres argentées « B.D. ». Plus que jamais elle avait tout d’une Mangemort et Harry trouvait qu’elle ressemblait dans son style à Bellatrix Lestrange.
– Bientôt les Sang-de-Bourbe ne pourront plus venir à Poudlard, dit-elle avec un sourire maléfique. Et ce n’est pas tout, ils n’auront plus le droit d’avoir de compte en banque à Gringotts, et ils deviendront les esclaves des Sang-Pur.
Plusieurs élèves autour d’eux avaient entendu cela et ils semblaient un peu choqués. Pansy remarqua ces regards et ne sembla regretter d’avoir parlé trop fort.
– Dépêchez-vous d’aller tous à vos cours, dit-elle sur un ton sec. Sinon vous viendrez avec nous en retenue dans les cachots.
– Vous donnez des retenues, maintenant ? demanda Harry.
– Oui, on a besoin d’aide pour quelque chose, tu aimerais bien savoir quoi, n’est-ce pas, Potter ?
– Non, répondit Harry.
– Pourtant tu devrais, si tu ne veux pas finir comme tes parents…
Hermione attrapa Harry par le bras pour l’empêcher de réagir. Mais ce n’était pas Harry qu’il fallait retenir. Ginny avait dégainé sa baguette magique.
– Boulédanlventre ! s’était-elle écriée.
Une grosse bille noire de la taille d’un Cognard avait foncé droit dans le ventre de Pansy qui était tombée au sol, la respiration coupée.
– Endoloris ! avait lancé Nott.
Mais Harry avait compris ce qu’allait faire Nott avant même qu’il ne prononce la formule, et il avait utilisé le Bouclier de la Capsule Vertical.
Une boule noire et argentée fonça sur le maléfice de Nott, l’absorbant complètement, mais elle continua sa route, fonçant sur les J.M.P.
Crabbe et Goyle avaient tenté inutilement de stupéfixer la boule et Nott avait fait apparaître un Bouclier de Cuivre.
Mais le Bouclier sembla se vaporiser au passage de la boule et Nott la reçut en plein dans le ventre, avant de s’effondrer en se tordant de douleur.
Quelques fractions de secondes plus tard, Harry était projeté au sol et un Rogue qui semblait furieux était penché au-dessus de lui.
– Potter, dans mon bureau, suivez-moi immédiatement. Et vous aussi ! dit-il brutalement à l’adresse de Ginny.
Les J.M.P. qui étaient encore debout étaient partagés entre la satisfaction de voir Harry puni, et la peur à propos de Nott qui gisait sur le carrelage, inconscient.
Pansy, quant à elle, s’était relevée, mais s’était assise sur un banc, cherchant à reprendre son souffle.
– Quant à vous je veux vous voir à dix heures dans mon bureau, dit-il à l’adresse des J.M.P.
Rogue marcha d’un pas décidé vers son bureau, suivi par Harry et Ginny qui se demandaient bien ce que Rogue allait leur dire.
Certains élèves avaient tenté de les suivre, et ils avaient l’air assez inquiet pour tous les deux, se demandant quel genre de châtiment ils allaient recevoir.
– Allez tous en cours ! siffla Rogue en voyant le troupeau qui se massait autour d’eux.
Harry passa devant Lupin et Tonks qui le regardèrent avec un air très inquiet, et il culpabilisa immédiatement. Il devait parler à Lupin, il devait lui expliquer à propos de Rogue.
Rogue les mena dans son bureau et claqua la porte derrière lui, il les fit s’asseoir et resta debout de l’autre côté du bureau, les fusillant du regard.
– Puis-je savoir ce qui vous a pris ? dit-il, tremblant de fureur.
Il se mit à marcher dans le bureau.
– Comment vais-je faire maintenant ? demanda-t-il. Etes-vous au courant que je suis censé vous torturer pour ce que vous avez fait, vous enfermer dans les cachots et vous faire passer des nuits terribles. Je n’ai aucune excuse pour laisser passer quoi que ce soit à propos de vous. J’ai carte blanche pour vous torturer, pour vous faire passer vos pires moments, et vous vous débrouillez déjà pour me donner des raisons de le faire ! Toute l’école a vu ce qui s’est passé, et si vous ne ressortez pas de ce bureau complètement amochés et à moitié vivants, tout le monde va se poser des questions à propos de moi !
Rogue s’interrompit et les laissa réfléchir. Harry était honteux, il savait que la situation était terriblement difficile pour Rogue, et il devait tout faire pour éviter de lui compliquer la tâche.
– Peut-être que vous souhaiteriez prendre ma place ? Devenir Mangemort, espionner Voldemort, et avoir la peur au ventre chaque fois que vous allez le voir, parce que vous savez que vous allez devoir délibérément lui mentir, et qu’il vous tuera s’il le découvre ! Vous ne trouvez pas que c’est assez difficile à vivre ? Vous avez besoin de faire en sorte qu’il y ait des problèmes supplémentaires ? C’est naturel chez vous de poser problèmes sans arrêt pour des futilités ?
Harry n’osa pas croiser le regard de Rogue, il se demandait s’il n’était pas tellement en colère qu’il pourrait l’assassiner rien qu’en le regardant.
– Quand mûrirez-vous, bon sang ? Vous êtes obligés de faire cela dans la Grande Salle, pendant le petit-déjeuner, alors que tout le monde vous regarde ? S’ils vous ont dit quelque chose d’insupportable, ce que je suppose, car j’espère bien que vous n’êtes pas idiots au point d’aller vous-mêmes les provoquer, vous pouvez bien attendre toute la journée et aller le leur faire regretter le soir dans les cachots là où personne ne vous verra, non ?
Rogue parla sur un ton tellement cinglant qu’Harry avait l’impression qu’il était en train de le gifler en même temps.
– Bon, alors maintenant nous allons devoir simuler que je vous ai torturé, heureusement que j’ai déjà prévu mon coup.
Il ouvrit un placard d’un coup de baguette magique et Harry reconnut toutes sortes d’articles de la boutique de Fred et George.
– Vous allez prendre des Pastilles de Gerbe et des Berlingots de Fièvre. Et je vais vous arranger le visage, tant pis pour vous, vous garderez ça la journée, Miss Granger saura vous les enlever.
Rogue leur envoya plusieurs sortilèges pour leur métamorphoser une partie du visage, mais cela n’était pas douloureux.
– Et vous m’entendez bien, vous ferez semblant d’avoir mal et de vous sentir mal. Maintenant allez en cours.
Ginny essaya de s’excuser auprès d’Harry mais celui-ci ne lui laissa pas le temps de parler.
– Ecoute ma chérie, dit-il en la serrant dans ses bras, ce que tu as fait me touche beaucoup, tu ne pouvais pas savoir que Rogue réagirait comme ça. La prochaine fois on essaiera de rester calmes, mais tu sais, je m’y suis fait, et leurs insultes me font moins de mal qu’avant, et elles me donnent encore plus de motivation pour réussir dans ce que j’essaie de faire.
Harry fut rassuré de voir que Ginny se remit à sourire, et elle retrouva son visage déterminé de toujours.
– Oui, je vais essayer de voir les choses comme toi, conclut-elle.
Ils s’embrassèrent longuement avant de se séparer et Harry rejoignit ses amis en cours d’Histoire de la Magie avec le professeur Binns.
Celui-ci ne remarqua même pas son arrivée, mais ce n’était pas le cas des élèves qui s’étaient tous retournés et arrêtés d’écrire.
Hermione parut horrifiée, et Harry savait qu’elle était toujours un peu naïve, elle devait croire vraiment que Rogue l’avait torturé, alors qu’elle savait pertinemment qu’il était de leur côté.
Quant aux J.M.P., ils affichèrent un large sourire et rigolèrent bruyamment en pointant Harry du doigt. Puis ils se tapèrent tous les mains comme s’ils avaient remporté une belle victoire.
Harry leur lança un regard noir tellement intense que cela les calma.
Il fit semblant de boiter et d’avoir les membres endoloris lorsqu’il descendit les escaliers pour aller s’asseoir à côté de ses amis dans le vieil amphithéâtre de la salle du professeur Binns.
– Alors ? demanda Ron à voix basse. Il ne t’a pas vraiment… ?
– Non, c’est un déguisement, répondit Harry, mais il était très en colère, il ne veut pas qu’on se batte avec les J.M.P. devant tout le monde, car cela lui donne trop de raisons de nous punir, et il ne le veut pas.
Hermione parut soulagée et acquiesça.
– Oui, il a raison.
Harry prit son rôle de torturé à cœur et il fallait dire que c’était une bonne excuse pour ne pas suivre le cours soporifique de leur professeur-fantôme. Il avala plusieurs fois des Pastilles de Gerbe discrètement et en profita pour sortir de la salle.
Il aurait bien voulu vomir sur les J.M.P. en passant, mais ils étaient à l’autre bout de la salle et il valait mieux surtout éviter une autre colère de Rogue.
Finalement à la fin du cours, il aurait été incapable de dire de quoi il avait été question, si ce n’est qu’il avait entendu souvent les mots « Gobelins » et « Ministère ».
Pour le cours suivant, le programme avait été modifié, et ils n’avaient pas un cours de Soins aux créatures magiques comme prévu initialement, mais un cours d’Etude des relations internationales. Et Hermione avait mis le professeur Fresnel bien mal à l’aise en lâchant une véritable bombe comme première question.
– Monsieur, pourquoi est-ce que les autres communautés magiques n’interviennent pas pour libérer notre communauté alors qu’elles savent toutes très bien que notre Ministère est tombé sous le contrôle de Voldemort ?
Le professeur Fresnel pris soin de bien choisir ses mots avant de répondre. Il était manifestement intéressé par la question, mais il y avait les J.M.P. assis juste en face de lui et il ne pouvait pas répondre n’importe quoi.
– Ecoutez, Miss Granger, je suis ravi que vous posiez des questions, mais celle-ci ne concerne pas le thème que nous allons étudier aujourd’hui.
Hermione tenta de réagir mais le professeur Fresnel se mit à parler à voix haute pour la couper.
Finalement, pendant tout le cours, le professeur Fresnel donna systématiquement la parole à Egogonde plutôt qu’à Hermione pour éviter toute nouvelle question dérangeante.
L’après-midi était libre pour tous ceux qui ne faisaient pas de divination et d’astronomie. La Brigade des Griffons passa une grande partie de l’après-midi dans la Salle du Phénix. Ils avancèrent sans succès leurs recherches sur la Clef de la Paix, puis décidèrent de s’entraîner.
Harry n’avait pas quitté l’œil de la Carte du Maraudeur pour surveiller les J.M.P., et après être passés brièvement dans le bureau de Rogue, ils avaient immédiatement rejoint leur réserve, et Harry comprit que Rogue leur avait fourni les ongles.
Harry sortit le premier livre qui parlait de Magie Fourchelang qu’il trouva, en l’occurrence, il s’agissait de Les Métamorphoses de Fourchelang.
Harry ouvrit le livre au hasard comme il aimait bien le faire et il tomba sur l’enchantement des Serpents-Poils. Il trouva cet enchantement très drôle et décida de l’apprendre.
En fait, il n’avait rien de dangereux, mais il devait être très déstabilisant. Il transformait tous les poils et cheveux de la victime en des petits serpents de toutes sortes.
La formule était pellis serpentis et il suffisait de prononcer l’incantation finite incantatem en Fourchelang pour en annuler l’effet. Harry décida d’essayer sur Ron pour lui faire une blague, même s’il savait que les serpents ne l’effrayaient pas autant que les araignées.
– Ron ne bouge pas, j’essaie un truc, ne t’inquiète pas c’est rien…
– Tu es sûr ? demanda Ron.
Mais il était trop tard, Harry lui avait envoyé le sort, et ses poils avaient commencé à s’allonger étonnement, se transformant en petits serpents qui se mirent à grouiller.
– Harry, qu’est-ce que c’est ? demanda-t-il, terrifié. Ce n’est pas marrant.
Mais les serpents avaient déjà disparu et Harry, Hermione et Ginny rigolèrent franchement.
Harry passa la suite de son entraînement à apprendre d’autres sorts de Fourchelang, et notamment un nouveau dôme magique qui était efficace contre la plupart des sorts de Fourchelang. Il lui fallut beaucoup de temps avant de le réussir parfaitement, mais il ne pouvait pas le tester puisqu’aucun de ses amis ne savait produire des sorts de Fourchelang.
La formule pour produire ce dôme était domus fourchelis et Harry se dit que cela lui servirait bien un jour lorsqu’il affronterait Voldemort.
Harry appréhendait la leçon du soir avec Rogue, et il comptait s’excuser, espérant que Rogue ne lui en voudrait pas trop.
– Inutile de perdre votre temps dans une tentative ridicule de vous excuser, Potter, lança-t-il à peine Harry ouvrit la porte.
Harry entra et fut content de ne pas avoir à s’excuser, il n’aurait pas vraiment su quoi dire.
Mais Rogue semblait avoir rapidement oublié ce qui s’était passé et au bout de quelques minutes, Harry était pleinement concentré dans son entraînement.
L’enchantement de la Terreur Verticale n’avait plus de secrets pour lui et il passa le reste de l’entraînement à essayer de pénétrer l’âme de sa baguette magique.
Il réussit à nouveau à percer la muraille, au bout du troisième essai, et il tenta de faire ce que Rogue lui avait expliqué la veille. Mais cela n’était pas évident, la Magie face à laquelle il était confrontée était tellement impressionnante qu’il n’arrivait pas à réagir.
Finalement, comme la veille, il s’était retrouvé à nouveau face à la muraille sans avoir eu le temps de s’en rendre compte.
– L’essentiel, conclut Rogue, est que vous arriviez à percer cette muraille plus souvent. Vous ne devez donc pas être déçu de votre prestation de ce soir. Vous progresserez ensuite lentement jusqu’à comprendre ce qu’il y a au plus profond de votre baguette.
Mais en sortant du bureau de Rogue, il entendit des bruits de pas dans le couloir. Les J.M.P. étaient en train de rentrer dans leur salle commune, et ils revenaient des sous-sols des cachots.
– Potter ? Qu’est-ce que tu fais-là ? demanda Pansy en ricanant.
– Ca ne te regarde pas, Pansy.
– Oh si, ça me regarde, tu n’as pas le droit d’être ici à cette heure-là, tu n’aimerais pas que Rogue l’apprenne ? Il paraît que tu as aimé le sortilège Doloris ce matin…
– Et tu penses que Rogue serait content d’apprendre que toi aussi tu traînes dans les couloirs à cette heure-là ? demanda Harry.
Mais la porte du bureau de Rogue s’ouvrit et celui-ci en sortit. Il contempla la scène un instant, puis prit un air satisfait.
– Potter, je vous ai dit de regagner immédiatement votre dortoir, à moins que vous ne souhaitiez revenir demain pour récolter l’urine des chauves-souris.
– Je ne suis pas le seul ici, répondit Harry.
– Ne soyez pas insolent, Potter. Voyez-vous, certains élèves ici ont des privilèges, ce qui n’est manifestement pas votre cas.
Rogue s’approcha de lui avec un air menaçant et lui siffla ces mots :
– Alors regagnez immédiatement votre dortoir sinon je vais proposer à vos camarades un spectacle qui va certainement leur plaire beaucoup. Préférez-vous le maléfice Doloris ? Ou des potions de torture ? Voyez-vous j’ai le choix…
Harry ne répondit rien, il lança un regard le plus noir possible à Rogue puis s’en alla, et Fumseck apparut lorsqu’il fut seul, pour transplaner jusqu’à la salle commune.
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