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Chapitre 117: Le Coup de Folie de Maugrey
Pourdlard s’éveilla une nouvelle fois sous la neige ce vendredi 29 novembre. Mais la féérie qui accompagnait habituellement l’arrivée de Noël n’était pas encore là, et il y avait peu de chances qu’elle finisse par envahir le château.
Depuis l’arrivée de Rogue, des rideaux noirs avaient été placés devant les vitres de la Grande Salle et le plafond magique était systématiquement à l’orage. En fait, les élèves étaient compressés dans cette salle obscure, qui était pourtant d’ordinaire si lumineuse et ouverte sur l’extérieur. Harry ne put s’empêcher de comparer cette ambiance à l’emprise que pourraient exercer des Détraqueurs sur les élèves, leur ôtant toute joie de vivre.
Et Hermione avait noté un détail que sans doute personne d’autre n’avait remarqué, mais qui avait son importance, dans la Gazette du Sorcier du jour. En effet, des Marques des Ténèbres étaient apparues en filigrane dans les coins supérieurs des pages du journal, à côté des numéros de page.
– Je suppose que chaque jour ils vont devenir de plus en plus marqués et finalement les gens ne s’apercevront de rien. D’ailleurs, ils devraient appeler le journal la Gazette du Mangemort, plutôt que la Gazette du Sorcier. Regardez.
Hermione feuilleta le journal devant eux. Il y avait une interview d’Augustus Rookwood par Patrick de Carnoustie, qui prenait une page entière et dans laquelle il racontait ses projets en tant que codirecteur du Département des Aurors.
Ensuite, la chronique quotidienne de Walden MacNair, qui parlait de Magie Noire, prenait de plus en plus de place et celle du jour présentait l’Endoloris comme un maléfice pas aussi dangereux que ce que les gens ne le prétendaient.
Enfin, un article évoquait les Aurors et les Mangemorts et de nombreuses personnalités interrogées expliquaient que les Aurors auraient beaucoup à gagner s’ils étaient fusionnés avec les Mangemorts. Cette idée était appuyée par un sondage qui révélait que plus de quatre-vingt pour cent des sorciers étaient en faveur d’une telle fusion.
Les Gryffondors s’étaient tous massés autour d’Hermione pour l’écouter expliquer comment Voldemort manipulait l’opinion, et Harry était rassuré de voir qu’ils n’avaient pas l’air de la prendre pour une menteuse ou une folle.
– Rogue arrive ! murmura Neville, voyant que le Directeur s’approchait d’eux d’un pas décidé, et ce n’était manifestement pas pour leur souhaiter le bonjour.
– Puis-je savoir pourquoi vous êtes tous collés les uns sur les autres autour de Miss Granger alors qu’il y a suffisamment de place à la table pour vous éparpiller ? demanda-t-il d’une voix glaciale. Je suis certain que ce n’est pas pour son physique de rêve (il eut un rictus ironique et Hermione rougit), alors j’attends de vous une explication valable.
Personne ne répondit, et Rogue contempla les élèves en faute le visage réjoui de satisfaction. Puis il posa son regard sur Hermione qui tenait la Gazette ouverte à la page de l’article sur les Mangemorts et les Aurors.
– Dois-je déduire de votre silence que vous avez quelque chose à vous reprocher ? Vous allez donc…
– En fait, coupa Hermione, j’étais simplement en train de remarquer à quel point la Marque des Ténèbres fait un bel effet sur les pages du journal.
Hermione avait pris soin de parler suffisamment fort pour que les élèves des tables à côté l’entendent. Et cela avait fonctionné, de nombreux élèves s’étaient déjà penchés sur leurs journaux pour chercher la Marque des Ténèbres, et la rumeur était en train de se répandre dans toute la Grande Salle à la vitesse d’un Eclair de Feu.
Rogue perdit rapidement son expression satisfaite et Harry lut un instant dans ses yeux à quel point il trouvait la réaction d’Hermione intelligente. Mais il fronça les sourcils et lui répondit à voix basse sur un ton menaçant.
– Miss Granger, pour une élève qui se prétend être la meilleure de l’école, je pense que vous avez mieux à faire que de vous poser des questions sur l’esthétique de la Gazette du Sorcier. Mais voyez-vous je ne supporte pas les menteurs de votre espèce et vous passerez la journée avec moi en retenue. Quant à vous autres, je retire cent points à Gryffondor parce que vous avez écouté les bêtises de Miss Granger, et encore cent points parce que vous formiez un groupe, ce qui est strictement interdit par le règlement. J’espère que cela vous passera l’envie de recommencer.
Le sablier des Gryffondor s’était à nouveau vidé malgré les nombreux points qu’ils avaient regagnés depuis l’épisode des tables renversées par Peeves et Pooves.
Rogue emmena Hermione dans son bureau et Harry se demanda s’il allait lui faire passer le même mauvais quart d’heure qu’à lui et Ginny la veille.
En tous cas, Hermione avait remarquablement réagi et tous les élèves autour d’Harry ne parlaient plus que de cela lorsqu’il se rendit au cours de Maugrey et Mrs Bett.
Comme la semaine dernière, Harry appréhendait beaucoup ce cours, car il savait que Maugrey pouvait déraper à tout moment, et que cela lui coûterait sans aucun doute sa place à l’école.
– Depuis le début de l’année, nous avons beaucoup travaillé et vous avez tous fait de gros progrès en ce qui concerne les combats, annonça Maugrey sans attendre que tous les élèves soient assis. Vous êtes censés connaître un certains nombres de techniques et de réflexes à avoir en cas de situation de danger. Vous le savez, dès la semaine prochaine, vous serez répartis dans des filières différentes et il est temps de faire le point sur ce que vous savez faire avant d’entamer la préparation des ASPIC. Nous vous avons donc préparé un parcours au cours duquel vous affronterez diverses situations dangereuses et vous devrez appliquer ce que vous avez appris ces derniers mois.
« Le parcours est très dangereux, nous serons là pour vous secourir si vous en avez besoin, sauf certains d’entre vous que nous laisserons volontairement crever…
Maugrey regarda les J.M.P. avec un regard haineux, il avait l’air en colère et Harry se demandait s’il n’avait pas préparé cette épreuve pour frapper un grand coup avant de quitter l’école.
– C’est parti ! s’exclama-t-il alors que les grandes portes en bois sous l’estrade s’étaient ouvertes. L’entrée est par ici.
Habituellement, il y avait derrière ces portes des créatures que Maugrey lâchait pendant ses cours pour que ses élèves les combattent, mais il s’agissait aujourd’hui du début du parcours.
Certains hésitèrent à y entrer et notamment les J.M.P., mais lorsqu’une dizaine de Détraqueur apparut au fond de la salle derrière les élèves, tout le monde s’y engouffra et les portes se refermèrent derrière eux. Plus personne ne pouvait échapper à cette épreuve.
– Il est fou ? demanda Ron à Harry alors qu’ils couraient à côté l’un de l’autre dans un couloir totalement plongé dans l’obscurité, qu’ils n’éclairaient qu’avec leurs baguettes magiques.
– Je ne sais pas, il va se faire virer de l’école, s’il arrive quelque chose aux J.M.P., ce sera fini.
– Qu’est-ce qu’on fait ? demanda Ron.
– Je ne sais pas, répondit Harry, je pense qu’il en a marre de cette situation et qu’il veut partir, je pense qu’on doit le laisser faire avant qu’il n’y ait une catastrophe et qu’il ne tue…
Harry s’interrompit mais tout le monde comprit.
– Alors on fait l’épreuve ? demanda Neville.
– Oui, répondit Harry, comment veux-tu sortir de là maintenant, de toute façon ?
Et tous les trois accélérèrent leur course, Harry était un peu inquiet de ce qui se passerait, mais il se concentra sur l’épreuve, ils empruntèrent un escalier qui les mena dans une grande salle obscure.
Harry ne voyait pas très bien ce qu’il y avait, et il distinguait seulement une grosse masse sombre au centre de la salle.
Mais à sa plus grande surprise, la masse se mit à bouger et se leva, puis il y eut une grande flamme et un grognement qui fit résonner les murs.
La flamme avait un instant éclairé la salle et Harry fut stupéfait d’y découvrir un énorme Magyar à pointes.
Tous les élèves étaient arrivés quasiment en même temps dans la salle et le dragon se tourna vers eux, leur envoyant une flamme qui manqua de tous les brûler.
Harry avait fait apparaître un Tourbillon d’Eau et cela déchaîna le dragon. Il y eut un bruit de chaîne et le dragon donna un grand coup dans le sol.
Harry remarqua une chaîne qui était attachée à sa jambe. Il tira fortement dessus et un morceau du mur de la salle à laquelle la chaîne était attachée s’arracha. Il y eut des cris terrifiés et Harry intensifia son attaque pour repousser le dragon qui n’aimait pas l’eau.
– Attendez, je vais lui envoyer le sortilège de Conjonctivite ! dit Ernie.
– Fais vite ! cria quelqu’un alors que le dragon s’apprêtait à leur envoyer une autre flamme.
Mais il était trop tard, ils se réfugièrent dans l’entrée de la salle et Harry utilisa à nouveau le Tourbillon d’Eau pour repousser la flamme.
– Occulis conjunctivis ! s’écria ensuite Ernie, pointant le sortilège droit dans les yeux du dragon.
Celui-ci poussa un hurlement terrible et plusieurs filles répondirent par des cris aigus.
Mais cela sembla déchaîner le dragon plus qu’autre chose, il fonça dans un mur qu’il brisa complètement, et la lumière envahit la salle.
Le dragon s’était renversé et s’était retrouvé en plein milieu du couloir du Département des Réactions face à une situation périlleuse.
Paul Andujar s’en approcha pendant qu’il était sur le dos et il lui envoya une sorte de rayon vert pâle. Le dragon s’entoura d’un halo de la même couleur et s’affaissa.
Harry ne savait pas ce que c’était mais le dragon sembla neutralisé.
Certains élèves semblèrent hésiter à avancer, l’épreuve était très dangereuse et ils ne voulaient pas risquer leur vie.
Mais Maugrey arriva derrière eux et les fit avancer à coup de sortilèges.
Il y avait une sortie de l’autre côté de la salle et les élèves s’y précipitèrent finalement.
Ils empruntèrent un escalier en colimaçon qui les mena sur un balcon qui surplombait une autre grande salle obscure. Tous les élèves s’accumulèrent sur le petit balcon métallique qui s’affaissa dangereusement sous leur poids.
Harry essaya de voir ce qu’il y avait en bas et il y vit des sortes de buissons épineux qui ne lui semblaient pas inoffensifs. Au centre de la salle, plusieurs longues cordes étaient suspendues au plafond et la sortie semblait être par là.
Harry chercha à voir ce qu’il y avait en face, alors que plusieurs élèves le poussaient derrière lui.
Il y aperçut un grand bassin qui semblait vide et calme.
– Accio corde !
La corde s’amena jusqu’à lui et il s’y accrocha, avant de sauter. Il descendit à une vitesse folle et frôla les buissons avant de ralentir et de passer au-dessus du bassin.
Il se lâcha lorsqu’il fut sûr d’être au-dessus de l’eau et il s’écrasa lourdement.
Paul tomba juste après lui, puis d’autres élèves arrivèrent. Il y eut plusieurs cris et Harry crut bien que certains élèves étaient tombés dans les buissons.
Sous l’eau il y avait un long tunnel, totalement immergé, dont ils ne voyaient pas le bout, et Harry l’emprunta après s’être appliqué la métamorphose de Têtenbulle.
Il arriva dans une salle rectangulaire sous-marine et il essaya de voir ce qu’il y avait autour de lui avec la lumière de sa baguette.
Neville, Paul et Ron étaient avec lui et ils cherchaient tous ensemble une sortie. Il y avait en fait quatre portes en bois sur chacun des murs et Harry s’approcha de l’une d’elles pour l’ouvrir.
Mais à peine il l’avait ouverte, un énorme serpent aquatique en était sorti.
Harry avait pointé sa baguette sur lui et lui avait envoyé un éclair de Stupéfixion totalement inefficace.
Mais au moins le serpent l’avait évité et il eut le temps de lui envoyer un Rayon Rose puissant.
Conjugué avec le même sort vert de Paul, le serpent se mit à couler et tomba au sol.
La deuxième porte qu’ils ouvrirent donnait sur un autre long tunnel qu’ils empruntèrent.
Ils débouchèrent finalement dans une salle où ils retrouvèrent l’air libre et ils se retirèrent le sortilège de Têtenbulle.
L’eau était assez boueuse et ils nagèrent jusqu’à la rive. Il s’avérait en fait qu’il y avait un ilot de rochers et de vase au milieu de l’eau.
Mais il y eut soudain des cris aigus et des centaines de chauves-souris se précipitèrent sur eux. C’était des Chauves-Souris Vampires. Harry n’en avait jamais vu autant.
– Ultrasoundis ! s’exclamèrent-ils tous les quatre.
Les Chauves-Souris se mirent à s’agiter et à voler dans tous les sens, avant de repartir par là où elles étaient venues.
De l’autre côté de la salle, une échelle métallique les menait à un autre balcon situé près du plafond, et ils nagèrent jusqu’à elle pour l’emprunter.
Mais à peine Harry toucha le premier barreau. Des dizaines d’ouvertures apparurent dans les murs à côté de l’échelle. Des Crabes de Feu étaient enfermés dans des cages métalliques, et ils reçurent une pluie de flammes. La plupart tombaient dans l’eau, produisant un nuage de vapeur, et ils en recevaient tellement qu’il était impossible d’avancer.
Ils durent reculer jusqu’à l’ilot pour neutraliser un à un les Crabes.
Ils avaient été rattrapés par plusieurs élèves qui étaient arrivés après eux, et qui combattaient un autre immense serpent aquatique qui semblait s’être échappé de la salle précédente.
Harry emprunta l’échelle le premier mais il glissa sur un barreau couvert d’algues et manqua de tomber. Il résolut de faire plus attention.
Il arriva finalement sur le balcon et il passa une porte qui le mena dans une autre salle sombre.
Le sol de cette salle était fait de gros carreaux qui faisaient à peu près un mètre de côté, certains étaient blancs, d’autres noirs, et enfin d’autres gris.
Lorsqu’Harry posa le pied dans la salle, immédiatement, des gigantesques flammes s’allumèrent au centre de chaque carré.
Certaines s’éteignirent, puis se rallumèrent après quelques secondes, mais il semblait difficile de les traverser.
Harry essaya de les éteindre, mais cela ne fonctionnait pas, il essaya d’annuler l’enchantement, mais cela échoua, et il dut se résoudre à traverser le brasier, sachant qu’il n’y avait pas d’autre sortie que la porte située de l’autre côté de la salle.
Mais les flammes ne cessaient de s’allumer et de s’éteindre très irrégulièrement et Harry ne pouvait pas risquer de se placer sur un carreau qui risquait de s’enflammer à tout instant.
– Attends ! dis Ron. Regarde, quand les blancs sont en feu, les autres sont éteints, et il faut attendre à peu près cinq secondes pour que les gris s’enflamment, et dix pour que les noirs s’enflamment. Les noirs restent allumés cinq secondes, et les gris quinze secondes. Et ensuite les blancs se rallument et restent allumés cinq secondes.
– Ron, tu es génial ! s’exclama Harry après avoir observé un cycle entier.
Et effectivement, il était beaucoup plus facile d’avancer quand on savait quand chacun des carreaux allait s’enflammer, et il suffisait de repérer les couleurs de ceux autour de soi pour savoir quand ils allaient s’allumer, et sauter dessus précisément au bon moment en comptant le nombre de secondes écoulées.
Ils réussirent donc à traverser sans encombre cette salle, même si la chaleur était particulièrement étouffante. Mais ils se trouvèrent dans une nouvelle salle humide et glacée et ses vêtements mouillés collaient au corps d’Harry, ce qui augmentait la sensation de froid.
Dans cette salle, le sol était entièrement fait de terre, et il y avait de gros rochers comme pour se cacher. Mais le plus inquiétant était certainement les immenses toiles d’araignées qui couvraient les murs et une partie du sol.
Il y avait une sorte de gros trou dans un mur et une araignée qui devait bien faire trois mètre de diamètre en était sortie en était lentement sortie.
– Une Acromentula ! s’exclama Harry.
L’araignée semblait affamée, elle avait immédiatement repéré la présence des élèves et s’était placée face à eux.
– Où est Ron ? demanda Neville à Harry.
– Il est passé avant nous, répondit Harry, il devrait être là.
Mais ils entendirent un gémissement derrière eux, Ron s’était réfugié dans un recoin du couloir.
– Je ne peux pas, dit-il. Vous avez vu la taille de ces toiles ?
Harry se demanda ce qu’il dirait s’il voyait la taille de l’araignée.
Ils s’approchèrent à plusieurs de l’araignée qui hésita, ne semblant pas savoir qui attaquer.
Ils lui envoyèrent une pluie de sortilèges mais les Acromentula étaient très résistantes et ne craignaient pas les éclairs de Stupéfixion.
Ainsi dès qu’ils faiblirent, elle gagna du terrain.
– Il faut les lui envoyer dans le ventre, dit Harry. Je vais essayer de la retourner. Atomis !
Il y eut une explosion sous l’araignée qui la projeta d’un mètre en l’air. Mais elle ne se retourna pas.
Ils répétèrent cela plusieurs fois et l’araignée fut projetée en l’air bien plus haut. Harry réussit à lui envoyer un maléfice du Rayon Rose dans le ventre qui la projeta à l’autre bout de la salle.
Finalement, l’araignée succomba sous les éclairs de Stupéfixion et Ron put sortir de sa cachette.
Quant il vit l’araignée, il fit de gros yeux ronds et il vérifia qu’elle ne bougeait plus.
Harry n’avait pas réussi à distancer ses amis comme lors des autres épreuves, mais il fallait dire qu’ils s’étaient cette fois entraidés pour passer des obstacles plus difficiles.
Ainsi, ils étaient une groupe d’une vingtaine d’élèves en tête de la course, à se précipiter dans la salle suivante.
Celle-ci était très longue et tout aussi sombre que les autres. Ils se trouvèrent face à une sorte de précipice qui semblait tellement profond que même lorsqu’ils l’éclairaient ils n’en voyaient pas le fond.
Il y avait plusieurs longues poutres qui traversaient le précipice jusqu’à l’autre bout de la salle et ils devaient marcher dessus ce qui n’était pas facile car elles étaient étroites et plutôt glissantes.
Harry essaya de marcher sur l’une d’elles, mais c’était impossible, et il faillit glisser dans le précipice.
– Mais oui, il faut utiliser notre tête, dit Alix. Wingardium leviosa !
A la plus grande surprise des autres élèves, Alix était en train de faire léviter une poutre, et elle la déplaça à côté d’une autre de manière à élargir le passage. Finalement, les autres élèves l’aidèrent jusqu’à former une sorte de pont qui n’était pas difficile à traverser.
Dans la salle suivante, il faisait terriblement froid, et Harry découvrit rapidement la raison de ce froid. Il y avait une sorte de patinoire gelée, d’où démarrait ce qui ressemblait à une piste de bobsleigh. C’était l’unique issue possible.
Plusieurs élèves tentèrent de marcher dedans mais ils glissèrent et Neville fut le premier à disparaître dans ce toboggan de glace en poussant un cri qui se perdit dans les entrailles du château.
Harry s’élança ensuite, et il prit rapidement de la vitesse. Le contact avec la glace le gelait et le froid devint rapidement douloureux
La piste était relativement sombre et il était difficile de voir où étaient les élèves qui s’étaient élancés juste avant lui.
La piste s’engouffra dans une salle qui était une véritable jungle. Des sortes de plante carnivores d’une couleur marron poussaient le long de la piste et essayèrent d’attraper Harry au passage. Elles auraient certainement réussi s’il n’avait pas fait apparaître un Serpent de Feu.
Il entendit plusieurs cris lointains, et il se dit que c’était un miracle s’il n’y avait pas de blessés graves au cours de cette épreuve.
Puis la piste s’élargit, et une autre piste arrivant par la gauche la recoupa. Des salamandres y arrivaient régulièrement et Harry faillit en heurter une à la bifurcation.
Heureusement, elles ne maîtrisaient pas du tout la glissade, et elles étaient plutôt inoffensives dans cette situation. Mais il fallait tout de même les tenir à distance pour éviter de toucher leur corne, et Harry s’occupa de cela en utilisant des sortilèges de Répulsion.
Mais un énorme obstacle se profilait devant eux. Un énorme Filet du Diable avait poussé en travers de la piste, et tous les élèves qui étaient partis avant Harry l’avait heurté et étaient en train de se faire étouffer, mélangés avec les salamandres qui se débattaient avec furie.
Harry fonça à toute vitesse dans cet enchevêtrement de plantes et de corps. C’est alors qu’il aperçut le tronc principal du Filet du Diable, qui avait poussé dans un mur.
– CRACBADABUM !
Le tronc fut tranché net et le Filet du Diable lâcha entièrement sous son propre poids, emporté dans la piste de glace. Harry était à peine quelques mètres derrière, et il rattrapa rapidement la plante qui était freinée en raclant contre les murs.
Plusieurs élèves semblaient être en train de suffoquer, étouffés par la plante, et Harry faillit être attrapé par une liane folle. Il sectionna le Filet du Diable en de multiples endroits et il finit par mourir, relâchant son étreinte sur les élèves qui étaient jusqu’alors coincés.
Mais il y avait déjà un autre obstacle en travers de la piste, un épais mur de glace et ils le percutèrent tous de plein fouet. Autour d’eux, il y avait une sorte de grotte et des grognements sourds se firent entendre.
Une dizaine de Goléans venait d’apparaître autour d’eux et leur effet se fit immédiatement ressentir. Les élèves étaient terrifiés, en plus d’être sonnés par leur choc contre le mur de glace, amorti certes par les branches coupées du Filet du Diable.
Certains élèves s’évanouirent et Harry ferma son esprit pour empêcher les Goléans d’atteindre son esprit.
Il réussit à les stupéfixer un à un en atteignant leur crête, mais cela fut extrêmement difficile et long.
Harry était déjà épuisé, et il fut heureux de voir Mrs Bett débarquer par une porte métallique installée dans la roche. Il crut un instant que l’épreuve était terminée.
– Qui a besoin de l’antidote pour les salamandres ? demanda-t-elle avec un grand sourire.
Harry se retourna vers ses camarades qui étaient tous sans exception évanouis, entassés contre le mur de glace.
– Oho, l’épreuve a fait des dégâts ! s’exclama Mrs Bett.
Elle stupéfixa les salamandres qui s’agitaient encore et les sortit de la piste, puis fit boire l’antidote à leur venin à tous les élèves.
– Et toi, Pot-Pot ? demanda-t-elle, tu n’as pas été touché ?
– Non, répondit Harry, qui était tout de même choqué de voir tous ses camarades dans cet état-là.
– Super, tu vas pouvoir continuer l’épreuve ! Ahaha !
– Vous êtes sûre que c’est une bonne idée ? demanda Harry. Ils ne sont plus en état de continuer et s’il y a des choses encore pires dans la suite…
– Oh, ils ne vont pas repartir tout de suite, ils ont besoin de se réveiller un peu, mais ça va aller… Quant à toi, tu peux continuer, ahaha ! Tu n’as qu’à briser ce mur de glace, et c’est reparti !
Mrs Bett installa tous les élèves évanouis sur des chaises qu’elle fit apparaître et Harry enflamma le mur pour le détruire. Puis il repartit pour la suite de l’épreuve.
En se retournant une dernière fois derrière lui, il vit que Mrs Bett était en train de donner des claques aux élèves pour les ranimer.
Il continua de glisser et il prit à nouveau rapidement de la vitesse. Il avait mal partout et était complètement congelé.
A sa plus grande horreur, une cascade se jetait dans la piste, et Harry ne put l’éviter. Il ne put s’empêcher de crier au contact de l’eau glacée, et il se trouva au milieu d’un torrent qui dévalait la pente à une vitesse folle.
Il passa dans une nouvelle salle où il y avait cette fois un autre Magyar à Pointes qui le remarqua immédiatement. Il se jeta sous l’eau pour éviter l’immense flamme que lui envoya le dragon, et il sentit une partie de l’eau se vaporiser au-dessus de lui.
Puis la piste s’arrêta brutalement, et Harry fut projeté dans le vide. La chute lui sembla terriblement longue et il contracta ses muscles pour ne pas trop souffrir du choc au contact de l’eau.
Le choc fut brutal, il plongea longuement sous l’eau avant de remonter à la surface et de pouvoir à nouveau respirer.
Heureusement, il put rapidement sortir de l’eau grâce à une petite échelle et il s’assit un instant pour respirer et pour se calmer. Tout son corps était endolori, il avait des courbatures partout, et en plus de cela il était congelé. Il se projeta de l’air chaud pour faire sécher ses habits.
Après cinq minutes de pause, il poursuivit le parcours et entra dans une autre salle plus petite qui était envahie de Crabes de Feu. Ils savaient très bien les combattre, et il n’avait pas envie de perdre son temps à les vaincre, alors il s’entoura d’un Serpent d’Eau et traversa la salle le plus vite possible, marchant même sur la carapace du dernier Crabe qui n’eut pas le temps de réagir.
Il emprunta ensuite de longs escaliers qui montaient, et il espérait que c’était le début de la remontée. D’ailleurs, il se demandait combien de temps il faudrait pour remonter tout ce qu’il était descendu en empruntant le toboggan de glace.
L’épreuve suivante était une épreuve d’escalade, mais il y avait évidemment des complications, le mur en lui-même n’était pas très compliqué à escalader, mais il y avait une dizaine de Tentacula Vénéneuses qui l’avaient envahi et Harry n’hésita pas à griller celles qui étaient sur son passage.
Il fut extrêmement soulagé lorsque, dans la salle suivante, il découvrit des balais alignés au sol, et il savait qu’ils lui permettraient de remonter jusqu’à l’arrivée de la course.
Le parcours à emprunter n’était pas très droit, et il prit soin d’être prudent pour ne pas heurter de mur qu’il n’aurait pas vu. Plusieurs fois, il évita des Lutins de Cornouaille qui avaient cherché à l’attraper, mais c’était comme éviter des Cognards et il en avait l’habitude.
Il fut heureux lorsqu’il aperçut au loin de la lumière. C’était de la lumière naturelle, celle du soleil, et il savait qu’il était remonté jusqu’au château.
Il déboucha finalement dans le couloir du Département des Réactions face à une situation périlleuse et Maugrey l’attendait dans une dernière salle.
– Encore une fois, c’est très bien, Potter. Il te reste une dernière épreuve, m’affronter.
– Attendez ! dit Harry.
– Quoi ? demanda Maugrey, surpris qu’Harry ne soit pas ravi à l’idée de combattre.
– Les J.M.P., vous ne leur avez pas fait trop de mal ?
– Tu te soucies d’eux maintenant ? s’étonna Maugrey. Non, ces imbéciles sont toujours au début du parcours, l’un d’eux est tombé dans les buissons à l’épreuve de la corde et ils ont peur de se séparer. Zabini et Nott sont les deux seuls qui valent quelque chose mais à deux face à toutes les épreuves, ce n’est pas évident. Je m’occuperai d’eux après.
– Rogue vous fera partir de l’école si vous leur faites du mal, l’avertit Harry. Alors…
– De toute façon je n’ai plus l’intention de rester là si c’est pour être contraint de laisser Rogue et les Mangemorts faire ce qu’ils veulent. Certains arrivent à supporter cette situation, moi non. Je partirai après ce cours, et autant en profiter pour faire souffrir ces jeunes Mangemorts qui ne méritent pas mieux que d’être enfermés à Azkaban et torturés.
Harry était perplexe, et il craignait par-dessus tout que Maugrey croise Rogue dans un couloir avant de partir, il savait qu’il n’hésiterait pas une seconde à le tuer, et il se demandait comment Rogue pourrait bien réagir dans ce cas, pour ne pas trahir sa position devant les J.M.P., tout en gardant son honneur et en ne passant pas pour un lâche en refusant de combattre Maugrey.
– Alors, tu combats ? demanda Maugrey.
– Oui, répondit Harry, c’est parti.
Maugrey lui envoya une pluie d’éclairs de Stupéfixion pour engager le combat et Harry les stoppa avec plusieurs Boucliers d’Argent. Il était épuisé, mais il avait fait l’effort de dédoubler sa concentration pour être plus rapide, il savait qu’il ne tiendrait pas longtemps sans cela.
C’est alors qu’Harry remarqua qu’il y avait des statues d’aigles perchés sur des socles devant les fenêtres de la salle.
– Animent aigle !
L’aigle de pierre s’anima et s’envola pour foncer sur Maugrey qui dut quasiment se jeter au sol pour l’éviter.
Puis il envoya un éclair jaune sur l’aigle qui le fit exploser en plein vol.
– Praïka ! dit Harry, essayant de paralyser Maugrey.
Mais il s’était protégé avec un Dôme. Harry essaya de le détruire en l’entourant d’un Serpent de Feu et cela fonctionna.
Mais Maugrey avait attendu le moment exact où Harry retira son Serpent de Feu pour lui envoyer un Eclair de Stupéfixion. Harry n’eut pas le temps de le contrer, il n’était pas très rapide, et il plongea au sol pour l’éviter.
Maugrey en profita pour lui en envoyer de nombreux autres et Harry ne put se protéger qu’avec un Tourbillon d’Eau.
Mais Maugrey lui avait envoyé le sortilège d’Embrasement et le temps qu’il essaie de s’en débarrasser, les carreaux au sol étaient en train de tous voler en éclat.
– Pierris tornadis ! riposta Harry, faisant apparaître une gigantesque tornade avec les débris des carreaux.
Mais Maugrey avait à son tour utilisé le Tourbillon d’Eau pour faire chuter Harry qui était acculé contre le mur du fond de la salle alors que Maugrey ne cessait d’avancer.
– Pellis serpentis !
La peau de Maugrey se couvrit de petits serpents mais cela ne le déstabilisa pas. Les carreaux se mirent à nouveau à exploser autour d’Harry qui se trouva sous une pluie de gravats.
Mais Maugrey venait d’animer lui aussi une statue d’aigle qui fonça sur Harry.
Harry la fit exploser juste à temps et il se prépara à riposter avec un Rayon Rose lorsqu’il vit plusieurs autres éclairs de Stupéfixion foncer sur lui. L’un d’eux s’écrasa juste devant lui au sol en projetant un nuage de poussière et durant la fraction de secondes pendant laquelle il avait fermé les yeux pour se protéger, un autre l’avait percuté en pleine figure.
– Alors, Potter, je t’ai déjà vu plus combatif, dit Maugrey après l’avoir ranimé.
Harry ne répondit pas, c’est vrai qu’il s’était trouvé plus lent que d’habitude, et surtout, il n’avait pas réussi à anticiper les sorts de son adversaire aussi bien que d’habitude. En fait, il avait mal à la tête et il était épuisé, et il n’attendait qu’une chose, que cette épreuve soit terminée.
– Mais je peux comprendre que tu sois un peu fatigué, poursuivit Maugrey. Cependant, il faut que tu saches que tu seras peut-être amené à subir le même genre d’épreuves, et à subir ensuite des combats rudes, c’est pour cela que j’ai préparé cette épreuve avant de partir.
« L’Ordre du Phénix est certain que Voldemort est en train de bâtir une forteresse immense dans la Forêt Interdite, et le jour où nous déciderons d’aller la prendre, nous aurons à affronter des épreuves encore plus terribles que celle que tu as eu à affronter aujourd’hui. Et ensuite tu n’auras pas à m’affronter seulement moi, mais des dizaines de Mangemorts, et Voldemort lui-même.
– J’espère bien que je ne serai pas tout seul, répondit Harry.
– Si tous tes amis sont tués au cours de cette épreuve, tu le seras, malheureusement.
Harry savait que Maugrey avait toujours l’habitude d’envisager les choses de la pire façon possible pour se prémunir de toute négligence qui pourrait lui coûter cher.
Mais Harry savait qu’il avait raison. Il s’imagina en train de traverser la Forêt Interdite et d’atteindre le Gouffre des Clordes après deux jours d’une marche difficile.
Il s’imagina ensuite en train de devoir affronter une armée de créatures, de devoir détruire des protections magiques tellement complexes qu’il n’avait jamais soupçonné leur existence jusqu’à présent.
En ensuite, il s’imaginait combattre les Mangemorts, si nombreux, et de plus en plus forts, puis, enfin, Voldemort. Harry l’avait pourtant déjà vaincu, il avait survécu à un sortilège de Mort reçu à bout pourtant, et cela avait anéanti Voldemort. Mais la prochaine fois ce serait différent, ils se battraient à armes égales, et Harry appréhendait ce combat à l’issue fatale pour l’un des deux, qui serait si terrible et éprouvant.
– Bon, allez, c’était quand même pas mal, Potter. Mais il faudra encore continuer de t’entraîner dur même quand je ne serai pas là, tu pourras toujours aller t’entraîner dans les cachots, il y a tellement de créatures qui y traînent, et tu n’auras qu’à te dire que c’est une épreuve comme les autres. Le chemin est encore long mais tu y arriveras. Maintenant, je vais aller voir les J.M.P.
Harry décida de suivre Maugrey pour s’assurer qu’il ne dérape pas trop.
Ils empruntèrent une petite porte métallique qui était cachée derrière un faux placard à balais et ils descendirent un long escalier en colimaçon qui les mena dans un long couloir sombre et étroit.
Harry savait qu’il était dans les couloirs réservés aux professeurs pour assurer la sécurité des élèves lors des épreuves.
Maugrey sembla surpris de voir Harry le suivre mais cela ne sembla pas le déranger.
– Et oui, Potter, qui sait, un jour tu seras peut-être professeur ici, et tu emprunteras ces couloirs.
Harry s’imagina professeur de Défense contre les forces du Mal ici, à Poudlard. Cela signifierait qu’il serait encore en vie, et donc qu’il aurait vaincu Voldemort. Il espérait que si cela devait arriver, les élèves n’auraient plus besoin de subir des entraînements d’Aurors à l’école, et qu’il n’aurait pas à faire passer à ses élèves ce genre d’épreuves.
Il y avait régulièrement des meurtrières dans les murs du couloir qui permettaient d’observer le parcours entier, et des portes qui donnaient sur des balcons à l’extérieur permettaient d’y accéder en descendant par des échelles. Ainsi, les professeurs pouvaient intervenir rapidement pour sauver des élèves en danger.
Les J.M.P. étaient encore dans la salle où se trouvaient les carreaux de trois couleurs qui s’enflammaient à tour de rôle, et ils n’avaient vraisemblablement pas encore compris avec quelle fréquence chacun des carreaux s’enflammait.
Maugrey quitta le couloir et observa les J.M.P. depuis le balcon. Harry le rejoignit.
– Bande d’idiots, s’écria Pansy. Vous n’êtes pas capables d’éteindre des simples flammes !
Visiblement, Pansy avait décidé de rester en arrière et de laisser ses camarades vaincre tous les obstacles.
– On t’a dit que ce ne sont pas de simples flammes, répondit Zabini, qui semblait passablement énervé. Il y a forcément un moyen de passer, et si tu arrêtais de hurler sans arrêt, on pourrait peut-être réfléchir à trouver une solution !
Pansy sembla outrée que Zabini s’adresse à elle sur ce ton et elle fut encore plus énervée de voir que tous les autres J.M.P. semblaient d’accord avec lui.
Harry les trouvait simplement ridicules, et il se demandait bien ce que Voldemort penserait d’eux s’ils venaient un jour à intégrer réellement les Mangemorts.
– On va leur compliquer un peu la tâche, murmura Maugrey, qui semblait avoir attendu ce moment avec impatience.
D’un geste avec sa baguette magique, il referma une grille à l’entrée de la salle et les J.M.P. se retrouvèrent enfermés entre les flammes et cette grille.
Puis Maugrey actionna un morceau de mur qui s’enfonça lentement avant de se retirer, pour laisser apparaître une Tarentule géante.
Celle-ci les regarda de ses huit yeux tout en faisant claquer ses crochets venimeux.
Pansy poussa un hurlement et Crabe et Goyle se reculèrent derrière leurs camarades. Finalement, Zabini et Nott se retrouvèrent sans avoir bougé en avant du groupe.
– Flamendio ! s’exclama Zabini.
L’araignée était tellement immense que le sortilège avait peu de chances de réussir et en effet, il échoua.
– Aidez-moi, tous ensemble ! s’écria Zabini.
Tous ensemble, les J.M.P. se concentrèrent sur l’araignée et finalement cela fonctionna, elle s’enflamma en poussant un hurlement et se jeta dans les flammes avant de mourir.
– Je n’en peux plus, on arrête ça ! hurla Pansy.
Elle se mit à envoyer des étincelles en l’air pour appeler de l’aide.
– On a besoin d’aide ? demanda Maugrey.
Cela fit sursauter les J.M.P. qui ne s’attendaient pas à le voir arriver si rapidement.
Maugrey descendit l’échelle métallique qui était accrochée au mur puis sauta au sol devant les J.M.P. qui lui lançaient un regard haineux.
– On arrête cette épreuve ! hurla Pansy, hystérique, on veut partir ! Vous n’avez pas le droit de nous enfermer là. On veut voir le Directeur !
– Bien sûr que j’ai le droit, répondit Maugrey, il me reste maintenant une heure à être professeur ici, et je compte bien la mettre à profit pour vous faire regretter d’être devenus des sales Mangemorts. Endoloris !
Maugrey avait frappé Nott qui s’était effondré au sol, se tordant de douleur.
Harry était resté stupéfait, il s’était attendu à tout sauf ça de la part de Maugrey.
Mais les J.M.P. avaient certainement été les plus surpris et ils avaient contemplé bêtement Nott en train de se rouler par terre, frappé par la douleur.
Maugrey relâcha son maléfice et il se mit à parler aux J.M.P. sur un ton agressif, il semblait complètement en transe.
– Vous n’êtes que des lâches ! s’exclama-t-il. Votre ami est en train de souffrir et vous restez les bras croisés alors que vous pourriez l’aider. Vous voulez que je m’occupe de vous tous ? Vous le méritez bien, après tout !
Maugrey était en train de hurler, et il semblait complètement fou. Les J.M.P. s’étaient reculés lentement, et Nott qui commençait à se relever était en train d’essayer de se glisser vers ses camarades.
– ENDOLORIS INTEGRO ! hurla Maugrey.
Les J.M.P. tombèrent tous en même temps et se mirent à hurler. Maugrey avait mis beaucoup d’intensité dans son maléfice et leur souffrance devait être terrible.
Harry espéra que Maugrey arrêterait rapidement son maléfice, il allait finir par les tuer. Mais il continua, et les J.M.P semblaient souffrir de plus en plus.
Alors il se décida à descendre.
– STOP ! cria-t-il en s’avançant à côté de Maugrey.
Maugrey baissa sa baguette et stoppa son maléfice.
– Qu’y a-t-il ? demanda Maugrey qui semblait avoir été sorti d’un rêve merveilleux.
– Ils ne méritent pas de mourir, dit Harry sur un ton saccadé.
Il avait toujours du mal à croire ce qui était en train de se passer devant lui.
– Non, ils ne méritent pas de mourir, répéta-t-il à voix basse.
– Oh, je ne vais pas les tuer, répondit Maugrey avec un sourire maléfique. J’ai juste envie de les voir souffrir autant qu’ils le méritent… Endo…
– NON !
Daphné Greengrass avait fait un effort surhumain pour se relever et pour prononcer cet unique mot.
Maugrey la regarda l’air ébahi, et il s’apprêta à lui lancer un nouvel Endoloris. Mais Harry lui retint la main.
Daphné se mit à pleurer et elle essaya de parler.
– Je ne… non… je ne veux plus… je quitte les… les… J.M.P…
Maugrey sembla réfléchir. Pendant un instant, il sembla se dire que c’était trop tard, mais en croisant le regard d’Harry, il changea d’avis.
– Voilà qui est sage, dit Maugrey.
– Traître ! hurla Pansy.
Mais cela raviva la haine de Maugrey au plus grand désarroi d’Harry qui espérait que la situation se calme pour le bien de tout le monde.
– ENDOLORIS ! hurla à nouveau Maugrey.
Et Pansy s’effondra à nouveau. Elle fut secouée de tremblements encore plus forts et elle se mit à baver tout en prononçant des mots incompréhensibles.
– Endoloris ! s’exclama Zabini, qui était finalement décidé à réagir.
Il toucha Maugrey qui tituba mais ne tomba pas. Harry avait réagi rapidement, et Zabini était déjà tombé au sol, stupéfixé.
– Espèce de sale… Avad…
– NOOOOOOOOOOOOOON ! hurla Harry.
Maugrey s’interrompit et sembla presque regretter ce qu’il avait été sur le point de faire.
– Vous ne devez pas les tuer ! s’exclama Harry. Ils doivent payer pour ce qu’ils sont devenus, mais ils ne doivent pas mourir ! C’est à la justice de s’en occuper, quand nous l’aurons rétablie et renversé Voldemort ! Ce sont les Mangemorts les criminels ! Et vous ne devez pas vous abaisser à leur niveau !
Maugrey sembla comprendre enfin et il baissa la tête.
– Oui tu as raison, Potter. Je n’aurais jamais dû m’emporter. Je vais partir dès maintenant de cette école…
– Ce ne sera pas aussi simple que cela, répondit une voix froide et traînante, venant du balcon au-dessus.
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